VI - EUROPE CENTRALE ET DE L’EST, BALKANS, TURQUIE et invasions mongoles

Les armées mongoles devant les remparts de Pékin (« Genghis Khan » de Henry Levin, 1965).
7. LES INVASIONS MONGOLES
Fondé au début du XIIIe siècle par le souverain Geng(h)is Khan et dirigé par ses descendants, l’Empire mongol médiéval recouvre à son apogée environ 23,5 millions de km2, de la mer de Chine à la mer Caspienne et la Méditerranée, ce qui fait de lui le plus grand empire contigu de l’Histoire, largement supérieur à celui d’Alexandre le Grand. Il inclut toute la Chine, la Mongolie, le nord de l’Inde, une partie de la Sibérie jusqu’à la mer Baltique, les steppes russes, l’Asie centrale, le Moyen- et Proche-Orient et l’Europe extrême-oriental.
TEMOUDJIN (1167-1227), appelé GENGIS KHAN, soit « Empereur universel », est membre d’une famille noble du clan turco-mongol des Konghirat. Il a pour mère Ouloun-Eké (ou Hunlun/Höelün), pour épouse officielle Börté (Bortaï), fille de Daï Setchen, et pour cousin Djamouka (Jamuga), khan des Djadjirat. Les rares informations sur sa jeunesse avant qu’il ne commence ses conquêtes sont invérifiables. Robuste, de haute taille, on lui attribue des ancêtres mythiques comme un loup gris-bleu. Il conquiert la Mongolie, la Chine des dynasties Xia et Jin (chute de Pékin/Yanjing en 1215) et l’Afghanistan (Sogdiane), semant la terreur pour empêcher toute résistance, rasant villes et garnisons qui se trouvent sur sa route et développant des stratégies et tactiques de combat inédites (armes de siège, poudre à canon, arcs réflexes). Mais il est aussi législateur, établissant des lois en faveur des femmes pour éviter les conflits entre tribus (interdiction de les enlever, de les vendre ou violer, ainsi que de commettre l’adultère) ; interdiction également de la torture, de la destruction des temples et respect obligatoire de toutes les religions. (Pas encore intégrées au monde islamique, les hordes mongoles animistes comptent en leur sein des chrétiens nestoriens établis au Tibet et en Chine.) Pour les Mongols, Gengis Khan est le père de leur nation et une figure légendaire ; toutefois, pour les autres régions d’Asie ravagées par ses guerres et plus encore par celles de ses successeurs, il demeure un conquérant impitoyable et sanguinaire.
À partir de 1260, l’empire se désintègre et forme désormais des provinces indépendantes les unes des autres. Quatre régions (ulus) sont gérées par quatre dynasties issues des descendants directs du khan, notamment ses fils DJÖTCHI (v.1182-1227) et OGOTAI KHAN (Ogödey, v.1186-1241) qui crée la Horde d’Or puis conquiert les steppes russes avec Moscou (1238) et Kiev (1240), envahit la Pologne et la Hongrie, menace Vienne et occupe Zagreb, non loin de l’Adriatique. Le petit-fils KOUBILAÏ KHAN (1215-1294) est le premier empereur de Chine de la dynastie mongole Yuan (Marco Polo résida à sa cour pendant dix-sept ans) et a pour chef d’armée le général BAYAN des Baarins (1236-1295). Enfin son frère HOULAGOU KHAN (v.1217-1265) gouverne la Perse qu’il a ravagée, de même Samarcande en Ouzbékistan et l’Irak où il détruit avec une rare férocité Bagdad – mais il tente vainement d’écraser les Mamelouks en Syrie qui lui font subir une lourde défaite en Galilée en 1260. Enfin, issu de la dynastie mongolo-turcique des Barlas lointainement apparentée à Gengis Khan, TAMERLAN le Boiteux ou TIMOURLENK (v.1320-1405) est un commandant militaire et tacticien exceptionnel, demeuré invaincu, mais aussi l’un des plus brutaux et des plus cruels ; lors de ses campagnes militaires carrément génocidaires à travers l’Asie occidentale, méridionale et centrale, le Caucase et le sud de la Russie, il bat la Horde d’Or, les Mamelouks d’Égypte, l’Empire ottoman émergeant et le Sultanat de Delhi en Inde. Son empire se fragmente peu après sa mort. Alors que les descendants de Gengis Khan s’entre-tuent, l’effondrement de l’Empire mongol en Chine en 1368 marque la fin du rêve de Temoudjin.
TEMOUDJIN (1167-1227), appelé GENGIS KHAN, soit « Empereur universel », est membre d’une famille noble du clan turco-mongol des Konghirat. Il a pour mère Ouloun-Eké (ou Hunlun/Höelün), pour épouse officielle Börté (Bortaï), fille de Daï Setchen, et pour cousin Djamouka (Jamuga), khan des Djadjirat. Les rares informations sur sa jeunesse avant qu’il ne commence ses conquêtes sont invérifiables. Robuste, de haute taille, on lui attribue des ancêtres mythiques comme un loup gris-bleu. Il conquiert la Mongolie, la Chine des dynasties Xia et Jin (chute de Pékin/Yanjing en 1215) et l’Afghanistan (Sogdiane), semant la terreur pour empêcher toute résistance, rasant villes et garnisons qui se trouvent sur sa route et développant des stratégies et tactiques de combat inédites (armes de siège, poudre à canon, arcs réflexes). Mais il est aussi législateur, établissant des lois en faveur des femmes pour éviter les conflits entre tribus (interdiction de les enlever, de les vendre ou violer, ainsi que de commettre l’adultère) ; interdiction également de la torture, de la destruction des temples et respect obligatoire de toutes les religions. (Pas encore intégrées au monde islamique, les hordes mongoles animistes comptent en leur sein des chrétiens nestoriens établis au Tibet et en Chine.) Pour les Mongols, Gengis Khan est le père de leur nation et une figure légendaire ; toutefois, pour les autres régions d’Asie ravagées par ses guerres et plus encore par celles de ses successeurs, il demeure un conquérant impitoyable et sanguinaire.
À partir de 1260, l’empire se désintègre et forme désormais des provinces indépendantes les unes des autres. Quatre régions (ulus) sont gérées par quatre dynasties issues des descendants directs du khan, notamment ses fils DJÖTCHI (v.1182-1227) et OGOTAI KHAN (Ogödey, v.1186-1241) qui crée la Horde d’Or puis conquiert les steppes russes avec Moscou (1238) et Kiev (1240), envahit la Pologne et la Hongrie, menace Vienne et occupe Zagreb, non loin de l’Adriatique. Le petit-fils KOUBILAÏ KHAN (1215-1294) est le premier empereur de Chine de la dynastie mongole Yuan (Marco Polo résida à sa cour pendant dix-sept ans) et a pour chef d’armée le général BAYAN des Baarins (1236-1295). Enfin son frère HOULAGOU KHAN (v.1217-1265) gouverne la Perse qu’il a ravagée, de même Samarcande en Ouzbékistan et l’Irak où il détruit avec une rare férocité Bagdad – mais il tente vainement d’écraser les Mamelouks en Syrie qui lui font subir une lourde défaite en Galilée en 1260. Enfin, issu de la dynastie mongolo-turcique des Barlas lointainement apparentée à Gengis Khan, TAMERLAN le Boiteux ou TIMOURLENK (v.1320-1405) est un commandant militaire et tacticien exceptionnel, demeuré invaincu, mais aussi l’un des plus brutaux et des plus cruels ; lors de ses campagnes militaires carrément génocidaires à travers l’Asie occidentale, méridionale et centrale, le Caucase et le sud de la Russie, il bat la Horde d’Or, les Mamelouks d’Égypte, l’Empire ottoman émergeant et le Sultanat de Delhi en Inde. Son empire se fragmente peu après sa mort. Alors que les descendants de Gengis Khan s’entre-tuent, l’effondrement de l’Empire mongol en Chine en 1368 marque la fin du rêve de Temoudjin.

L’Empire mongol de 1206 à 1294 s’étend de la mer de Chine à la mer Caspienne.
1909 | ® Dimitry Donskoy [=Episode de la vie de Dimitri Donskoï] (RU/FR) de Kai Hansen. - av. Kuz'ma Matveyev (le prince Dimitri Donsko!i). - Profitant de l'anarchie dans laquelle s'enfonce la Horde d'Or, Dimitri Ier Donksoï (1350-1389), grand prince de Moscou et de Vladimir, cesse de lui payer le tribut, et, le 8 septembre 1380, il remporte sur l'émir Mamay la bataille de Koulikovo. - cf. Rus' de Kiev 4.1 |
1924 | ® The Thief of Bagdad (Le Voleur de Bagdad) (US) de Raoul Walsh. - av. Douglas Fairbanks (le prince Ahmed), Sôjin Kamiyama (le khan mongol Cham Shang), Anna May Wong (son esclave mongole). – La prise de Bagdad par les Mongols en 1258, cf. Moyen-Orient ch. 5.4: Contes et légendes d'Orient. |
1929 | ® Zakhar Berkout (SU) de Josef Rona. - Au début du XIIIe siècle, Zakhar Berkut, doyen d'une communauté dans les Carpathes ukrainiennes, anéantit des envahisseurs mongols de la Horde d'Or. - cf. Rus' de Kiev 4.1 |
1938 | ® The Adventures of Marco Polo (Les Aventures de Marco Polo) (US) d’Archie L. Mayo. - av. Gary Cooper (Marco Polo), George Barbier (Koubilaï Khan), Sigrid Gurie (Kukachin, sa fille), Stanley Fields (le général Bayan). – cf. Italie 3.4 |

Le prince Alexandre Nevski (Nikolaï Tcherkassov) rencontre les tenants de la Horde d’Or (1938).
1938 | ® Aleksandr Nevskiy (Alexandre Nevski) (SU) de S. M. Eisenstein. - av. Nicolaï Tcherkassov (Alexandre Yaroslavitch Nevski, grand-prince de Novgorod et de Vladimir), Nikita Lian-Kun (Batou Khan). – En 1242, le prince Alexandre Nevski de Novgorod vit retiré sur ses terres à Pereslavl-Zalesski, au milieu de ses amis pêcheurs, mais lorsque leur village est rançonné par les Tatars de Batou Khan, le prince leur tient tête et les amadoue. L’année suivante, Batou, fondateur de la Horde d’Or, établit sa capitale à Saraï sur la basse Volga et reçoit l’hommage des princes de la Rus’ dont les États n’ont pas été annexés : les coutumes, les lois et le gouvernement des Tatars sont imposés partout. – cf. Rus' de Kiev 4.1 |
1939 | ® (tv) Marco Millions (US) de Lanham Titchener. - av. Robert Harris (Koubilaï Khan). – cf. Italie 3.4 |
1940 | Tatar Ka Chor / Thief of Tartar (IN) de K. Amarnath Mohan Pictures (hindi). - av. Lala Yakub, Indurani, Meera, Vatsala Kumthekar, W. M. Khan, Gulab, K. Hiralal, Nawaz, Virmani. |
1943/44 | ® Ali Baba and the Forty Thieves / Raiders of the Desert (Ali Baba et les quarante voleurs) (US) d’Arthur Lubin; Universal Pictures. - av. Jon Hall (Ali Baba), Maria Montez (la princesse Amara), Kurt Katch (Houlagou Khan). - Le 10 février 1258, Bagdad est conquis par les hordes mongoles de Houlagou Khan (v.1217-1265), petit-fils de Gengis Khan et frère de Koubilaï Khan... Un mélange de naïveté et de panache, quoique l’ouverture avec son parterre de cadavres et de ruines fumantes à Bagdad est d’un réalisme peu courant dans ce type de films : le Mongol ordonne de torturer à mort 100 citoyens chaque jour jusqu’à ce qu’on lui apporte la tête du calife. Sans doute la présence de ce vilain bridé et grimaçant n’est-elle pas un hasard. L’opinion publique américaine a été traumatisée par le récit des atrocités nipponnes commises à Nankin en 1937. À présent, l’Amérique est en guerre. Bornéo, Rangoon, Manille sont tombés aux mains des Japonais, la bataille du Pacifique bat son plein et le racisme anti-jaune fait des ravages aux États-Unis. Par ailleurs, l’apport historique n’est pas à prendre au sérieux : Houlagou Khan a bien incendié Bagdad et porté un coup mortel au califat abbasside, mais il ne mourut qu’en 1265, après avoir conquis l’Irak et la Syrie (et non pas, comme ici, tué par une lance de l’un des quarante voleurs !). – cf. Moyen-Orient ch. 5.4: Contes et légendes d'Orient. |
1948 | Guo hun / The Soul of China / The Spirit of the Nation (L’Âme de la Chine) (HK) de Wancang Bu Tsu-Yung Li/Studios Yonghua (Hong Kong), 141 min. - av. Qiong Liu (le Premier ministre Tianxiang Wen), Yuan Meiyun, Wang Xichun, Tao Jin, Wang Yuanlong, Gu Eryi. - Koubilaï Khan envahit la Chine gouvernée par la dynastie des Song du Sud. La ville de Xiang Yang est assiégée par les Mongols, elle tombe malgré la résistance de Tianxiang Wen, entraînant la fin de la dynastie des Song. |
1950 | ® The Black Rose (La Rose noire) (US) de Henry Hathaway. - av. Tyrone Power (Walter of Gurnie), Orson Welles (le général mongol Bayan, au service de Koubilaï Khan), Mme Phang (l’impératrice de Chine méridionale, dynastie Song). – Un chevalier britannique entre au service de Bayan en Asie; inspiré des récits de voyage de Jean de Mandeville au Cathay, v. 1259. – cf. Angleterre, chap. 6. |

1951 | The Golden Horde / The Golden Horde of Genghis Khan (La Princesse de Samarcande) (US) de George Sherman Howard Christie, Robert Arthur/Universal-International Pictures, 1h16 min. - av. Ann Blyth (Shalimar, princesse de Samarcande), David Farrar (Sir Guy de Devon), Edwin Hanneford (John, l’écuyer), Marvin Miller (Gengis Khan), George Macready (Tengri, le chamane), Henry Brandon (Jöchi, fils de Gengis Khan), Howard Petrie (Touglouk), Donald Randolph (Torga), Peggy Castle (Lailee), Leon Belasco (Nazza), Lucille Barkley (Azalah), Karen Varga (Nina), Robert Hunter (Herat), Mai Tai Sing (une danseuse). Synopsis : En 1220, l’invincible Horde d’Or de Gengis Khan arrive devant les murs de Samarcande, aux portes de la Perse. Le Khan ordonne à son fils Jöchi et à son rival, le chef kalmouk Touglouk, de s’en emparer. Un campement de croisés anglais s’est établi non loin de là, commandé par Sir Guy de Devin ; ambassadeur des rois chrétiens, il a pour mission de dissuader Gengis Khan d’envahir l’Occident. Apprenant l’imminence de l’assaut mongol sur la ville, Sir Guy se porte au secours de la souveraine du pays, la princesse Shalimar. Celle-ci décline l’offre, préférant se donner à l’envahisseur et épargner ainsi un bain de sang. Jöchi et Touglouk pénètrent dans la cité et se disputent bientôt les faveurs de la belle Shalimar qui attise leur haine mutuelle. Le chef kalmouk tue Jöchi, mais ses guerriers sont anéantis par les croisés qui se sont introduits dans le palais par des souterrains. Lorsque Gengis Khan trouve le cadavre de son fils devant les murailles, il se retire, découragé (« Je vois qu’il y a un pouvoir plus puissant que le mien », murmure-t-il en faisant allusion au dieu chrétien … ou aux chevaliers d’Occident). Une amusante niaiserie sortie en pleine guerre de Corée. Sous l’impulsion d’un briscard de la série B d’aventures, l’action en est rapide et rythmée, avec réutilisation des décors exotiques du team Maria Montez-Jon Hall (Arabian Nights, Ali Baba). Le tournage s’effectue à Universal City, à Chatsworth, à Furnace Creek et au Death Valley National Park (Calif.), agrémenté d’une photo en Technicolor du grand Russell Metty. Ann Blyth, particulièrement jolie en princesse ouzbek (mais portant un décolleté fort peu oriental), jouera aussi Marsinah dans le Kismet de Vincente Minnelli en 1955. L’intrigue a été concoctée par le romancier Harold Lamb, qui fut déjà le co-scénariste et conseiller historique de Cecil B. DeMille pour The Crusades (1935). Nous sommes donc, on s’en doute, très loin de l’Histoire : en réalité, Boukhara et Samarcande ont été prises et leur garnison massacrée en 1220 par Gengis Khan, qui avait déclaré la guerre à l’empire Kharezm que dirigeait le sultan Mohammad Shah. Indulgent, le Mongol s’est toutefois abstenu de mettre à sac ces deux villes, préférant poursuivre le fils de son ennemi perse jusqu’en Afghanistan. Le contact entre chevaliers croisés et Mongols n’est toutefois pas une invention californienne : pour contrer la paix et l’alliance musulmanes entre les Mamelouks d’Égypte et les Ayyoubides à Jérusalem, Louis IX, roi « saint » de France, envoya une ambassade avec des clercs auprès du khan mongol de Perse lors de la Septième croisade, en 1252. L’action n’aboutit pas, les Mongols ne se laissèrent pas convertir, mais elle allait servir de base à l’alliance entre les khans mongols, le royaume de Petite-Arménie et la principauté chrétienne d’Antioche dans la décennie qui suivit. Les images initiales de la Horde d’Or seront reprises en 1954 dans le générique de Sign of the Pagan (La Signe du païen / Attila, roi des Huns) de Douglas Sirk : pour Hollywood, un bridé est un bridé... - BE : Invasion mongole, DE, AT : Dschingis Khan – Die goldene Horde, IT : Calata dei mongoli, ES : La princesa de Samarkanda. |

La première biographie de Gengis Khan au cinéma, production du pionnier philippin Manuel Conde (1950).
