VI - EUROPE CENTRALE ET DE L’EST, BALKANS, TURQUIE et invasions mongoles
1. LE ROYAUME DE POLOGNE
En l’an 966, Mieszko Ier, duc de la tribu slave des Polanes (de la dynastie Piast), convertit le pays au christianisme. En 1025, son fils Boleslaw Ier le Vaillant est couronné le premier roi de Pologne à Cracovie (Kraków). La ville devient ainsi la capitale polonaise jusqu’en 1596, quand Varsovie prend la relève. En 1079, l’évêque de la cité, saint Stanislas (principal patron du royaume), y perd la vie, assassiné sur ordre de Boleslaw II auquel il s’opposait. Depuis lors, tous les rois polonais effectuent à la veille de leur couronnement un pèlerinage sur les lieux, acte pénitentiel. À partir du XIIe siècle, le royaume doit lutter contre l’Ordre des chevaliers Teutoniques qui a colonisé la Prusse et une partie de la Poméranie sur ordre du pape pour y éliminer le paganisme. L’invasion de la Horde d’Or mongole de 1248 à 1275 ruine un pays – Cracovie est incendiée - que seul Casimir III le Grand, dernier roi de la dynastie des Piast, monarque conquérant, éclairé et tolérant, parvient à unifier et consolider au cours du XIVe siècle (Cracovie possède alors une des plus anciennes universités du monde). La Pologne renaissante atteint son apogée aux XVe et XVIe siècles sous la dynastie des Jagellon. En 1386, Ladislas II Jagellon, grand-duc de Lituanie, accède au trône polonais en épousant Hedwige d’Anjou, reine de Pologne. D’abord polythéiste, le monarque se convertit avec ses sujets lituaniens au catholicisme romain. L’union de la Pologne et de la Lituanie, qui donne naissance à la république des Deux Nations, renforce la nation face aux chevaliers Teutoniques (écrasés à la bataille de Grunwald-Tannenberg en 1410), mais aussi face à la menace croissante du grand-duché de Moscou. La Pologne est alors l’un des plus grands et plus puissants pays d’Europe. Seule l’expansion de l’Empire russe dès le XVIIe siècle y mettra fin.
1.1. La Pologne médiévale, grande puissance de l’Europe centrale
1910 | Anna di Masovia (IT) de Mario Caserini Società Italiana Cines (Roma), Roma, 236 m. - av. Maria Gasparini (Anna, duchesse de Mazovie), Amleto Novelli (le marquis d'Adria). En Pologne au XVe siècle, le duc de Mazovie/Masowsze offre l’hospitalité au marquis d’Adria dont la duchesse Anne de Mazovie (v.1498-1557) s’éprend. Les deux rivaux se battent en duel ; le marquis est tué, la duchesse perd la raison… Une trame largement inventée, au point où il pourrait aussi s’agir ici d’Anna Radzivill (1476-1522) qui épousa un Konrad III de Mazovie. Pas sûr que les scénaristes romains étaient au courant ! |

1936 | Barbara Radziwillówna (Barbara Radziwill) (PL) de Józef Lejtes Arnold Grunstein, Mieczyslaw Znamierowski/Gel-Film (Warszawa), 93 min. – av. Witold Zacharewicz (Sigismond II Auguste Jagellon, roi de Hongrie), Jadwiga Smosarska (Barbara Radziwill), Leokadia Pancewiczowa (la reine-mère Bona/Bonne Sforza), Lena Zelichowska (la favorite de la reine), Jan Kurnakowicz (le charpentier Kiezgajllo), Helena Sulima (Barbara Kolanka/Kollówna, mère de Barbara Radziwill), Gustav Buszynski (Mikolaj Radziwill dit “le Rouge”, frère de Barbara), Zygmunt Chmielewski (Mikolaj Radziwill dit “le Noir”, cousin de Barbara), Stefan Hnydzinski (Wirszyll), Frantisek Dominiak (le voïvode Piotr Kmita), Jan Hadjuga (l’astrologue), Janusz Ziejewski (Dowoyna), Helena Buczynska (la tante de Barbara), Seweryna Broniszówna (l’envoûteuse), Jerzy Chodecki (Stankzyk, le bouffon), Ludwik Fritsche (l’ambassadeur de France), Artur Kwiatkowski (Samuel Maciejowski), Leon Luszczewski (le médecin Aliphio), Józef Maliszewski (l’archevêque Dzierzgowski), Z. Protasiewicz (Bekwark), Arthur Socha (Górka), Ludwik Sempolinski (le diplomate autrichien). Le grand mélo romantique de la Renaissance polonaise - dont la matière, surtout depuis le XIXe siècle, a séduit peintres, poètes, musiciens, dramaturges, réalisateurs et téléastes du pays… La ravissante Barbara Radziwill (1520-1551), fille du voïvode et hetman de Lituanie Jerzy Radziwill, est une jeune veuve depuis 1542 quand elle rencontre accidentellement Sigismond Jagellon, vingt-six ans, le futur roi de Pologne. Insouciant, celui-ci s’est jusqu’à présent consacré entièrement au jeu et à la chasse, laissant le soin des affaires de l’État à sa mère, Bona/Bonne Sforza. C’est le coup de foudre, bien que chacun ignore encore l’identité de l’autre. Mais c’est compter aussi sans la reine-mère. Fille du duc de Milan, Bona est une femme de la plus haute noblesse d’Europe, issue de la prestigieuse dynastie des Sforza, richissime, ambitieuse et despotique ; elle a introduit les arts nouveaux d’Italie à Cracovie et, en 1529, a même réussi à faire couronner son fils unique du vivant de son père (mort en 1548). Le pays est alors en effervescence, marquée par la lutte entre le pouvoir royal qui aspire à la monarchie absolue du style de François Ier en France et la noblesse qui vise une monarchie parlementaire oligarchique. Appuyée par les membres du Parlement, elle veut une femme de la cour royale catholique pour son fils, alors que Barbara n’est qu’une provinciale calviniste. Or en 1547, une fois la première épouse de Sigismond décédée (Élisabeth d’Autriche, 1526-1545), les amoureux se sont mariés en secret. Ayant refusé les injonctions de la Diète, Sigismond finit par imposer Barbara à ses côtés. Elle est couronnée reine de Pologne en décembre 1550 en la cathédrale du Wawel à Cracovie. Mais la belle-mère ne baisse pas les bras et se remémore les méthodes de ses compatriotes, les Borgia. Le 5 mai, cinq mois seulement après son couronnement, Barbara, 30 ans, meurt subitement dans des circonstances mystérieuses, très probablement empoisonnée. Elle est enterrée en Lituanie, un cortège funèbre transporte son corps jusqu’à Vilnius. Tourné en été-automne 1936 dans les ateliers Falanga à Varsovie et au château de Baranów Sandomierski, Barbara Radziwillówna est alors le film le plus spectaculaire et le plus cher du jeune cinéma polonais. Mais la facture est peu originale, les recettes sont décevantes et les producteurs doivent se contenter d’une mention honorifique au festival de Venise cette même année, puis d’une distribution timide aux États-Unis (1937) et en France (1939). Ce sera le premier film polonais à être diffusé à la télévision polonaise (26.9.1939). Sans surprise, le sujet sera encore traité au cinéma sous les titres de Barbara Radziwillówna (tv 1965 et 1980), Zygmunt August (tv 1961 et 1969), Królowa Bona (tv 1980-82), Epitafium dla Barbary Radziwillówny (cinéma 1983) et Paziowie (tv 1990). Vu sous l’angle des faits sur lesquels le scénario ne s’attarde pas, le mariage des tourtereaux fut donc conclu sans le consentement des parents en Pologne comme en Lituanie et sans consulter le Conseil afin de légaliser l'enfant que Barbara était censée attendre. La révélation de la mésalliance provoqua un grand scandale et une campagne acharnée contre la reconnaissance de la validité du mariage entre le monarque et ses sujets, déclenchant la lutte de Sigismond pour le couronnement de sa conjointe. Barbara Radziwiłł fut publiquement qualifiée de grande prostituée lituanienne, on utilisa des expressions obscènes, ses amants présumés furent nommés et même agressés verbalement lors de réunions directes. Des historiens tels que Karol Szajnocha ou Julian Bartoszewicz rabaissent le caractère de cette ravissante veuve d’un dignitaire lituanien, si idéalisée par la légende et la poésie, en soulignant ses traits négatifs : l'orgueil, l'ambition, les caprices et la promiscuité sexuelle (il est question de 38 amants). Enfin, l’idylle tragique, soulignent-ils, s’inscrit au tout début du règne de Sigismond Auguste, dernier des Jagellon, alors qu’il resta encore vingt ans sur le trône (il se remaria en 1553 avec Catherine d’Autriche, jeune sœur de sa première épouse), une période sans Barbara ni Bona – et ni descendance - durant laquelle se produisirent des événements autrement plus importants pour le pays. |
1945 | - ® Ivan Grozny (Ivan le Terrible) (SU) de S. M. Eisenstein. – av. Pawel Massalski (le roi Sigismond II Auguste Jagellon). – cf. infra, chap. 4.2. |

La douce Danusia, son fiancé Zbyszko et le roi de Pologne-Lituanie, Ladislas II Jagellon.
1960 | ** Krzyzacy (Les Chevaliers Teutoniques) (PL) d’Aleksander Ford Zygmunt Król/Zespól Filmowy Studio-Film Polski (Warszawa), 180 min./174 min./166 min./152 min. - av. Andrzej Szalawski (Jurand de Spychów), Grazyna Stanisezwska (Danusia, sa fille), Mieczyslaw Kalenik (Zbyszko de Bogdaniec), Ursula Modrzynska (Jagienka d’Ogorzelec), Stanislaw Winczewski (Zych d’Ogorzelec, son père), Emil Karewicz (le roi Ladislas II Jagellon de Pologne/Wladyslaw Jagiello, 1386/1434), Tadeusz Kosudarski (frère Rotgier), Aleksander Fogiel (Maciej/Macko de Bogdaniec, oncle de Zbyszko), LycinaWinnicka (Anna Danuta, duchesse de Masovie, épouse de Janusz), Tadeusz Bialoszczynski (Janusz Ier, duc de Masovie), Mieczyslaw Voit (Kuno von Lichtenstein), Janusz Strachocki (Conrad von Jungingen, Grand-Maître de l’Ordre Teutonique, 1394/1407), Stanislas Jasuikiewicz (Ulrich von Jungingen, Grand-Maître, 1407/1410), Leon Niemczyk (Foulques de Lorche), Henryk Borowski (Siegfried von Löwe), Józef Kostecki (le grand-duc Vitold/Vytautas le Grand de Lituanie), Tadeusz Schmidt (le mercenaire tchéco-bohémien Jan Zizka), Andrzej Konic (Skirvoi), Andrzej Krasicki (Hughens), Cesary Julski (Zawisza Czarny de Garbow), Janusz Ziejewski (Zyndram de Maszkowice), Ryszard Ronczewski (le commandant Henryk de Czluchow), Zbigniew Skowronski (Tolima), Mieczyslaw Stoor (Hlawa), Jerzy Kozakiewicz (Cztan de Rogowa), Michal Lesniak (Ciaruszek), Wlodzimierz Skoczylas (frère Sanderus, vendeur de reliques et d’indulgences), Janusz Paluszkiewicz (le maréchal royal), Krzysztof Kowalewski (un archer teutonique), Jerzy Pichelski (Powala de Taczew), Lechoslaw Litwinski (Wilk de Zgorzelice). Synopsis : En ouverture du film, la scène célèbre (sujet de plusieurs tableaux aux XIXe-XXe siècles) avant la bataille finale où les Teutoniques lancent un double défi au roi polonais et au grand-duc lituanien lorsqu’un héraut leur apporte deux épées pour les encourager à se lancer au combat. Mais ceux-ci ont mieux à faire… Flash-back : En 1409, le conflit qui oppose l’État polonais et le duché de Lituanie à l’Ordre des chevaliers Teutoniques, maître de la Prusse orientale et de la Lettonie, entre dans sa phase la plus aiguë. Sous prétexte de convertir les païens au christianisme, les Teutoniques tentent en fait d’annexer le nord du pays, semant partout la terreur et la mort sur leur passage. À la frontière nord dans la région de Kuyavia, alors que des chevaliers de l’Ordre s’adonnent aux rapines, Jurand, l’audacieux seigneur borgne de Spychów, leur ennemi juré, intervient en sauvant des marchands détroussés et battus jusqu’au sang. Pour se venger, les Teutoniques pillent et incendient sa demeure lacustre fortifiée, puis tuent sa femme. Danusia, leur fille unique, échappe au bain de sang et se réfugie chez la duchesse de Mazovie qui fait d’elle sa demoiselle de compagnie. Zbyszko de Bogdaniec, un jeune et preux chevalier revenu de Lituanie avec son oncle Maciej, s’éprend d’elle et lui promet de lui rapporter l’écusson de paon porté par celui qui a tué sa mère. Sur le chemin de Cracovie, il provoque en duel Kuno von Lichtenstein, ignorant qu’il s’agit de l’envoyé de l’Ordre auprès du roi de Pologne Ladislas II Jagellon, puis rapporte le panache du vaincu à sa dame de cœur. Pour cette offense faite à un diplomate en mission, la Couronne le condamne à mort, mais Danusia parvient à le sauver en le revendiquant pour sien au nom d’une ancienne tradition populaire. Blessé et humilié, Lichtenstein refuse de lui pardonner. Alors que l’oncle Maciej part pour Malbork/Marienburg, la principale forteresse de l’Ordre, afin de demander grâce au Grand Maître, il est grièvement blessé. La nouvelle de troubles dans le duché de Samogitie en Lituanie parvient à Cracovie, la tension monte, tandis que les Teutoniques se plaignent de Jurand auprès du prince Janusz Ier, duc de Mazovie. Mais comme celui-ci refuse de leur livrer le coupable, ils enlèvent Danusia après avoir poignardé dans le dos Foulques de Lorche, un noble lorrain qui s’y opposait. Entretemps, Zbyszko emmène son oncle, retrouvé enfoui et affaibli dans la neige, à Bogdaniec où il rencontre la belle Jagienka, fille de Zych de Zgorzerlice qui le trouve fort séduisant, et parvient à remettre Maciej sur pied. Réalisant que Danusia a disparu, oncle et neveu partent à sa recherche. À Spychów, des envoyés teutoniques présentent les conditions de libération de Danusia, prétendument sauvée des voleurs. Pour récupérer sa fille, Jurand se rend lui-même à la forteresse de Szczytno, pénitent sans armes et la corde au cou pendant une nuit entière, mais où, piégé et humilié par les Teutoniques, il finit par tuer en duel neuf moines armés, dont frère Gotfryd. Frère Rotgier demande réparation au duc de Mazovie pour le préjudice causé à l’Ordre par Jurand et exige la remise du domaine de Spychów. Zbyszko le tue en combat singulier. Le cruel Siegfried von Löwe, commandant de Szczytno et père spirituel du défunt, ordonne alors la mutilation de Jurand qu’il tient emprisonné (crever l’œil restant, arracher la langue et couper la main droite), puis proclame que Zbyszko ne reverra plus jamais sa fiancée Danusia. |

Un sens de la composition et des cadrages que magnifie l’écran panoramique d’Aleksander Ford.
Les escarmouches frontalières entre Polonais et l’Ordre augmentent. Lorsque les Teutoniques s’emparent des navires polonais transportant des céréales pour les « rebelles » samogitiens de Lituanie, c’en est trop : le roi Ladislas II Jagellon ordonne la mobilisation générale. Mais le Grand Maître Konrad von Jungingen voudrait plutôt négocier en constatant lors d’un banquet orgiaque des siens que les viols dont ils se vantent font pour eux partie des « privilèges impériaux ». Dégoûté, il meurt peu après et c’est son frère Ulrich, belliciste fanatique, qui prend sa place. Entretemps, Zbyszko part à la recherche de sa bien-aimée, tandis que Maciej et Jagienka découvrent Jurand estropié et aveugle sur la route. Lorsque Zbyszko retrouve enfin Danusia, gardée par son bourreau Siegfried von Löwe, elle a perdu la raison et meurt dans ses bras. Rongé par les remords, Siegfried se pend à un arbre tandis que dans toute la Pologne, des émissaires lancent un appel à la guerre. L’armée polonaise est rejointe par les forces lituaniennes de Vitold le Grand, cousin de Ladislas II, ainsi que des unités russes orthodoxes de Smolensk, tatares musulmanes de Jalal ad-Din, bohémiennes, ruthènes, poméraniennes, hongroises, tchèques et coumanes turcophones. L’affrontement décisif a lieu le 15 juillet 1410 dans la plaine entre Tannenberg et Grunwald. Arrogants, les Teutoniques sont confiants dans la victoire, mais Ladislas II n’est pas pressé d’entrer en lice et s’en va d’abord à la messe tandis que l’adversaire cherche vainement à intimider ses alliés. La bataille commence, la cavalerie légère lituanienne et tatare frappe, révélant les pièges à loups préparés par l’ennemi. Ils sont suivis par les chevaliers polonais lourdement armés, tandis que le roi dirige le combat depuis la colline ; dans la mêlée, Zbyszko sauve la bannière. L’assaut surprise de l’infanterie polonaise cachée dans les bois renforce à temps la cavalerie affaiblie. Ulrich von Jungingen rejoint personnellement la mêlée, tandis que Maciej provoque Kuno von Lichtenstein en combat singulier et le tue. La défaite de l’Ordre est cinglante, quelque 8000 hommes, dont 400 chevaliers et le Grand-Maître lui-même, y périssent. Sa dépouille et les bannières teutoniques sont déposées aux pieds de Ladislas II. Zbyszko et Maciej retournent dans leur ville natale où une Jagienka souriante les attend. Post-scriptum (avec ce que le film ne dit pas) : L'année suivante, Ladislas II imposera aux perdants la paix de Torun/Thorn, obligeant les chevaliers Teutoniques à verser à la Pologne-Lituanie une indemnité de guerre qui va mettre leur État au bord de la faillite. Ladislas retient captifs 14'000 membres de l’Ordre et leurs mercenaires polonais, allemands ou prussiens ; il en profite pour christianiser par le feu et par le sang les derniers païens de la Samogitie lituanienne, éliminant ainsi tout faux prétexte de missionarisation. L’Ordre des chevaliers Teutoniques ne se relèvera jamais de cette défaite historique qui va entraîner un basculement significatif des pouvoirs en Europe orientale. |




