VII - L’ESPAGNE et le PORTUGAL

1. FERNANDO VII / FERDINAND VII - 1814 / 1833

Né en 1784, fils de Carlos IV et de Marie-Louise de Parme. D’abord favorable à la France napoléonienne, il s’oppose au premier ministre Godoy, le favori de sa mère. En 1808, lors du soulèvement d’Aranjuez, il détrône son père Carlos IV qui doit abdiquer en sa faveur, mais Napoléon place son propre frère Josef sur le trône d’Espagne et impose au pays sa première Constitution. Fernando VII est interné à Valençay jusqu’en 1814. Revenu à Madrid, il abolit la Constitution libérale qu’il avait juré de respecter deux ans plus tôt. La révolte du colonel Rafael del Riego en 1820 le force à rétablir la Constitution et à accepter un ministère libéral, mais, sous prétexte d’une guerre civile (déclenchée secrètement par ses propres soins), il provoque l’intervention de la Sainte-Alliance : les 95'000 hommes de l’expédition française du duc d’Angoulême (petit-fils de Louis XVIII) en avril 1823 l’aident à restaurer la monarchie absolue en Espagne. Détenu prisonnier à Cadix par le gouvernement insurrectionnel libéral, le monarque impopulaire est libéré par les royalistes français après un siège de la ville soutenu par une flotte de 67 navires (bataille du Trocadero, août 1823). Une brutale répression s'ensuit. Interdite par Napoléon, l’Inquisition est réintroduite. En 1830, sa quatrième femme, Maria-Cristina, ayant eu une fille, le roi abolit la loi salique des Bourbons afin d’assurer le trône à sa fille Isabelle, au détriment de don Carlos, décision qui est à l’origine des guerres carlistes qui ensanglanteront l’Espagne durant tout le XIX e siècle.
1927The Climbers (US) de Paul L. Stein ; Warner Bros., 6631 ft./7 bob./70 min. – av. Irene Rich (duchesse d’Arrogan), Clyde Cook (Pancho Mendoza), Forrest Stanley (duc de Cordoue/El Blanco), Myrna Loy (comtesse Veya), Max Barwyn (Ferdinand VII), Rosemary Cooper (la reine), Nigel Barrie (duc d’Arrogan). – Drame de jalousie à la cour royale de Madrid.
1937® The Firefly (L’Espionne de Castille) (US) de Robert Z. Leonard. – av. Tom Rutherford (Ferdinand VII), cf. Napoléon.
1952/53*Les Amants de Tolède (Le Coffre et le Revenant) / El tirano de Toledo / Gli amanti di Toledo (FR/ES/IT) d’Henri Decoin (et Fernando Palacios) ; Raymond Eger/Films E.G.E. (Paris)-Lux C.C.F. (Paris)-Lux Film Roma-Atena Films (Madrid)-Chamartín P. y D.C. (Madrid), 86 min. – av. Alida Valli (Inès Arrighi), Pedro Armendariz (Don Blas Bustos y Mosquera), Françoise Arnoul (Sancha), Gérard Landry (Fernando de La Cuerva), Sepulveda (Ricardo), Marisa de Leza (Isabella). – En 1832 à Tolède, Fernando de La Cuerva, opposant libéral au régime sur place, se cache de la police. Pour le sauver de la torture après son arrestation, sa fiancée Inès accepte de devenir l’épouse de Don Blas, le chef de la police. Son ascendant sur ce dernier permet de faire libérer une centaine de prisonniers, mais la jalousie et une tragique maladresse conduisent Fernando, Inès et Don Blas à la mort, emportés dans un carrosse lancé à vive allure. - Une adaptation à moitié aboutie de la nouvelle Le Coffre et le Revenant (1830) de Stendhal, filmée sur place à Tolède et dans les studios madrilènes de Chamartín ainsi que dans ceux de Boulogne-Billancourt (le récit de Stendhal se déroule à Grenade, mais la ville est trop modernisée pour servir de décor.) Dans la nouvelle, Inès finit au couvent, et son mari l'y assassine, avant de faire exécuter Fernando. Une des premières coproductions de taille "européenne", avec Alida Valli, empruntée chèrement à David O. Selznick (Hollywood), et le Mexicain Pedro Armendariz, star des films d'Emilio Fernandez. Pour ne pas froisser les autorités franquistes et le nationalisme exacerbé qui sévit alors dans le pays, la version espagnole (fabriquée par Fernando Palacios) situe l’intrigue en 1810, le cruel Don Blas est placé aux ordres de Napoléon. Mais on cherchera en vain à l'écran le moindre drapeau tricolore, le moindre aigle impérial...