1950 | * Genghis Khan / Genghis Khan, el conquistador de Asia / Ang Buhay ni Genghis Khan (Gengis Khan) (PH) de Manuel Conde Manuel Conde/MC Productions, 82 min. - av. Manuel Conde (Temoudjin, futur Gengis Khan), Elvira Reyes (la princesse Lei Hai), Lou Salvador (le khan Burchou, son père), Darmo Acosta (Targout), Ric Bustamante (Amalyk), Africa del la Rosa (Ouloun/Hunlun, la mère de Temoudjin), Johnny Monteiro (Urgo), José Villafranca (Kassar, frère de Temoudjin), Inday Jalandoni (Fidgen, sœur de Temoudjin), Andres Centenera (Yesou Tai, père de Temoudjin), Ely Nakpil, Leon Lizares, Tony Cruz (narration), James Agee (narration, version USA). Épisodes de la jeunesse du conquérant, situés en 1206. Temoudjin sort vainqueur d’une compétition pour décider qui obtiendra les terres et les sources de la région. Il fête sa victoire en compagnie de la princesse Lei Haï, que son père, le khan obèse Burchou, a envoyé comme espionne. Mal conseillé, Burchou charge Targout d’attaquer par traîtrise la tribu de Temoudjin et massacrer les villageois. Temoudjin, blessé par une flèche et qui a perdu son père lors du massacre, se réfugie avec des compagnons au sommet d’une colline que Targout fait assiéger. Il est capturé, torturé, mais Amalyk l’aide à s’échapper pendant la nuit ; il deviendra par la suite son frère de sang. De retour dans son clan, Temoudjin réunit une vaste armée pour se venger, défait Burchou qu’il capture avec sa fille et soumet cette dernière à divers travaux humiliants pour l’avoir trahie. Burchou s’évade avec sa fille mais il est renversé par Targout qui le fait torturer pour le contraindre à lui donner la main de la princesse Lei Haï. Celle-ci refuse, Targout la condamne à être écartelée. Temoudjin arrive à temps pour tuer le félon et se marie avec Lei Haï qui l’aime depuis toujours, tandis que Burchou lui demande pardon et reconnaît le futur conquérant comme suzerain. Le premier biopic sur Gengis Khan n’est pas occidental mais asiatique - ce qui peut se comprendre ! C’est aussi le premier film philippin à être acclamé dans un festival de cinéma international (Venise et Édinbourg 1952) et qui obtient une distribution mondiale grâce à United Artists (France comprise), soutenu par une critique très favorable de l’Américain James Agee (« Good Lord, it’s a masterpiece ! »). Pour consoler son ami et acteur Lou Salvador qui s’est fait raser la tête en jouant le khan Burchou, il le crédite comme réalisateur au générique, fonction qui est en réalité assumée entièrement par Conde lui-même, également interprète principal, co-scénariste et producteur du film. Le tournage en noir et blanc (parlé tagalog), avec un budget très serré, se fait à la Guadalupe, Makati, et sur les collines d’Angono, et Conde compense le manque de moyens par une technique très inventive et une réelle originalité narrative. Le sujet est inattendu pour le public local – une interprétation truculente et vigoureuse, des guerriers montés sur des petits chevaux nerveux, des batailles semées de gags - Temoudjin transperce cinq adversaires à la fois avec une flèche géante de sa fabrication - et fait d’abord un four en salle aux Philippines. Par la suite, le film remportera diverses distinctions (« Filipino’s Pearl of the Orient Award », « Most Popular Motion Picture » de 1952-53 selon le Philippines Herald). (Restauration en 2012.) |
1952 | Kiziltug – Çengis Han [=Plume Rouge et Gengis Khan] (TR) d’Aydin G. Arakon Nazif Duru/Atlas Film (Istanbul), 74 min. – av. Turan Seyfioglu (Otsukarci), Cahit Irgat (Temoudjin dit Gengis Khan), Atif Kaptan (Seyhyul Gebel/Hassan Sabbah, le “Vieux de la Montagne”), Mesiha Yelda (la princesse Sabiha), Nebile Teker (la princesse Türkan), Müfit Kiper (le poète-astronome Omar Khayyam), Verdat Örfi Bengü (Mehmet Tökus), Mücap Ofluoglu (Omar), Esrel Vural, Nubar Terziyan (Mervan), Cahig Irgat, Rauf Ulukut, Ferhan Tanseli, Nergis Mogol. Au début du XIIe siècle, Otsukarci, un guerrier turco-persan indépendant surnommé « Plume Rouge » se lie d’amitié avec le vieux chef mongol Gengis Khan, lui sauve la vie lors d’une bataille mais, préférant sa liberté, refuse le rang de général que le khan lui offre. Les deux s’affrontent plus tard, lorsque le Mongol assiège la forteresse d’Alamut du sultan Seyhyul Gebel /Hassan ibn al-Sabbah, le « Vieux de la Montagne »), chef de secte des Ismaéliens dont la fille Sabiha est amoureuse d’Otsukarci… Une curiosité assez fauchée. – US: Red Plume – Genghis Khan, The Red Plume. |
1953 | ® Yildirim Beyazit ve Timurlenk [=Bayazid et Tamerlan] (TR) de Münir Hayri Egeli Reks Film. – av. Orhan Boran (Bayazid), Cahit Irgat (Tamerlan), Iale Oraloglu, Pola Morelli, Atif Kaptan, Sadiman Aysin. - Le sultan Bayazid Ier, partiellement aveugle, est défait par les Mongols de Tamerlan le « boiteux », petit-fils de Gengis Khan, à la bataille livrée dans la plaine de Cubuk à Ankara en 1402. L’Anatolie est dévastée. Fait prisonnier, Bayazid se suicide en buvant le poison caché dans son anneau. – Cf. Turcs 6.1 |
1954 | (tv) The Rise of Genghis Khan - 1203 (US) de Sidney Lumet (?) Série "You Are There" no. 60, CBS News (New York) (CBS 30.5.54), 30 min. - av. Raymond Bramley (Gengis Khan), Bruce Gordon (Togru, khan des Kharaits), John Baragrey, Jack Bittner, Ross Martin, George Mathews, Walter Cronkite (narrateur). – Des reporters du XXe siècle assistant à la prise de pouvoir de Gengis Khan. Tournage dans les CBS Television Studios, New York. |
1954 | Nasrettin Hoca ve Timurlenk [=Nasreddine Hodja et Tamerlan] (TR) de Faruk Kenç Volkan Film (Istanbul), 71 min. – av. Ismail Dümbüllü (Nasreddine), Halide Piskin, Zeki Alpan, Ali Üstuntas, Alev Elmas, Salih Tozan, Sahin Atesalp, Tamer Baki, Inci Birol, Münevver Coskun, Vehdi Eskin, Adil Güldürür, Muzaffer Hepgüler, Aydin Ince, Cemal Karakas, Vedat Karaokçu, Alev Koral, Hüseyin Mat. Anatolie en 1402, après la bataille d’Ankara. En le distrayant par ses farces et des musiciens, Nasreddine Hodja tient tête au terrible conquérant turco-mongol Tamerlan et parvient même à conserver la sienne sur ses épaules grâce à son humour, à sa malice et à sa sagesse. Par la même occasion, il sauve la vie de plusieurs de ses compatriotes emprisonnés. – cf. Moyen-Orient ch. 5.5 : Contes et légendes d'Orient |
1955 | ® Son of Sinbad (US) de Ted Tetzlaff. – av. Dale Robertson (Sinbad), Ian MacDonald (Murad, ambassadeur de Tamerlan à Bagdad). – cf. Moyen-Orient ch. 5.4 : Contes et légendes d'Orient |
1955/56 | Halaku (IN) de D. D. Kashyap Prem Narayan Arora, D.D. Kashyap/All India Pictures-P. N. Arora, 138 min. (parlé hindi). - Av. Pran [=Pran Krishan Sikand Ahluwalia] (Houlagou Khan/Halaku), Meena Kumari (Niloufer Nadir), Veena (la bégum Maharani, son épouse chrétienne), Ajit Khan (Pervez), Niranjan Sharma (Atamalik), Sunder (Dilavar), Shammi (Navbahar), Raj Mehra (l’ami de Parvez), Helen et Minoo Mumtaz (les danseuses), Amir Banu, Ramesh Kapoor, Kunwar Keshav, Gajendra Nirula, Jagdish Kanwal. Établi en Perse et en Irak, le cruel satrape mongol Houlagou Khan, petit-fils de Gengis Khan, veut la belle Niloufez pour maîtresse, mais elle aime Pervez. Ce dernier défie le khan et parvient à travers diverses épreuves à démontrer que son courage et son patriotisme, qu’il place au-dessus de ses sentiments amoureux, méritent le respect. Impressionné, Houlagou Khan se montre généreux et bénit le couple. - Célèbre pour ses innombrables interprétations de « méchants » à l’écran, la vedette Pran est surnommée en Inde « Villain of the Millenium ». |
1956 | ® (tv) Marco Polo (US) de Max Liebman. - av. Alfred Drake (Marco Polo), Paul Ukena (Kubilaï Khan). – cf. Italie 3.4 |


Le public n’est pas seul à rire en découvrant John Wayne grimé en Mongol dans « The Conqueror » (1956).