➤ C’est la toute première fresque épique polonaise, ressuscitant à l’écran ce que beaucoup d’historiens considèrent comme la plus grande bataille rangée du Moyen Âge. Les plus hautes instances de l’État sont impliquées dans cette titanesque entreprise cinématographique faite pour commémorer à la fois les mille ans d’existence de l’État polonais (en 960, Mieszko Ier devient prince des Polanes et défait les tribus slaves entre l’Oder et la Vistule) et le 40e anniversaire de l’indépendance du pays en 1918, après avoir longtemps été partagé entre les empires russe, autrichien et allemand. Pour célébrer tout cela, il a été décidé de porter à l’écran le roman Les Chevaliers teutoniques (1900) de Henryk Sienkiewicz, le plus grand écrivain polonais de son époque, lauréat du Prix Nobel pour Quo Vadis ? en 1896. Remis au goût du jour, le sujet tombe à pic, puisqu’il conte justement la libération des terres ancestrales occupées par des voisins rapaces. Enfin, la première mondiale du film est fixée d’avance au 15 juillet 1960 (au Palais des Sports de Łódź), exactement le jour du 550e anniversaire de la bataille de Grunwald-Tannenberg. La date de sortie est programmée une année et demi après la décision de produire le film (budget : 33 millions de zlotys, soit le quadruple d’un long métrage courant). Comme de bien entendu, elle a été précédée d'une très vaste campagne publicitaire et de débats à la radio et à la télévision. Enfin, toujours dans le cadre de ces festivités, l’État polonais inaugure aussi le Musée de la bataille de Grunwald-Tannenberg (Muzeum Bitwy pod Grunwaldem) à Stebark, où sont projetés annuellement depuis juillet 1960 des extraits du film et où l’on organise une reconstitution massive des combats. Le vétéran Aleksander Ford hérite de la transposition imagée et en partie aussi de l’adaptation de ce roman filandreux en deux tomes. Actif dans le cinéma depuis 1929 mais réfugié en URSS pendant le conflit mondial, Ford est revenu à Varsovie en 1945 pour prendre la direction de l’entreprise d’État Film Polski. Il est devenu rapidement le réalisateur officiel de la Pologne d’après-guerre avec des succès comme La Jeunesse de Chopin, primé à Karlovy-Vary en 1952 ou Les cinq de la rue Barska, primé à Cannes en 1954. S’il accepte de se lancer dans la fabrication complexe d’un blockbuster capable de rivaliser avec ceux d’Hollywood et de Moscou, c’est qu’il cherche à retrouver les faveurs du gouvernement Gomulka qui a interdit l’exploitation de son Huitième jour de la semaine en 1958, jugé pessimiste et dénigrant la Pologne socialiste, mais aussi pour retrouver son statut d’antan, malmené par la percée internationale de son cadet, ex-assistant et rival Andrzej Wajda. Le scénario est écrit en trois semaines avec l’écrivain Jerzy Stefan Stawinski ; Ford y corrige surtout le portrait de Ladislas II Jagellon, personnage malmené par Sienkiewicz qui devient ici un chef d’État sage et courageux. Pour des raisons idéologiques, l’infanterie paysanne participe également à la bataille finale (même si elle n’est pas désignée comme telle), alors qu’aucun chroniqueur médiéval ne la mentionne ; on occulte également la fuite des Lituaniens pendant la bataille (épisode controversé qu’évoque le romancier), on minimise le nombre de païens ou non-chrétiens dans les rangs polonais, mais on illustre la tactique empruntée aux Mongols et à la Horde d’Or, une fausse retraite qui mena la chevalerie cuirassée de l’Ordre au désastre. Par ailleurs, divers événements et personnages sont sacrifiés tandis qu’on intègre des apports récents de l’historiographie et de l’archéologie quant aux décors et costumes. Le tournage innovant qui utilise pour la première fois le format large français Dyaliscope, en plus de l’Eastmancolor et du son stéréo, commence le 3 août 1959 à Rywald et se poursuit jusqu’en janvier 1960 à Starogard Gdansk, Spychow, Lódz (forêt de Lagiewnicki, parc Poniatowski), autour des lacs Jamerta et Godziszewskie, dans la forêt de Szpegawski, aux châteaux de Kwidzyn et bien sûr de Malbork, dans le monastère cistercien de Wachock et la région de Wolbórz. La bataille finale de 16 minutes - morcelée en 152 plans - est filmée (en hélicoptère) autour des collines et forêts près de Kolincz, tandis que les studios de Lodz abritent les intérieurs. On parle de 10'000 figurants (?), 18'000 costumes, 470 chevaux. Dans son roman, Sienkiewicz célèbre l’histoire d’un pays qui n’existe plus, du moins sur la carte ; son ouvrage, qui reflète le traumatisme de la germanisation forcée des terres polonaises depuis presque un siècle et la montée en puissance du IIe Reich, paraît à un moment où Bismarck et ses successeurs à Berlin, tenants d’un Empire prussien protestant, redoutent, eux, une renaissance de la Pologne catholique, événement susceptible de déséquilibrer les alliances fragiles sur le continent. Militariste à outrance, Guillaume II ordonne la restauration de la forteresse médiévale de Marienburg et ressuscite la croix teutonique qui va devenir pour 40 ans l’emblème de l’armée allemande et servir de modèle à la croix de fer, distinction militaire suprême. Il récupère ainsi le mythe romantique de l’Ordre, transformé en modèle et prédécesseur de sa « Ostpolitik » en faisant fi du caractère monastique et catholique de l’ancienne chevalerie, ce qui est le dernier de ses soucis. Ainsi, la bataille de Grunwald-Tannenberg se transforme-t-elle en enjeu mémoriel d’une unité allemande en construction et d’une nation polonaise démembrée pour s’inscrire dans une lutte soi-disant « éternelle » entre peuples germaniques et slaves. |

Des chevaliers teutoniques orgueilleux et tourmentés, un cliché aux relents idéologiques.
Parue d’abord sous forme de feuilleton (1897ss) et traduite en 25 langues, la prose de Sienkiewicz devient dès la renaissance de l’État polonais un livre de lecture obligatoire dans les écoles entre 1919 et 1934 (date du pacte polonais de non-agression signé avec Hitler), puis le premier livre réimprimé après 1945, suivi de vingt rééditions jusqu’en 1960. En adaptant ce texte ultranationaliste, lecture de chevet de quatre générations, le cinéma ne peut en éviter le chauvinisme : les chevaliers polonais y sont quasiment tous loyaux alors que les Teutons sont perfides, dominés par leur rapacité, usant de félonie et de violence, trahissant leur mission d’évangélisation des pays slaves que leur a accordée le pape Urbain IV, au point de dresser contre eux toute la nation polonaise ainsi que les paysans prussiens réfugiés sur place. Il est vrai que, historiquement parlant, les Teutoniques se sont étendus dans les pays baltes jusqu’à la Lituanie et la Finlande en y soutenant un véritable processus de colonisation des terres agricoles octroyées aux arrivants allemands, mais ce fut sur appel des Princes slaves chrétiens et avec l’accord des royaumes occidentaux. Enfin, le cauchemar récent de la Deuxième guerre mondiale encourage l’assimilation facile mais inévitable de l’Ordre avec les Waffen-SS et la « ruée vers l’est » de l’obsession hitlérienne, vision aussi anachronique que falsifiée du Moyen Age. Le film accentue la ressemblance avec les nazis en montrant la façon qu’ont les Teutoniques (qui crient « heil ! ») de favoriser les incidents de frontière qui leur permettent de nouvelles annexions, moyennant attentats et intimidations des pays qui leur résistent. L’historien pourrait toutefois objecter qu’en 1410, ce ne sont pas les Teutoniques qui ont pénétré en Pologne, mais que Ladislas II, au comble de sa puissance et qui visait un accès à la mer à la hauteur de Dantzig (Gdansk), a déclenché la guerre en traversant la Vistule et marchant sur la forteresse de Malbork/Marienburg en Poméranie avec une armée quantitativement plus importante (mais moins professionnelle) que les chevaliers germaniques, car ces derniers les attendaient au nord, à Gdansk. Objecter aussi que, des deux côtés, ces armées multi-ethniques ne représentaient pas des nations, mais divers seigneurs féodaux auxquels ils avaient juré obédience. Au moment où sort le film, lors des célébrations officielles du millénaire, le dictateur Wladyslaw Gomulka salue avec une rare véhémence l’heureuse présence d’un voisin allemand « amical », la RDA communiste de Walter Ulbricht, tandis que ces « loups revanchards » de Konrad Adenauer et Franz Josef Strauss de l’autre côté du Rideau de fer sont perçus comme de nouveaux croisés, rappel de « la nature de prédateur de l’impérialisme germanique » (Deutsche Filmkunst no. 3, Berlin-Est, mars 1962). Le Secrétaire général du parti ouvrier fait alors un rapprochement direct entre la croix que porte le chancelier catholique de la RFA, admis en mars 1958 comme membre honoraire de l’Ordre Teutonique – ordre à présent purement caritatif - et la croix gammée. Les malheureuses photos d’Adenauer en manteau teutonique circulent dans toute la presse communiste. (On oublie, cela va sans dire, le partage sanglant de la Pologne républicaine entre le Troisième Reich et les chers camarades soviétiques en 1939, avec 22'000 patriotes polonais exécutés…) Mais telle n’est pas vraiment l’optique de Ford dont le film montre les deux antagonistes en prière avant l’affrontement. Le suicide d’un Siegfried von Löwe accablé par son passé de bourreau (mourant, Jurand a refusé de se venger) ou la consternation du Grand Maître Konrad von Jungingen en constatant la déchéance morale de ses frères vont dans le même sens. La religion n’est jamais ridiculisée (mis à part le brave frère Sanderus, un vendeur d’indulgences qui fait rire tout le monde), comme si l’on anticipait le soutien du remuant évêque de Cracovie Karol Wojtyla (futur pape Jean-Paul II) et de Lech Walesa. Enfin, impossible ici de ne pas faire de rapprochements avec cette autre épopée cinématographique relative à la défaite des chevaliers Teutoniques, l’inoubliable Alexandre Nevski (1938) de S. M. Eisenstein. Mais contrairement à son prestigieux confrère soviétique, Ford évite toute stylisation graphique statique sublimée par des effets de montage, optant plutôt pour une imagerie classique, à la fois riche, séduisante et surtout réaliste. Il refuse aussi toute mythologisation du prolétariat telle que développée par Moscou ainsi que le rôle fantasmé du petit peuple, compagnon de lutte du si noble prince dans le conflit, préférant illustrer sans jugement la cohabitation-séparation des diverses classes sociales, fidèle à la fois à l’historiographie nationale et à Sienkiewicz. Le romancier narre pour l’essentiel les démêlés militaro-diplomatiques de l’aristocratie polonaise avec son dangereux voisin. Quant à Ford, bien plus que l’idylle mièvre Zbyszko-Danusia, c’est le sort tragique, quasi shakespearien de Sire Jurand qui l’interpelle. Fi du traficotage idéologique et de ses stéréotypes : comme on l’attend de lui, Ford respecte la psychologie primaire du roman avec ses héros chevaleresques, ses douces héroïnes ou ses perfides Teutons, mais son mélange d’intrigue sentimentale et de chronique historique tient la route et il faut bien admettre que la bataille de Grunwald-Tannenberg en met plein la vue. Certes, la narration manque parfois de rigueur et de passion, mais on est d’emblée frappé par l’utilisation picturale de l’écran large avec ses magnifiques panoramas lyriques (paysages grandioses, forêts, faune, architecture intérieure). Les inventions visuelles sont souvent liées aux mouvements de la caméra ou des personnages (vision subjective dans le combat singulier de Zbyszko/Rotgier), tandis que de nombreuses ellipses donnent au récit une allure syncopée. L’affrontement spectaculaire final consiste principalement en de longs plans animés par une caméra constamment en mouvement : l’utilisation d’une très souple mobilité et des foules, une animation constante des plans et la multiplication des travellings avec rotations de l’objectif traduisent très bien l’ampleur du choc, au risque toutefois que les personnages principaux se perdent dans la mêlée, et avec eux l’investissement émotionnel du public. En Pologne, les salles sont prises d’assaut. La fresque de Ford attire 14 millions de spectateurs au cours des quatre premières années d’exploitation (et, du jamais vu, plus de 32 millions jusqu’en 1987). En URSS, la fréquentation des salles atteint 29,6 millions de spectateurs. Après une projection à la Mostra de Venise en août 1960, le film est exporté dans 46 pays. Ford et son opérateur Mieczyslaw Jahoda reçoivent le prix du Ministre de la Culture et de l’Art, leur fresque est proposée pour l’Oscar du meilleur film étranger et remporte le « Canard d’Or » (le plus ancien prix cinématographique du pays) décerné par le mensuel Film à la meilleure production polonaise de l’année. Mais malgré ce triomphe public qui déclenche une cascade de fictions cinéma et télévision sur le passé médiéval de la nation, le réalisateur reste dans le collimateur du Parti pour son éloignement des normes du « réalisme socialiste ». En 1968, victime de la vague antisémite qui secoue la Pologne communiste, Ford (né Mosze Lifszyc) s’exile en Israël dont il refusera le sionisme agressif, puis en Allemagne de l’Ouest, au Danemark - il y portera à l’écran Le Premier cercle d’après Soljenitsyne, ce qui n’a pas dû plaire à ses anciens camarades -, enfin aux USA où il se suicidera en 1980. En 1999, dans un sondage de l’hebdomadaire polonais Polityka, l’ouvrage de Ford est sélectionné comme le dixième film polonais le plus intéressant du XXe siècle et obtient en 2009 la troisième place dans la catégorie « meilleur film historique du siècle » après Le Déluge / Potop de Jerzy Hoffman (1974) et Le Pianiste de Roman Polanski (2002). À l’étranger, Martin Scorsese, qui ne tarit pas d’éloges sur le film, le sélectionne en 2014 pour être présenté aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Canada dans le cadre d’un festival intitulé « Martin Scorsese Presents : Masterpieces of Polish Cinema » - où il figure en 3e position aux côtés d’œuvres de Wajda, Polanski, Kawalerowicz, Munk, Zanussi, Kieslowski, Konwicki, Has, etc. Jolie revanche. – DE: Die Kreuzritter ; Die letzte Schlacht der Kreuzritter - IT: I cavalieri teutonici - ES : Los caballeros teutónicos - GB/US: Knights of the Teutonic Order - US (vd): Knights of the Black Cross; Order of Teutonic Knights. |