1959**Sonatas – Aventuras del Marqués de Bradomín (ES/MX) de Juan Antonio Bárdem ; Producciones Manuel Barbachano Ponce, Mexico-U.N.I.N.C.I. Madrid, 114 min. – av. María Félix (La Niña Chole), Francisco Rabal (marquis de Bradomín), Fernando Rey (cpt Casarès), Aurora Bautista (Concha), Carlos Casaravilla (comte de Brandeso), Carlos Rivas (Juan Guzmán), Rafael Bardem (Juan Manuel Montenegro). – Galice 1824 et Mexique 1830 : le marquis de Bradomin et le capitaine Casarès, deux libéraux espagnols persécutés par les partisans de Fernando VII échappent aux bourreaux de la Sainte-Alliance (« la junte de la purification ») et s’exilent au Mexique. Six ans plus tard, sous la dictature de Bustamante, ils poursuivent leur lutte contre le despotisme en s’alliant avec le guérillero Guzmán. Bradomin s’éprend de la fascinante Niña Chole, maîtresse du général Bermúdez, le lieutenant du tyran, et lorsque son ami Casarès tombe dans une bataille, il prend sa place à la direction des rebelles. – Bardem filme deux des quatre « Sonatas » de Ramón del Valle-Inclán (1902/05) en respectant leur chronologie, mais en inventant un personnage supplémentaire (le capitaine Casarès), en modernisant son contenu et en y ajoutant des préocuppations politiques absentes chez le romancier ; la caution littéraire et la coproduction avec le Mexique permettent de contourner la censure franquiste, certaines réflexions de Bardem visant directement le Caudillo espagnol. Tourné en Eastmancolor en Galice et au Mexique (Atotonilco, El Tajin, Veracruz, Poza Rica, couvent de Tepotzotlán, San Miguel de Allende) et aux studios C.E.A. Madrid et Churubusco Azteca à Mexico, avec le grand Gabriel Figueroa à la caméra – et une superbe María Félix devant l’objectif. Bardem est nominé au Lion d’or à Venise 1959.
1968(tv) El duque de Rivas (ES) de Gabriel Ibañez; série "Novela" (TVE 23.-27.12.68), 5 x 25 min. - av. Antonio Medina (Angel de Saavedra, duc de Rivas), Arturo Lopez (Juan Remigio de Saavedra, son frère), Maite Blasco (Encarnación), Pedro Sempson (l'écrivain Antonio Alcalá Galiano), Valentin Tornos (Pedro), Jesús Aristu (Bonchelet), José Blanch (Prosper Mérimée), Luis Varela (le roi Fernando VII), Victor Fuentes (le ministre Ceballos), Joaquín Escolá (chevalier Cabrera), Mario Alex (Marquis de Valmar), Manuel Alberdi (Escóiquiz). - Jeune officier en 1808, Angel de Saavedra, frère du duc de Rivas (titre dont il héritera à la mort de ce dernier), sert dans la garde royale. Lors de l'insurrection madrilène contre Napoléon, il déserte et gagne les rangs de l'armée nationale pour combattre l'envahisseur français, puis participe avec d'autres intellectuels aux Cortes de Cadix pour l'élaboration d'une monarchie constitutionnelle. Membre éminent du parti libéral, il déclare Ferdinand VII inapte à régner. Lorsque ce dernier entre à Cadix après le départ des Français, il est condamné à mort pour avoir participé au coup d'État de Rafael del Riego en 1820 et contraint de s'exiler en Angleterre (1823), puis en Italie, à Malte et en France où il restera jusqu'à la mort du roi et à son amnistie, en 1834. À son retour à Madrid, il écrit un des premiers drames romantiques espagnols, Don Alvaro o la fuerza del sino (1935), qui sera mis en musique par Verdi (La forza del destino). - Le scénario de Carlos Muñiz retrace la vie mouvementée du dramaturge, poète et homme politique Angel de Saavedra y Ramírez de Baquedano, duc de Rivas (1791-1865), auteur du premier manifeste romantique espagnol avec son ami, le politicien et écrivain Alcalá Galiano, également exilé à Londres.