1956 | The Conqueror / Conqueror of the Desert (Le Conquérant) (US) de Dick Powell Howard Hughes, Dick Powell, Richard Sokolove/RKO Radio Pictures, 111 min. - av. John Wayne (Temoudjin, futur Gengis Khan), Susan Hayward (Bortaï, fille de Kumlek), Ted De Corsia (Kumlek, roi tatar), Pedro Armendariz (Jamuga), Thomas Gomez (l’empereur Wang, dynastie de Djurchat), Agnes Moorehead (Hunlun), Joohn Hoyt (Shaman), William Conrad (Kasar), Leslie Bradley (Targutai), Lee Van Cleef (Chepei), Peter Mamakos (Bogurchi), Leo Gordon (capitaine tatare), Richard Loo (capitaine de la garde impériale chinoise), Gregg Barton (Jalair), Phil Arnold (Honest John), Fred Graham (Subuya). Hollywood se penche pour la première fois sur la destinée de Gengis Khan, ou du moins sur ses premières années de guerrier dans un film évoquant la période de 1204 à 1206, grosse production en CinemaScope et Technicolor (un budget record : six millions de $) qui a fait couler passablement d’encre pour des raisons tantôt comiques, tantôt tragiques... - Synopsis : Retournant de la chasse dans le désert de Gobi, Temoudjin et son frère Jamuga croisent la caravane de Bortaï, fille du chef tatare Kumlek, le meurtrier de leur père. Subjugué par la beauté de la princesse, Temoudjin l’enlève et, malgré la demande d’Hunlun, sa mère, refuse de lui rendre la liberté. Targutai, le chef des Merkites à qui Bortaï est promise, tente de la reprendre et le paie de sa vie. Bortaï s’offre en vain à Jamuga et les Tatares échouent également à la libérer. Grâce à Shaman, l’aide de camp de l’empereur chinois Wang Khan, Temudjin conclut une alliance avec ce dernier. Lors du banquet qui les réunit, Bortaï, emmenée de force, exécute une danse au cours de laquelle elle tente de tuer son ravisseur. Mongols et Chinois écrasent les Tatares, mais Temoudjin, grièvement blessé, doit se réfugier dans une grotte où Jamuga, qui le soigne, révèle à son insu sa cachette à l’ennemi. Kumlek le condamne à mort et lui fait croire que son frère l’a trahi. Émue par sa bravoure et amoureuse, Bortaï le libère tout en sachant que son père et son amoureux finiront par s’entretuer. Shaman persuade Temoujin que Wang le trahira, et Temoujin s’empare de la ville chinoise et se proclame chef des Mongols. Fait prisonnier et soumis à la torture, Jamuga s’évade. Temoujin écrase les Tatares et poignarde Kumlek au cours d’une grande bataille. Bortaï épouse Temoujin, devenu le tout-puissant Gengis Khan, tandis que Jamuga quitte la tribu. Ce film, un des derniers produits par le milliardaire Howard Hughes, propriétaire récent et excentrique de la RKO d’après-guerre, semble être conçu pour refléter sa propre « success story ». Le script est écrit avec Marlon Brando en tête (qui vient de camper Napoléon dans Désirée), mais John Wayne insiste lourdement auprès de Dick Powell, acteur fort sympathique et jadis chantant des musicals de Busby Berkeley, passé à la réalisation et déjà auteur d’un excellent thriller, pour incarner le chef mongol : « il sait monter à cheval (ses nombreux films pour John Ford en témoignent) et il en a, pense-t-il, le faciès et l’accent… » Quant à la rousse irlandaise Susan Hayward, spécialisée dans les rôles de névrosées ambitieuses, elle fait tout à fait tatare avec ses poses et danses guignolesques ! Captif de Hughes et contraint de tourner ce scénario aux dialogues inoubliables (« cette femme tatare est pour moi, et mon sang dit : prends-la ! »), Powell soigne surtout cavalcades et prouesses de cascadeurs lors de la dernière bataille avec ses armées impressionnantes de cavaliers (dont 300 Indiens des réserves Shivwit) qui couvrent les collines (à la seconde équipe pour diriger les chocs armés, le fameux Cliff Lyons). Le box-office américain est honorable grâce à John Wayne (un bénéfice de 4,5 millions $), mais la critique et les cinéphiles hurlent de rire. Wayne, 1,90 mètres, la moustache à la Fu Manchu, les sourcils épilés, les yeux bridés grâce à un ruban adhésif, la démarche et la diction traînante de cowboy, se débat parmi des « costumes délirants où l’on semble confondre Mongol et Eskimo avec un zeste de bandolero mexicain qui créent un effet hellzapoppinesque », s’esclaffent Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon dans leur 50 ans de cinéma américain (1995, p. 781). Bref, rien dans ce film ruineux n'évoque la moindre recherche sur le monde et la culture mongols, car « Hollywood knows best ». Mais ce n’est pas tout. Le désert de Gobi étant bien sûr inaccessible, on a tourné pendant quatre mois, de mai à août 1954, en extérieurs en Utah (Escalante Desert, Hurricane, Snow Canyon, St. George), non loin d’une zone de tests nucléaires située à Yucca Flats au Nevada (où l’armée vient de faire exploser 11 bombes atomiques), donc au milieu de tonnes de sable radioactif qui sont ensuite transportées aux studios RKO et Universal à Hollywood pour les intérieurs. Résultat : sur les 220 personnes de la production du film, 91 ont développé avant 1981 une forme de cancer et 46 en sont morts, dont cinq vedettes du film : Susan Hayward, John Wayne, Agnes Moorehead, Pedro Armendariz, John Hoyt et le réalisateur Dick Powell. (Sans parler de la figuration locale...) Le gouvernement américain n’ayant pas encore bien mesuré les dangers des déchets atomiques, l’Atomic Energy Commission a déclaré le territoire, y compris la ville voisine de St. George totalement « safe » ; dans les années qui suivront, le Congrès versera deux milliards de dollars aux habitants de la région. Dévasté par l’ampleur de la catastrophe, Howard Hughes retirera son film (surnommé sarcastiquement « An RKO Radioactive Picture ») de la distribution et en interdira la diffusion à la télévision jusqu’en 1974. Il en rachètera toutes les copies en circulation et se fera souvent projeter le film durant les dernières années de sa vie. The Conqueror ne réapparaîtra que lorsque le catalogue de la RKO sera devenu la propriété d’Universal en 1979 : la terrible réputation de ce nanar – qui figure en bonne position dans le livre The Fifty Worst Films of All Time de H. Medwed et R. Dreyfuss (1978) - l’aura paradoxalement sauvé de l’oubli. - DE+AT : Der Eroberer, IT : Il conquistatore, ES : El conquistador de Mongolia. |
1956 | (tv) Genghis Khan (US) de David Butler Série "Captain Z-RO" no. 21, Kathleen K. Rawlings, Henry Brown/W. A. Palmer Films, Inc.-Captain Z-Ro Productions, Inc. (ABC 6.5.56), 25 min. - av. John Trigonis (Gengis Khan), Mark Sheeler (le Grand Prêtre), Clifford Reynolds (Chung), Jack Cahill (Tetro), Norman Rehm, Robert Warfield, Jack Sullivan, R. Steff (divers guerriers mongols), Roy Steffens (cpt. Z-Ro), Bobby Turnbull (Jet). Série science-fictionnelle (voyage à travers le temps) de Roy Steffens, fauchée et pour adolescents. En 1227, Gengis Khan, très superstitieux, renonce à la conquête de la Chine du Nord à cause d’un mauvais présage que lui annonce un vieux prêtre chinois (avant de tenter de le poignarder) et décède peu après. |

1957 | Changez Khan / Chenghiz Khan (IN) de Kedar Kapoor Gulshan Bahl, Harkishe R. Mirchandani/N.C. Films (Neo Films) [parlé hindi], 135 min. - av. Sheikh Mukhtar (Temoudjin dit Gengis Khan), Prem Nath [=Premnath Malhotra] (Sheru), Bina Rai (Azra), Jeevan Dar (Ustad), Helen, Tiwari (Bindusar), Leela Mishra (Hoelun, mère de Gengis Khan), Vijabala (Nazrana), Helen (une danseuse), Tina Misquitta (Azra), Johny Walker, Pal Sharma, Akbar Bakshi, Ramesh Thakur, Khurshid, Rajan Kapoor, Sunder, Ratan Gaurang, Ramayan Tiwari, B. Sagar, Tanvir, Bihari, Umakant, Jagdish Kanwal, W. M. Bakshi, Chamanlal, Sandow Jai Singh, Khurshid, Satpal, Feroze Goulli, Abdulla, Khurshid, Anwar. Gengis Khan revient d’une campagne militaire contre les Tatars avec de nombreux prisonniers : ceux qui sont trop âgés sont tués, les jeunes sont intégrés à l’armée mongole, les femmes sont distribuées aux plus méritants. La nuit est à la fête, aux chants et à la danse (comme dans chaque produit de Bollywood), mais le grand khan est déprimé et se confie à son ami et conseiller indien Bindusar : jadis, il s’est épris d’une princesse tatare, Azra. Comme elle refusa ses avances, il fit tuer sa famille et semer la terreur dans toute l’Asie. Azra a disparu, mais il l’aime toujours et fera tout pour la retrouver... Or elle se trouve parmi ses prisonniers et aime un vaillant guerrier. Gengis Khan tue ce dernier d’une flèche et Azra rend l’âme sur son cadavre, laissant le conquérant inconsolable. – Grand mélo en noir et blanc, parlé et chanté hindi et tourné aux studios S. K. Malik à Bombay. Kedar Kapoor réalisera en 1965 aussi Sikandar-e-Azam (Alexandre le Grand) avec Prem Nath, Jeevan Dar et Helen. |
1958 | Nichiren to moko daishurai / Nichiren and the Great Mongol Invasion (JP) de Kunio Watanabe Masaichi Nagata/Daei Studios (Tokyo), 145 min. - av. Kazuo Hasegawa (Nichiren), Takashi Shimura (Yasaburô), Shintarô Katsu (Shijo Kingo), Raizô Ichikawa (Hôjô Tokimune), Narutoshi Hayashi, Shoji Umewaka, Yataro Kurokawa. En 1274, Nichiren (1222-1282), prêtre, écrivain prolifique et maître spirituel bouddhiste autant adulé que contesté de la période Kamakura, prépare le Japon à repousser les tentatives d’invasion des Mongols sur le territoire national. |
1959 | Kôgan no misshi / Mission to Hell (JP) de Tai Katô Toei Pictures Co. Ltd. (Tokyo-Kyoto), 100 min./88 min. - av. Hashizô Okawa (Takemara), Jun Tazaki (le général mongol Tadar), Yoshio Yoshida, Sentarô Fushimi, Yumi Ichijô, Yavoi Fususato, Sônosuke Sawamura, Kyôji Tôyama, Tokinosuke Nakamura, Hiroshi Kato, Michimaro Otabe, Ryohide Ito, Ryo Daito, Kyonosuke Kagawa, Michisaburo Segawa, Eijiro Kataoka, Mitsuo Asano, Reiji Tsumura, Teruo Miyazaki, Yoshi Kato, Kikue Môri, Koinosuke Onoe, Takaki Furushi, Hirosbi Mizuno. Tai Katô, assistant d’Akira Kurosawa sur Rashômon (1950) et disciple de Yasujiro Ozu, écrit et signe ce petit film d’aventures en Fujicolor tourné dans les studios Toho à Tokyo. - Au printemps 1281, Takemara, un jeune samouraï, est chargé par l’empereur du Japon à Kyoto de transmettre un message au prince commandant la ville fortifiée d’Izawa, dernière forteresse protégeant le Japon contre l’invasion prévue des Mongols de Koubilaï Khan. En route, Takemara protège et courtise la belle Sajiri qui cherche à rejoindre son père à Izawa et à se protéger contre la menace du général mongol Tadar et de sa compagne la princesse Yamatimo qui cherchent à l’assassiner. Izawa est assiégée et affamée, Takemara utilise les réserves souterraines d’huile de la cité pour incendier l’armée ennemie avant de tuer Tadar. - Sans la nommer, le film fait allusion à la bataille de Koan, dans la baie de Hakata (août 1281), ultime tentative mongole d’envahir le Japon. Samuel Z. Arkoff et James H. Nicholson (American International) rachètent le film de Katô, inconnu en Europe, pour la télévision américaine en 1962. La version d’exportation du film est signée Clark Robinson. – US (tv): Genghis Khan and His Mongols, King of the Mongols. |
1960 | La regina dei Tartari / La Reine des Barbares (IT/FR) de Sergio Grieco Italo Zingarelli, Anacleto Fontini/Columbus Film (Roma)-Comptoir Français du Film (Paris), 102 min. - av. Chelo Alonso (Tania, fille adoptive d’Igor), Jacques Sernas (Malock), Folco Lulli (Igor le Sage, chef des Barlas), Chiquita Coffelli (Oruska), Piero Lulli (Seikor), Andrea Scotti (Chagatai), Pietro Tordi (Morobas), Philippe Hersent (Katermai), Raf Baldassare (le prisonnier tatare), Mario Petri (Timur). En Causasie, la rivalité entre deux tribus tatares, les Balas, des Tatares Blancs, et les Tatares Noirs, prend fin lorsqu’ils découvrent que leur ennemi commun, la nation des Kwarizin, à l’abri dans une citadelle fortifiée, est un peuple évolué et prospère grâce à leurs exploitations agricoles, et ils décident de les imiter en renonçant à leur vie de pillards. Au départ, une fillette, Tania, est la seule rescapée de son village dévasté par les nomades. Elle est recueillie et élevée comme un garçon par Igor le Sage, et à sa mort, elle lui succède. Elle tombe amoureuse de Malock, le chef des Tatares Noirs. Par crainte qu’il n’en profite, elle lui cache ses sentiments et se comporte en ennemie. Mais elle doit faire face à la famine qui décime son clan… Aventures fantaisistes à l’italienne pour mettre en valeur la danseuse « glamour » cubaine Chelo Alonso, alors très en vogue dans le péplum. Filmé en Eastmancolor et Totalscope, avec des extérieurs en Sicile, à Sasso, et des intérieurs aux studios IN.CI.R.-De Paolis à Rome. C’est le début d’une série de films italiens à Ta(r)tares, Kirghizes ou Mongols : il faut bien amortir les frais de costumes et de décors ! - DE : Königin der Barbaren, US : The Huns (sic). |
1960 | Le sette sfide / Sedam izazova / Seddem izzivov (Ivan le Conquérant) (IT/YU) de Primo Zeglio Emimmo Salvi/Adelphia Compagnia Cinematografica (Roma)-Dubrava Film (Zagreb), 96 min. - av. Ed Fury (Ivan), Roldano Lupi (Gengis Khan), Elaine Stewart (Tamara), Furio Meniconi (Amok), Gabriele Antonini (Kir, frère d’Ivan), Paola Barbara (Deniza, mère d’Ivan), Omero Gargano (le conseiller du Khan), Bella Cortez (Suani, fille du Khan), Franco Ukmar (Ostop, frère d’Amok), Sergio Ukmar (Yacub, frère d’Amok), Bruno Ukmar, Rela Basic, Renato Terra Caizzi. Des Circassiens se mesurent aux Kirghizes alliés à Gengis Khan dans la vallée du Pamir. Lors d’un combat singulier, après avoir battu six guerriers du perfide Amok, Ivan est défait par traîtrise en affrontant le septième. Il se retire et prépare sa vengeance, sa fiancée Tamara ayant été assassinée par Amok. Les deux ennemis périssent au cours d’une ultime confrontation, et Kir, frère d’Ivan, monte sur le trône. – Aventure banale tournée en Yougoslavie, dans les parages de Zagreb, en Totalscope et Eastmancolor (participation au scénario : Sergio Leone). - DE : Siebenfache Rache, US : The Seven Revenges. |
1961 | ® Wa Islamah! / Oh Islam! / Love and Faith (Ô Islam) (EG/IT) d’Andrew Marton. – av. Rouchdi Abaza (Az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars dit l’Arbalétrier), Mohammed Sobeih (Ketboga Noyan, khan des Mongols), Farid Chawki (le sultan Boltaï). - À Ghazni, en Afghanistan en 1236, l’usurpateur Boltaï, un allié des Tartares d’Houlagou Khan, renverse et tue Jalal al-Dîn, le sultan du Khwarezm. Quatorze ans plus tard, tandis que le général mamelouk Baybars scrute l’avancée du péril tartaro-mongol en Syrie, ce même Boltaï assassine au Caire le sultan Aybak. Baybars annonce l’arrivée imminente de l’invincible Horde d’Or d’Houlagou Khan, dirigée par Ketboga Noyan. Il prend le commandement des troupes mameloukes et piège l’ennemi au fond d’une vallée encastrée à Aïn Djalout, près de Nazareth, en Palestine (3 septembre 1260). À l’instant de la prière, quand les Mamelouks se prosternent, l’ennemi asiatique, ricanant, lance sa charge – ignorant qu’il est attendu au sommet des collines. Les croisés francs rescapés de Mansourah, ralliés aux Mongols pour reconquérir l’Égypte, hésitent à intervenir, mais lorsque la bataille tourne à l’avantage des Mamelouks, ils se retirent prudemment. Boltaï et Ketboga périssent dans la mêlée. – cf. France : Croisades 4.3d |

Le chef tartare (Orson Welles) en conflit avec les Slaves et les Vikings dans « I Tartari » de Richard Thorpe (1961).