Ogotaï (Jack Palance), fils de Gengis Khan, malmène les Polonais dans « I Mongoli » d’André de Toth (1961).
1961 | I Mongoli / Les Mongols (IT/FR) d’André de Toth [et Riccardo Freda, Leopoldo Savona] Guido Giambartolomei/Royal Film (Roma)-France Cinéma Productions Filmsonor (Paris), 115 min./105 min. - av. Jack Palance (Ogotaï/Ögödei Khan, fils de Gengis Khan), Anita Ekberg (Huluna, son épouse), Franco Silva (Etienne de Cracovie), Antonella Lualdi (Amina), Roldano Lupi (Gengis Khan), Gianni Garko (Henri de Valois), Pierre Cressoy (Igor), Gabriele Antonini (Temujin), Gabriella Pallota (Lutezia), George Wang (Subotaï), Lawrence Montaigne (Conrad Ier de Mazovie, roi de Pologne), Mario Colli (Boris), Andrej Gardenin, Janine Hendy, Vittorio Sanipoli. En 1241, les hordes mongoles de Gengis Khan et de son fils Ogotaï sont aux portes de l’Europe. Elles ont déjà battu les Russes, les Bulgares et les Hongrois et se préparent à envahir la Pologne. La ville de Souzdal vers Kiev est incendiée, et Igor, héroïque chef des partisans slaves, périt. La Diète polonaise à Varsovie délègue à Souzdal une ambassade menée par deux princes, le Polonais Stéphane de Cracovie et le Français Henri de Valois, neveu du roi de France, pour négocier une trêve auprès des envahisseurs, mais Ogotaï et sa cruelle compagne Huluna, avides de conquêtes, les en empêchent. Captif, Henri parvient à s’échapper, puis repris et torturé par Ogotaï, il se sacrifie afin de donner l’occasion à Stéphane d’enfin rencontrer Gengis Khan, le chef suprême. Ce dernier accepte de cesser les hostilités, mais Huluna poignarde le vieux Khan et Ogotaï, nouveau khan, conduit son armée au combat, faisant croire que c’est l’ambassadeur polonais qui l’a tué. Près de Cracovie, par un audacieux stratagème, Stéphane repousse la horde mongole et l’attire dans les marais et les sables mouvants ; Huluna y périt noyée (Temujin, cadet de Gengis Khan, refuse de la sauver) tandis qu’Ogotaï, vaincu, se suicide sur le bûcher funéraire de son géniteur. Le reste de son armée menée par Temujin repart vers l’Asie tandis que Stéphane est réuni avec Amina, l’ancienne fiancée d’Igor à Souzdal. En fin de carrière, chargé de cette mini-fresque italo-française lors d’un séjour en Europe, André de Toth, vétéran hongrois et quatrième borgne de Hollywood (après John Ford, Nicholas Ray et Fritz Lang), fait appel à l’Américano-ukrainien aux traits asiatiques Jack Palance alias Vladimir Palanuik pour jouer le fils de Gengis Khan, lui qui avait déjà campé un mémorable Attila dans Sign of the Pagan (Le Signe du païen) de Douglas Sirk sept ans auparavant : Palance-Ogotaï compose le portrait parfaitement jouissif d’un psychorigide au rictus sadique et féroce. De Toth engage également comme assistant son frère John Palance. Pour obtenir des avances sur recettes, la production romaine hisse l’obscur Leopoldo Savona (ancien assistant de Pasolini) au rang de réalisateur alors qu’il ne dirige que la seconde équipe (scènes de foule), rabaissant De Toth lors de l’exploitation dans la Péninsule au titre de « supervisore alla regia ». Procédé courant sur le Tibre. En fait, hormis De Toth, le seul à apporter une réelle contribution créative à l’entreprise est Riccardo Freda, le pape du cinéma populaire italien qui élabore de vivifiantes scènes de batailles, des tableaux visuellement très imaginatifs mais parfaitement invraisemblables sur le plan militaire. On retient surtout sa contribution, qui dynamise la deuxième moitié du film, avec des chevaux noirs pour les mongols et blancs pour les Polonais. Par ailleurs, quoique soigné dans les détails, la bande n’évite pas toujours le ridicule : les gentils Européens sont falots, les dialogues risibles et la pulpeuse Suédoise Anita Ekberg, adulée en Italie depuis La dolce vita de Fellini, est tout sauf une sournoise princesse tatare (Palance et Ekberg ne s’adressent pas la parole sur le plateau, ce qui pimente l’ambiance). Le tournage en Eastmancolor et Cinescope a lieu aux studios De Laurentiis Cinematografica à Rome, puis en Yougoslavie, aux Centralni Filmski Studio Kosutnjak près de Belgrade (où sont érigés les décors de Souzdal avec la collaboration de Lovcen Film à Budva) et sur les rives du Danube ; infanterie et cavalerie de Tito font de la figuration massive. Cela dit, les faits historiques sont plus prosaïques que ce scénario paresseux qui imagine l’assassinat de Gengis Khan alors que celui-ci était déjà mort depuis une décennie, et dans son lit en Chine ! Quant à Ogotaï ou Ögedeï, il ne vint jamais en Pologne non plus et mourut aussi dans son lit, en 1241 (dame Huluna n’a bien sûr jamais existé). La première invasion mongole de la Pologne aboutit en avril 1241 à la bataille de Legnica, une victoire écrasante … des Mongols de la Horde d’Or sur la chevalerie germano-polonaise qui fut taillée en pièces et où le prince polonais Henri II le Pieux laissa la vie. Peu après, les envahisseurs partirent pour mongoliser la Hongrie. - DE : Die Mongolen, ES : Los mongoles, GB/US : The Mongols. |
1961 | Historia zóltej cizemki (La Pantoufle dorée) (PL) de Sylwester Checinski WFF Lodz-ZRF “Iluzjon” (Warszawa), 86 min. – av. Gustaw Holoubek (le sculpteur Wit Stwosz/Weit Stoss, 1448-1533), Marek Kondrat (Wawrzek), Beata Barszczewska (Sophie), Andrzej Szczepkowski (le bandit noir Raphaël), Bronislaw Pawlik (Gregorius), Tadeusz Bialoszczynski (le roi Casimir IV Jagellon, 1447/1492), Bogumil Kobiela (Froncek), Ignacy Machowski (Maître Paul), Mieczyslaw Cuechowicz (le gardien des portes de Cracovie), Bogdan Baer (Ignace), Michal Szewczyk (Kudras), Adam Pawlikowski (un héraut), Aleksander Fogiel (le gardien des portes de Myslenice), Janusz Klosinski (le tuteur de Wawrzek). L’histoire du triptyque de sculptures gothiques de la basilique Saint-Marie de Cracovie au XVe siècle. Vers 1477, pendant le règne de Casimir IV Jagellon (Kazimierz Jagiellonczyk), grand-duc de Lituanie et roi de Pologne. Ce dernier a commandé au sculpteur Veit Stoss un retable monumental pour la cathédrale. Au même moment, Wawrzek, un adolescent de Poreba très doué pour le travail du bois, se rend à la capitale et parvient à se faire engager dans l’atelier de Veit Stoss pour travailler au retable. Lors d’une visite du roi pour mesurer l’avancement des travaux, celui-ci, admiratif, souhaite récompenser le jeune garçon. Wawrzek demande une paire de pantoufles dorées, le rêve de sa vie. Lors de la cérémonie de dévoilement de l’autel, il perd l’une de ses pantoufles dans les interstices de l’immense autel. Sans espoir de récupérer son trésor, Wawrzek reste fier d’avoir sauvé la cérémonie. – Adaptation en couleurs d’un livre pour la jeunesse d’Antonina Domnaska, tournée sur place à Cracovie. - GB : Story of the Golden Boot, DE-RDA : Die Geschichte vom Saffianschuh, DE : Die goldene Stiefelette (tv). |
1961 | (tv-th) Zygmunt August [=Sigismond Auguste] (PL) de Tadeusz Byrski (th) et Joanna Wisniewska (tv) Telewizja Polska, Kraków (TVP 21.5.61). – av. Zofia Mrozowska (Barbara Radziwill), Zygmunt Maciejewski (Sigismond II Auguste Jagellon, roi de Pologne), Maria Klejdysz, Agnieszka Byrska et Miroslawa Wyszogrodzka (les trois sœurs du roi), Zofia Lindorf (la reine-mère Bona Sforza), Tadeusz Bialoszczynski (Ski Hozjusz, évêque de Wile), Andrzej Konic (l’hetman Jan Tarnowski), Hugo Krzyski (Jerzy Radziwill), Leon Pietraszkiewicz (Piotr Boratynski), Lech Madalinski (Jan Tenczynski), Konstanty Pagowski (le voïvode Rafal Lescczynski), Szczepan Baczynski. – Dramatique d’après la pièce de Stanislaw Wyspiansky (1932) sur l’amour tragique de Sigismond II et la belle Barbara Radziwill. Remake cf. infra, 1969. Synopsis cf. supra le film Barbara Radziwillówna (1936). |
1964 | Maciste nell'inferno di Gengis Khan (L'Enfer de Gengis Khan) (IT) de Domenico Paolella Felicie Felicioni/Jonia Film, 95 min. - av. Mark Forest [alias Lou Degni] (Maciste/Madjikar), José Greci (Arminia/Clara de Pologne), Roldano Lupi (Gengis Khan), Ken Clarke (Kubilaï), Gloria Milland [Maria Fiè] (Arias), Renato Rossini (Gasan), Mirko Ellis (Vladimir de Bratislava), Harold Bradley (Krever), Tullio Altamura, Renato Terra Caizzi, Bruno Scipioni. Ouf, la Pologne est sauvée grâce à Maciste, le bon géant des nanars italiens ! Commandée par l’impitoyable Kubilaï, la Horde d’Or de Gengis Khan n’est pas parvenue à investir Cracovie alors qu’elle vient de s’emparer de la ville polonaise de Tarnopol. Colosse supermusclé, Maciste a fait un massacre dans les rangs mongols. Menacé de disgrâce, Kubilaï (qui n’est pas ici le fils du Grand Khan) extorque d’un vieux prisonnier aveugle le secret de cette résistance inattendue : l’héritière du trône de Pologne, la princesse Clara, est toujours en vie et vit incognito chez des paysans sous le nom d’Arminia ; le stigmate qu’elle porte au cou, l’« Étoile de Chair », témoigne de ses origines royales qu’elle-même, fiancée de Maciste, ignore. Kubilaï la fait enlever et enfermer à Tarnopol, mais comme Gengis Khan la destine comme épouse à son fils, Kubilaï assassine le Grand Khan. Alerté, Maciste s’introduit dans le palais de Tarnopol, tandis que Vladimir, voïvode de Bratislava, assiège la cité avec son armée. La ville est prise, Maciste tue Kubilaï, mais Arminia renonce au trône que lui offre Vladimir pour vivre avec son sauveur bodybuildé. Et tant pis pour les historiens. Réalisateur souvent ironique et inventif, Paolella truffe son récit de péripéties joyeusement incroyables, animées par un Hercule du XIIIe siècle toujours proche du peuple. Tournage en Eastmancolor et Totalscope aux studios INCIR-De Paolis à Rome, extérieurs à Tor Caldara et Lavinio Lido di Enea (titre de travail : Ursus nell’inferno di Gengis Khan). - DE : Die Vernichtung des Dschingis Khan, US : Hercules Against the Barbarians. |
1964 | Maciste contro i mongoli (Maciste contre les Mongols) (IT) de Domenico Paolella Felicie Felicioni/Jonia Film, 89 min. - av. Mark Forest [alias Lou Degni] (Maciste), José Greci (Blanche de Tudela), Ken Clark (Sajan [=Toloui ?]), Nadir Baltimore (Kingkan [=Ogotaï ?]), Renato Rossini (Suzdal [=Djagataï ?]), Grazia Maria Spina (Ljuba), Tullio Altamura (Osvaldo), Bianca Doria (Raja), Fedele Gentile (Bernardo), Lois Loddi (le prince Alexis), John McDouglas [Giuseppe Addobbati] (le roi de Ratislavia), Renato Terra (Karikan), Bruno Scipioni. Pauvre Pologne… une intervention de Maciste n’a pas suffi pour la libérer des épouvantables envahisseurs bridés ! Dirigés par les trois cruels fils de Gengis Khan, Kingkan (l’aîné), Sajan (le cadet) et Suzdal (le benjamin), les Mongols s’emparent cette fois de la principauté polonaise de Tudela (ou Lemberg), mettent la ville à sac, comme d’habitude, et emprisonnent la princesse Blanche ainsi que son jeune frère Alexis pour qu’ils leur révèlent la cachette du fabuleux trésor de leur père Tultéa. Alexis s’évade et le bon géant Maciste, qui s’est fait emprisonner, sauve Blanche lors d’un tournoi où il affronte les plus robustes guerriers asiatiques, mais devient esclave de Suzdal. Oswald, un renégat, se dit prêt à remettre le trésor aux Mongols, mais Alexis revient avec le roi de Cracovie (ou Ratislavia) dont l’armée assiège la cité. Les Mongols détruisent catapultes et tours d’assaut des chrétiens et leur cavalerie se masse dans une forêt pour les prendre à revers. Maciste combat l’ennemi de l’intérieur, incendie la forêt et coupe la retraite de la cavalerie mongole en détruisant un barrage, puis tue successivement les trois rejetons de Gengis Khan ; le félon Oswald est abattu par des archers alors qu’il tente de s’enfuir avec le trésor. Dans l’allégresse de la ville libérée, Blanche rejoint Maciste et s’en va avec lui. Un petit film réalisé simultanément au film précédent de Paolella, en Totalscope et Eastmancolor aux studios INCIR-De Paolis à Rome, dans la grotte de Solone et à Manziana ; les batailles sont empruntées à I Mongoli d’André De Toth et Riccardo Freda (1961). Les patronymes des chefs mongols et des lieux sont fantaisistes. - DE : Die Höllenhunde des Dschingis Khan, US : Hercules Against the Mongols. |
1965 | (tv-th) Barbara Radziwillówna (PL) de Halina Gryglaszewska Telewizja Polska, Kraków (TVP 30.8.65), 140 min. – av. Zofia Kalinska (Barbara Radziwill), Witold Gruszecki (Sigismond II Auguste Jagellon, roi de Pologne), Halina Gryglaszewska (la reine-mère Bona Sforza), Barbara Dolinska (Izabella), Boguslaw Stokowski (l’hetman Jan Tarnowski), Jan Kruzyzanowski, Ferdynand Solowsky, Jerzy Krasicki. Captation de la pièce de Alojzy Felinski (1817) dans la mise en scène du Teatru Rozmaitosci à Cracovie. Dans le concept de Halina Gryglaszewska, la tragédie romantique en 5 actes entre le roi Sigismond et la belle Barbara est devenue principalement un drame politique. - Synopsis cf. supra, le film de 1936. |
1969 | (tv-th) Zygmunt August [=Sigismond Auguste] (PL) de Zygmunt Hübner (th), Wlodzimierz Gawronski (tv) Telewizja Polska, Kraków (TVP 23.5.69), 62 min. – av. Marek Walczewski (Sigismond II Auguste Jagellon, roi de Pologne), Krystyna Mikolajewska (Barbara Radziwill), Zofia Jaroszewska (la reine-mère Bona Sforza), Izabela Olszewska (Anna), Marian Slojkowski (Sierakowski), Wiktor Sadecki (Samuel Maciejowski, évêque de Cracovie), Boleslaw Smela (Semla), Janusz Sykutera (Lupa Podlodowski), Jerzy Novak (Jan Tenczynski), Zdzislaw Maklakiewicz (Piotr Boratynski), Jerzy Zelnik (le voïvode Rafal Leszczynski), Antoni Pszoniak (l’hetman Jan Tarnowski), Kazimierz Fabisiak (le cardinal Stanislaw Hozjusz), Roman Wójtowic (Mikolaj Dzierzkowski), Euzebiusz Luberadzki (Jerzy Radziwill). Dramatique d’après la pièce éponyme de Stanislaw Wyspiansky (1932), autre variante des tristes amours du roi Sigismond et Barbara Radziwill. Synopsis cf. Barbara Radziwillówna (1936). |
1969/70 | (tv) Gniewko, syn rybaka [=Gniewko, le fils du pécheur] (PL) minisérie de Bohdan Poreba, Olga Szaniawska et Ewa Vogtman-Budny Série « Teatru Mlodego Widza (Théâtre pour les jeunes) », Telewizja Polska, Kraków (TVP 12.69), 5 x 55 min. - av. Marek Perepczko (Gniewko), Kazimierz Wichniarz (le chevalier Sulislaw), Stefan Sródka (Wladyslaw Lokietek), Ewa Zukowska (Agnieszka, châtelaine de Leczyca), Kazimierz Wilamowski (le châtelain Pawel, son père), Stefan Sródka (Wladyslaw Lokietek), Czeslaw Wollejko (Wincenty de Szamotuly), Jerzy Kaczmarek (Janko), Michal Pawlicki (Dietrich von Altenburg, Grand Maître de l’Ordre Teutonique), Maciej Englert (le futur roi Casimir III le Grand/Kazimierz III Wielki), Janusz Ziejewski (Krzyzan), Leonard Pietraszak (Reuss von Plauen), Mieczyslaw Kalenik (Gerhard von Locke), Leon Pietraszkiewicz (Dadzbor), Andrzej Antkowiak (Maître Heinrich von Plotzke), Jaroslaw Skulski (l’envoyé Teutonique), Józef Duriasz (le chevalier Teutonique Raymond), Leon Lochowsky, Tadeusz Kosudarski et Milosz Maszynski (trois chevaliers Teutoniques), Ryszard Pietruski (Hanysz, espion Teutonique), Tadeusz Bialoszczynski (Bogusza), Janush Cywinski (Sedzimir), Zygmunt Apostol (Oselek), Irena Horecka (Madra), Michal Plucinski (l’abbé dominicain), Tadeusz Cygler (le chef des paysans), Edward Kowalczyk (le vieux chevalier de Leczyca). L'action de cette série pour la jeunesse commence en 1306 sous le règne de Wladyslaw Lokietec/Ladislas Ier le Bref ou Petite-Coudée, alors que Gdańsk/Danzig, en Poméranie supérieure, est occupée par les bourgeois allemands sous la direction du landgrave Otto de Brandebourg. Les chevaliers Teutoniques qui les soutiennent militairement s’emparent de la ville le 13 octobre 1308, massacrent la population polonaise et s’emparent du delta de la Vistule pour intégrer toute la région à son État monastique, avec pour capitale la forteresse de Malbork/Marienburg. Gniewko est le fils orphelin d'un pêcheur de Rybitwy sur la Mer baltique (toute sa famille a été tuée lors de l'attaque de son village natal par les Brandebourgeois) et a été élevé par le chevalier Sulisław, de la garnison polonaise de Gdańsk. Au fil des ans, Gniewko devient un jeune et fervent patriote dévoué au roi Ladislas Ier. Il sauve la vie d’Agnieszka, la fille de Pawel, châtelain de Leczyca. Sur ordre du monarque, Gniewko se rend secrètement à Malbork, où il apprend l'intention de l’Ordre Teutonique de s’emparer du prince royal – le futur roi Casimir III le Grand/Kazimierz III Wielki – pour l’utiliser comme otage lors des préparatifs de l'invasion des chevaliers germaniques dans le pays de Chelmno. Il démasque également Hanysz, un espion ennemi à la cour polonaise, meurtrier de l’archidiacre de la cour du prince. - En 1317, le prince Casimir affronte l’armée brandebourgeoise et Gniewko, désormais adulte, entre à son service, portant le « Signe de l’Aigle », poinçon à l’aigle héraldique couronné de la dynastie Piast, insigne royal. - En juillet 1331, alors que Casimir est nommé gouverneur de Grande-Pologne, les chevaliers Teutoniques attaquent Pyzdry et le jeune prince échappe de peu à la mort. La menace s’approche et la responsabilité d'organiser la défense paysanne est confiée à Gniewko. L’Ordre Teutonique est écrasé par les Polonais à Plowce le 27 septembre 1331, son chef Otto von Bonsdorf est tué, de même que le vieux mentor du héros, Sulislaw. Après la bataille, le roi Ladislas adoube le courageux fils de pêcheur avec l’épée de Sulislaw et lui donne pour épouse Agnieszka, son amour secret. Une télésérie en noir et blanc tournée au château de Malbork, à Seroczyn, sur l’île de Wolin (lac Turquoise, rives de la lagune de Szczecin, falaise baltique près de Miedzyzdroje). Prix du Président de la Commission Radio et Télévision. - Épisodes : 1. « Zrada (Trahison} » – 2. « Znak Orla (Le Signe de l’aigle) » – 3. « Spisek (Conspiration) » – 4. « Wyprawa w obronie ziemi (Une expédition pour défendre la terre) » – 5. « Ta wies nazywa siec Plowce (Ce village s’appelle Plowce) ». - Remake cf. : Znak orla (Le Signe de l’Aigle) en 1978. |
1971 | Pierscien ksieznej Anny [=L'Anneau de la duchesse Anne] (PL) de Maria Kaniewska Zespól Filmowy Start, 102 min./99 min. - av. Jerzy Matalowski (Franek), Krzysztof Stroinski (Andrzej), Piotr Sot (Jacek), Wieslawa Kwasniewska (la duchesse Anna Danuta), Andrzej Szalawski (le prince Janusz Mazowecki, son époux), Bogusz Bilewski (le chevalier de Hlava), Jerzy Braszka (Walek), Emir Buczacki (Konrad von Jungingen, Grand Maître de l’Ordre Teutonique), Tadeusz Kosudarski, Stanislaw Milski et Cezary Julski (des chevaliers Teutoniques), Kazimierz Fabisiak (Kalep), Boleslaw Plotnicki (l’aumônier de la cour), Wlodzimierz Nowak (Karol). L'action de ce film en Eastmancolor destiné à un public familial commence dans les années 1960. Trois jeunes bricoleurs, Franek, Andrzej et Jacek, passent leurs vacances près des ruines d’un ancien château teutonique, où des travaux archéologiques sont en cours. Fascinés par l'histoire et le roman classique Les Chevaliers teutoniques de Henryk Sienkiewicz (cf. supra, film de 1960), ils décident de visiter les lieux par leurs propres moyens grâce à leur machine à voyager dans le temps. Ils tombent dans les cachots du château où ils sont transportés en l’an 1406, pourchassés par de véritables chevaliers Teutoniques. Ils parviennent à s'échapper et gagner la cour du prince mazovien Janusz Ier l’Ancien/Janusz Mazowiecki (1346-1429), duc de Varsovie, où des accessoires apportés du futur, comme un téléphone ou une voiture, suscitent l'admiration et l'incrédulité. Ils y rencontrent Anna Danuta (1358-1424), la duchesse de Mazovie qui apparaît aussi chez Sienkiewicz et aident à combattre l’Ordre Teutonique. - Film primé au Festival du film pour la jeunesse à Poznan 1971. |