1984® (tv) Guérilla ou les désastres de la guerre (FR/ES) de Mario Camus. – av. Francisco Cecilio (Ferdinand VII), cf. Napoléon.
1985® (tv) Goya (ES) de José-Ramon Larraz. – av. Fernando Garcia Valverde (Ferdinand VII).
1999® Volavérunt (ES) de Bigas Lunas. – av. Zoe Berriatua (prince Ferdinand VII).
2002® (tv) Napoléon (FR/DE/IT/ES/CA/GB/HU) d’Yves Simoneau. – av. Alain Flick (prince Ferdinand des Asturies, futur Ferdinand VII).
Le brigand El Tempranillo et son armée privée (« Llanto por un bandido » de Carlos Saura, 1963)

1.1. La plaie du banditisme (« bandolerismo »)

Les exploits des hors-la-loi Luis CANDELAS (Madrid, vers 1825) et José María Hinojosa Corbacho dit « EL TEMPRANILLO » (1805-1833), le modèle de don José pour le « Carmen » de Prosper Mérimée. Pour Diego Corrientes Mateos, cf. Absolutisme : l’Espagne sous Carlos III (6.1).
1911Los siete niños de Écija o Los bandidos de Sierra Morena (ES) de José María Codina ; Films Cuesta.
1911Os crimes de Diogo Alves (PT) de João Tavares ; Portugalia Film, 287 m. – av. Alfredo de Sousa (Diego Alves), Amélia Soares, Gertrudes Lima, José Climaco, Naciso Vaz. – Un brigand terrorise Lisbonne de 1836 à 1839.
1912El lobo de la Sierra (ES) de José Maria Codina ; Films Cuesta, 76 min. – Les aventures d’un bandolero.
1915El León de la Sierra (ES) d’Alberto Marro ; Hispano Films. – av. Jaime Borrás, Luisa Oliván. – Le frère d’une femme violée devient bandolero par esprit de vengeance (d’après la vie de Roberto Montalvo).
1925La hija del corregidor / El barranco del diablo (ES) de José Buchs ; Films Española, Madrid. – av. Joseé Garcia « Algabeño » (José Maria « El Tempranillo »), Lorenzo Solá (le corregidor), Carmen Viance (Luisa), Elisa Ruiz Romero, Marina Torres, José Montenegro. – Les exploits de « El Tempranillo », sa passion pour la tauromachie (tournage à Barcelone et environs).
1926Luis Candelas o el bandido de Madrid (ES) d’Armand Guerra, 5000 m. – av. Manuel San German (Luis Candelas), Javier de Rivera, Leo de Cordoba, Erna Becker, Marina Torres. – Vers 1825, un brigand terrorise Madrid.
1928El León de Sierra Morena (ES) de Miguel Contreras Torres (+ prod.) [57 min.]. – av. Miguel Contreras Torres (le brigand José Maria « El Tempranillo »), Carmen Rico, René Navarre, Isabel Alemany, Nilda Duplessy.
1928L’Aigle de la Sierra (FR) de Louis de Carbonnat [version française du prédécent]. – av. René Navarre (José Maria « El Tempranillo ») Nadia Veldy (Maria Cortez), Berthe Jalabert (la grand-mère), Madeleine Guitty (Juliana), Jean François Martial (Moralès), Adolphe Bernaldez (Diego Fuentes), Max Bonnet, Carmen Rico,.
1929José do Telhado (PT) de Rino Lupo ; Lupo Film, 4200 m. – av. Carlos Azedo (José Teixeira da Silva, dit José do Telhado), Julieta Palmeiro, Maria Emilia Castelo Branco, Luis de Magalhães. – Vie d’un bandit légendaire du Portugal.
1936Luis Candelas (ES) de Fernando Roldán ; Hercules. – av. José Romeu (Luis Candelas), Polita Bedrós, Laly Cadierno, Lina Valery.
1945José do Telhado (PT) d’Armando de Miranda ; Exclusivos Triunfo, 89 min. – av. Virgilio Teixeira (José do Telhado), Adelina Campos, Juvenal de Araujo, Patricio Alvares, Fernando Silva. – cf. supra, en 1929.