1961 | I Tartari / The Tartars (Les Tartares) (IT/YU/US) de Richard Thorpe [et Ferdinando Baldi] Riccardo Gualino/Lux Film (Roma)-Dubrava Film (Zagreb)-Metro Goldwyn Mayer, 105 min./83 min. - av. Victor Mature (Oleg le Varègue), Orson Welles (Burundaï), Folco Lulli (Togrul, son frère), Liana Orfei (Helga), Arnoldo Foà (le moine Ciu Lang), Luciano Marin (Eric), Bella Cortez (Samia), Furio Meniconi (Sigrun), Pietro Ceccarelli (un tartare), Renato Terra (un viking), Omero Capanna, Spartaco Nale. Au Xe siècle, les steppes russes sont sous la domination des Tartares (terme occidental ambigu, en fait des Tatars turco-mongols) qui ne permettent qu’aux Vikings varègues, en provenance des pays du nord, de passer. L’alliance est rompue lorsqu’Oleg, le chef des Vikings, refuse de se joindre au Tartare Togrul dans sa guerre contre les Slaves, car les deux peuples vivent en bonne intelligence depuis plus d’un siècle. Togrul devient menaçant, le Viking le tue et prend sa fille Samia en otage. Devenu chef et jurant vengeance, Burandai, le frère de Togrul, capture en représailles Helga, la veuve d’Oleg, et la livre à ses hommes. On envisage un échange de prisonniers, mais Samia s’est éprise d’Eric, le jeune frère d’Oleg, ce qui crée un conflit familial. Quant à Helga, elle est incapable de supporter sa honte et se jette du haut d’une tour. L’arrivée massive des Tartares déclenche les hostilités, Oleg et Burandai s'entretuent sur le champ de bataille et la forteresse viking est incendiée. Eric et Samia trouvent refuge sur un drakkar qui les conduit dans le Grand Nord. Le cinéma italo-hollywoodien découvre les Varègues, nom donné par les Slaves orientaux aux Vikings suédois, danois ou norvégiens qui ont fondé entre le IXe et le XIe siècle Novgorod et l’État médiéval de la Rus’ de Kiev ; marchands, mercenaires et parfois pirates, ils empruntèrent la Volga et la Caspienne, voire le Don, le Dniepr ou le Dniestr pour attaquer les villes byzantines. Tant pour l’Histoire. Le scénario est routinier (pourtant, pas moins de 12 collaborateurs se sont cassé la tête !), mais l’affiche – en tête les stars Orson Welles, monstre sacré à la corpulence menaçante, et l’athlétique Victor Mature, jadis le Samson de Cecil B. DeMille – devrait retenir l’attention du badaud. On s’étonnera aussi de trouver au générique le vétéran Richard Thorpe, jadis le grand spécialiste du film d’aventures en costumes à la Metro-Goldwyn-Mayer (Ivanhoé, Les Chevaliers de la Table Ronde, Quentin Durward, Le Prisonnier de Zenda) qui finit sa carrière sans panache, assisté au générique italien du tâcheron Ferdinando Baldi (absent dans les copies américaines) : pour décrocher des subventions d’État, le producteur a bombardé Thorpe « superviseur à la réalisation », et Baldi (qui n’a pas tourné un mètre) « réalisateur ». Compte tenu des deux vedettes américaines (qui se disputent le nombre de gros plans), le budget a été sérieusement gonflé. Le tournage en automne 1960 se fait en Technicolor et Totalscope aux studios IN.CIR-De Paolis à Rome, à Fiumicino dans le Latium, puis en Croatie aux Jadran Film Studios à Zagreb et en extérieurs sur les collines Dubrava et dans le Pavillon chinois de la Foire de Zagreb. La forteresse viking en bois avec ses dix tours est érigée en grandeur nature, avec un petit lac pour y abriter les deux drakkars fabriqués dans le port de Rijeka. Enfin, 1800 soldats yougoslaves en costumes se livrent bataille à Grobenicke Polje. Hélas, ni la fougue ni l’envergure visuelle sont au rendez-vous, on ne sort pas des clichés et si combats et décors possèdent une ampleur indéniable, on ne peut que regretter que le génial auteur de Citizen Kane en soit réduit à de telles besognes purement alimentaires. Il en profite toutefois pour engager Arnoldo Foà (le moine bouddhiste) pour son prochain film, Le Procès d’après Kafka. Les recettes sont modestes. - DE/AT : Die Tataren, ES : Los tártaros. Nota bene : sortie en 1961, la production italo-française Ursus e la ragazza tartara / La Fille des Tartares de Remigio Del Grosso, avec Joe Robinson (Ursus), Yoko Tani (la princesse Ila) et Akim Tamiroff (le khan de Tartares) se déroule en Crimée en 1648 où un prince polonais repousse l’invasion asiatique. |
1961 | ® I Mongoli / Les Mongols (IT/FR) d’André de Toth [et Riccardo Freda, Leopoldo Savona). - av. Jack Palance (Ogotaï/Ögödei Khan, fils de Gengis Khan), Anita Ekberg (Huluna, son épouse), Roldano Lupi (Gengis Khan), Gabriele Antonini (Temoujin). - En 1241, les hordes mongoles de Gengis Khan et de son fils Ogotaï ravagent la Pologne (cf. Pologne chap. 1.1). |
1961 | Maciste alla corte del Gran Khan / Le géant à la cour de Kublaï Khan (BE : Kublaï Khan et le géant de Mongolie) (IT/FR) de Riccardo Freda [et Piero Pierotti] Ermanno Donati, Luigi Carpentieri/Panda Cinematografica (Roma)-Les Films Agiman-Gallus Film (Paris), 94 min. - av. Gordon Scott (Maciste), Yoko Tani (Li-Ling, fille de l’empereur Wung), Hélène Chanel (Liu-Tai, favorite du Khan), Valéry Inkijinoff (Tao, le Grand Prêtre), Leonardo Severini (Koubilaï Khan/Garak), Dante Di Paolo (le général Bayan des Baarins), Ely Yeh (l’empereur Wung), Gabriele Antonini (Chu, chef rebelle), Chu Lai Hit (le prince Tai Sung), Luong Ham Chau (le Sage, un ermite), Franco Ressel, Sergio Ukmar, Giacomo Thang, Tonino Cianci, Pietro Torrisi. Synopsis : Wung, l’empereur de Chine à Panjan, demande le secours de Kubilaï Khan (ou Garak) pour le débarrasser des Tatares. Le Khan mongol s’exécute, puis fait assassiner Wung et s’empare du trône. Les deux enfants de l’empereur, Tai Sung et sa sœur Li-Ling, sont voués à la mort. Maciste sauve le jeune prince d’une fosse au tigre et le cache dans un monastère bouddhiste dirigé par Tao. Li-Ling trouve refuge auprès des partisans de Chu, dont elle s’éprend, mais le Khan la capture et décide de l’épouser. Un ermite révèle à Maciste la prophétie de la gigantesque « Cloche de la Liberté » dont la sonnerie appellera le peuple à la révolte contre l’occupant. Le prince Tai Sung et Tao périssent dans le monastère envahi par les cavaliers de Bayan, tandis que Maciste ayant découvert la cloche cachée sous une épaisse forêt de vignes, sonne le rassemblement, puis s’effondre, blessé mortellement par le battant de la cloche. Le Khan organise son inhumation dans les souterrains du Palais royal, mais l’ermite provoque un miracle : Maciste ressuscite et tient tête, presque seul, aux Mongols (le Khan et Bayan sont terrassés), tandis qu’un tremblement de terre détruit en partie la ville et le Palais royal. Ti-Ling épouse le rebelle Chu. Les Mongols sont malmenés par Maciste, le bon géant italien alias Gordon Scott qui incarna six fois Tarzan entre 1955 et 1960 avant d’affronter l’Antiquité version Cinecittà et ses divers sous-produits. Une fantaisie débridée du sympathique Riccardo Freda, filmée en Technicolor et Dyaliscope aux studios INCIR-De Paolis à Rome et dans la grotte de Solone avec les costumes, décors et figurants asiatiques du récent Marco Polo (1961) de Piero Pierotti (Panda Film), ainsi que des trucages et maquettes bricolés par Mario Bava. Sur ordre du producteur Ermanno Donati, quelques scènes (l’enterrement et le réveil de Maciste, le mariage final) sont retournés par Piero Pierotti et Donati lui-même, sans l’accord de Freda. Pour après-midi pluvieux. - DE: Die wilden Horden des Dschingis Khan, Maciste in der Gewalt des Tyrannen, ES: En la corte del Grand Khan, US: Samson and the Seven Miracles of the World, Goliath and the Golden City, GB: Maciste at the Court of the Great Khan. |
1961 | ® Marco Polo (IT/FR) de Hugo Fregonese. - av. Rory Calhoun (Marco Polo), Camillo Pilotto (Koubilaï Khan), Robert Hundan (Mongka, son frère). – cf. Italie 3.4 |
1962 | ® Çengiz Han’in Hazineleri (Karaoglan) [=Les Trésors de Gengis Khan] (TR) d’Atif Yilmaz. - av. Orhan Günsiray (Karaoglan), Öztürk Serengil (Houlagou Khan), Mümtaz Ener (Sagatay Khan, petit-fils de Gengis Khan), Tülay Akatlar (Tolunay, sa fille). - Karaoglan à la recherche du tombeau et des trésors de Gengis Khan avec les fils de ces derniers. Titre international : Treasures of Genghis Khan. – cf. Turcs 5.6 |
1963 | I predoni della steppa (Le Brigand de la steppe / BE: Prisonnier de la steppe) (IT) d’Amerigo Anton [=Tanio Boccia] Luigi Rovere/Cineluxor (Roma), 96 min. - av. Kirk Morris [=Adriano Bellini] (Sandar Khan), Ombretta Colli (la princesse Samira), Moira Orfei (la danseuse Malina), Daniele Vargas (Altar Khan), Giulio Donnini (le conseiller d’Altar Khan), Ugo Sasso (Ciukhai), Peter White [Franco Cobianchi] (Yessan Khan), Furio Meniconi (Kublaï), Attilio Dottesio, Anna Mazzelli, Luigi Scavran, Sina Scarfoni, Gabrielle Schettini, Franco Pechini. Aux confins de la Tartarie, le brigand Sandar Khan a enlevé la princesse Samira, fille du satrape Yessan Khan fiancée à son puissant et fourbe voisin Altar Khan. Il demande une rançon, puis une idylle naît entre la princesse et son ravisseur, à la grande colère de la danseuse Malina, l’ancienne favorite. Sandar la libère, mais Altar Khan utilise cet épisode pour envahir le royaume de son futur beau-père. Sandar intervient à temps. – Aventures sans imagination filmées en Technicolor et Techniscope à Cinecittà. - DE : Sandar-Khan, der Herr der gelben Hölle, US : Terror of the Steppes. |
1964 | Ursus, il terrore dei Kirghisi (La Terreur des Kirghizes) (IT) de Ruggero Deodato et Anthony Dawson [=Antonio Margheriti] Natalino Vicario/Adelphia Cinematografica-Società Ambrosiana Cinematografica, 100 min. - av. Reg Park (Ursus le Circassien), Mireille Granelli (la magicienne Aniko), Ettore Manni (Ido, frère d’Ursus), Furio Meniconi (le régent Zereteli, oncle d’Aniko), Maria Teresa Orsini (Kato, fille du Grand Khan), Lilly Mantovani (une esclave), Serafino Fuscagni (Mico) Piero Pastore (Amko). Zereteli veut le trône de Sura et ainsi le titre de Grand Khan des Kirghizes, ayant secrètement fait assassiner le souverain légitime, son cousin, dix ans plus tôt et assumé depuis la fonction de régent du royaume ; mais Kato, la fille du Khan qu’il doit épouser pour arriver à ses fins a disparu et il la remplace par une sosie, la belle magicienne Aniko. Celle-ci a le pouvoir de transformer les hommes en monstres sanguinaires qui sèment la mort dans la vallée de Sura. Kato a perdu la mémoire et a été recueillie par Ursus, chef des Circassiens que Zeretelli hait. Aniko veut se débarrasser du régent et transforme Ursus en monstre, chargé de tuer sa rivale Kato. Ido, le frère d’Ursus, découvre ces agissements et, unissant leurs forces, les deux frères anéantissent le régent et sa sorcière. - Un récit semi-fantastique assez puéril tourné en Totalscope et Eastmancolor dans le Latium et aux studios de l’Olimpia Film à Rome. Assistant de Rossellini et de Margheriti, Ruggero Deodato dirige la majeure partie du film, mais Margheriti le termine et le signe pour faire plaisir au producteur (dit-il). – DE : Ursus greift ein, US : Hercules, Prisoner of Evil. |
1964 | ® Maciste nell'inferno di Gengis Khan (L'Enfer de Gengis Khan) (IT) de Domenico Paolella. - Mark Forest (Maciste/Madjikar), Roldano Lupi (Gengis Khan), Ken Clarke (Koubilaï Khan). – Les Mongols ravagent la Pologne, cf. chap. 1.1 |
1964 | ® Maciste contro i mongoli (Maciste contre les Mongols) (IT) de Domenico Paolella. - av. Mark Forest [alias Lou Degni] (Maciste), Ken Clark (Sajan [=Toloui ?]), Nadir Baltimore (Kingkan [=Ogotaï ?]), Renato Rossini (Suzdal [=Djagataï ?]). – Les trois fils de Gengis Khan terrorisent la Pologne, cf. chap. 1.1. |
1964 | ® (tv) Marco Polo (US) de Waris Hussein, John Crockett. - av. Marc Eden (Marco Polo), Martin Miller (Koubilaï Khan), Claire Davenport (l’impératrice de Chine). – cf. Italie 3.4 |

Rescapé du désert jordanien et des neiges de Russie, Omar Sharif fait un Gengis Khan à part (1965).