Boleslaw II (à g.) fait assassiner saint Stanislas en pleine messe (1972).
1972 | Boleslaw Smialy (Boleslas le Hardi) (PL) de Witold Lesiewicz Jerzy Nitecki/Zespol Filmowy « Kraj » (Warszawa), 103 min./97 min. - av. Ignacy Goglewski (Boleslaw/Boleslas II le Généreux, roi de Pologne 1058/1081), Jerzy Kaliszewski (saint Stanislas / Stanislas de Szczepanów, évêque de Cracovie), Aleksandra Slaska (Wyszeslawa de Kiev [ou Mieszko Boleslawowic], la reine), Kazimierz Opalinski (l’archevêque Bogumil), Maria Ciesielska (Krysta, la jeune maîtresse du roi), Zdzislaw Mrozewski (le chancelier Radosz), Henryk Bak (le chevalier opposé au roi), Kazimierz Meres (le voïvode Sieciech), Michal Pawlicki (le comte Herman, frère de Boleslaw II), Lucjan Dytrych et Alicja Raciszówna (membres de la légation ukrainienne), Mieczyslaw Voit (Otto von Tyniec), Andrzej Zaorski (le chevalier Grzegorz), Krzysztof Machowski, Jerzy Zelnik, Marian Cebulski (chevaliers du roi), Piotr Fronczewski (frère Adalbertus), Jerzy Golinski (père Wawrzyniek), Halina Gryglaszewska (une villageoise), Czeslaw Lasota (le chroniqueur), Tadeusz Schmidt (Rajca Damrot), Mieczyslaw Stoor (le chevalier de Kiev). Le drame se joue au château de Wawel qui surplombe Cracovie en 1079, à la cour du roi Boleslaw/Boleslas II dit le Hardi, mais appelé aussi, à choix, le Généreux, le Téméraire ou le Cruel (v.1042-1081). Le monarque irascible condamne à mort des soldats déserteurs mis à disposition du prince russe Vsevolod, mais une partie du conseil royal, notamment le voïvode de Sieciech et le prestigieux évêque de Cracovie Stanisłas de Szczepanów (saint Stanislas, canonisé en 1253 par le Vatican) s'opposent à une sanction aussi sévère. Le roi est conscient qu’une alliance avec la Russie est nécessaire pour s’opposer efficacement au Saint-Empire romain germanique, or un des envoyés de Kiev ayant été tué sur sol polonais, il tente d’expliquer à la délégation ruthène qui est responsable de ce meurtre. Pour lui, l’affaire prouve l’existence d’une forte opposition à sa politique. Même la reine, qui n'a jamais trouvé le bonheur à ses côtés, lui est hostile, sa liaison affichée avec une fille du peuple étant pour elle une humiliation. Le roi a vainement tenté d'annuler le mariage et en en présence de toute la cour, l'évêque Stanisłas menace le roi d’excommunication pour sa vie de concubinage. Soupçonné de comploter contre la Couronne, le voïvode Sieciech se réfugie auprès de l’évêque qui interdit publiquement au roi l’entrée dans les églises s’il ne fait pas pénitence. Le monarque reste seul avec une poignée de fidèles. Lorsque la foule lapide sa jeune maîtresse, Bolesłas, ne supportant pas son autorité contestée, condamne l'évêque à mort et envoie des soldats pour le décapiter en pleine messe dans l’église de Skalka. Immédiatement après l'exécution de la sentence, l'armée de Wratysław de Bohême et d'Henri IV du Saint-Empire, convoquée par les conspirateurs, prend d'assaut les portes du château. Le roi est contraint de fuir et s’exile en Hongrie (où il mourra vers 1081 dans des circonstances mystérieuses). ➤ Un sujet délicat qui rappelle le sort de Thomas Becket, l’archevêque de Canterbury assassiné en 1170 sur ordre de Henry II d’Angleterre (évoqué dans les pièces de T. S. Eliot et Jean Anouilh et le film de 1964 avec Richard Burton et Peter O’Toole). Un sujet plus délicat encore en Pologne des années où il fait écho au conflit sous-jacent entre le Parti communiste et l’Église catholique (crispation qui culminera six ans plus tard avec le pontificat de Jean-Paul II alias Karol Józef Wojtyla, archevêque de Cracovie et porte-parole de l’épiscopat polonais). Dans le film, sur le plan proprement national, la couronne envoyée par le pape Grégoire VII à Boleslas II au début de son règne est le symbole de la renaissance du pays comme membre de la chrétienté occidentale et, plus encore, comme État indépendant et royaume. Car le couronnement de Boleslas est ressenti par le Saint-Empire germanique et par les ennemis de la Pologne (traduit en 1972 : la RFA et le « monde libre ») comme une insulte, la fuite du monarque est le résultat d’un complot des « féodaux antiroyalistes » et non de l’indignation du bon peuple. Le scénario du film utilise en les « actualisant » des passages du roman historique Boleszczyce de Józef Ignacy Kraszewski (1877) et du drame Stanislaw i Bogumił (1948) de Maria Dąbrowska, mais en évitant toute contextualisation et en se concentrant pour l’essentiel sur le conflit de deux fortes personnalités. Boleslaw Smialy est conçu comme une « grande production patriotique », tournée en Eastmancolor au studio de Lodz, dans l’église d’Inowlódz, en extérieurs sur les hauteurs de Cracovie-Częstochowa, à Malopolskie et au château de Lipowiec, avec 80 acteurs et 1500 figurants. - DE-RDA : Boleslaw der Kühne. |

1971-1973 | (tv+ciné) Kopernik / Copernicus (Copernic) (PL/DE-RDA) minisérie d’Ewa Petelska et Czeslav Petelski Wieslaw Grzelczak, Hans Mahlich/Zespól Filmowy « Iluzjon » (Warszawa)-Deutsche Film (DEFA), « Studio für Spielfilme - Gruppe Roter Kreis », Ost-Berlin, 137 min./128 min. ; diffusion Telewizja Polska, Kraków (TVP 2.9.73) en 3 parties : 48 min., 52 min., 56 min.). - av. Andrzej Kopiczynski (Nicolas Copernicus/Mikolaj Kopernik), Barbara Wrzesinska (Anna Schilling, sa cousine et gouvernante), Czeslaw Wollejko (Lukas Watzenrode, archevêque de Varmie/Warmia et oncle de Copernik), Henryk Boukolowski (le cardinal Hippolyte d'Este), Andrzej Antkowiak (Andrzej Kopernik, frère de Nicolas), Klaus-Peter Thiele (Georg Joachim von Lauchen dit Rheticus), Hannjo Hasse (l’éditeur Andreas Osiander), Henryk Borowski (Tiedemann Giese, évêque de Chelmno), Jadwiga Chojnacka (la mère du voleur Kacper), Aleksander Fogiel (Matz Schilling, père d’Anna), Jolanta Bohdal (Krystyna, nièce de Copernic), Emilia Krakowska (la femme de Kacper), Gustaw Lutkiewicz (Jan Dantyszek, évêque de Warmia), Leszek Herdegen (le moine Mattheusz), Witold Pyrkosz (le prévôt de Plotowski), Wiktor Sadecki (Wojciech de Brudzew), Andrzej Kozak (Bartolomeo Costa), Janusz Bylczynski (Celio Calcagnini), Anna Nehrebecka (Diane d’Este), Leon Niemczyk (Don Alonso, envoyé d’Espagne à Ferrare), Leopold Rene Nowak (le poète Lodovico), Maria Nowotarska (Graziosa Maggi). Produit à l’occasion du 500ème anniversaire de la naissance du chanoine et astronome Copernic (1473-1543), le biopic coproduit par la Pologne et l’Allemagne de l’Est couvre 50 ans de sa vie et l’élaboration de son ouvrage Sur les révolutions des corps célestes (De Revolutionibus Orbium Coelestium) qui ne sera pas publié de son vivant, mais juste après, à Nuremberg en 1543. Après des études à Cracovie, puis en Italie, à Bologne, Padoue et Ferrare, il retourne en Pologne en 1503 où il devient le médecin de son oncle archevêque Lukas Watzenrode à Varmie et commence ses recherches astronomiques. Il est nommé commandant militaire de la forteresse d’Olsztyn lors de l’invasion des chevaliers Teutoniques en 1520. Dans le cadre de la réforme du calendrier julien qui ne correspond plus au rythme des saisons, Rome presse le savant polonais de livrer un nouveau calendrier (Ve concile du Latran). Or Copernic sait que la Terre tourne autour du Soleil, mais publier sa théorie héliocentrique serait une « attaque contre la création divine » qui pourrait lui attirer les foudres de l’Inquisition. Après le décès de son oncle et protecteur, il s’établit à Frombork/Frauenburg, vivant pauvrement, entouré seulement de sa cousine, compagne et gouvernante Anna Schilling et de son disciple enthousiaste Rheticus, jadis professeur de mathématiques à Wittenberg (et son futur biographe). – Le film, qui cherche aussi à recréer le climat sociopolitique de l’époque, est tourné en Eastmancolor et scope 70mm dès mai 1971 aux châteaux de Malbork et Lidzbark Warminski, à Cracovie, dans les églises de Kwidzyn et Pelplin, la cathédrale de Frombork, puis aux studios de la DEFA à Babelsberg (Berlin-Est) et à Barrandov. Le résultat est un peu aride, accueilli modérément par le public non versé dans la matière. Proposé par Varsovie à l’Oscar du meilleur film étranger, il est refusé par l’Académie à Hollywood. Prix d’Argent au Festival international du film à Moscou en 1973 (président : Sergeï Bondartchouk). - Episodes à la tv : 1. « Niebo (Le Ciel) » - 2. « Ziemia (La Terre) » - 3. « Ksiega szósta (Le Livre six) ». - ES : Copérnico. |

Au Xe siècle, le roi chrétien Mieszko jette les bases de l’État polonais (« Gniazdo »).
1974 | Gniazdo [=Le Berceau] (PL) de Jan Rybkowski Studio Filmowe Kadr (Warszawa), 98 min./94 min. - av. Wojciech Pszoniak (le roi Mieszko/Mjecislaw Ier, 964/992), Marek Bargielowski (Czcibor, son frère), Wanda Neumann (la reine Dubravka/Dobrawa), Frantiszek Pieczka (Mrokota), Boleslaw Plotnicki (le duc Ziemomysl, père de Mieszko), Tadeusz Bialoszczynski (Gero Ier le Grand), Henryk Bak (Boleslaw Ier le Cruel, père tchèque de Dobrawa), Edmund Fetting (Christian, son fils), Czeslaw Wollejko (l'empereur Otton Ier du Saint-Empire romain), Janusz Bylczynski (Hodon/Odo Ier, margrave de l’Ostmark), Andrzej Szalawski (Odolan, oncle de Mieszko), Wlodzimierz Maciudzinski (Swietopelk, frère de Mieszko). Le 23 juin 972, à la veille de l’affrontement à Cedynia (à l’est de l’Oder), la plus ancienne bataille mentionnée par les chroniques locales de Gallus Anonymus et Dithmar… Mieszko Ier, roi des Polons issu de la dynastie Piast, évoque en fièvre – dans une série de flash-backs - son chemin vers le pouvoir et son règne marqué par les efforts visant à jeter les bases de l'État polonais. Les Polons vivaient jusqu’à présent à l’abri de marécages peu accessibles, mais en homme éclairé, Mieszko considère l'adoption du christianisme et la lutte contre le paganisme comme le seul moyen d'éviter la conquête germanique, de survivre et d’augmenter son pouvoir. Il s’est converti en 966, après avoir épousé la princesse chrétienne Dubravka. Il n'hésite pas à trahir les opinions et les décisions conservatrices de son père sur son lit de mort, à usurper le trône qui revenait à son frère Czibor, puis navigue habilement dans le monde de la politique internationale de l'époque, gagnant la faveur de l'empereur Otton Ier (au nom de la nouvelle foi, ils combattent ensemble la tribu slave des Veleti). Grâce à son mariage, il gagne un allié en la personne de son beau-père, le prince tchèque Bolesłav Ier de Bohème, dit le Cruel. « Il faut à ce pays une seule pensée, une seule foi et une seule main », proclame-t-il. Afin de ne pas s’aliéner l’esprit des morts et le petit peuple des campagnes, ce catholique de fraîche date suit même les conseils d’apaisement d’une vieille chamane. Le film se termine par la bataille dans laquelle l’armée dirigée par Mieszko bat les forces d’Hodon/Odo Ier, margrave de l’Ostmark qui est capturé tandis que ses alliés saxons et serbes prennent la fuite. Mieszko épargne la vie de son ennemi et lui rend même sa liberté afin qu'il puisse retourner dans son pays natal et y témoigner de la victoire et du pouvoir des Polans. Ce que le film ne dit pas : c’est l’empereur Otton Ier qui ordonne l’arrêt des combats et impose une paix qu’il assure en prenant le jeune fils de Mieszko, Boleslas, en otage. La victoire de Cedynia permettra à la future Pologne de sécuriser sa frontière occidentale. Après la conquête de la région par l’Armée rouge et l’armée polonaise en janvier 1945, un monument commémorant les combats est érigé à l’ouest de Cedynia, près de la ligne Oder-Neisse, par les autorités polonaises. C’est dire que le film de Jan Rybkowski, tourné en pleine Guerre froide, n’est pas innocent : il traduit la vision de la République populaire de Pologne (alors dirigée par Gomulka) selon laquelle il existerait depuis la nuit des temps un conflit et une animosité polono-germanique « éternelle », ce que relèvera encore en 1977 le documentaire Bitwa pod Cedynia (La Bataille de Cedynia) de Krzysztof Riege. Cela dit, le film est habilement équilibré et mis en scène avec un excellent sens visuel. Il est tourné en septembre-novembre 1973 à proximité des vestiges d’un bastion médiéval prussien sur l’île de Wielka Zulawa (lac Jeziorak), dans les ravins près du village de Slupia Nadbrzezna et sur les rives de la Baltique. - DE-RDA : Die Schlacht von Cedynia, GB (dvd) : The Nest / The Cradle. |
1974 | ® Zaczarowane podwórko [=Le Jardin enchanté] (PL) de Maria Kaniewska. – av. Lidia Wysocky (la reine Anna Jagellon, 1523-1596), Wlodzimierz Nowak (le roi Sigismond/Zygmunt III Vasa, 1566-1632). – Voyage dans le temps. |