1945Sierra Morena (MX) de Francisco Elías ; Films Victoria, 90 min.. – av. Martinez de Casado (le bandit Juan Manuel), Paquita de Ronda (Rosariyo), Luis Alcoriza (Pepe Luis), Marta Elba (Elena), Pepe Badajox, Pepe Hurtado, Eugenia Galindo. – Tourné au Mexique par un cinéaste espagnol.
1946Los siete niños de Écija (Los bandidos románticos) (MX) de Miguel Morayta ; Producciones México, 95 min. – av. Julián Soler (Juan Palomo), Charito Granados (Carmen), Luis Beristáin (capt. Pedro), Rafael Banquells, Alejandro Cobo, Roberto Corell, Maria Douglas, Haydee Gracia. – En Andalousie après la Guerre d’Indépendance, en 1814-1818, des guerilleros ayant lutté contre les Français se font bandits.
1946El secreto de Juan Palomo (MX) de Miguel Morayta ; Producciones México, 90 min. – av. Julián Soler (Juan Palomo), Rosaria Grandos (Carmen), Luis Beristáin (capt. Pedro), Rafael Banquells. – Suite du précédent : les bandoleros sont grâciés par Ferdinand VII et entrent à son service pour combattre d’autres bandits.
1947Luis Candelas, el ladrón de Madrid (ES) de Fernando Alonso Casares ; Trébol, 110 min. – Alfredo Mayo (Luis Candelas), Mary Delgado (Lola la Naranjera), Isabel de Pomés (Maria), Porfiria Sanchiz (Pepa la Malagueña), José Maria Lado (Paco el Sastre). – Filmé à Aranjuez et à Madrid.
1948Aventuras de don Juan de Mairena (ES) de José Buchs ; Ballesteros, 113 min. – av. Roberto Rey (don Juan de Mairena), Carmen de Lucio (comtesse de Albor), Jacinto San Emeterio (capt. Santelices), Lolita Vilar (Isabel), Eulalia del Pino (Carmen), Rufino Inglés (Fernando VII). – Un aristocrate devient contrebandier pour combattre l’absolutisme de Ferdinand VII (filmé à Ballesteros, Madrid)7.
1949La duquesa de Benameji / La reina de Sierra Morena (ES) de Luis Lucia ; CIFESA, 102 min. – av. Amparo Rivelles (Reyes/Rocio, duchesse de Benameji), Jorge Mistral (le bandit Lorenzo Gallardo), Manuel Luna (Pedro Cifuentes), Eduardo Fajardo (Carlos, marquis de Peñaflores), Félix Fernández (Estebán). – Sierra Morena v. 1820, les amours interdites entre une duchesse et un brigand qui a dévalisé son carrosse (tourné dans la Sierra de Ronda, Málaga).
1949José María « El Tempranillo » / El rey de Sierra Morena (Le Roi de la Sierra Morena) (ES) d’Adolfo Aznar ; José Bonal-Luis Nieto/CEUSA, 102 min.- av. Antonio (José María El Tempranillo), Rosario (Maria Jesús), Rafael Arcos (lieut. Veneno), Rafael Calvo (corregidor), Anibal Vela, José Brugada, Marujita Diaz. – Tourné dans les studios de Sevilla Films à Madrid.
1951María Morena (ES) de José Maria Forqué, Pedro Lazaga ; Ariel, 90 min. – av. Paquita Rico, José Maria Mompin, Rafael Luis Calvo.
1952Estrella de Sierra Morena / Estrela de Andaluzia (ES) de Ramón Torrado ; Suevia Films-Cesáreo González, 96 min. – av. Lola Flores (Estrella), Rubén Rojo (Carlos), José Nieto (Juna María), Manolo Morán (Ladeado), Fernando Fernández de Córdoba (corregidor). – Andalousie en 1840, sous Isabelle II : sans le savoir, des bandoleros hébergent pendant vingt ans la fille du Corregidor, seule survivante d’une attaque. Filmé en Cinefotocolor.
1953La montaña sin ley (ES) de Miguel Lluch ; IFI Producción, 95 min. – av. José Suárez, Isabel de Castro, Teresa Abad, Jesús Colomer. – Sous Isabelle II, un courrier postal de Cadiz se fait prendre en chasse par des bandoleros.