1964/65 | * Genghis Khan / Dschingis-Khan / Dzingis Khan / Drincis Kan (Gengis Khan) (US/GB/DE/YU) de Henry Levin Irving Allen, Artur Brauner, Euan Lloyd/Irving Allen Enterprises (London/Hollywood)-CCC Filmkunst Berlin-Avala Film (Beograd)-[Columbia Pictures], 128 min. - av. Omar Sharif (Temoudjin, devenu Gengis Khan / Yesugei, son père), Stephen Boyd (Jamuga, khan des Merkits), Eli Wallach (le shah Mohammed de Khwarezm), James Mason (le mandarin Kam Ling), Françoise Dorléac (la princesse Bortaï), Robert Morley (l’empereur de Chine [Toghrul Khan]), Kenneth Cope (Subodaï), Carlo Cura (Temoudjin enfant), Yvonne Michel (Katke), Telly Savalas (Shan), Michael Hordern (Geen), Yvonne Mitchell (Katke), Woody Strode (Sengal), Kenneth Cope (Subordai), Roger Croucher (Kassar), Don Borisenko (Jabai), Patrick Holt (Kuchluk), Susanne Hsiao (Chin Yu, princesse chinoise), George Savalas (Toktoa), Gustavo Rojo (Altan), Dusin Vujisic (Ho Mun Tim), Jovan Tesic (Fut Su), Andreja Maricic (Chagedai), Tomas Margulies (Jochi), Jacqueline Pearce (la fille du shah). Synopsis : Alors que le clan mongol de Yesugei traverse affamé la steppe de leurs ennemis Merkits à la recherche de pâturages pour leur maigre bétail, il est attaqué par ces derniers. Les féroces cavaliers de khan Jamuga pillent et tuent tout le monde, excepté les femmes ; Yesugei est écartelé. Seul le jeune Temoudjin, fils de Jesugei, est épargné et grandit comme esclave, humilié par tous. Devenu adulte, il provoque Jamuga qui lui enlève ses chaînes et le lourd carcan qui entoure son cou pour se battre, puis s’enfuit en sautant dans un fleuve avec Sengal, autre esclave. Les fugitifs sont cachés par le vieux sage Geen, mais Temoudjin retourne de nuit dans le camp ennemi, vole chevaux et armes, puis libère plusieurs autres esclaves qui vont former l’embryon de sa future armée ; il enlève aussi la princesse Bortaï, la fiancée de Jamuga qui s’est toujours montrée gentille avec lui. Fou de rage, Jamuga la récupère à la pointe de ses troupes. Temoudjin parvient à la reprendre alors qu'elle est enceinte de Djötchi, mais il juge plus prudent de se diriger vers la Chine où il espère trouver une nouvelle patrie. Accompagné du sage mandarin Kam Ling, son nouvel ami, il arrive après deux mois devant les murailles de Chine. Kam Ling lui obtient une audience auprès de l’empereur qui lui demande de mettre sur pied une armée efficace pour protéger l’Empire contre les incursions mandchoues au Nord menées par Jamuga. Avec l’aide des frères de Bortaï, il recrute et forme des guerriers mongols avec lesquels il écrase la troupe de Jamuga, puis expose ce dernier dans une cage à Pékin. L’empereur octroie à Temoudjin le titre honorifique de Gengis Khan mais, prudent, interdit à ses nouveaux guerriers de quitter la ville. Temoudjin ruse en utilisant de la poudre pour détruire la grande porte de la cité de Pékin - l'explosion tue l'empereur - et gagner le large avec ses hommes ; Jamuga profite de la panique pour s’échapper aussi. Les années passent. À la tête d’une armée crainte et invincible et devenu nouveau maître de la Chine, Gengis Khan part à la conquête de l’Occident, semant la terreur en Russie et à l’est de l’Europe. Mais l’Empire du khan reste menacé de l’intérieur par Jamuga qui s’est allié avec le puissant shah de Khwarezm ; Gengis Khan hésite à verser encore du sang mongol et délègue Kam Ling pour négocier la paix. Jamuga le fait exécuter. Son armée est écrasée, le shah perd la vie, ainsi que Jamuga qui a affronté Gengis Khan en combat singulier. Mais ce dernier, blessé, décède dans les bras de Bortaï. Il est enterré dans un endroit gardé secret. Une superproduction à l’ancienne qui, en clôturant une série peu reluisante de tartaro-mongoleries made in Cinecittà, met cartes sur table : ici, pas un seul acteur, pas un seul collaborateur ou producteur, pas un seul extérieur viennent d’Asie, voire de Mongolie ! (Un demi-siècle plus tard, la programmation du film à la télévision américaine sera obligatoirement précédée du carton « warning for offensive racial casting ».) Sur ce point, tout (ou presque) est faux, et si le scénario suit dans les grandes lignes les récits plus ou moins légendaires qui entourent le Khan, les producteurs, eux, ne cachent pas leur jeu : l’Américain Irving Allen est le futur promoteur de L’Aventure du Poseidon et de La Tour infernale, tandis que le nabab berlinois Artur Brauner, qui a redonné sa chance à Fritz Lang avec Le Tigre d’Eschnapur, sera responsable, entre autres, du remake en couleurs des Nibelungen. Bref, c’est le spectacle qui compte, budgété à 24 millions de DM (titre de travail : The Golden Horde). La photo en Technicolor et Panavision est confiée au génial opérateur britannique Geoffrey Unsworth qui a fini Becket deux mois plus tôt et signera, pardon du peu, 2001: A Space Odyssey de Kubrick (1968) et Cabaret de Bob Fosse (1972). Quant à la mise en scène, après le refus de Nicholas Ray (qui séjourne alors à Zagreb), elle incombe au briscard hollywoodien Henry Levin, coupable d’une pléiade de navets chantants depuis 1944, mais aussi d’une des meilleures adaptations de Jules Verne, Voyage au centre de la terre (1959) avec James Mason. Comme il vient de diriger en Bavière avec George Pal le superspectacle en Cinerama The Wonderful World of the Brothers Grimm, ce ne sont pas les hordes asiatiques qui vont l’effrayer. Quant aux interprètes, on songe à Yul Brynner, mais il est trop cher et trop remuant. Or Stephen Boyd, James Mason et Omar Sharif ont terminé à Madrid La Chute de l’Empire romain d’Anthony Mann et sont libres. Sharif, la star égyptienne au regard langoureux découverte en Occident grâce à Lawrence d’Arabie et le Docteur Jivago ne fait sans doute pas très mongol mais il est au moins oriental et ne manque pas de conviction. Françoise Dorléac (sœur de Catherine Deneuve) fait la bien charmante épouse du héros, le casting masculin est on ne peut plus solide avec Telly Savalas, Eli Wallach et le colosse noir Woody Strode. Enfin, on peut sourire en découvrant l’interprétation du mandarin aux yeux bleus et dents prééminentes de James Mason, voire celle, caricaturale, de l’Empereur de Chine par Robert Morley, à la fois adipeux, ironique et délicieusement raffiné. Pas question, bien sûr, de quitter l’Europe pour le tournage qui s’étire de juin à novembre 1964. Les studios de la CCC Filmkunst braunerienne à Berlin-Spandau abritent les intérieurs tandis que les extérieurs sont filmés en Yougoslavie, dans la région de Belgrade (Pékin renaît sur le terrain des studios d'Avala Film), à Obravac, Zadar, Plitvice, Paklenica et Zrmanja Fjord, au bord des lacs de Milino, Kozjak et Gratinos et surtout dans l'impressionnant massif croate de Tulove Grede; la grande bataille finale est enregistrée à Deliblatska Pescara. Le cinéaste « maudit » Michael Reeves (futur auteur du terrifiant The Witchfinder General en 1968) sert d’assistant, tandis que 2500 figurants serbes miment des batailles que dirige le fameux Cliff Lyons, un spécialiste auquel on doit les scènes de masse chez John Ford (Cheyenne Autumn), John Wayne (The Alamo) ou Kubrick (Spartacus) et même celles, radioactives, de The Conqueror en Utah (cf. supra, 1956). Ce Gengis Khan est donc le fruit d’une occidentalisation sans états d’âme, une ultime épopée historique dans l'ancienne tradition américano-italienne. Désormais, le cinéma mongol, kirghize, chinois, japonais et russe va prendre le relais. On reste circonspect devant un scénario tout en clichés et qui présente son héros comme un gentil idéaliste voulant en priorité unifier les peuples de la steppe. Il est vrai que le cinéma en général s’est presque toujours contenté de cette première étape de l’épopée mongole, en oblitérant soigneusement les épouvantables massacres de ses guerriers au Proche-Orient comme dans l’Europe de l’Est ; ici, on montre le décès du conquérant, ce qui est rare, quoique historiquement faux car les causes de sa mort sont inconnues et il n'y eut jamais d'affrontement en duel avec Jamuga, ce dernier ayant été trahi par les siens et achevé sous la torture... vingt ans plus tôt. À l'arrivée, le spectacle est certes un brin fantaisiste mais, contre toute attente, pas ridicule. Au contraire, on est agréablement surpris par le rythme soutenu du récit, la splendeur inusitée et très variée des extérieurs yougoslaves, les imposants décors de Pékin, l'ampleur des affrontements de masse jamais chiches et fort bien orchestrés. Bref, le résultat est en tous points très supérieur au tragique navet californien mené neuf ans plus tôt sous l'égide de John Wayne. On peut se contenter du commentaire issu du Guide des Films de Jean Tulard : « Un Gengis Khan courtois, magnanime, féministe, libertaire, progressiste. On croit rêver ! Mais après tout, pourquoi pas ? Quand le cinéma se confond avec la bande dessinée, il n’y a aucune raison d’en appeler à la vérité historique. Laquelle, d’ailleurs ? » (Alain Paucard, Laffont, 2005). Ou sourire en apprenant que cette fresque bigarrée constituait le péché mignon de Stanley Kubrick qui, dit-on, adorait la revoir dans son appartement privé… IT : Gengis Khan il conquistatore. |
1965 | ® La Fabuleuse Aventure de Marco Polo / Im Reich des Kublai Khan (FR/IT/YU/EG/AF/CH) de Denis de La Patellière. - av. Horst Buchholz (Marco Polo), Anthony Quinn (Koubilaï Khan), Robert Hossein (Nayam, son fils). – cf. Italie 3.4 |
1965 | ® Karaoglan - Altay’dan Gelen Yigit [=Karaoglan, le brave d’Altaï] (TR) de Suat Yalaz. – av. Atilla Sarar (Gengis Khan). – cf. Turcs 5.6 |
1969 | ® Andrej Rubljov (André Roublev) (SU) d’Andreï Tarkovski. – av. Anatolij Solonizyn (André Roublev), Bolot Beishenaliev (le khan tatare Edigueï). – En 1408, les Tatars d’Edigueï Khan dévastent la ville de Vladimir à l’invitation du prince Youri IV Dimitrievitch. – Cf. Rus' de Kiev 4.1 |
1971 | ® Zakhar Berkout (SU) de Leonid Ossyka. - av. Vassilij Simchich (Zakhar Berkout), Korislav Brondoukov (le khan mongol Burundaï). – En 1241, Berkout, vieux chef des Carpathes ukrainiennes, piège et élimine une armée mongole de Khan Burundaï dans les montagnes. – Cf. Rus' de Kiev 4.1 |
1972 | ® Karaoglan Geliyor - Cengizhan’in Hazineleri [=Karaoglan à la rescousse : Le trésor de Gengis Khan] (TR) de Mehmet Aslan. – av. Kartal Tibet (Karaoglan), Meral Zeren (Cavdar Tarlasi), Ahmet Mekin (Otsukarci), Ceyda Karahan (Tolunay, fille de Sagatay Khan). - Karaoglan à la recherche du tombeau et des trésors de Gengis Khan avec les fils de ces derniers. – Cf. Turcs 5.6 |
1973 | ® Näsimi / Nasimi / Timurlenk le Nesimi (SU) de Hasan Seyidbayli. – av. Yusif Veliyev (Tamerlan). – Le poète-philosophe mystique azerbaïdjanais Imadaddin Nasimi (1369-1417) rencontre Tamerlan. Cf, Turcs 6.5 |
1973 | ® Marco (US/JP) de Seymour Robbie, Tsukunobu Kotani. – av. Desi Arnaz Jr. (Marco Polo), Zero Mostel (Koubilaï Khan), cf. Italie 3.4 |
1973 | [(vd) Mogolha (Les Mongols) (IR) épisode de la télésérie de Parviz Kimiavi ; Telfilm, 92 min. - av. Fahimeh Rustegar, Parviz Kimiavi, Aqa Seyyed-’Ali Mirza, Edris Chamani. - Un réalisateur de télévision prépare une série – dont on voit des images - sur l’invasion de l’Iran par Tamerlan.] |
1976 | ® Marco Polo (Le Guerrier de Kublaï Khan) (HK) de Chang Cheh. – av. Richard Harrison (Marco Polo), cf. Italie 3.4 |
1980 | (tv) Aokiôkami narukichiomoase no shôgai / Tchingis-Kaan – Aoki Ôkami (Gengis Khan - le loup bleu) (JP) télésérie d’Azuma Morisaki et Takashi Harada Yusuzo Katsuda, Nobuo Koga/Haiyuza Eiga Hoso Company-Kokusai Hoei-TV Asahi (TV Asahi 6.10.80-), 5 x 45 min./290 min. - av. Go [Takeshi] Katô (Temoudjin dit Gengis Khan), Mitsuko Baisho (Bortaï/Börte), Ai Kanzaki (Kn), Michiyo Ohkusu (Oelün), Ichiro Nakaya (Thoghil Khan), Kunie Tanaka (Burchu), Mikijirô Hira, Ryotaro Otomo, Jiro Kawarazaki. Adapatation du roman Le Loup bleu - Le roman de Gengis Khan de Yasushi Inoue, paru à Tokyo en 1960. Le titre évoque la nostalgie des origines qui hante les Mongols et de leur ancêtre mythique, le loup « couleur de ciel » (« Börte Tchino »). Yasushi raconte l’épopée des fils du « Loup bleu et de la Biche blanche » pour tenter de comprendre à travers ce mythe fondateur le mystère de Temoudjin et la source de son désir de conquête. Temoudjin est chassé du clan par son demi-frère Bertur qui conteste ses liens de sang avec leur père décédé Yesugaï. Il retourne après quelque temps chez les siens, épouse Börte et affronte victorieusement l’armée de Thoghil Khan, devenant ainsi le grand Gengis Khan. – L’interprète principal, Go/Takeshi Katô, a été découvert et formé par Akira Kurosawa, qui lui a donné son tout premier (petit) rôle dans Les 7 Samouraïs (1954), suivi de cinq autres de ses films jusqu’en 1963. - DE : Dschingis Khan – Der blaue Wolf. |
1982 | ® (tv) Marco Polo (IT/US/CN) série de Giuliano Montaldo. - av. Ken Marshall (Marco Polo), Ying Ruo Cheng (Koubilaï Khan), Lao Li (le général Bayan). - cf. Italie 3.4 |
1982 | ® Sultan Beybars / Baybars / Beibars (RU/EG/IN) de Bulat Mansurov et Bulat Chmanov. - av. Nurmukhan Zhanturin / Nour Al-Cherif (Baybars Ier, sultan des Mamelouks), Farkhad Amankulov (Baybars jeune), Dawlet Beisenov (Baybars le guerrier). - Biographie de Baybars/Beïbars (v. 1223-1277), l’artisan mamelouk du relèvement musulman au Moyen-Orient face à la menace mongole et aux restes de la présence des croisés. Le 3 septembre 1260, il remporte sur les Mongols du général Ketboga la première grande défaite de l’envahisseur asiatique à Aïn Djalout, victoire qui sauve l’Égypte des destructions massives que vient de subir Bagdad. – cf. France : Croisades 4.3d |
1982/83 | ® Vasili Buslayev (Vassili Bouslaïev) (SU) de Gennady Vassilev. - av. Dimitri Zolotukhin (Vassili Bouslaïev). – Vers 1250, le fils du gouverneur de Novgorod défend efficacement la ville contre l’assaut de la Horde d’Or. – Cf. Rus' de Kiev 4.1 |