Casimir III le Grand, prince de tolérance et bâtisseur éclairé (1974-76).
1974-1976 | Kazimierz Wielki / Kasimir der Grosse / Casimir le Magnifique (PL/CS/DE-RDA/FR) d’Ewa Petelska et Czeslav Petelski Wieslaw Grzelczak, Jerzy Rutowicz/Zespol Filmowy « Iluzjon »-Filmové Studio Barrandov (Warszawa)-Deutsche Film (DEFA), “Studio für Spielfilme”, Ost-Berlin-Technisonor (Paris), 89 min. + 69 min./153 min. - av. Krzysztof Chamiec (Casimir III le Grand, 1333/1370), Maciej Oro (Casimir jeune), Wladyslaw Hancza (Jaroslav Bogoria Skotniki, archevêque de Gniezno er conseiller royal), Zofia Saretok (Cudka, maîtresse du roi), Wieslaw Golas (Maciej Borkowic, voïvode de Poznan), Ignacy Machowsky (Ladislas le Bref, roi de Pologne et père de Casimir, 1260/1333),Tadeusz Fijewski (Nanker, évêque de Cracovie), Piotr Pawlowski (Jan Grot), Stefan Friedmann (Sulislaw, serviteur du roi), Barbara Wrzesinska (Elzbieta Lokietkówna, sœur de Casimir, épouse du roi de Hongrie), Leon Niemczyk (Karol Robert, roi de Hongrie), Michal Plucinski (Jean de Luxembourg, roi de Bohême), Boleslaw Plotnicki (Benko le castellan), Eugeniusz Kaminski (Janusz Suchywilk), Tomasz Neuman (Carsimir IV), Pawel Unrug (commandant teutonique de Gdansk), Stanislaw Niwinski (Dobrogost), Ahmed Hegazi (le chef des Tatars), Wladyslaw Komar (Wladzio, serviteur de Borkowic). Le tandem de réalisateurs de Kopernik (cf. supra, 1971/73), spécialisé dans la gloriole patriotique, se penche sur le seul monarque polonais entré dans l’Histoire sous le surnom de « le grand », un homme « mentalement compliqué » avec « une vie personnelle mouvementée ». Sur son lit de mort, en automne 1370, Casimir III, dernier roi de la dynastie Piast, grièvement blessé à la chasse, se remémore les étapes de sa vie et de 37 ans de règne… Son mariage à 15 ans avec la fille du grand-duc de Lituanie Anna Aldona, sa liaison (arrangée par sa sœur Elzbieta) avec Klara, une dame de la cour de Hongrie, scandale qui entraîne l’assassinat de toute la famille de sa maîtresse, la colère du vieux roi Ladislas contre son fils unique et désormais une relation difficile entre les deux peuples. Couronné roi en 1333, mais conscient des forces insuffisantes du pays, Casimir prolonge la trêve avec l’Ordre teutonique (que son armée a battu à Plowce en 1331) afin de renforcer économiquement l’État (mines de sel à Wieliczka) et militairement (fortification des châteaux de Kazimierz et Wawel, 50 autres forteresses). Il passe bientôt pour un roi conquérant (le territoire double sa superficie), mais aussi bâtisseur, éclairé (essor des sciences, médecine, astronomie, université) et surtout tolérant : alors que les Juifs sont pourchassés dans plusieurs autres pays d’Europe (en particulier germaniques), il leur attribue des terres en 1334 et garantit désormais leur libre circulation (fait relevé en 1993 par Steven Spielberg dans sa Liste de Schindler). La reine Anna étant décédée, Casimir se remarie avec Adélaïde, fille du landgrave de Hesse, puis Edwige de Sagan, enfin Adelaïde de Hesse. Ne trouvant pas le bonheur dans ces unions, il se lie avec la belle Cudka (épouse de Niermierza de Golcza) qui lui donne enfin un fils – mais toujours pas d’héritier mâle pour reprendre le sceptre. La « peste noire » puis les Tatars ravagent le royaume, tragédies suivies d’une rébellion des seigneurs de la Grande Pologne menés par le voïvode de Poznan, Maciej Borkowic, qui assassine le favori du roi, le châtelain Benka, et finit condamné à mourir de faim… Le récit se clôt sur les funérailles royales à la chapelle du Wawel. Afin de mener à bien pareil pensum en exploits costumés, les époux Petelska-Petelski, duo à la réalisation, réunissent 150 acteurs et promènent leurs caméras (70mm, Eastmancolor) à Gdańsk, Cracovie, Malbork, Biedrusko, Raducz et au parc national de Bialowieza, puis en Tchéquie (Zvíkov), en Allemagne de l’Est (Quedlinbourg, Magdebourg) et jusqu’en France (Carcassonne). Curieusement, leur coûteuse fresque ne sera jamais exploitée en RDA (pays coproducteur) ni, d’ailleurs, dans le reste du bloc communiste. Trop de royauté ? - Titre internat. : Casimir the Great. |
1977 | [(tv-doc.) Les Grandes Batailles du passé : Grunwald-Tannenberg 1410 (FR/PL) de Jean Gazenave. - Série d’Henri de Turenne, Daniel Costelle, Juan Carmignani, Wladyslawa Dabrotiszka/Société Nouvelle Pathé Cinéma (Paris)-Film Polski (Warszawa)-ORTF (2e Ch. 4.3.77), 57 min. – Commenté par Henri de Turenne, l’épisode illustre remarquablement son propos avec des extraits des films Alexandre Nevski (1938) de S. M. Eisenstein, l’incontournable Krzyzacy / Les Chevaliers Teutoniques (1960) d’Aleksander Ford et Kazimierz Wielki / Casimir le Magnifique (1976) d’Ewa et Czeslav Pepelski.] |
1978 | (tv) Znak Orla [=Le Signe de l’Aigle] (PL) télésérie de Hubert Drapella Studio Filmowé “Profil”-Telewizja Polska (Kraków) (TVP 16.2.78), 14 x 28 min. - av. Krzysztof Kolbasiuk (Gniewko), Jaroslaw Makowski (Gniewko, 12 ans), Bozena Adamek (Agnieszka, la fille du châtelain de Leczyca), Bernard Michalsky (le châtelain Pawel, son père), Bozema Adamek (la châtelaine, son épouse), Adam Baumann (Hanysz), Elijah Kuziemski (Sire Sulislaw, tuteur puis père adoptif de Gniewko), Tadeusz Borowski (le chevalier Wincenty, staroste de la Grande Pologne), Wojciech Alaborski (le commandant von Plauen, chevalier teutonique), Jósef Korzeniowski (Henryk von Klocke), Sonia Skibinska (Agnieszka enfant), Zdzislaw Kuzniar (le margrave Otto von Brandenburg), Janusz Paluszkiewicz (Bogusza, juge de Poméranie), Ryszard Filipski (Wladyslaw I Lokietek de Pologne), Andrzej Psiuk (Casimir III Wielki), Boguslaw Sochnacki (Hanke von Elmer, chevalier teutonique). Remake en Eastmancolor de la télésérie de 1969 (cf. supra) : Gniewko, syn rybaka [Gniewko, le fils du pécheur], un récit situé entre 1308 et 1334 relatant la lutte de Ladislas Ier le Bref contre les chevaliers Teutoniques. Tournage au château de Malbork et en studio à Wroclaw (Wytwórnia Filmów Fabularnych. - Épisodes : 1. « Edukacja. 1308 (L’Éducation) » - 2. « Slowo zakonu. 1308 (Le Mot de l’Ordre) » - 3. « Piershien. 1309 (La Bague) » - 4. « Niezalatwione rachunki. 1309-1312 (Comptes non classés) » - 5. « Wici. 1318 (Flagellation) » - 6. « Sprzymierzency. 1318 (Alliés) » - 7. « Zaproszenie. 1331 (Invitation) » - 8. « Gdyby zdradzil. 1331 (S’il a triché) » - 9. « Komu sluzycie. 1331 (Qui servir) » - 10. « Ostrzezenie. 1331 (Avertissement) » - 11. « Bedziecie go mieli. 1331 (Vous l’aurez) » - 12. « Cena milczenia. 1331 (Le Prix du silence) » - 13. « Dwa podarunki. 1331 (Deux cadeaux) » - 14. « Najwyzsza godnosc. 1331 (Haute dignité) ». – DE (tv) : Im Zeichen des Adlers. |

Le chevalier à la quête de la Harpe d’Or, symbole du bonheur perdu (« Rycerz »).
1980 | Rycerz [=Le Chevalier] (PL) de Lech J. Majewski Jerzy Nitecki, Tomasz Krawczuk/Film Polski-Zespól Filmowy Profil, 84 min. - av. Piotr Skarga (le chevalier), Daniel Olbrychski (le chevalier hiérophante), Andrzej Hudziak (le moine jeune), Katarzyna Kozak (la princesse), Pawel Sanakiewicz (Crispin), Piotr Machalica (un moine), Czeslaw Meissner (le moine Wieslaw), Stanislaw Holly (le vieux moine), Jan Frycz (le maître), Juliusz Grabowski, Wiesław Zanowicz, Irena Jun, Marek Głębocki, Andrzej Wilczkowski, Tadeusz Zięba, Józef Wieczorek, Henryk Nolewajko, Władysław Ebert, Mieczysław Majewski, Adam Raczkowski, Anna Wesołowska, Jerzy Sikora, Bogusław Wieczorek, Wanda Majewska. Paganisme et christianisme s’affrontent dans l'ancienne Pologne, où la population et son roi se résignent aux guerres locales, à la pauvreté, au chaos et à l’apathie morale qui y règnent. Un chevalier se rebelle et part à la quête initiatique de la Harpe d’Or perdue, jadis jetée à la mer, instrument susceptible de rendre à l’humanité le sens de l’harmonie et du bonheur. Sa quête lui fait affronter moult dangers en rencontrant le Bien, le Mal, l’Avidité, la Raison et la Grâce. Il ne retrouve pas l’instrument disparu, mais finit par en percevoir la musique en lui-même… Un film austère qui capte l’essence de la poésie mystique médiévale en s’inspirant de l’iconographie de l’époque, avec une fin qui peut sembler ouverte (en fait, une variante de la quête du Graal). Peintre, poète, metteur en scène d’opéra et cinéaste de la nouvelle vague polonaise formé par Wojciech Has, Lech J. Majewski, confie le rôle de l’hiérophante, le prêtre qui explique les mystères du sacré, à Daniel Olbrychski, la vedette de sept films d’Andrzej Wajda. L’année suivante, lorsque Wojciech Jaruzelski instaure la loi martiale par crainte d’une intervention soviétique, Majewski choisit l’exil en Angleterre puis aux USA jusqu’à la fin de la guerre froide (rétrospective intégrale de son œuvre au Museum of Modern Art à New York en 2006). - US/GB : The Knight. |

Bona Sforza, redoutable reine-consort de la Renaissance polonaise dans la télésérie « Królowa Bona ».
1980-1982 | (tv) Królowa Bona [=La Reine Bona] (PL) télésérie de Janusz Majewski [et Halina Garus, Waldemar Prokopowicz, Czeslaw Bilinski, Beata Ptak] Konstanty Lewkowicz/Zespól Filmowy « Perspektywa »-Telewizja Polska, Kraków (TVP 10.1.-28.3.82 [épisode pilote: 24.12.80]), 12 x 55 min. – av. Alexandra Slaska (Bona/Bonne Sforza, reine-consort de Pologne), Zdzislaw Kozien (Sigismond Ier Jagellon le Vieux, roi de Pologne, son époux), Jerzy Zelnik (Sigismond II Auguste Jagellon, leur fils), Dariusz Wilk (id. à 10 ans), Pawel Cano (id. jeune), Anna Dymna (Barbara Radziwill), Magdalena Scholl (id. jeune), Zdzislaw Wardejn (Gian Lorenzo Pappacoda, secrétaire de la reine), Lidia Korsakówna (Marina), Piotr Fronczewski (Stanczyk), Jerzy Kamas (Jan Tarnowski), Leonard Pietraszak (Piotr Kmita), Piotr Garlicki (Ludwik Alifio), Jan Machuski (Wolski), Marek Kondrat (Andrzej Frycz-Modrzewski), Irina Karel (Zuzanna Myszkowska), Halina Rowicka (Anna Zarembianka), Maria Czyz (Anna Jagiellonka), Jerzy Trela (Mikolaj Radziwill dit “le Noir”, cousin de Barbara), Alicja Jachiewicz (la princesse Zofia), Aleksandra Sikorska (Katarzyna Jagiellonka, maîtresse morave de Sigismond Ier), Wiktor Sadecki (l’évêque Andrzej Krzycki), Stanislaw Ptak (Mikolaj Dzierzgowski), Józef Para (l’évêque Wawrzyniec Miedzyleski), Boguslaw Sochnacki (Mikolaj Radziwill dit « le Rouge”, frère de Barbara), Stanislaw Zatloka (Ostoja), Hanna Stankówna (Katarzyna Helzelin), Bozena Adamek (Elsbieta/Elisabeth de Habsbourg), Tadeusz Janczar (l’évêque Samuel Maciejowski), Józef Duriasz (Konstanty Ostrogski), Aleksander Gassowski (l’évêque Piotr Gamrat), Wojciech Alaborski (Andrzej Górka), Monika Solubianka (Diana), Stefan Szmidt (Jean Hlebowicz), Renata Frieman-Krynska (Beatrice), Wlodzimierz Borunski (l’astrologue), Andrzej Szczepkowski (l’évêque Maciej Drzewicki), Edmund Fetting (Albrecht von Hohenzollern), Henryk Bista (Jan Marsupin), Wiktor Nanowski (Jerzy Radziwill), Mariusz Benoit (Jan Radziwill), Zofia Saretok (Diana di Cordona), Barbara Bursztynowicz (la princesse Jadwiga), Eugenia Herman (Isabella Sforza), Andrzej Stockinger (Jan Zaremba), Zdzislaw Cwioro (Joachim von Hohenzollern), Józef Fryzlewicz (Seweryn Boner). Une grande fresque historique en 12 épisodes retraçant l'histoire de la Première République polonaise. La série débute en 1518 avec l’arrivée en Pologne de l’Italienne Bona (Bonne) Sforza, duchesse de Bari et princesse de Rossano (1494-1557), pour y devenir reine de Pologne et grande-duchesse de Lituanie en épousant en secondes noces Sigismond Ier Jagellon le Vieux. Quelques semaines seulement après le couronnement, il s'avère qu'elle ne sera pas une sage « reine de tableau » pour la galerie... Pleine de verve, de tempérament méridional et d'initiative, parlant couramment l’espagnol et le latin classique (ce qui lui vaudra l’admiration des professeurs de l’Académie de Cracovie), elle essaie d'influencer la vie politique de sa nouvelle patrie, cherchant à créer un État fort. Son but principal est de combattre les Habsbourg, les ennemis éternels des Sforza, et en même temps les principaux concurrents des Jagellon en Europe. Or le XVIe siècle va devenir l’apogée de la Renaissance polonaise, souvent appelée « l’âge d’or ». La nouvelle reine veut également donner à son mari un héritier qui renforcerait la continuité de la dynastie. ➤ C’est une figure controversée qui a de fervents partisans et de féroces ennemis. Les premiers l'apprécient pour sa sagesse, sa perspicacité et sa clairvoyance en matière politique, tandis que d’autres l’accusent d'impudence, de despotisme, de soif de pouvoir et d'ingérence constante dans la politique du royaume. La télésérie que lui consacre Janusz Majewski, alors cinéaste et écrivain réputé, professeur à l’École nationale de cinéma de Lódz qui a remporté en 1970 le grand prix du Festival de films fantastiques de Sitges pour Lokis (d’après Mérimée), dépeint l’autoritaire reine-douairière comme une souveraine dure mais intelligente, quoiqu’elle n’ait pas réussi à atteindre ses objectifs : elle mit au monde quatre filles et un seul garçon, Sigismond II qui resta sans descendance. Contrairement aux Habsbourg, elle cherche la paix avec l’Empire ottoman, ce qui suscite en 1556 la révolte de la noblesse polonaise et sa fuite à Bari, sa ville natale où elle fait transporter le trésor royal à la fureur de son fils. Elle y meurt l’année suivante, selon la rumeur empoisonnée par son secrétaire, Gian Lorenzo Pappacoda, agent secret des Habsbourg et de Philippe II d’Espagne ; ce dernier aurait voulu ainsi éviter de payer ses dettes considérables à la reine de Pologne. Tournée en intérieurs aux studios cinématographiques de Lódz, en extérieurs aux châteaux de Wavel, de Malbork, de Lidzbark Warminski et de Pieskowa Skala, à Cracovie et Goluchów, cette vaste chronique télévisuelle développe évidemment aussi les incontournables épisodes sur Barbara Radziwill et l’héritier du trône polonais (épisodes 7 à 10), apportant quelques éclairages généralement négligés par la littérature romantique. Ainsi, le jeune couple est surpris par les frères de la belle lors d’un rendez-vous nocturne au château de Radziwill et Sigmund leur promet de l’épouser. Il annonce publiquement son hyménée à sa mère lors de la cérémonie funéraire de son père. Puis, au tribunal de Piotrków il pose ses conditions aux députés réunis pour le condamner : soit ils reconnaissent son mariage avec Barbara, soit il renonce à la couronne, ce qui signifie la fin de la dynastie jagellonne. Effrayés par la menace d’abdication, les envoyés se soumettent à la volonté du roi. Après le décès aussi soudain que suspect de Barbara, Sigmund décide de se remarier afin de briser la coalition entre le tsar Ivan le Terrible et Ferdinand de Habsbourg : il décide d’épouser Catherine d’Autriche, fille de ce dernier, mais elle souffre d’épilepsie et s’avère stérile. - Synopsis cf. aussi le film Barbara Radziwillówna (1936). - ES: Reina Bona. |
1980 | (tv-th) Barbara Radziwillówna (PL) de Mariusz Dmochowski (th) et Barbara Salacka (tv) Telewizja Polska, Kraków (TVP 16.3.80). – av. Jolanta Zykun (Barbara Radziwill), Zofia Rysiówna (la reine-mère Bona Sforza), Aleksanda Dmochowska (Anna), Arkadiusz Bazak (l’hetman Jan Tarnowski), Wlodzimierz Bednarski (le voïvode Piotr Kmita), Emil Karewicz (Piotr Boratynski), Mieczyslaw Kalenik (commandant de la garde), Tomasz Zaliwski, Jerzy Molga, Józef Pieracki. - Dramatique d’après la pièce de Alojzy Felinski (1817). Synopsis cf. le film Barbara Radziwillówna (1936). |