1953*Carne de horca / Il terrore dell’Andalusia (Sierra Morena) (La Charge infernale) (ES/IT) de Ladislao Vajda ; Chamartin-Falco Film, 93 min. – av. Rossano Brazzi (Juan Pablo de Osuña), Emma Penella (Consuelo), Fosco Giachetti (le bandit El Lucero), José Nieto (Chiclanero), Félix Dafauce (Joaquin de las Hoces), Francisco Arenzana (Novato). – Sous Isabelle II, un homme venge la mort de son père en se faisant passer pour un bandit. Filmé dans la Sierra de Ronda (Málaga). Primé au festival de San Sebastian 1953 (photo, décors), Prix CEC 1954 (scénario), Prix du Syndicat National du Spectacle 1953.
1957*Amanecer en Puerta Oscura / Il bandito della Sierra Morena (ES/IT) de José Maria Forqué ; Estela-Atenea-Estela Films, 92 min. – av. Francisco Rabal (Juan Cuenca), Alberto Farnese (Pedro), Luis Peña (Andrés), Isabel de Pomés (Rosario), Luisella Boni, José Marco Davó, José Sepúlveda, Barta Barri. – Film d’aventures quasi documentaire sur la vie misérable des habitants et leur lutte contre les compagnies minières qui les exploitent. Tourné en Eastmancolor à Marbella et Serranía de Ronda (Malaga).
1963**Llanto por un bandido / I cavalieri della vendetta / Ballade pour un bandit / Les Bandits (ES/IT/FR) de Carlos Saura ; Agata Films (Madrid)-Atlantica Cinematografica (Roma)-Méditerranée Cinéma (Paris), 101 min./97 min. – av. Francisco Rabal (José Maria, dit « El Tempranillo »), Lea Massari (Maria Jerónima Sanchez), Philippe Leroy (Pedro Sánchez), Lino Ventura (El Lutos), Manuel Zarzo (El Sotillo), Silvia Solar (la marquise de los Cerros), Augustín González (cpt. Leoncio Valdés), Luis Buñuel (le bourreau). – Pour son deuxième film, co-écrit avec Mario Camus, le jeune Carlos Saura brave les autorités franquistes en abordant la cause du banditisme qu'il lie aux insurrections des libéraux du colonel Rafael del Riego contre la monarchie absolutiste de Ferdinand VII. Luis Buñuel lui donne sa caution en interprétant un bourreau qui, après avoir soigneusement vérifié ses instruments de mort et récité une prière, garrotte d'un geste sec l'un après l'autre sept brigands au début du récit (scène d'ouverture filmée à Colmena de Oreja); horrifiée, la censure coupe les trois-quarts de l'exécution. Les victimes sont tous d'anciens guérilleros. José Maria dit "El Tempranillo" revient des guerres napoléoniennes avec le besoin de poursuivre la lutte contre l'oppression et, contraint à la pauvreté dans son pays, il se fait bandit d'honneur. Ayant égorgé un rival en amour, il rejoint la bande d'El Lutos, mais il est bientôt dégoûté par la cruauté sanguinaire de ce dernier et le tue en combat singulier (enterrés jusqu'aux genoux, les adversaires s'affrontent à mort avec un gros bâton). Il prend alors le commandement des opérations, prohibe toute tuerie gratuite, épouse Maria en invitant tout le village à ses noces, puis se met à exiger des redevances aux diligences, et une taxe de protection aux fermiers et meuniers du pays. Lorsque sa femme enceinte est assassinée par la guardia civil, il se venge en anéantissant un détachement entier de la police. José Maria, dont la tête est mise à prix, devient l'homme le plus puissant d'Andalousie, jusqu'au jour où son chemin croise celui des insurgés libéraux du capitaine Valdés. Ferdinand VII envoie une puissante armée qui écrase à la fois ses ennemis politiques et les brigands de José Maria, ce dernier ayant refusé de coopérer avec la tyrannie madrilène (qui méprise la paysannerie) en dépit d'une généreuse offre d'amnistie; il est tué au cours d'une escarmouche. - Loin de tout romantisme bandolero, de pathos et de sentimentalisme, une sorte de chronique âpre et rude qui se sert des exploits du célèbre Tempranillo autour de 1820 pour dépeindre une Espagne déboussolée, en proie à ses contradictions, à sa violence atavique et à ses démons réactionnaires. Le quotidien du bandit est fait de rapines, d'inconfort, de méfiance, de trahisons, de privations, de menaces et de fuite perpétuelles. Le tournage en Eastmancolor et Videoscope se fait entièrement en extérieurs, sous un soleil torride, dans la Sierra andalouse, à Colmenar, Priego de Cordoba, Lucena, Ubedia, El Hidegual, Cordoue et Aranjuez, avec une figuration importante, rendue possible grâce à la coproduction franco-italienne. Mais, déçus de ne pas y retrouver les clichés du "western spaghetti", les producteurs éliminent toutes les recherches esthétiques du jeune cinéaste, mutilant son film pour qu'il soit plus conforme aux goûts du jour. Carlos Saura est nominé à l'Ours d'or au festival de Berlin 1964.