1985 | Potomok belogo barsa [=Le Descendant de la Panthère blanche] (SU) de Tolomuch Okeev [Okeyev] Kirghizfilm Frounzé/Bichkek (2 parties), 134 min. - av. Dogdurbek Kydyraliev (Kojajan/Kozhazhash, héros légendaire kirghize), Aliman Djankorozova (Saikal), Doshkana Joljaksynova (Mundusbai), Gulnara Alimbayeva (Aike), Ashir Chokubayev (Kassen), Marat Zhanteliyev (Sayak), Dzhamal Seidakhmatova (Begaim), Guinara Kydyraliyeva (Suleika), K. Akmatova (Batma), Ajbek Kydyraliyev (Kalygul), Akyl Kulanbeyev (Karypbai), Svetlana Chebodayeva-Chaptykova (Sonun). Les exploits du chasseur légendaire Kojajan/Kochochach appelé le « descendant du léopard des neiges », dans le cadre des guerres tribales chez les Kirghizes. Pour survivre, une communauté de chasseurs éprouvée par un hiver difficile dans les montagnes se voit forcée de demander de l’aide aux habitants de la plaine. La demande, périlleuse parce qu’elle viole les restrictions traditionnelles de chasse, est compliquée par une histoire d’amour naissante : Kojajan promet en récompense la main de sa fille, convoitée par un riche marchand des plaines… Un film qui brosse en priorité les conditions de vie du temps de Gengis Khan. Ours d’argent à la Berlinale et Grand Prix du Festival de Minsk en 1985. Okeyev co-réalisera en 1991 la production italo-américano-russe Genghis Khan : The Story of a Lifetime signée par Ken Annakin, avec Charlton Heston. – DE-RDA : Der Nachkomme des Schneeleoparden. |
1985 | (tv) Aakhri Chataan / The Last Rock (PK) télésérie de Qasim Jalali Nazim Hijazi/Pakistan Television Corporation (PTV Lahore), 46 x 15 min. (urdu). - av. Zahoor Ahmed (Gengis Khan), Nasreen Altaf (Surayya, fiancée de Tahir), Muhammad Anwar Iqbal (Qasim, fils du grand vizir), Talat Iqba (Tahir Bin Yousuf), Salim Nasir (le sultan Jalaluddin Manguberdi Khwarzam Shah), Youssef Mohammed (le Grand vizir du royaume de Khwarzam), Tahir Rizvi (le sultan Alauddin Khwarzam Shah), Tahira Wasti (l’épouse de Gengis Khan), Azra Sherwani, Sultana Safar. Adaptation du roman historique éponyme du Pakistanais Naseem Hijazi (1963) décrivant le déclin du califat abbasside, la chute de Bagdad et la fin de l’Empire khwarezmien avec l’invasion mongole de Gengis Khan et Houlagou Khan, ce malgré la résistance héroïque de Jalaluddin/Jalal ad-Din Khwarzam Shah, l’« ultime roc » du monde musulman face aux envahisseurs d’Asie vers 1220. - Nota bene : une première – assez obscure – adaptation pakistanaise du roman pour le cinéma sort déjà en 1970 : Aakhri Chattan d’Aslam Dar, produite par Mian Mushtaq et interprétée par Rani, Nasrullah Butt, Tarana, Muzaffat Adeeb, Sultan Rahi, Salma Mumtaz, Rafiq Tingu, et M.D. Sheikh. – La matière sera reprise par la télévision turque en 2021 dans la série Bozkir Arslani Celaleddin / Mendirman Jaloliddin. |
1985 | ® [Animation : Skaz o Evpaty Kolovrate [=Le Conte d’Eupatius Kolovrat] (SU) de Roman Davydov ; Soyuzmultfilm, 20 min. – Le chevalier Evpaty Kolovrat (v.1200-1238) s’attaque héroïquement aux Tatars de Batou Khan qui ont incendié Ryazan l’année précédente et y laisse la vie. Cf. Rus' de Kiev 4.1.] |
1986 | (tv) Chengji sihan / Tschingis-Chaan (CN/MN) de Xiangchi Zhan Inner Mongolia Film Studio (Oulan Bator)-Youth Film Studio of Beijing Film Academy, 2 x 90 min./195 min. - av. Deli Gel (Temoudjin dit Gengis Khan), Siquin Gaowa (Ke'elun ou Koulan, son épouse Merkit), En Hessen (Wang Han), Qin Natonglu, Xu Renhua. – Gengis Khan en guerre contre le shah de Khwarezm, une restitution plus fidèle de la percée du héros national mais qui tait les atrocités commises par ses troupes. – DE-RDA : Dschingis Khan. |
1987 | (tv) Genghis Khan / Dámó yingxióng chuán [=La Légende du héros du désert] (HK) télésérie de Lee Wai-man, Yeung Siu-hung, Wan Wai-kei et Fan Sau-ming Television Broadcasts Ltd. TVB (Hong Kong) (TVB Jade 14.9.87-), 10 x 45 min. - av. Alex Man [=Alexander Man Chi Leung] (Gengis Khan), Felix Wong (Jamuga), Sean Lau (Chilaun), Eugina Lau (Heda’an), Shallin Tse (Börte), Eddie Kwan (Sangkun), Nathan Chan (Khasar, frère de Temujin), Ekin Cheng (Jochi, fils de Temudjin), Aaron Kwok (Nuoyan), Michael Tao (gén. Muqali), William So (Sancha), Ho Wai-lung (Bele), Jim Ping-hei (Belgutei, demi-frère de Temujin), Chan Lai-see (Hoelun), Chan Wing-chun (le scribe uyghur Tata-tonga), Money Lo (Baihe), Elizabeth Lee (A’zhen), Lam Wai-kin (gén. Jebe), Au Wai-lam (Bogan), Cheung Yik-ming (gén. Borokhula), Wu Wai-hong (Ercha), Alan Chui Chung-San (Yesügei, père de Temudjin), Yip Seung-wah (Menglike), Lau Ya-lai (Suchi), Ng Jui-ting (Bieke), Yu Ming (Suo’er Laodie), Cheung Ying-choi (Dei Setchen), Ma Chung-tak (Dalitai), Chung Hung (A’le), Yu Mo-lin (Heichen). Une série historiquement très au point, en tenant compte de tous les personnages importants qui ont croisé ou fréquenté le Khan et interprété par les acteurs les plus populaires de Hong Kong. Le prolifique Alex Man est détenteur du Golden Horse Award. |
1987 | ® Daniil knyaz Galitskiy (Daniel, chevalier de Galicie) (SU) de Yaroslav Lupy. – av. Victor Yevgrafov (le prince Daniel Romanovich Galitsky), Nurmukhan Zhantourine (Batou Khan), Bolot Bejchenaliev (le chef mongol Kuremsa). - En 1241, la Galicie-Volhynie est ravagée par l’invasion mongole de l’Europe qui aboutit à la vassalisation des principautés slaves orientales. Quatre ans plus tard, à la demande de Batou Khan, petit-fils de Gengis Khan, le prince Daniel de Galicie-Volhynie se rend dans la capitale de la Horde d’Or à Saraï, sur la basse Volga, où le khan, satisfait, le laisse rentrer et régner à Galitch. Mais de retour, Daniel commence en secret à se préparer à la guerre contre l’envahisseur. En 1252, Batou Khan ayant appris la conclusion d’alliances hostiles avec d’autres pays, envoie son armée commandée par Kuremsa dans la région du Dniepr pour punir Daniel et ses alliés. En 1255, ces derniers écrasent seuls la puissante horde mongole. - Cf. Rus' de Kiev 4.1 |
1989 | (tv-df) The Mongols – November 18, 1247 (US/GB/TR/ES) de Leo Eaton série “Timeline”, épis. 3, Leo Eaton, Diane Holmes, Fernando de Castro Lopez, Altug Savasal, Gary Witt, Ekrem Catay/Meadows Foundation (Texas)-PBS-Corporation for Public Broadcasting-Maryland Public Television MPT-Holmes Associates (London)-TRT (Istanbul)-TVE (Madrid) (PBS Public Series 2.89), 28 min. – av. Robert Bathurst (Owen of Canarfon), Franchelle Stewart Dorn (Siboletto de Zimbabwe), Inaqui Aierra (Louis de Jaen), Engin Cezzar (Selim Karasi), Stephen Bell (le modérateur tv). - Programme pour la jeunesse : après la mort de Gengis Khan, les hordes mongoles menacent la Russie et, dès 1247, les frontières d’Europe (Pologne, Hongrie), une menace mortelle pour l’Occident que les monarchies européennes peinent à concevoir. Reconstitution soigneuse avec des acteurs anonymes et commentée par deux équipes de reporters de télévision sur place, chez les Ottomans et chez les Byzantins. Filmé en Turquie. |
1989 | ® Bill & Ted’s Excellent Adventure (US) de Stephen Herek. – av. Al Leong (Gengis Khan). |
1990 | Mankurt / Ptisa-Pamjat (L'Oiseau-mémoire) (SU/TR) de Khodzha Kuli Narliyev Turkmenfilm-Tugrafilm, 86 min. – Tarik Tarcan (Yolaman), Maya-Gozel Aymedova, Yilmaz Duru, Khodzhadurdy Narliyev, Maysa Almazova, Baba Annanov, Kerim Annanov, Altyn Hojayeva, Hommat Myllyk, Tahyr Narliyev, Mergen Niyazov, Maya Nuryagdiyeva, sapar Odayev. Un guerrier turkmène qui défend sa patrie contre les envahisseurs (mongols) est capturé et perd la mémoire sous la torture (« mankurt » signifie prisonnier de guerre) ; réduit en esclavage, il tue sa propre mère, Naiman Ana, quand elle le reconnaît en cherchant à le délivrer… La scénariste Mariya Urmatova adapte un chapitre du roman La Journée dure plus que cent années de l’écrivain kirghize Chinghiz Aitmatov (1980), ouvrage complexe très critiqué par les autorités soviétiques (le titre est de Boris Pasternak). Le film est partiellement tourné en Syrie et en Turquie, avec des acteurs turcs (Tarik Tarcan, Yilmaz Duru) et turkmènes (Aymedova, Narliyev). |
1991 | ® Urga (RU) de Nikita Mikhalkov. – av. Baoyinhexige (Gengis Khan). |
1991 | Gibel Otrara / Ten zavoevatelya, ila Gibel Otrara / Otyrardyn kuureui / Fate of Otrar [=La chute d’Otrar] (SU/KZ) d’Ardak Amirkoulov Alexei Gherman-Svetlana Karmalita/Studio Kazakfilm, 176 min. (2 parties). – av. Dogdoubek Kydyraliev (Undzhu), Toungychpaï Djamankoulov (Kaiyr Khan), Bolotbek Beishenaliev (Gengis Khan), Abdurashid Makhsudov (Sheikh Muhammed), Zaur Zekhov (Yalbach), Kasym Zhakibayev (Dinnen Bezeyen), Sabira Ataeva, Ali Toukhoujev, A. Ashikonov, S. Khugayev, I. Arsenyev, K. Zauirbekov, Yu. Tuyu-Tyan. La cité d’Otrar, jadis centre d’une civilisation nomade en Asie (Khwarazm), est détruite sur ordre de Gengis Khan, aujourd’hui une ville fantôme appelée Farab. Le martyr des musulmans sous le joug mongol est filmé aux Kazakfilm Studios. Une fresque aux accents lyriques influencée par le cinéma de Paradjanov, primée au festival de Montréal 1991. |
1991 | ® Zhitiye Aleksandra Nevskogo [=La Vie d’Alexandre Nevski] (RU) de Georgiy Kouznetsov. - av. Anatoly Gorgul (le prince Alexandre Nevski), Asanbek/Arsen Umuraliev (Khan Batou, chef de la Horde d’Or), Esbolgan Oteulinov (Berké Khan, son successeur). - Alexandre Nevski s’est lié d’amitié avec Khan Batou et est même devenu frère de sang du fils du khan, Sartaq. Il va jusqu’à Karakorum en 1248/49 pour recevoir l’investiture mongole pour la principauté de Kiev, suivi de celle de Vladimir-Souzdal ; la bataille du lac Peïpour contre les chevaliers teutoniques sera gagnée avec l’appui de la cavalerie mongole Enfin en 1252, Nevski convainc les Mongols de ne pas lancer de représailles contre des principautés slaves qui se sont rebellées, les sauvant ainsi de l’annihilation, et c’est pour une action diplomatique similaire qu’il se rend dix ans plus tard à Karakorum auprès de Berké Khan, successeur de Batou. Sur le chemin de retour, en octobre-novembre 1263, Nevski tombe gravement malade et meurt à l’âge de 43 ans. – Cf. Rus' de Kiev 4.1 |

Charlton Heston dans le “Genghis Khan” inédit de Ken Annakin (1992-1996)
1992-1996 [sortie: 2010] | Genghis Khan : The Story of a Lifetime (US/IT/RU) de Ken Annakin [et Tolomush Okeyev, Andrzej Krakowsi, Peter Duffell, Antonio Margheriti] Enzo Rispoli, Edoardo Margheriti/Madison Motion Pictures-International Cinema Company, 120 min. – av. Richard Tyson (Gengis Khan), Charlton Heston (Togrul), Julia Nickson-Soul (Börteï), Pat Morita (Wang, empereur de Chine), John Saxon (Chiledu), Rodney A. Grant (Yamuga), Daniel Greene (Mikuli/Jebel), James Mitchum (Inalchuk), Scott Hoxby, Tricia O’Neill (Hoelun), Daniel Greene (Mikuli), Nigel Terry (Mulwick), Hal Yamanouchi, Bekim Fehmiu, James Hong, Richard Lee-Sung. Le dernier film de Ken Annakin avant son décès : commencé en Mongolie (au Kirghizstan) et en Russie en automne 1991 par Tolomush Okeyev (réalisateur primé de la légende kirghize Potomok bjelogo barsa / Le Descendant de la Panthère blanche, cf. supra, 1985), le film – produit par Vision International pour 45 millions $ - est repris par Peter Duffell qui renonce peu après, laissant sa place au vétéran britannique Ken Annakin, ex-assistant de Carol Reed connu pour ses films d’aventures historiques et de guerre (l’excellent Battle of the Bulge, 1966). Le travail est stoppé lorsque l’URSS s’effondre et qu’acteurs comme techniciens rejoignent tous leurs ambassades respectives. Le projet est repris en 2009 par Madison Motion Pictures Group et Annakin, 95 ans, réengagé pour monter le matériel tourné ; il décède en avril 2009 sans pouvoir achever son travail, ce que fera son collègue italien Anthony Dawson alias Antonio Margheriti. Le film reste hélas inédit en salle, suite à un désaccord des producteurs. |
1994 | ® U.F.O. (US) de Tony Dow. – av. Diran Shah (Gengis Khan). |
1998 | ® (vd) The Incredible Adventures of Marco Polo (CA/GB/UA) de George Erschbamer. – av. Don diamont (Marco Polo), Jack Palance (Koubilaï Khan). – cf. Italie 3.4 |
1998 | Genghis Khan / Genghis Khan : Warrior King (CN/MN) de Sai Fu et Mai Lisi The Inner Mongolia Film Studio, 113 min. – av. Tu Men (Temujin dit Gengis Khan), Liya Ai (Heelun, sa mère), Basen (Taihutaï), Bayaertu (Tesugaï, père de Temoujin), Asiru (Bortaï), Quienaritu (Zhamuho), Siqinbielige (Chiliedu), Chaganchaolu (Yingshou), Weijing Wu (Menglike), Wangqige (Tesiqin), Nabuqi (serviteur), Eedermutu (Beilugutaï, frère de Temoujin), Deng Ba Te Er (Asaer, frère de Témoujin), Hude (Temoujin jeune), Muqier (Bortaï jeune). Superproduction sino-mongole parlée mongol. La jeunesse, l’enlèvement de Bortaï et les premiers exploits du Khan pour unifier les Mongols. Primé au Philadelphia International Film Festival. À l’Est rien de nouveau. |
2001 | ® The Pharaoh Project (US) de Brad Tanenbaum. – av. Conan Lee (Gengis Khan). |
2001 | (tv-mus) Tamerlano (DE) de Helga Dubnyicsek (tv) et Jonathan Miller (th) Torsten Bönnhoff, Robert Reiter/3Sat-ZDF-Haendel Festspiele Halle, 192 min. – av. Monica Bacelli (Tamerlan, khan des Tartares), Tom Randle (le sultan truc Bajazet), Elizabeth Norberg-Schulz (Asteria, sa fille), Grama Pushee (le prince grec Andronico), Anna Bonitatibus (Irène, princesse de Trébizonde), Antionio Abete (Leone), Martha Wildman (Zaida). Ankara en 1402. Emprisonnée avec son père, le sultan ottoman Bajazet/Bayezid Ier, la princesse Asteria accepte d’épouser Tamerlan/Timour le Boiteux, l’épouvantable khan turco-mongol, s’il relâche son géniteur. Elle envisage de l’assassiner après son mariage, mais Bajazet se suicide avant les noces et Tamerlan, devenu sage (!), s’unit avec Irène, la princesse de Trébizonde, tandis qu’Asteria se console dans les bras d’Andronico. - Captation télévisuelle de l’opéra de Georg Friedrich Haendel (1724), filmée au Goethe Theater à Bad Lauchstäd. L’intrigue est débile, la musique superbe, mais la plupart des mises en scène de cette œuvre ne tiennent pas compte de l’époque médiévale et se jouent, dans le meilleur des cas, en costume baroque. |