L’idylle tragique du roi Sigismond II et de son épouse lituanienne Barbara Radziwill (1983).
1983 | Epitafium dla Barbary Radziwillówny (Épitaphe pour Barbara Radziwill) (PL) de Janusz Majewski Zespol Filmowy « Perspektywa » (Warszawa)-WFF-WFD, 93 min./89 min. – av. Anna Dymna (Barbara Radziwill), Jerzy Zelnik (Sigismond II Auguste Jagellon, roi de Pologne), Aleksandra Slaska (la reine-mère Bona Sforza), Krzysztof Kolberger (Anonimus), Zdzislaw Kozien (Sigismond Ier Jagellon le Vieux), Leonard Pietraszak (Piotr Kmita), Bozena Adamek (la reine épileptique Elizabeth de Habsbourg), Jerzy Trela (Mikolaj Radziwill dit “le Noir”, cousin de Barbara), Boguslaw Sochnacki (Mikolaj Radziwill dit “le Rouge”, frère de Barbara), Jan Machulski (l’intendant Mikolaj Wolski), Marek Kondrat (Andrzej Frycz-Modrzewski), Hanna Stankówna (Katrina), Franciszek Pieczka (Piotr Boratynski), Andrzej Hudziak (le moine), Wojciech Alaborski (Andrzej Górka), Tadeusz Janczar (Samuel Maciejowski), Edward Raczkowski (le fossoyeur en Lituanie), Magdalena Scholl (Barbara jeune), Piotr Skrzynecki (Malarz), Wieslaw Wójcik (Dworzanin), Malgorzata Zajaczkowska (Bogna), Wienczyslaw Glinski (l’évêque Zebrzydowski). Après avoir conté en détail la carrière de la reine douairière Bona Sforza dans les 12 chapitres de la télésérie Królowa Bona (cf. supra, 1980-82), le cinéaste Janusz Majewski revient à la saga tragique du dernier des Jagellon et à sa brève union avec la Lituanienne Barbara Radziwill, mais cette fois pour le grand écran (la première fois depuis 1936). L'action du film commence au lendemain du décès de la reine. Du 25 mai au 24 juin 1551, le cortège funèbre se déplace de Cracovie à Vilnius où la défunte sera enterrée conformément à son dernier testament. Le veuf, Sigismond II, et son entourage, suivent la caravane. Pendant ce voyage, le jeune monarque se souvient des moments qu'il a passés avec Barbara… Pour illustrer certains retours en arrière, Majewski fait plus d’une fois appel à des scènes extraites de sa série télévisée. Sigismond a épousé Elizabeth de Habsbourg, mais celle-ci est épileptique et perd connaissance. Dégoûté de sa femme et sur conseil de sa mère, Sigismond part en voyage en Lituanie où il s’éprend de Barbara, qu’il va épouser secrètement sur place puis imposer à sa mère, aux sénateurs à Sejm et à la Cour polonaise. Pendant la cérémonie de couronnement à Wawel, la reine s'affaiblit. Il s'avère rapidement qu'elle est très malade. Sur son lit de mort, elle demande à son mari de l'enterrer à Vilnius... De l’imagerie léchée enregistrée en studio à Lódz, à Cracovie, à Inowlódz et aux châteaux royaux de Wawel et Lidzbark Warminski. Synopsis cf. aussi Barbara Radziwillówna (1936). - DE : Abschied von Barbara ; GB: An Epitaph for Barbara Radziwill. |
1981 [sortie: 1983] | Klejnot wolnego sumienia [=Le Joyau de la libre conscience] (PL) de Grzegorz Królikiewicz Wojciech Karmolinski/Zespól Filmowy Aneks-Zespól Filmowy Profil-WFF, 90 min. – av. Mieczyslaw Voit (Sieniawski), Krzysztof Luft (Janek Bielecki), Jerzy Prazmowski (Seweryn Bielecki), Olgierd Lukaszewicz (Henri III de Valois/Henryk III Walezy, roi de Pologne), Janush Krawczyk (Istvan Bátory, prince de Transylvanie et roi de Pologne), Krystyna Kozanecka (Anna), Jaroslawa Michalewska (Halszka), Józef Nalberczak (Jan Zamojski), Ryszard Bacciarelli (l’évêque Stanislaw Karnkowski), Józef Fryzlewicz (l’évêque Franciszek Krazisnki), Krzysztof Kursa (Sigismond II August), Aleksandr Fogiel (Jan Firley), Joseph Nalberczak (Jan Zamovski), Julius Lubicz-Lisowski (Wollowicz), Wirgiliusz Gryn (Mielecki), Adolf Chronicki (Primat Jakub Uchanski), Andrzej Hrydzewicz (un musulman), Jerzy Celinski (cdt. de la cavalerie tatare), Czeslaw Jaroszynski (Konarski), Boguslaw Semotiuk (Mikolaj Bielecki). Le « Joyau de la libre conscience » est le titre métaphorique de la loi Sejm (la Diète polonaise) adoptée en 1573 par la Confédération de Varsovie, un texte législatif unique dans l'Europe du XVIe siècle garantissant la tolérance religieuse pour « la noblesse, les citadins royaux et les personnes libres » (les États inférieurs sont oubliés). On a ainsi allumé moins de bûchers en Pologne-Lituanie à cette époque qu'au-delà de ses frontières occidentales. - Synopsis : En 1572, lorsque le calviniste Sieniawski tente d'empêcher le baptême du plus jeune descendant de la famille catholique Bielecki, sa violence entraîne la mort de l'enfant sous les sabots d’un cheval. Janek Bielecki, le parrain du défunt, veut se plaindre auprès du roi Sigismond II Auguste, mais il arrive à la Cour le jour de la mort du monarque. À la Diète convoquée par Jan Zamojski, les libertés religieuses sont votées. Henri III de Valois, fils préféré de Catherine de Médicis (il a trempé dans les massacres de la Saint-Barthélemy), est élu nouveau roi de Pologne et grand-duc de Lituanie. Il arrive à Cracovie en février 1574 et se voit contraint de s’engager à défendre la tolérance confessionnelle, alors qu’un pogrom contre les dissidents a lieu à Cracovie. En juin, Valois s'échappe en catamini du palais royal de Wawel et rejoint son cher Paris où la royauté a plus de pouvoir. Tandis que le conflit entre les Sieniawski et les Bielecki s’achève dans le sang, la Diète remplace le Français par le Hongrois István Báthory, prince de Transylvanie qui, en tant que nouveau roi de Pologne fait inscrire définitivement la liberté religieuse dans le code des lois du royaume. - Un spectacle jugé parfois déroutant, le cinéaste donnant la primauté à l’expression visuelle plutôt qu’à la clarté et au contenu informatif du récit. Tournage au studio de Lodz et en extérieurs à Piotrków Trybunalski, Inowłódz, Wrocław (cathédrale), Cracovie (Wawel), Ojców et au château de Baranów Sandomierski. |
1984 | (tv) Stara basn [=Un vieux conte] (PL) d’Irène Wollen Telewizja Polska-Spider-Teatr Telewizji, 3 parties, 138 min. - av. Krzysztof Globisz (Doman), Jerzy Trela (Wisz), Marian Dziedziel (Hengo), Jan Peszek (Popiel), Dorota Pomykala (Zywia, sœur de Dziwa), Isabelle Olszewska (la sorcière Jarucha), Jerzy Binczyki (Milosz), Edward Loubaszenko (Piast), Leszek Piskorz (Bumir). Urszula Kiebzak-Debogórska (Dziwa), Jacek Milczanowski (Gerda), Andrzej Slabiak (Smerda), Andrej Grabowski. Les tribus slaves païennes au IXe siècle dans ce qui n’était pas encore la Pologne. - Une première adaptation - plus qu’inoffensive - du roman éponyme de Józef Ignacy Kraszewski (1876) interprétée par les acteurs du Théâtre pour la Jeunesse (Teatru Mlodego Widza) de Cracovie. Le Parti communiste, l’Église catholique et le pape Jean-Paul II (K. J. Woytyla) veillent sur le message à transmettre aux petits. - Partie 1. : « Zlowieszcz znaki (Mauvais augure) » – 2. « Wici (Flagellation) » – 3. « Zwyciestwo (Victoire) ». - Pour le résumé de l’intrigue, cf. l’opulent remake cinéma et télévision Stara basn signé Jerzy Hoffman en 2003/04. |
1985/86 | (tv) Przylbice i kaptury [=Heaumes et Capuchons] (PL) télésérie de Marek Piestrak Edward Klosowicz/Zespól Filmowy Oko-Televizja Polska (Kraków) (TVP 23.11.86), 9 x 58 min. – av. Roch Siemianowski (Hubert de Bory dit « Hubert le Noir/Czarny »), Leon Niemczyk (Friedrich von Walennrode), Marek Frackowiak (Jaksa de Wolborz), Emil Karewicz (Ladislas II Jagellon, roi de Pologne), Bozena Krzyzanowska (Zyta, soeur d’Hubert), Wladyslaw Komar (“petite fille”), Marta Klubowicz (Una), Maciej Kozlowski (Benko, mari de Zyta), Arkadiusz Bazak (le chevalier Jaksa Sonnenberg), Zbigniew Lesien (Peter Vogelweder), Piotr Garlicki (le père Andrzej), Henryk Machalica (Nikolaj Traba), Boleslaw Abart (le chanoine Dunin), Tadeusz Borowski (Kuno von Lichtenstein), Edwin Petrykat (Radomir de Sosnica), Iwona Bielska (Vera Vogelweder), Bruno O’Ya (Bruno Brenner), Henryk Machalica (Mikolaj Traba, vice-chancelier de la cour royale), Andrzej Precigs (Vento von Waldenberg), Leon Niemczyk (Friedrich von Wallenrode), Zdzislaw Kuzniar (le comte Heinrich von Warmsdorf, envoyé à Vilnius), Andrzej Mrozek (le comte Balduin von Helwenstein), Amdrzej Wojaczek (Rumbold, maréchal de la cour du prince Witold), Stanislaw Michalski (Mikolaj, archevêque de Gniezno), Jerzy Trela (frère Erasme). En 1409, quelques mois avant la bataille de Grunwald-Tannenberg (juillet 1410). Les exploits de Hubert le Noir et de Jaksa Sonnenberg, deux espions au service du roi Ladislas II Jagellon effectuant des reconnaissances sur le territoire de l'Ordre Teutonique et enquêtant sur le réseau d'espionnage ennemi opérant en Pologne. Jaksa a survécu aux tortures des Teutoniques qui concluent des accords secrets avec l’ordre cistercien dirigé par le chanoine Dunin. Voyageant entre Cracovie et Malbork pour frère Andrzej, chef des services secrets polonais, Hubert le Noir démasque au péril de sa vie des espions ennemis comme l’aubergiste Marcin, le marchand Peter Vogelweder et le circuit d’agents se cachant à la cour royale des Jagellon. – Une adaptation du roman d’espionnage éponyme de Kazimierz Korkozowicz (1985) tournée au château de Malbork, au monastère cistercien de Wachock, à l’abbaye de Sulejóv, à Inowlodz, Ldzań, Grodziec et Złotoryja. À la fin de l’épisode 9, on insère des images de la bataille de Grunwald-Tannenberg provenant du film Kryzacy (Les Chevaliers teutoniques) (1960) d’Aleksander Ford. Épisodes : 1. « Porwanie (La Bague) » - 2. Na tropie zdrady (Sur les pistes de la trahison) » - 3. « Pozoga (Incendie) » - 4. « Przerwane ognivo (Lien brisé) » - 5. « W gniezdie wroga (Dans le nid de l’ennemi) » - 6. « W cudzej skorze (Dans la peau de quelqu’un d’autre) » -7. « Zesta boga Kurho (La Vengeance du dieu Kurho) » - 8. « A wezowi biada (Et malheur au serpent) ». |
1986 | ® (tv) Le Printemps (FR) de Pierre Cavassilas. – av. Philippe Vicentot (Nicolas Copernicus). |

Gustav Holoubek livre un portrait psychologique nuancé dans la série « Królewskie Sny » (1988).
1988 | * (tv) Królewskie Sny [=Rêves royaux] (PL) télésérie de Grzegorz Warchol Teresa Dworzecka/Centralna Wytwórnia Programów I Filmów Telewizyjnych Poltel (Warszawa)-Telewizja Polska, Kraków (TVP 6.11.88), 8 x 70 min. – av. Gustaw Holoubek (Ladislas II Jagellon/Wladyslaw Jagiello, v.1351-1434), Renata Zarebska (Sonka de Lituanie/Zofia Holszanska/Sophie de Holszany, son épouse), Janusz Michalowski (Witold, grand-duc de Lituanie, son frère), Renata Zarebska (Hedwige d’Anjou, la reine), Mariusz Dmchowski (l’empereur Sigismond de Luxembourg), Halina Rasiakówna (l’impératrice Marie de Hongrie), Krzysztof Wakulinski (Stanislaw Ciolek), Adam Ferency (l’évêque Zbigniev Olesnicki), Andrzej Szczepkowski (Volczko), Jan Szurmiej (le bouffon), Pawel Nowisz (Jan Strasz de Bialaczów), Agnieszka Kruszewska (la princesse Jadwiga, fille de Jagellon), Jan Janga-Tomaszewski (Hincza de Rogów), Kazimierz Meres (le chancelier Jan Szafraniec), Ewa Dalkowska (la princesse Julianna, épouse de Witold), Pawel Nowisz (Jan Strasz de Bialaczów), Zygmunt Maciejewski (Zénon, légat papal), Marek Bargielowski (Boleslaw Swidrygiello, frère de Jagellon), Borys Jaznicki (prince Fryderyk, fiancé de Jadwiga), Krzystof Kolbasiiuk (e prince Elie de Moldavie), Wlodzimierz Musial (Utraquiste, député de la République tchèque). Les dernières années du règne de Ladislas II Jagellon (v. 1350-1434), fondateur de la dynastie qui portera son nom jusqu’en 1572. Ladislas est initialement grand-duc de Lituanie, converti du polythéisme au catholicisme lors de son accession au trône de Pologne en 1386. L’union polono-lituanienne, renforcée par les alliés de Bohême a permis d’écraser les chevaliers Teutoniques à la bataille de Grunwald-Tannenberg en juillet 1410. Sa première femme, Hedwige Ière de Pologne, meurt en couches. En 1422 s’impose le choix délicat d’une nouvelle épouse en la personne de la princesse lituanienne Sophie de Holszany dite Sonka, choix qui suscite de violentes tensions avec Jadwiga/Edwige Jagellon, la fille de la reine décédée. Suivent la tentation du monarque d’aider les Hussites en Bohême qui se heurte à l’opposition des catholiques ; les pressions du pape en faveur des toujours hostiles Teutoniques ; la visite de l’empereur Sigismond de Luxembourg à Cracovie pour le couronnement de Sonka ; la cabale de la noblesse contre cette dernière, soupçonnée à tort d’entretenir une liaison adultérine avec le jeune chevalier Hincza de Rogów et d’être enceinte de lui ; la tentation de certains Lituaniens de proclamer Witold, frère de Sonka, souverain indépendant d’un royaume de Lituanie ; le refus de ce dernier, bientôt emporté par la fièvre. Les partisans d’un royaume lituanien en profitent pour garder Ladislas prisonnier, mais la menace de l’armée polonaise aux frontières précipite sa libération. A son retour en 1431, le monarque découvre sa fille Jadwiga mourante, empoisonnée, dit-elle, par la reine, mais elle se rétracte avant de décéder. Ladislas doit ensuite affronter une fois de plus les chevaliers Teutoniques pour reprendre la Grande Pologne qu’ils avaient occupée ; il les écrase avec l’aide militaire des Tchèques, mais s’attire la haine de son principal opposant, l’évêque Zbigniev Olesnicki. Épuisé par les querelles intestines, le roi s’éteint en 1434. Un scénario très recherché de l’écrivain, historien et réalisateur Józef Hen (Prix du Ministre de la Culture et de l’Art en 1989) qui cherche à éviter l’ennui et la superficialité en creusant la psychologie de ses personnages et en montrant la complexité des motivations du monarque, ce dernier étant doté d’un grand talent politique, d’une imagination et d’un sens de l’humour peu courant. L’acteur principal, Gustaw Holoubek, reçoit l’Ecran d’argent du magazine Ekran en 1989. Tournage au château de Nidzica et aux studios Poltel à Varsovie. |
1989 | Zelazna reka [=Main de fer] (PL) de Ryszard Ber Zespól Filmowy Oko, 99 min. – av. Jerzy Kryszak (capitaine Szymon Mroczek), Marcin Tronski (le chancelier Jan Zamoyski), Krzysttof Jasinksi (Samuel Zborowski, hetman cosaque), Krzysztof Kolberger (Reinhold Heidenstein, secrétaire de Jan Zamoyski), Wojciech Alaborski (le maréchal Andrzej Zborowski, frère de Samuel), Zdzislaw Wardejn (Emerlich Sonntag, agent des Habsbourg), Jerzy Gralek (Étienne/Stefan Báthory, roi de Pologne-Lituanie), Jerzy Rogalski (Wojtaszek, luthiste de Samuel Zborowski), Grazyna Wolszczak (Agata, l'amante de Mroczek), Zdzislaw Specht (Juliette, l'amante de Báthory), Józef Fryzlewicz (Gosławski, partisan des Habsbourg), Maciej Góraj (Zachalaszka), Henryk Bista (Cabas, sujet de Báthory en Transylvanie), Juliusz Lubicz-Lisowski (Jakub Uchański, Primat de Pologne), Jan Kulczycki (Burduk, l'assassin de primat Uchański), Andrzej Precigs (l’hetman Stefan Żółkiewski). Transylvanie en 1575. Le prince Stefan Báthory, candidat au trône de Pologne après la fuite inattendue d’Henri III de Valois, envoie le capitaine Szymon Mroczek à Varsovie avec pour mission de gagner des partisans pour sa candidature. Mroczek fait ses adieux à son vieil ami, l’hetman cosaque Samuel Zborowski, un noble protestant condamné à l'exil après avoir tué un aristocrate polonais et qui séjourne depuis à la cour des Bathóry. En chemin, il sauve du bûcher Agata, une belle jeune fille accusée de s'être vendue au diable ; à partir de ce moment, Agata devient sa maîtresse et sa servante déguisée en homme. Mroczek rencontre Jan Zamojski, qui en tant que grand chancelier deviendra l'homme politique le plus influent à la cour du futur roi. Báthory est couronné roi de Pologne et épouse Anna Jagellon. Ne voulant pas commencer son règne en enfreignant les lois polonaises, il n'emmène pas Samuel Zborowski avec lui, malgré les ferventes supplications de celui-ci, puis sa fureur. Cependant, Zborowski désobéit et le suit en Pologne où il doit affronter Mroczek près de Smolensk. Mroczek accuse son vieil ami de conspirer contre la Couronne et le fait décapiter sur ordre royal en mai 1584. Après le décès de Báthory en 1586, Mroczek suggère à Jan Zamojski, devenu entretemps Grand Hetman de la Couronne et converti opportunément au catholicisme, de s’emparer du trône par un coup d'État, mais ce dernier ayant appris que son ancien ami envisageait une guerre civile avec le soutien de ses amis protestants, le renvoie prudemment de l’armée. – Un récit librement inspiré du roman Kanzlerz (Le Chancelier) de Zbigniew Safjan (1987), membre communiste du Mouvement de renaissance nationale patriotique (cf. aussi infra, 1989-1991). |
1989/90 | (tv) Paziowie [=Les Pages du roi Sigismond] (PL) télésérie de Grzegorz Warchol Teresa Dworzecka/Centralna Wytwórnia Programów i Filmów Telewizyjnych Poitel-Telewizja Polska, Kraków (TVP 30.1.90), 5 x 30 min./139 min. – av. Halina Radiakówna (la reine-mère Bona Sforza), Krystyna Sienkiewicz (la cuisinière Serczykowa), Ryszard Barycz (le roi Sigismond II Auguste Jagellon), Krystyna Tkacz (Pappacoda), Edward Dziewonski (le docteur Johannes Karabatius, médecin du roi), Jerzy Turek (M. Strasz, gardien des pages), Wiktor Zborowski (le professeur d’escrime), Witold Skaruch (Florian, secrétaire du roi), Magdalena Mielcarz (la princesse Jadwiga/Hedwige d’Anjou). Adaptation du livre pour enfants Paziowie król Zygmunta (Les Pages du Roi Zygmunt) d'Antonina Domańska (1910). La série se déroule vers 1550 à la cour du roi Sigismond II Jagellon où sept pages résolus, farfelus et farceurs mènent la vie dure aux divers employés, comme le docteur Karabatius qui se croit malade, ou la cuisinière royale qui croit aux fantômes ou le secrétaire Florian qui adore l’astrologie et la magie noire, etc. Leurs tours mettent en colère la reine-mère Bona Sforza. |
1989-1991 | (tv) Kanclerz [=Le Chancelier] (PL) télésérie de Ryszard Ber Konstanty Lewkowicz/Zespól Filmowy Oko-Telewizja Polska (Kraków) (TVP 27.1.-24.2.91), 5 x 53 min. – av. Marcin Tronski (le Grand Chancelier et hetman Jan Zamoyski), Maria Gladkowska (princesse Krystyna Radziwill, son épouse), Krzysztof Kolberger (Reinhold Heidenstein, son secrétaire), Wojciech Alaborski (Andrzej Zborowski, frère de Samuel et Krzysztof), Zdzislaw Wardejn (Emerlich Sonntag, agent des Habsbourg), Piotr Polk (le roi Sigismond III Vasa), Bronislaw Pawlik (le maréchal Andrzej Opalinski), Jerzy Gralek (Istvan/Etienne Ier Báthory, roi de Pologne, prince de Transsylvanie), Miroslawa Marcheluk (la reine Anna Jagellon, son épouse), Andrzej Szczytko (Waclaw Urowiecki), Krzysztof Jasinski (Samuel Zborowski), Jerzy Kamas (Jan Zborowski), Jerzy Kryszak (Szymon Mroczek), Piotr Pawlowski (Jean de Monluc, envoyé des Valois), Grzysztof Ibisz (le roi Henri III Valois), Gustav Lutkiewicz (le prince Mikolaj Radziwill), Andrzej Precigs (Stanislaw Zólkiewski). Au tournant des XVIe-XVIIe siècle, le chroniqueur-narrateur germano-polonais Reinhold Heldenstein (v.1553-1620), initialement un diplomate prussien, reconstitue la carrière de son puissant protecteur Jan Zamoyski (1542-1605), Grand Hetman et Grand Chancelier de la Couronne qu’il a servi comme secrétaire personnel et confident. Dans sa précieuse chronique, Heldenstein commente les années 1579/80, lorsque Zamoyski commande les armées polonaises lors de la guerre contre le tsar Ivan le Terrible et le siège de Pskov, ce qui lui vaut d’être considéré comme le successeur du roi Istvan Báthory. Mais à la mort du souverain, il refuse et soutient la candidature de Sigismond/Zygmunt III Vasa et repousse les troupes de l’archiduc Maximilien d’Autriche, qui conteste le choix de la Diète, à la bataille de Byczyna en janvier 1588. – Une adaptation du roman éponyme de Zbigniew Safjan (1987), filmée à Piotrków Trybualski, Inowlódz et Klek. Cf. aussi supra Zelazna reka [=Main de fer] de Ryszard Ber, inspiré par le livre de Safjan en 1989. La chute du régime communiste avec la victoire de Solidarnosc en juin 1989 provoque l’arrêt progressif de la longue production de films, dramatiques et téléséries historico-patriotiques consacrés au passé de la nation – niche-refuge pour les cinéastes bâillonnés. |
1988/89 | Alchemik (L’Alchimiste) + 1991 (tv) - Alchemik Sendivius (PL) film et télésérie de Jacek Koprowicz Wielislawa Piotrowska, Jerzy R. Michaluk/Studio Filmowe Tor-Telewizja Polska (Kraków) (TVP 8.4.91), 117 min. / 4 x 44 min. – av. Olgierd Lukaszewicz (l’alchimiste Sendivius), Michal Bajor (le prince Fryderyk/Friedrich von Preussen), Joanna Szczepkowska (Teresa Seton), Michal Pawlicki (l’alchimiste prussien von Lotz), Marek Obertyn (von Rumpf), Jerzy Nowak (le prince Kiejstut de Lituanie), Henryk Machalica (Vasari), Leon Niemczyk (Zwinger), Mariusz Dmochowski (Maître Melchior), Mieczyslaw Voit (le confesseur), Katarzyna Galaj (Maria), August Kowalczyk (Seton), Henryk Borowski (père Saleza), Mariusz Benoit (père Hieronymus), Piotr Wysocki (père Mervill), Marek Frackowiak (Korwin), Józef Para (Honauer), Maciej Tomaszewski (Conaro), Marian Zdenicki (Karl von Caudenberg), Katarzyna Bargielowska (Joanna Berg), Krystyna Lech-Maczka (Blanche), Ryszard Marciniewski (Lodovico), Tadeusz Paradowicz (Karl Detiltz), Boguslaw Sochmacki (le curé de Kalsken), Agnieszka Kluk (Amelia Reiche), Jerzy Kozakiewicz (l’hypnotiseur Magnus). Ces aventures d’un alchimiste polonais du XVIe siècle s’inspirent des exploits d’un personnage authentique : l’alchimiste, philosophe et médecin Michael Sendivogius Polonus/Michal Sedziwój (1566-1636) ; pionnier dans le domaine de la chimie, celui-ci aurait même fait une démonstration sensationnelle de sa science au roi Sigismond III Vasa au château de Wawel à Cracovie. – Synopsis : Le prince Kiejstut de Lituanie a emprisonné la femme et l’enfant de l’alchimiste Sendivius et demande comme prix de leur liberté le secret de la pierre philosophale, secret qui serait en possession du vieil alchimiste Thomas Seton, enfermé dans les cachots du prince Frédéric de Prusse. À la cour de Prusse, Sendivius parvient à libérer Seton en provoquant une série de phénomènes horrifiques, puis, se faisant passer pour le marchand Conaro avec un sauf-conduit du pape, il arrive à Stralsund où il trouve Teresa Seton, enfin, à travers un passage secret, l’atelier d’alchimie de Seton qui est décédé dans sa cachette. Comme il n’y trouve aucune trace d’une pierre philosophale, Teresa l’envoie chez Maître Melchior, chef d’une secte sataniste. Ce dernier lui promet l’aide du démon s’il participe à une messe noire au cours de laquelle il devrait tuer un enfant. Les agents de l’Inquisition surprennent les satanistes juste avant le meurtre rituel et Sendivius s’échappe dans les catacombes. Fatigué et grisonnant, il retourne au château du prince Kiejstut où il apprend que sa femme et son fils ont été emportés par une épidémie de rage. Dévasté, l’alchimiste implore le pardon du Ciel et entre dans un monastère. – En 1991, le film est transformé en mini-série télévisuelle sous le titre de Alchemik Sendivius, avec quelques séquences de fantastique horrifique supplémentaires. Tournage aux studios de Lódz et Barrandov, en extérieurs au Sandomierz et aux châteaux de Ksiaz et de Swiny près de Bolków. |
1991/92 | * (tv) Glos [=La Voix] (PL) de Janusz Konrdratiuk Wieslaw Kluczkowski/Telewizja Polska (Kraków) (TVP 29.1.92), 64 min. - av. Marek Walczewski (le chevalier), Andrzej Mastalerz (le porcher Kurek, son écuyer), Marek Siudym, Andrzej Posniak, Zbigniew Buczokowski, Grzegorz Skurski, Jerzy Slonk, Joanna Zurawska-Federowicz (des villageois), Piotr Dabrowski, Slavomir Federowicz, Marek Siudym et Robert Pluszka (les brigands). Pendant l’hiver, un petit village de montagne est attaqué par cinq brigands qui leur volent ce qu’il y a de plus précieux pour les paysans : leurs porcs. Arrive un vieux chevalier errant, affaibli et transi de froid, que la population envisage d’abord de dépouiller mais ce dernier leur propose plutôt de poursuivre ensemble les bandits et de récupérer leurs biens, ce qu’ils font avec succès après un périple ardu dans la neige. Toujours à l’affût d’une cause juste et généreuse mais à présent mortellement blessé, le chevalier rend l’âme après avoir distribué ses maigres biens. Son écuyer, un porcher, l’enterre avec son épée. - Un film épuré, lyrique et mélancolique, avec un minimum de dialogues, adapté du poème Out of the Rose de l’Irlandais William Butler Yeats (1893). Prix de la meilleure réalisation au Festival de la création télévisée polonaise en 1993. |