1964José María (ES) de José Maria Forn ; IFI, 82 min. – av. Raf Baldasarre (José Maria, dit « El Tempranillo »), Victor Valverde, Fernando Sancho, José Montez, Angel Lombarte. – En 1830, El Tempranillo et ses brigands opèrent dans la Sierra Morena.
1974Siete chacales (ES/IT) de José Luis Madrid ; K Films SA-Ufesa, 95 min. – av. Anthony Steffen, Maria José Cantudo, Patricia Lorán, Eduardo Fajardo, Diana Lorys. – Sierra Andalouse vers 1814-1818, à l’époque des « sept jeunes de Ecija » (cf. film de 1946). Deux frères bandits s’affrontent.
1975Contra la pared (ES) de Bernardo Fernández ; Luis Meguino-Victor Barreja PC, 91 min. – av. Antonio Gamero, Victor Alcázar, Maria Clara Benayas, Gloria Berrrocal, Alfredo Mañas. – En 1814, après le départ des Français, un soldat et un officier démobilisés rentrent chez eux, trouvent tout détruit par la guerre et survivent en devenant hors-la-loi.
1976-79(tv) Curro Jiménez (ES) de Joaquín Luis Romero Marchent, Antonio Drove, Francisco Rovira Beleta, Mario Camus, Pilar Miró, Fernando Merino, Rafael Romero Marchent ; Francisco Romero/RTVE-Telestar SA (TVE 22.12.76), 40 x 50 min. (3 saisons). – av. Sancho Gracia (Curro Jiménez), José Sancho (El Estudiante), Alvaro de Luna (El Algarrobo), Eduardo García (El Gitano), Paco Algora (El Fraile). – Le Robin des Bois de la Sierra andalouse, un feuilleton à grande audience, lointainement inspiré des exploits du bandolero Francisco « Curro » López Jiménez, aussi appelé, selon d'autres sources, André López dit "el barquero de Cantillana" (1819-1849), qui finira abattu par la Guardia Civil. Une série filmée dans la Serrania de Ronda (Malaga), dans le parc national de Doñana et au cap de Gata, en Andalousie, pendant la transition de l’Espagne du franquisme à la démocratie. Lauréat du Premio Ondas (Nacionales de televisión) 1978 et de deux TP de Oro (meilleure série, Sancho Gracia).
1978Avisa a Curro Jiménez (ES) de Rafael Romero Marchent ; Telecine SA-Izaro Films, 91 min. – av. Sancho Gracia (Curro Jiménez), Alvaro de Luna (El Algarrobo), José Sancho (El Estudiante), Sara Lezana, Walter Vidarte, Alfredo Mayo. – Suite des aventures des bandoleros de la Sierra andalouse contées dans le feuilleton tv de 1976, mais à présent sur grand écran.
1984(tv) José María « El Tempranillo » (ES) de Carlos Serrano ; série « Paisaje con figuras » (TVE 22.11.84), 31 min. – av. Carlos Tristancho (José Maria, dit « El Tempranillo »), Paula Molina. – Docu-fiction.
1990Curro Jiménez : El Regreso de una leyenda (ES) de José Antonio Páramo, Benito Rabal, Joaquin Luis Romero Marchent; Antena 3 Televisión, 12 épisodes. – av. Sancho Gracia (Curro Jiménez), Jorge Sanz (son fils), Alvaro de Luna (Algarrobo), Eduardo García (El Gitano), Rodolfo Sancho (Juanillo), Ginés García Millán. – Suite de la télésérie de 1976-79.
2003® Carmen (ES) de Vicente Aranda. – av. Ginés García Millán (José Maria, dit « El Tempranillo »).