2002 | (tv) Hulagu / Holako (SY) télésérie de Basil Al Khatib Télévision Arabe Syrienne/Tilifizyun Al-Arabi al-Suwri (Damas) (TVA 6.11.02-), 30 x 55 min. - av. Ayman Zeidan (Houlagou Khan), Norman Assad (Qutoï), Fathi Haddaoui (le calife abbasside Abû Ahmad Al-Musta’sim), Ahmad Al-Ahmad (Sentai, fils de Houlagou), Giana Eid, Abdul Rahman Al-Rashi, Bassam Lotfi, Hani El Romany, Sabah Al Jazayeri, Zeyad Saad, Shadi Zeidan, Hicham Bahloul, Nisrina, Maguy Bou Ghosn, Hassan Mrad, Monadel Dawood, Lamia Wortani, Bassam Lotfy, Hasan Oweiti, Radwan Akeley, Amana Waly, Saleh Al Hayek, Riad Wardiani, Sameer Hussain, Sahar Fauzi, Ahmad Rafea, Ahmed Milly, Joseph Nashif, Nasr Shama, Yassi. Arnaaot, Amer Al Ali, Faek Arksosi, Mohsen Ghazy, Suhail Jabaei, Samer Omran. Synopsis : Gengis Khan baptise Koubilaï Khan et Houlagou selon le rituel mongol et commence une nouvelle campagne militaire ; il décède en cours de route tandis que ses successeurs s’attaquent à Bagdad, ville tenue par le calife Abû Ahmad Al-Musta’sim. Le juif Hayim trahit le calife, dont les filles sont capturées par les Mongols. Ibn al-Jawzi tente vainement de dissuader Houlagou d’attaquer Bagdad. Le calife cherche à s’enfuir à Basrah avec ses deux fils, mais reste sur place, Houlagou ayant promis d’épargner la ville. Le Mongol ne tient pas parole, le 10 février 1258, Bagdad est détruite, le calife et sa famille sont assassinés, le califat abbasside est anéanti, l’Irak ravagé. Houlagou marche ensuite vers le Levant où le sultan Qutuz envoie des troupes. Le khan mongol apprend que son fils Sentai vient de se suicider et que son épouse Qutui s’est fait avorter ; son autre fils, Abaka, se rebelle également. Houlagou fait torturer à mort son épouse et dirige ses armées vers Alep. Alliés aux Ayyoubides et ayant fait une trêve avec les croisés, les Mamelouks écrasent les Mongols à Aïn Djalout, en Galilée, le 3 septembre 1260. Pour le Proche-Orient, c’est la fin de la terreur venue d’Asie. |
2003 | ® Anastasiya Slutskaya [=La Princesse Anastasia Slutskaya] (BY) de Yury Yelkhov. – av. Svetlana Zelenkovskaya (la princesse Anastasia Slutskaya), Gennady Davidyko (le prince Semyon Mikhaïlovitch, son époux), Furka Faiziev (le khan tartare Bata-Giray), Aleksandr Peskov (le prince Mikhail Lvovich Glinsky), Dashuk-Nigmatulin (le frère de Bata-Giray). - Durant la fin du XVe siècle et la première moitié du XVIe, la Horde d’Or tatare dévaste les terres biélorusses depuis la Crimée, brûlant tout et réduisant la population en esclavage. Épouse de Semyon Mikhaïlovitch, le prince de Slutsk dans le grand-duché de Lituanie, Anastasia Slutskaya est surnommée la « Jeanne d'Arc biélorusse ». Avec son mari, elle dirige efficacement la défense de la ville fortifiée de Slutsk contre les Tatars du khan Bata-Giray. Puis, en armure et à cheval, elle en repousse l'assaut et met l’ennemi en fuite. Les Tatars assiègent à nouveau Slutsk en 1505 après le décès de Semyon, puis en 1506, avec le même résultat. Les hordes se retirent provisoirement à Kletsk après avoir dévasté le pays. Enfin, en 1508, le prince Glinsky s’allie à Anastasia pour écraser définitivement l’armée de Bata-Giray à Kapyl. – Cf. Rus' de Kiev 4.1 |
2004 | (tv-df) Dschingis Khan - Reiter der Apokalypse (Dschingis Khan - Der apokalyptische Reiter) / The Secret History of Genghis Khan / Genghis Khan : Rider of the Apocalypse (Gengis Khan, cavalier de l’Apocalypse) (AT/DE/GB) de Heinz Leger Rudolf Klingohr-Walter Koehler-Interspot-ORF-Universum-ZDF-DDE-BBCtv (ORF 24.11.04, Arte 30.12.04, BBC2 10.3.06), 53 min. – av. Bayaraa Bayarsaikhan (Gengis Khan), Delegnyam Onorbaatar, Enkhjargal Enkhztor, Erdenusuvd Enkh-Erdene, Ganbold Madakhbayar, Kaplan Fx. Brandmayr, Leikhansuren Lhasuren, Namsrai Otgontogos, Nyamdorj Zagdsuren, Sukhee Amartuvshin, Tsegmid Tserenbold, Tserendavga Erdenabat, Tuul Ansujin, Ushaan Batbaatar, Michael Praed (narration). - Docu-fiction avec reconstitutions et acteurs, un spectacle plutôt réussi, tourné en Mongolie-intérieure. Gengis Khan est un impitoyable empereur qui a fait dès l’adolescence l’expérience du meurtre en trucidant son propre frère, mais, convaincu de ses talents de fin stratège grâce auxquels il sortira de l’état d’esclavage, il accède au rang de “souverain universel”. |
2004 | (tv) Chéng Jí Si Hán / Genghis Khan (CN) télésérie de Wang Wenjie Bate’er, Wang Wensheng, Wang Yongquan/China Central Television (CCTV)-Mongolian National Broadcaster (MNB), 30 x 43 min. - av. Ba Sen [Batdorj-in Baasanjab / Basenzhabu] (Gengis Khan), Saren Gaowa, Suo Lizhong, Zhao Hengxuan. – Une série parlée mandarin qui retrace les épisodes plus ou moins connus de la biographie, de sa naissance à sa mort, frappé par la maladie pendant sa campagne militaire contre la monarchie Xi Xia (Empire Tangut). Ba Sen, l’interprète en titre, est un descendant du deuxième fils de Gengis Khan, Chagataï. Série aussi diffusée en Corée du Sud et en Turquie. |
2005 | (tv-df) Genghis Khan (Gengis Khan) (GB) d’Edward Bazalgette BBCtv-Discovery Channel-RTL (BBC1 25.4.05), 58 min. – av. Orgil Makhaan (Gengis Khan), Unubold Batbayer (le jeune Temoudjin), Unurjargal (Soubodei), Erdenetsetseg Bazarragchaa (Hoelun), Ankhnyam Rachaa (Börteï), Bayarkhuu Purvee (Jamuga), Kenneth Cranham (voix de Gengis Khan), Alisdair Simpson (narration). Un docu-fiction onéreux (budget de 1 million de £) tourné entièrement en Mongolie pendant six semaines, avec l’appui de l’armée mongole pour les batailles. Il réhabilite le conquérant malmené par le cinéma, montre la transformation des guerriers tribaux en soldats professionnels à la loyauté sans faille. Fils d’un assassin, il grandit dans un environnement impitoyable où il apprend qu’il faut « frapper toujours le premier et se venger en toute circonstance ». Le film ne tait pas les atrocités, mais montre aussi que l’empire mongol pratiquait la tolérance religieuse envers chrétiens, musulmans et bouddhistes, ainsi que l’égalité des droits entre hommes et femmes. Bazalgette enchaînera l’année suivante avec un excellent biopic de la BBC sur Hannibal. |
2005 | (tv-df) Die Mongolen. Im Reich des Dschingis Khan / Les Mongols. L’Empire de Gengis Khan (DE/AT) de Christian Twente La5-ZDF-Arte (Arte 17.4.05), 105 min. – Docu-fiction avec reconstitutions et comédiens anonymes. |
2006 | ® (tv) Marco Polo (US) de Kevin Connor, Yuen Tak. – av. Ian Somerhalder (Marco Polo), Brian Dennehy (Koubilaï Khan). - cf. Italie 3.4 |

Avec « Mongol » de Sergeï Bodrov, un Gengis Khan très différent des clichés habituels du cinéma.
2005-2007 | ** Mongol : The Rise to Power of Genghis Khan (L’Incroyable Destin de Gengis Khan) (RU/DE/KZ/MN) de Sergeï Bodrov Sergei Bodrov, Sergei Selyanov, Anton Melnik/Kinokompniya CTB Film-Andreevsky Flag-X-Filme Creative Pool-Kinofabrika-Eurasia Film, 126 min. – av. Tadanobu Asano (Temoudjin dit Gengis Khan), Sun Honglei (Jamuga), Chuluuny Khulan (Börte), Odnyam Odsuren (Temoudjin jeune), Basan (Yesugei Baghatur Khan, son père), Aliya (Hoelun, mère de Temudjin), Amadu Mamadakov (Targuta!i Khan), He Qui (Dai-Sechun), Bayartsetseg Erdenebat (Börte jeune), Amarbold Tuvshinbayar (Jamuga jeune), A You Er (Sorgan Shira Shaman), Sai Xing Ga (Chiledu), Bu Ren (Taichar), Aliya (Oelun), He Qi (Dai-Sechen), Deng Ba Te Er (Daritai), Zhang Jiong (chef de garnison), Ben Hon Sun (un moine). Synopsis : En 1192, alors qu’il est prisonnier des Tanguts, Temoudjin se souvient (flash-back) de son enfance vingt ans plus tôt, du choix de Börte pour épouse contre la volonté paternelle. Empoisonné, son père le désigne comme son successeur, à la colère de Targutaï qui réclame le titre de khan et se jure de tuer Temoudjin quand il sera devenu adulte. Son cousin Jamuga sauve le garçon de la noyade et devient son frère de sang. En 1186, Temoudjin échappe à nouveau à Targutaï, mais sa fiancée est enlevée par la tribu des Merkit. Une année plus tard, Jamuga et Temoudjin récupèrent Börte enceinte, mais le premier se fâche avec son ami de jeunesse dont les guerriers admirent la générosité lors du pillage du camp merkit. Jamuga rejoint son ennemi Targutaï, capture Temoudjin et le vend comme esclave après avoir massacré les membres de son campement. Captif d’un seigneur tangut, il persuade un moine d’alerter Börte qui, déguisée en concubine d’un marchand, parvient à le libérer tandis que le moine perd la vie. Temoudjin fait le serment de réunir toutes les tribus mongoles et établit trois règles basiques : ne pas tuer ni femme ni enfant, toujours honorer ses promesses et payer ses dettes, enfin ne jamais trahir son souverain. En 1196, il lève une puissante armée et attaque Jamuga, dont les forces sont supérieures. Une terrible tempête se lève pendant la bataille, les soldats se réfugient terrorisés dans des abris, mais Temoudjin ne craint ni éclairs ni tonnerre et charge l’ennemi en panique avec ses cavaliers. Capturé, Jamuga est épargné, ses hommes rejoignent l’armée de Temoudjin ; en revanche, Targutaï est tué par ses propres soldats dans l’espoir d’être épargnés, mais le vainqueur ordonne leur exécution car ils ont trahi leur chef. Un carton final précise que Gengis Khan va envahir le royaume Tangut ainsi que l’a prophétisé le moine, mais qu’il épargnera son monastère comme il l’a promis à ce dernier. |

➤ Une ambitieuse coproduction russe, allemande, kazakhe et mongole. Sergeï Bodrov, son réalisateur, a déjà fait ses preuves en dirigeant l’année d’avant une autre fresque intitulée Nomad, contant non sans flamboyance la tentative de Mansur, un jeune Mongol du Kazakhstan au XVIIIe siècle et lointain descendant de Gengis Khan, de réunir trois clans pour faire barrage aux agressifs Dzungars (co-réalisation : le Tchèque Ivan Passer et Talgat Temenov, coproduction : Milos Forman). Partant du fait que la Russie a vécu sous le joug mongol pendant deux siècles et que ses compatriotes considèrent Gengis Khan comme un monstre, Bodrov dévore les ouvrages de l’historien et ethnologue russe Lev Goumilev, personnalité contestée par les uns, reconnue avec enthousiasme par les autres, qui considère les Tatares comme faisant partie de l’ethnie russe (théorie dite « eurasiste »). À la lumière de son livre La Légende de la Flèche Noire, il en vient à réaliser la position duale, médiane de la Russie entre l’Europe et l’Asie qui met en avant la symbiose entre modes russe et turco-musulman, voire chinois (théories ayant aussi séduit un certain Vladimir Poutine). De surcroit, la grand-mère du cinéaste est d’origine bouriate, groupe minoritaire mongole de Sibérie. Or lorsque la République populaire mongole est renversée après 70 ans de régime communiste et la démocratie instaurée à Oulan-Bator en 1990, le souvenir de Gengis Khan et l’identité nationale voient un renouveau : le grand khan devient dorénavant la figure centrale de cette identité – loin des diktats du Parti. Loin aussi du soulèvement bolchévique du Descendant de Gengis Khan (Potomok Tchinguiz-Khana), le film muet de Poudovkine rebaptisé en France Tempête sur l’Asie (1928). Passionné par son sujet et bénéficiant déjà d’une certaine notoriété dans le métier (son film Le Prisonnier du Caucase a remporté le prix FIPRESCI à Cannes en 1996 et une nomination aux Oscars), Bodrov parvient à réunir un budget de 18 millions de $ et filme de septembre 2005 à novembre 2006 en Chine, en Mongolie-intérieure et au Kazakhstan. Capable d’exprimer le feu intérieur qui le brûle, l’acteur japonais Tadanobu Asano incarne Temoudjin, tandis que le chinois Sun Honglei joue Jamuga. À l’arrivée, Mongol transpire l’authenticité quasi documentaire dans les moindres détails ethnographiques, géographiques ou historiques, le récit est à la fois brut, puissant, féroce et romantique, les paysages sont souvent d’une ampleur et d’une beauté digne de David Lean, quoique des ellipses assez hardies et un rythme peu coutumier peuvent dépayser voire décourager le spectateur lambda. L’univers de Temoudjin distille la magie (soumis à la torture du carcan, il est délivré par un loup blanc, un orage envoyé par le dieu du Ciel, Tengri, lui offre la victoire, etc.). Mais ce ne sont pas tant les batailles qui intéressent le cinéaste que le devenir intime de Temoudjin, son enfance persécutée, sa solitude, la famine et le froid, ses épreuves maritales qui vont le transformer, le feu au ventre, acquérant une volonté d’acier, un sens de la justice et la conviction que les tribus mongoles doivent toutes s’unir, fût-ce au prix d’un vaste bain de sang. Très convaincant, Tadanobu Asano parvient à contre-balancer la sauvagerie de son caractère avec son sens subtil de l’humour et une profonde dévotion pour Börte, première épouse et conseillère à vie. Primé dans divers festivals (Vyborg, Seattle, nomination à l’Oscar du meilleur film étranger, Las Vegas Film Critics Society Award, six Prix Nika de l’Académie Russe des Sciences et des Arts), l’œuvre ébahit les critiques et fait une carrière internationale, engrangeant 26,5 millions $ au box-office. Le film était censé être la première partie d’une trilogie. La deuxième partie – intitulée The Great Khan - est mise en chantier en 2008, reportée en été 2013 puis en 2019. On attend toujours. Mais une chose est sûre : Mongol va servir de modèle pour toutes les futures biographies du personnage. – DE : Der Mongole. Post-scriptum (2025): Depuis 2020, Pékin réécrit l'histoire en interdisant l'utilisation des noms "Gengis Khan", "empire" et "mongol" et en faisant disparaître l'histoire et la culture mongole au bénéfice d'un nouveau récit national chinois dans la presse, les manuels scolaires et toute manifestation publique. |