Les Monty Python à la polonaise pour ridiculiser les clichés du passé national fabriqués dès le XIXe siècle.
2002-2005 | 1409. Afera na zamku Bartenstein [=1409. Scandale au château de Bartenstein] (PL) de Rafal J. Buks Rafal J. Buks, Artur Pedzinski, Piotr Reisch, Szymon Kobusinski, Jan Macierewicz/Stowarzyszenie Filmforum.pl-Kompania M3 (Torun)-SFX-SPI International Polska, 76 min. – av. Jan Machulski (le commandant Siegfried, chevalier Teutonique), Joanna Brodzik (Jagientka), Andrzej Szopa (le prince Witek, son père), Bartomiej Swiderstki (le comte Eryk), Marek Wlodarczyk (Don Eugenio, chevalier errant d’Espagne), Boris Szyc (Hermann), Jan Wieczorkowski (Frère Otton), Jerzy Bonczak (Frère Sznajder / un célèbre historien médiéviste), Mikolaj Niakas (le meunier Bozydar), Slawomir Wojciech Luto (le forgeron Grzymislaw), Maciej Damiecki (Macko de Bogdanca), Mateusz Damiecki (Zbyszko de Bogdanca), Andrzej Nejman (Frère Kunon), Andrzej Kowal (le Grand Maître de l’Ordre Teunonique), Marek Wlodarczyk (Eugeniusz), Jan Suzin (narration). En 1409, à la veille de la guerre que mène roi Ladislas II Jagellon et qui se terminera par la victoire de -Grunwald-Tannenberg… Tenu par les chevaliers Teutoniques à la périphérie de leurs terres, le petit château de Bartenstein abrite une garnison de « perdants », placés là pour ne pas gêner le travail de l’Ordre dans le reste du pays. Leurs propres épées sont devenues mortelles … pour eux-mêmes. Leur chef, le komtur Siegfried, rêve d’une croisade en Chine, certains moines fument des herbes étranges et tous les écuyers sont lents d’esprit. Mais l’annonce de la visite du Grand Maître pour vérifier leurs succès dans la lutte contre les rebelles païens prusso-lituaniens sème la panique. N’ayant aucun exploit à présenter, les héros décident de s’allier avec leurs ennemis, menés par le cruel mais avide prince Witek, qui acceptent d’être enfermés dans les cachots du château pendant l’embarrassante visite. Mais panique : on annonce encore une autre inspection, celle du pape Grégoire XII qui souhaite vérifier les fâcheuses rumeurs de conversions « à feu et à sang » parvenues jusqu’à Rome. Le Maître de l’Ordre veut démentir ces rumeurs, mais les prisonniers refusent à présent de quitter les cachots, une carte au trésor ayant été découverte dans les donjons… L’esprit de dérision des Monty Python plane très nettement sur cette comédie délirante fabriquée par Kompania M3, un collectif satirique de Torun (Cujavie-Poméranie) connu pour ses émissions de radio sur Trójka, la contre-culture Radiostacja et les radios régionales. Le scénario s’attaque de plein fouet à la sacro-sainte littérature historico-nationale d’un Henryk Sienkiewicz et à son best-seller Les Chevaliers teutoniques d’il y a un siècle (cf. supra, film de 1960) dont on ridiculise les clichés éculés (conflit germano-polonais) et la prose ampoulée. Un grand succès populaire, présenté en première mondiale au Festival du fim de Gdynia en 2005, mais dont la fabrication a pris son temps, tous les acteurs ayant accepté de jouer bénévolement. Le tournage a commencé en août 2001 à Torun (Musée ethnographique en plein air, île de Kepa Bazarowa, ruines de Przedzamcze), au château de Golub-Dobrzyn, dans la forêt de Radzymin près de Varsovie et à Wilanów, avec la seconde équipe dirigée par Pawel Czarzasty. Les séquences d’animation parodiques, autre élément repris des Monty Python, sont créés par le studio Grupa Smaczny de Gdansk. |

L’archer Ziemowit, la belle prêtresse du soleil Dziwa et ses parents sur le bûcher funéraire (« Stara basn »).
2003 | ** (ciné+tv) Stara basn : Kiedy slonce bylo bogiem (Une fable des temps anciens / Une vieille fable. Quand le soleil était un dieu) (PL) de Jerzy Hoffman Jerzy R. Michaluk, Jerzy Hoffman/Zodiak Jerzy Hoffman Film Production-Syrena Entertainment Group-Telewizja Polska/Agencja Filmowa (Kraków)-Agencja Produkcji Filmowej, 120 min./107 min. (TVP 26.3.05ss, 3 x 45 min.). – av. Daniel Olbrychski (Piast le Charron), Michal Zebrowski (Ziemowit Piastowic), Bohdan Stupka (le prince Popiel II), Malgorzata Foremniak (la princesse, son épouse), Marina Aleksandrowa (Dziwa), Ryszard Filipski (Wisz, chef des rebelles et père de Dziwa), Anna Dymna (Jaga, femme de Wisz, mère de Dziwa), Jerzy Trela (le grand-prêtre Wizun), Ewa Wisniewska (la sorcière Jariucha), Krzysztof Lukaszewicz (le neveu de Popiel), Katarzyna Bujakiewicz (Mila), Maciej Kozlowski (Smerda, commandant des troupes de Popiel), Andrzej Krukowski (Ludek), Andruej Pieczynski (l’interprète viking), Jan Prochyra (Mirsz, le père de Mila), Krystyna Feldman (la fée), Maria Niklinska (Zywia, sœur de Dziwa), Adam Graczyk (Sambor), Maciej Chorzelski (Popiolek, fils de Popiel), Dariusz Juzyszyn (Jarl Sigvald, chef des Vikings), Jerzy Hoffman (narration). Synopsis : Au IXe siècle sur les rives du Goplo, dans le futur royaume de Pologne où vivent les tribus slaves encore païennes des Polanes, Vislanes, Cassublens et Mazoviens. Dans la ville fortifiée en bois de Kruszwica au bord du lac Goplo, le sanguinaire prince polane Popiel II s’est emparé du pouvoir après avoir tué jadis son frère aîné ; il espère en vain que ses deux neveux, à présent adultes, mourront lors de l’expédition militaire à Poznan ; il est également perturbé par la prophétie d’une voyante de l’île-temple de Swiatowid selon laquelle il mourra victime de souris. Or les deux neveux reviennent couverts de gloire. Encouragé par sa belle et jeune épouse, une ancienne esclave qui veut assurer la succession de leur fils commun Popiolek, le prince profite du banquet arrosé de la victoire pour tuer l’un des neveux avec le poignard de l’autre, puis accusant ce dernier de fratricide, il lui fait crever les yeux. Auparavant, tous les réfractaires ont été empoisonnés à l’hydromel vicié lors de la fête. Seul le noble Piast, ancien précepteur des princes légitimes, parvient à s’enfuir. Enfin, le despote envoie ses guerriers à travers le pays afin de prendre en otage les fils de l’aristocratie locale au cas où il y aurait contestation de son autorité par les clans et paysans libres, les Kmiecies. Prévenus, ceux-ci forcent l’ennemi à battre en retraite, mais Smerda, commandant et garde du corps de Popiel, tue le noble chef de village Wisz. Dans la forêt où il chasse, le jeune Ziemowit, archer redoutable qui a vécu avec les Vikings, sauve la vie de Piast que pourchassent des tueurs, puis sauve la belle Dziwa, la fille de Wisz qu’importune la soldatesque du tyran ; mais quoique pas insensible à son sauveur, elle doit devenir sous peu prêtresse dans le temple local et le repousse. Lors de la cérémonie funéraire, le cadavre de Wisz est brûlé sur un bûcher où le rejoint sa veuve Jaga. Piast demande la réunion de toutes les tribus polanes. Peu après, les familles des Kmiecies se rassemblent sous les chênes, se disent prêts à assiéger Kruszwica après les moissons mais refusent de choisir un chef. Apprenant cela, le tyran appelle à l’aide les Vikings (ou Varègues). Dans la nuit de Kupala, lors de la bacchanale orgiaque du solstice d’été, Ziemowit tente d’enlever Dziwa, mais celle-ci le blesse grièvement et le croyant mort, elle se tend sur l’île du temple pour accomplir sa destinée, garder le feu sacré et servir les dieux. Mais Ziemowit est sauvé et soigné par la sorcière Jarucha. Après un premier assaut chaotique de Kruszswica qui entraîne de terribles pertes (tous les otages ont été décapités), les paysans désunis assiègent la place forte de Popiel. Entretemps, les Vikings s’en prennent à leurs familles. Les Kmiecies survivants se rassemblent dans le temple où, sur proposition du grand-prêtre, ils désignent enfin Piast comme leur chef. Stratège astucieux, ce dernier anéantit les Vikings dont le commandant Jarl Sigvald est tué en duel par Ziemowit. Les Vikings survivants se suicident, Ziemowit met rituellement le feu à leur drakkar funéraire. La ville fortifiée est prise et les fidèles de l’usurpateur se réfugient dans le donjon en pierre, qui est aussi le réservoir de blé. La princesse y empoisonne les bouches inutiles, mais en découvrant son fils Popiolek mort d’avoir consommé des céréales contaminées, elle bascule dans la folie. Les souris mangent les réserves de nourriture, Popiel maudit les dieux, les nuages s’amassent et il est tué par la foudre qui détruit aussi le donjon. Piast est élu prince des Polanes et Ziemowit désigné comme son successeur. Apaisés, les dieux lui accordent sa bien-aimée Dziwa. |

Le tyran Popiel, son fils et son épouse maléfique. – Les Vikings s’en prennent aux Polanes (« Stara basn »).
➤ Paru en 1876, alors que la Pologne a été annexée par l’Empire russe et que la russification forcée s’intensifie, le roman d’aventures Stara Basn de Józef Ignacy Kraszewski devient rapidement un des livres les plus populaires du pays (le siècle suivant, durant la période de 1944 à 2010, on ne compte pas moins de 78 éditions différentes !). Le sujet est adapté au théâtre, dans le drame en 5 actes Piast Pienwszy par Alfred Szczepanski à Vienne en 1891, puis à l’opéra à Lviv en Ukraine par Wladyslaw Zelenski en 1907. C’est, grosso modo, l’équivalent du roman allemand Kampf um Rom de Felix Dahn, paru la même année et mettant en valeur l’héroïsme des Ostrogoths : la célébration nationaliste d’un passé lointain mettant en scène des personnages semi-légendaires. Ainsi, Piast le Charron (mort en 861 ?) est considéré comme le fondateur de la dynastie Piast qui gouverna la Pologne chrétienne dès le Xe siècle. Siemovit (835-892) est le plus ancien duc des Polanes connu et serait le fils de Piast (selon la Chronique des ducs polonais de Gallus Anonymus, v. 1113). Quant à la dynastie criminelle des Popielides, elle se serait effectivement terminée avec la mort du tyran, de sa femme et ses enfants réfugiés dans une tour et dévorés par les rats et les souris. Une première transposition de la matière pour la télévision date de 1984, dans une version radicalement « nettoyée » et inoffensive pour la jeunesse (cf. supra). La réputation du réalisateur Jerzy Hoffman, une valeur sûre de la cinématographie polonaise, a traversé les frontières grâce à une série de superproductions historiques de qualité telles que les adaptations de la trilogie romanesque de Henryk Sienkiewicz, Pan Wolodyjowski (Colonel Wolodyjowski, 1970), Potop (Le Déluge, 1974, nomination à l’Oscar) et Ogniem i mieczem (Par le fer et par le feu, 1999), toutes situées au XVIIe siècle (cf. partie « Absolutisme »). Féru d’histoire, Hoffman songe depuis 1974 à porter aussi le sujet de Kraszewski à l’écran, mais le moment n’est alors pas propice pour évoquer une Pologne préchrétienne, le Parti communiste ne cherchant pas à se mettre inutilement à dos les fervents catholiques du pays. Quand vient enfin le feu vert, le scénario subit diverses modifications, Kraszewski n’ayant, selon le cinéaste, pas le talent d’un écrivain nobelisé comme Sienkiewicz en matière de caractérisation, narration et sens du drame ; combinant passions, haine et amour, mœurs archaïques et soif de pouvoir (sur le modèle de Macbeth) avec l’univers mystérieux de la magie proto-slave, la sexualité et les apports récents de l’archéologie, le nouveau script accentue le réalisme très cru du milieu – et l’universalité du message. Il remplace aussi les Saxons que Popiel voudrait appeler au secours par les Vikings (« une fois payés, les Saxons restent et s’installent - tandis que les Vikings ne tiennent pas en place ! »), gommant ainsi avec ironie le cliché éculé de l’union slave versus l’expansion germanique. Autres changements : Popiel est ici un violent peu imaginatif, c’est sa Lady Macbeth manipulatrice, jadis simple esclave, qui organise l’annihilation des nobles de l’Assemblée, ceux-ci ne pouvant accepter le fils d’une esclave comme successeur de son mari. Quant aux chefs paysans, leur fierté obtuse et chauvine les conduit d’abord au massacre et seul le bain de sang qui s’ensuit les fait réfléchir sur l’utilité d’un seul chef éclairé. Pas très flatteur. Le tournage de ce grand spectacle en écran panoramique s’effectue de fin août à fin septembre 2002 dans les forêts et la réserve archéologique de Biskupin (avec son castrum imposant), à Gasawa, Rogalin Deby, Znin et Drewno sur le Ocwiecki, à Kupala (solstice d’été) puis dans la campagne de Chomiaza Szlachecka près du lac Chomaskie. Cinéaste de formation classique, Hoffman livre une fresque sans fioritures ni réflexions lyriques, mais efficace, rythmée et visuellement opulente qui peut aisément rivaliser avec le grand cinéma d’aventures hollywoodien, sinon que la violence très marquée des combats et batailles (les têtes décapitées giclent) n’ont jamais la complaisance « gore » des produits à la mode. Sorti en salle en septembre 2003, le film fait une carrière internationale et décroche à raison l’Aigle des meilleurs costumes au « Prix du Film Polonais » en 2004. Il est repris par la télévision sous forme de mini-série en mars 2005 et suscitera même une lointaine parodie en 2011 avec Twoja stara. Basn de Lukasz Jedynasty, où un dragon, le Petit Chaperon Rouge et Robin des Bois se mêlent aux tribulations du héros, modeste pêcheur de Mazurie ! - GB/US : When the Sun Was God – An Ancient Tale ; The Old Fairy, GB: Army of Walhalla (tv), Avenging the Throne, Fire and Sword, DE (dvd) : Die Wikinger - Angriff der Nordmänner. |
2011 | (tv-df) Krzyzacy / Les Chevaliers Teutoniques (FR/PL) de Krzysztof Talczewski Gastonik Film-Point du Jour-Arte GE.IE-Telewizia Polska (Kraków)-Polski Instytut Sztuki Filmowej (Arte 5.11.11), 53 min. – av. Stanislaw Szmit (Hermann von Salza), Jaroslaw Dariusz Struczynski (Ulrich von Jungingen), Piotr Borowiec, Roman Czaja, Klaus Militzer, Tomasz Knapik (narration). Docu-fiction sur la fondation de l’Ordre teutonique qui relate notamment le déroulement de la bataille de Grunwald-Tannenberg, le 15 juillet 1410, où les chevaliers Teutoniques sont écrasés par les armées du roi de Pologne et du prince de Lituanie. On y explicite aussi les liens du Grand Maître Hermann von Salza (1179-1239) avec l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen, dont il est l’ami et le conseiller pendant une vingtaine d’années. En Terre sainte, Hermann prend part, durant la Cinquième croisade, à la prise de Damiette en 1219. Plus tard, il convainc Frédéric de diriger la Sixième croisade et arrange le mariage entre l’empereur et la fille de Jean de Brienne, roi de Jérusalem. À la fin de cette croisade pacifique, Hermann revient en Europe et œuvre pour lever l’excommunication dont l’empereur a fait l’objet, chose obtenue en 1230. - DE : Die Deutschen Ordensritter. |
2016/17 | (tv-df) Unter dem schwarzen Kreuz : Die Geschichte des Deutschritterordens – 1. Ein neuer Staat – 2. Leben als Kampf / Habit i zbroja / Habit & Armour (Les Chevaliers à la Croix Noire) (DE/PL) de Pawel Pitera Dorota Roszkowska/Ventana Film- und Fernsehproduktion-Arkana Film Studio-Narodowy Instytut Audiowizualny-Artbox-FDR Studio-Film Factory-Mitteldeutscher Rundfunk (MDR)-Arte (PL 1.9.17 / Arte 25.11.17), 2 x 52 min. – av. Stacy Keach (narration anglaise). - Un docu-fiction ambitieux détaillant sans fards l’histoire de l’État monastique des chevaliers Teutoniques. La première partie, tournée en Pologne (Torun, Kujawsko-Pomorskie, Gniew, Gdansk, château de Malbork, Cracovie) par un cinéaste polonais tente d’expliquer comment quelques centaines de chevaliers germaniques sont parvenus à fonder un État, la seconde en illustre l’effondrement face à la soif de liberté et d’indépendance de ses sujets. |
2018/19 | Krew Boga / Sword of Blood (PL/BE) de Bartosz Konopka Anna Wydra, Andrzej Bialas, Rafal Bubnicki, Melissa Dhondt, Jurgen Willocx/Earlybirds Films-Eurimages-Odra Film-Otter Films, 100 min. - av. Christoph Pieczynski (le chevalier Willibrord), Karol Bernacki (Jan), Wiktoria Gorodeckaja (Prahwe/l’Innommée, fille de Geowold), Jacek Koman (Geowold, chef barbare), Jan Bijvoet (le roi), Jeroen Perceval (Karenga), Olivier De Sagazan (le chamane Pem), Dominik Bak (Uwe), Konrad Beta (Ateb), Marcel Borowiec (Mynothe), Izabela Chlewinska (Juda), Halina Chmielarz (Khari), Marta Cichorska (Triske), Kamil Dobrowolski (Sentan), Karol Dus (Ahum), Magdalena Fejdasz (Deyge), Antoni Franczak (Rassas), Arkadiusz Glogowski (Got). Dans le Haut Moyen Âge, le chevalier Willibrord atteint des régions peu ou non christianisées après avoir miraculeusement échappé à la mort grâce à l’aide de Jan, un garçon idéaliste qui dissimule son identité et sa quête personnelle. Quoiqu’ils diffèrent dans leur vision du monde et leur approche de la religion, ils continuent leur voyage unis par un objectif commun : trouver et baptiser l’ultime refuge de l’« ancienne foi », cachée dans les montagnes. Pour Willibrord, bien que la conversion forcée des habitants au catholicisme et l’adoption de la langue polonaise soit le seul moyen de protéger ces « sauvages » d’une annihilation imminente et impitoyable planifiée par son roi. Jan, de son côté, a vécu avec des tribus « païennes » pacifiques et aimables, ce qui le pousse à une approche plus humaine et ouverte à l’autre. Leur mission est toutefois mise en cause par un prêtre-chamane païen et le chef des lieux Geowold. Les deux missionnaires peuvent compter sur un allié inattendu, Prahwe, la fille charismatique de ce dernier. Mais bientôt l'amour affrontera la haine, le dialogue la violence, la folie les principes, et beaucoup devront mourir... Une tragédie secouée par des images brutales traitant de colonialisme, d’anéantissement culturel, de patriarcat (imposé à la fin du récit), le tout concocté par un auteur formé au cinéma exigeant d’un Ingmar Bergman et des frères Taviani. Tournage aux Montagnes de la Table/Góry Stolowe (Dolnoslaskie), dans la région d’Ustka et de Kudowa-Zdrój. - US : Sword of Blood, DE: Sword of God - Der letzte Kreuzzug, IT: Sword of God - L’ultima crociata, GB : The Mute. |
2018-2020 | (tv) Korona królów [=La Couronne des Rois] (PL) télésérie de Woyjiech Pacyna, Jacek Soltysiak, Jerzy Kryslak, Piotr Fiedziukiewicz et Szymon Nowak Telewizja Polska (Kraków) TVP (TVP1 1.1.-22.5.18 / 3.9.18-25.6.19 / 9-9-19-6.20), 400 épisodes de 30 min. (sur 3 saisons). - av. Mateusz Król / Amdrzej Hausner (Casimir III le Grand), Wieslwa Wojcik (Ladislas Ier le Bref), Wasyl Wasylyk /Sebastian Skoczen (Wladyslaw/Ladislas II Jagellon), Dagmara Bryzek (la reine Hedwige d’Anjou/Jadwiga Andegawenska), Martin Rogacewicz (Jasko de Melsztyn), Radoslaw Pazura (l’barchevêque Mikolaj Traba), Robert Gonera (l’èvêque Jan Grot), Marta Bryla (la reine Aldona Anna Giedyminówna), Dagmara Bryzek / Halina Labonarska / Natalia Wolska (enfant) / Amelia Zawadzka (adol.) (la reine Jadwiga/Hedwige d’Anjou), Mateusz Król (le roi Casimir III le Grand), Saniwoj Król (l’empereur Charles IV), Milena Staszuk (la reine Anne de Cilli/Celje), Karolina Chapko (la reine Elisabeth Granowska), Przemyslaw Stippa (l’archevêque Zbigniew Olesnicki), Maja Szopa (la princesse Jadwiga/Hedwig Jagellon), Bartosz Glogowski (Friedrich von Wallenrode), Krzysztof Olchawa (Konrad von Jungingen), Katarzyna Czapla (Elizabeth de Pologne, reine de Hongrie), Alexandra Przeslaw / Aleksandra Galczynska (Adélaïde de Hesse/Adelajda Heska), Michal Chorosinski (Vytautas, grand-duc de Lituanie), Kamil Siegmund (Louis/Ludvik d’Anjou, roi de Hongrie), Karolina Porcari / Julia Mlynarczyk (la reine Elzbieta/Elizabeth Granowska), Andrzej Popiel (le duc Bolko II le Petit), Szymon Nygard (Ulrich von Jungingen), Kamil Siegmund / Jan Hrynkiewicz (Louis Ier le Grand/Nagy Lajos, roi de Hongrie), Wojtiech Niemczyk (le duc Leopold III Just d’Autriche). Cette méga-série (plus de 400 épisodes !) relatant un pan particulièrement coloré de l’histoire de la monarchie en Pologne commence par la fin de règne de Ladislas Ier le Bref et le règne de Casimir III le Grand, dernier souverain de la dynastie Piast, suivi du sort de la reine-mère Jadwiga/Hedwige de Kaliska qui finit par entrer dans les ordres des Clarisses (années 1325 à 1339). Suit la période de 1342 à 1370 avec le mariage de Casimir et sa seconde épouse, Adélaïde de Hesse, l’exil de cette dernière et les deux mariages morganatiques avec la Tchèque Krystyna Rokiczana, fille du maire de Prague, et la princesse Jadwiga/Hedwige de Zagan. La domination des Angevins en Pologne couvre les années 1376 à 1399 sous le règne de Louis de Hongrie, puis celui de la reine Jadwiga/Hedwige d’Anjou, qui survole aussi la christianisation et la guerre civile en Lituanie. La période de 1399 à 1420 voit son époux Ladislas II Jagellon, à présent veuf, défaire les chevaliers Teutoniques à Grunwald en 1410 et se remarier pour la troisième fois, avec la veuve Elzbieta Granowska. (La suite est diffusée deux ans plus tard, cf. infra.) Le tournage assez mouvementé débute au studio TVP à Varsovie en avril 2017 (84 épisodes), suivi d’une deuxième série réalisée de juin 2018 à avril 1919, puis interrompue par la propagation du coronavirus jusqu’en juin-juillet 2020, après le retour des acteurs et techniciens sur le plateau. Les extérieurs comprennent Bobobolice, Inowlodz, Lidzbark Warminski, Kwidzyn, Debno, Grodziec, Wchock, Rabsztyn, Jezów, Mrozy, Checiny et l’incontournable forteresse de Malbork. La diffusion se fait à raison d’un épisode par jour. - GB/US/CA : The Crown of the Kings. |
2022-2024 | (tv) Korona królów. Jagiellonowie [=La Couronne des Rois. Les Jagellon] (PL) télésérié de Krzysztof Lukaszewicz, Piotr Fiedzlukiewicz, Tomasz Matuszczak et Lukasz Wisniewski Telewizja Polska (Kraków) (TVP épisode pilote diffusé le 26.12.2022, puis 2.1.-31.5.23 [épisodes 1 à 65] / 28.8.23-13.6.24 [épisodes 66 à 179]/ 12.8.24- … [épisodes 180-205]), 25 min. par épisode. – av. Sebastian Skoczen (le roi Ladislas II Jagellon), Maria Pawlowska (la reine Zofia/Sonka Holszanska), Dagmara Bryzek (la reine Hedwige/Jadwiga de Zagan), Milena Staszuk (la reine Anna Cylejska), Maja Szopa (la princesse Jadwiga), Marcin Pietowski (Zbigniev de Brzeria), Radoslaw Pazura (Mikolaj Traba), Jedrzej Jezierski (Andrzej de Teczyna), Karolina Porcari (Elbieta Granowska), Kamil Winerowicz-Stanik (le prince Wladyslaw, futur Ladislas III), Krzystof Olchawa (Konrad von Jungingen), Szymon Nygard (Ulrich von Jungingen), Bartosz Glgowski (Friedrich von Wallenrode), Grzegorz Kowalczyk (Johann von Sayn), Malgorzata Klara (la Grande-Duchesse Anne de Lituanie), Mikolj Wachowski (Friedrich von Hohenzollern), Wojam Trocki (Sigmund de Luxembourg). Suite de la série éponyme commencée en 2018 et qui couvre entre autres les événements de 1420 à 1440. Le roi Ladislas II Jagellon, vainqueur des Teutoniques, veuf pour la troisième fois, hésite à se remarier, puis, sur insistance du grand-duc Witold, se décide d’épouser la jeune Sonka Holszanska ; après s’être convertie au catholicisme, celle-ci prend le nom de Zofia. Naîtront ses trois fils : Ladislas, Kazimierz et Kazimierz Andrzej. En toile de fond, le conflit entre la jeune reine et sa belle-fille, la princesse Jadwiga Jagellon. Après le décès de Ladislas II, la reine Zofia, veuve, doit se battre à la cour pour la place de ses enfants et l’accession au trône du jeune roi Ladislas III (à suivre). - US/GB : The Crown of the Kings. The Jagiellonians. |
2022/23 | (tv-df) Geheimsache Kopernikus – Triumph der Wissenschaft (L’Affaire Nicolas Copernic) (DE/AT/IT) de Kai Christiansen, Dietrich Duppel et Yoav Parish Série « Universum History », Onno Ehlers, Dorota Roszkowska, Reinhardt Beetz/Gebrüder Beetz Filmproduktion GmbH & Co. KG (Berlin)-Arte-NDR-ORF-RAI (ORF2 17.2.23 / Arte 10.2.24), 2 x 52 min./90 min. – av. Rufus Beck (Nikolaus Kopernikus / Mikolaj Kopernik), Anja Antonowicz (Anna Schilling), Rainer Frank (Legatius), Thomas Lichtenstein (l’évêque Dantiscus), Maximilian Meyer-Bretschneider (Rheticus), Ralph Hönicke (Petreius), Christian Rudolf. – L’astronome révolutionnaire Nicolas Copernic alias Mikolaj Kopernik (1473-1543) démontre que la Terre n’est pas le centre de l’univers, mais tourne avec d’autres planètes autour du soleil (théorie de l’héliocentrisme). Copernic arrive au bout de ses recherches grâce au soutien de sa compagne Anna Schilling et de son disciple protestant Rheticus. Chanoine, Copernic ne sera jamais inquiété de son vivant (son livre est dédicacé au pape Paul III) ; son ouvrage ne sera mis à l’index par Rome qu’en 1616, après la censure de Galilée, et restera interdit jusqu’en 1835 ! - Cf. aussi biopic de 1972. |