2007 | Aoki Ôkami : Chi Hate Umi Tsukiru Made / Blue Wolf [Genghis Khan] : To the Ends of the Earth and Sea (Gengis Khan à la conquête du monde) (JP/MN) de Shinichirô Sawai Haruki Kadokawa, Minoru Ebihara, Katsuhito Matsuura, Yutaka Okada, Akihigo Ösugi, Yoshiaki Tokutome, Ryuhei Chiba/Kadokawa Haruki Corporation (Tokyo)-Shochiku Co.-Avex-H.I.S. Co.Ltd.-Tokyo FM Broadcasting-Yahoo! Japan-Japan FM Network-Yomiuri Shimbun-Japan Airlines, 136 min. – av. Takashi Sorimachi (Temoudjin dit Gengis Khan), Rei Kikukawa (Borteï Ujin/Börte), Ken’ichi Matsuyama (Jochi/Kuchi), Mayumi Wakamura (Hoelun), Sösuke Ikematsu (Temoudjin jeune), Ami Takeishi (Börte jeune), Naoki Hosaka (Yesukhei Baghatur/Baatar, père de Temujin), Satoshi JInbo (Thargtai, chef du clan Tayichiut), Takaaki Enoki (Deisechen, chef des Onggirat), Masahiko Tsugawa (le chamane Khequchu), Takaaki Enoki (Dei Seichun), Masahiko Tsugawa (Kokuchu), Hiroki Matsukata (Toghrul Khan), Yoshihiko Hakamada (Khasar, frère cadet de Temoujin), Go Ara (la guerrière Khulan, compagne de Temoujin), Yüsuke Hirayama (Jamuga), Eugene Nomura (Bo’orcu), Eri Shimomiya (Temulen), Shohei Yamazaki (Behter), Kairi Narita (Belgjtei), Takuya Noro (Chilaun), Takeshi Öbayashi (le chef de caravane). Temoudjin, fils d’un chef de tribu mongole, a le sang d’un « loup bleu ». À 14 ans, il épouse Börte, qui est enlevée deux jours plus tard par une tribu rivale. Temoudjin la récupère après des mois, mais elle est enceinte et met au monde un fils que Temoudjin appelle Kuchi, l’invité ou l’étranger, et qu’il refuse longtemps de reconnaître. En réunissant toutes les tribus, Temoudjin devient le khan charismatique de Mongolie, se fait appeler Gengis Khan et déclenche la guerre contre son ennemi de toujours, la dynastie impériale chinoise Jin. Il finit par reconnaître Kuchi comme son fils, ils combattent côte à côte contre son ami de jeunesse Jamuga qui l’a trahi et Toghrul Khan. Battu, Jamuga exige de Temoudjin qu’il l’exécute lui-même. Le film s’achève sur la mort de Kuchi, victime d’une flèche empoisonnée, et l’assaut de la Grande Muraille de Chine. Visuellement imposante, cette coproduction nippo-mongolienne de 30 millions de dollars mise sur pied par l’extravagant producteur Haruki Kadokawa veut célébrer les 800 ans de la fondation de la Mongolie. C’est l’adaptation de deux romans japonais fort populaires de Seiichi Morimura, Chi Hate Umi Tsuriku Han (Ue) et Chi Hate Umi Tsuriku Made : Shosetsu Chingisu Han (Shita). Le tournage de quatre mois dès juin 2006 se déroule entièrement en Mongolie-intérieure, avec 27'000 figurants et 5’000 cavaliers de l’armée mongole, mais la réalisation s’attache avant tout à brosser la psychologie des personnages, notamment à travers la narration avisée et pleine de sagesse de Hoelun, la mère d’un conquérant souvent tourmenté et dépressif. Pourquoi Temoudjin, marqué par ses passions et ses haines excessives en tant que fils (son père est-il son géniteur ?), époux, père et trahi par son meilleur ami (Jamuga) cherche-t-il à dominer le monde ? Le film est projeté entre autres au Festival international de Moscou, au World Film Festival de Bangkok et au San Francisco Asian Film Festival. Les recettes sont décevantes aux USA, mais le film engrange 11 millions de $ au Japon et en Mongolie, même si le public mongol ne reconnaît pas son héros sous les traits et avec le tempérament facilement geignard d’un Japonais. Quelques grosses naïvetés sur la fin : un de ses jeunes guerriers demande au Khan pourquoi il persévère dans ses conquêtes et ce dernier explique que partout où il s’aventure, les frontières disparaissent, ce qui fait fleurir le commerce, génère de la richesse et en fin de compte apporte la paix… Celle des cimetières ? – DE : Dschingis Khan – Der blaue Wolf, IT : Genghis Khan, il grande conquistatore. |
2008 | Tayna Chingis Khaana / Po veleniyu Chingiskhana / By the Will of Genghis Khan (Gengis Khan, la légende d’un conquérant / À l’appel de Gengis Khan) (MN/RU/US) d’Andrei Borissov Vladimir Ivanov, Ichinkhorloo Nyamgavaa, Sarnaï Tessitori/Urgel V (Moskwa)-Nyamgavaa Film Production (Oulan Bator)-Brown Wolf Production, 140 min. – av. Ayan Unspun (Temoudjin enfant), Sergei Egorov (Temoudjin jeune adulte), Eduard Ondar (Gengis Khan), Stepanida Borissova (Hoelun, la mère de Gengis Khan), Gernot Grimm (le moine franciscain Giovanni dal Piano, frère Iohan), Orgil Makhaan (Jamuga), Susanne Orzhak (Borteï), Efim Stepanov (le chamane Kököcü/Xoxochoi), Iliana Pavola (Hoelun jeune), Tumen (Shen Mi Jen, biographe chinois du Khan), Cary-Hiroyuki Tagawa (un garde du corps), Tuvshikhuu Munkhzaya (Targutai, chef des Taïdjioutes), Saidash Mongush (Chiledu), Hurmatulla Utyashev (Tayan Khan), Oleg Taktarov (Kuchulug Khan, son fils), Elena Roumyanzeva (Gurbesu), Irina Engelis (une fille de la tribu Naiman). Les débuts de Temudjin, futur Gengis Khan, vu par un religieux franciscain italien, Giovanni dal Piano dei Carpini / Jean de Plan Carpin (v.1182-1252), un des premiers disciples de saint François d’Assise appelé frère Iohan, légat du pape Innocent IV en Mongolie (il mourra évêque d’Antivari en Dalmatie). En 1245, à l’âge de 63 ans, il est envoyé pour deux ans en ambassade auprès du grand khan Ogotaï/Ögödei pour l’exhorter à renoncer à attaquer la chrétienté et les autres nations – et, accessoirement, lui proposer de se convertir ! Si la mission est impuissante à convaincre les Mongols d’arrêter leur progression en Europe, elle est restée dans l’Histoire comme la première ambassade occidentale à avoir atteint le cœur du pays mongol. Le récit qu’en a rapporté le moine franciscain, Historia Mongolorum quos nos Tartaros appellamus, est, avec ceux de Guillaume de Rubrouck et de Marco Polo, un des témoignages occidentaux les plus connus de l’époque sur l’Extrême-Orient. La première partie rassemble les connaissances sur les Mongols, mœurs, croyances, art militaire, puis des conquêtes de Gengis Khan (partie suivie d’instructions à l’usage des chefs d’armée européens…). Hélas, cette présence insolite à l’écran est l’unique originalité de ce film plutôt modeste, un peu bâclé, qui conte paresseusement les débuts du chef mongol de sa naissance à ses premières batailles en Asie, produit lancé sur le slogan « l’amour d’une femme fait de Temoudjin un guerrier, la fidélité à la loi fait de lui l’assassin de son frère, son désir de vie paisible l’oblige à déclencher la guerre… ». Une adaptation du roman de Yakoutie Nikolaï Louguinov réalisée en Mongolie (désert de Gobi) et en Russie (Bouriatie, Khakassie, Yakoutie, district de Meguino-Khangalassky, Touva, Altaï et territoire d’Irkoutsk). Projeté au Montréal World Film Festival 2009, proposé officiellement aux Oscars du meilleur film étranger en 2010. – DE (dvd) : Dschingis Khan – Sturm über Asien. |
2008 | Ukhej uj bolno Chinggis Khan / No Right to Die – Chinggis Khaan (MN) de L. Erdenebulgan Av. Tsegmedin Tumurbaatar (Gengis Khan), P. Tserendagva, Namsrayn Suvd, B. Jargalsaikhan, I. Odonchimeg, Demidbaatar, Gombo Zolboot, Tsenguun Chinges, Dashpeljee Adilbish, Suvd Namsrai. – Production mongole. |
2008 | ® (vd-mus) Marco Polo (NL) de Misjel Vermeiren, Pierre Audi. – av. Charles Workman (Marco Polo), Stephen Richardson (Koubilaï Khan). - cf. Italie 3.4 |
2010 | [Das Lied von den zwei Pferden (Les Deux Chevaux de Gengis Khan) (DE) de Byambasuren Davaa, 87 min. – Documentaire : la quête d’une chanson mongole qu’on croyait perdue, un ancien violon à tête de cheval détruit ainsi qu’une promesse faite à sa grand-mère conduisent la chanteuse Urna à retourner sur la terre de ses ancêtres, la Mongolie, où flotte toujours le fantôme de Gengis Khan.] |
2012 | ® Orda (La Horde) (RU) d’Ândreï Prochkine. – av. Maxime Soukhanov (saint Alexis, métropolite de Kiev), Andreï Panine (le khan Tinibek), Innokenti Dakaiarov (le khan Janibek Taidul), Rosa Khairoullina (la khansha Taïdula, sa mère), Alexeï Yegorov (Badakul), Moge Oorzhak (Berdibek, fils de Janibek). - Un épisode de la vie de saint Alexis (1292-1378), métropolite thaumaturge de Moscou et Kiev, alors que les principautés russes sont sous l’emprise des Mongols de la Horde d’Or. Leur capitale est la ville de Saraï-Batu (au nord d’Astrakhan), où le khan musulman Tinibek humilie les ambassadeurs du Vatican. Son frère, le khan Janibek (ou Jani-Beg, chef de la Horde d’Or de 1342 à 1357) règne en son absence. Or la khansha Taïdula, mère des deux frères khans, est soudainement devenue aveugle, et divers guérisseurs, magiciens et chamanes ont vainement tenté de lui redonner la vue. En 1357, des ambassadeurs du khan arrivent à Moscou, exigeant que le « vieil homme merveilleux » les accompagne à Saraï-Batu et guérisse la khansha. Sous la menace de l’anéantissement de Moscou et à la demande expresse du prince Ivan II le Rouge, Alexis entreprend un long voyage. Arrivé à Saraï-Batu avec de l’eau sainte et ses prières, il parvient à soigner Taïdula qui recouvre la vue. – Cf. Rus' de Kiev 4.1 |
2012 | Aravt - Ten Soldiers of Chinggis Khaan / Genghis : The Legend of the Ten (Les Dix Guerriers de Gengis Khan) (MN) de Zolbayar Dorj et U. Shagdarsuren Murun, U. Shagdarsuren/Mongol Film Group-Nomadic Cultural Media Company, 91 min. – av. Baasanjav Mijid (Tsahir), D. Sosorbaram (le khan de Myangat), B. Jargalsaikhan (Esunteh), T. Altanshagai (Uujim), B. Amarcanihan (Shijirsanaa), C. Arlunbyamba (Bukha), Ayurdadi (Hukhtumur) Bodi (Sulbekh), Buyanhexig (Heekher), D. Gaqeqeq (Unumunkhlei), D. Gurse (Nachin), Jambal (Ahai), N. Onon (Bukhtenger), Tsegmid Tserenbold (Eter), Y. Tsog (le grand-père). Au lendemain de ses batailles, Gengis Khan a pour habitude d’enlever tous les enfants dont ses conquêtes militaires ont fait des orphelins. Élevés à ses côtés, ces frères adoptés deviennent ses plus fidèles soldats et forment des unités d’élite. Le khan demande à dix de ses meilleurs guerriers (le corps de dix hommes est appelé « aravt ») de trouver un maître guérisseur aux confins du royaume, derrière les lignes ennemies, terré dans une forêt. En cours de route, les cavaliers recueillent un bébé abandonné par l’ennemi et le protègent des attaquants de son propre clan pour le ramener avec le guérisseur. Une mini-fresque alternant moments de grâce et de violence à travers une galerie de personnages attachants, tournée en Mongolie. - DE: Dschingis Khan – Die Legende der 10 Reiter. |
2012/13 | Zhi sha ling / An End to Killing / Kingdom of Conquerors (La Dernière Bataille de Gengis Khan) (CN/JP/KR) de Wáng Píng Boram Entertainment-China Film Group Corporation (CFGC)-Shandong Film & TV Group Co. Beijing-Shandong Film Studio-Shandong Wohan Culture and Media Co.-Tara Contents-SCS Entertainment Inc., 108 min./96 min. - av. Tú Men [Tumen] (Gengis Khan), Youliang Zhao (le maître zen Qiu Chuji), Le Geng (gén. Liu Zhonglu), Xiao Ran Li (dame Khitan), Park Ye-jin (Hulan, épouse de Gengis Khan), Hideo Nakaizumi (l’aubergiste), Elvis Tsui (Long Beard), Yu Shaoqun (Zhao Daoan), Hideo Nakaizumi (Asukka). Au XIIIe siècle, Qiu Chuji/Tongmi ou maître Changchun (1148-1227), un prêtre taoïste, tente pendant trois ans de persuader l’empereur Gengis Khan de mettre un terme à ses nombreuses guerres en Asie et en Europe, ce dernier souhaitant un empire qui s’étende « de là où le soleil se lève jusqu’à la ville où il se couche ». Or alors qu’il séjourne dans le Hindu Kush en l’an 1221, le Khan exprime le souhait de rencontrer un moine taoïste qui détiendrait le secret de l’immortalité. Après sa rencontre, dit-il, il ne fera plus jamais la guerre… Focalisée sur un épisode méconnu de la vie du Khan (bien éphémère puisque sa soif de conquête reprendra quelques années plus tard), cette coproduction entre la Chine, le Japon et la Corée du Sud, aux costumes et aux décors naturels somptueux, est empreinte d’une grande spiritualité. Hélas, les interminables combats sont quelconques et les ralentis particulièrement abusifs. – DE (dvd) : Königreich der Eroberer. |
2014-2016 | ® (tv) Marco Polo (US) série de Joachim Rønning, Espen Sandberg, Alik Sakharov, etc. – av. Lorenzo Richelmy (Marco Polo), Bendict Wong (Koubilaï Khan). – cf. Italie 3.4 |
2014-2019 | ® (tv) Dirilis : Ertugrul [=La Résurrection d’Ertugrul] (TR) série de Mehmet Bozdag. – av. Engin Altan Düzyatan (Ertugrul Bey), Baris Bagci (le général mongol Bayju Noyan), Emre Ercil (le prince mongol Ariq Boqa, petit-fils de Gengis Khan). - cf. Turcs 5.2. |
2016/17 | Kazakh Khanate / Almas Kilis / The Diamond Sword (KZ/MN) de Rustem Abdrashev Arman Asenov/Kazakhfilm Studios-Almaty City Hall-Basis-A-Centaurus, 133 min. – av. Kairat Kemalov (Kereï Khan), Yerkebulan Dalyrov (Janibek/Zenibek Khan), Doskhan Zholnaksynov (le shah Mohammed Shaybani), Isbek Abilmazhinov (Asan Kaigy), Ayan Utepbergen (le khan Burindik/Bouryndyk, fils de Kereï), Meirgat Amangeldin (Kasim), Madina Esmanova (Zhahanbike), Niyazbek Shaisultanov (Shah Muhammed), Karlygash Mukhamedhzhanova (Rabiya), Bekbolat Tleukhan (Kaztugan). Une sorte de « Game of Throne version Kazakhstan » (BBC dixit). Entre 1465 et 1480, les sultans Kereï Khan et Zenibek/Janibek Khan, descendants de Gengis Khan, établissent le Khanat kazakh. Les premières années du Khanat sont marquées par d’incessants affrontements pour le contrôle de la steppe, notamment contre les Ouzbeks de Muhammad Shaybani. Ces diverses luttes de pouvoir, intrigues, meurtres et amours entre seigneurs de la steppe après la dissolution de l'Empire mongol se poursuivent dans divers autres films tels que Kazakh Khanate – Golden Throne (2019) du même réalisateur, ou Dawn of the Golden Steppe / The Rise of the White Khan / Uli Tala tañi (L'Aube de la grande steppe) (2022) d'Akan Satayev, qui conte les exploits de Kasym Khan, descendant direct de Jochi, le fils de Gengis Khan, etc. |
2017 | ® Korol Danylo (Le Roi Danilo) (UA) de Taras Khymych. - av. Sergey Yarmoshenko (le roi Danilo/Daniel Ier de Galicie), Rinat Khairullin (Khan Batou). - En 1239, Danilo investit Kiev, fief de ses ancêtres, mais l’année suivante, assiégée par Batou Khan, la ville ne peut résister aux catapultes mongoles, le bain de sang est épouvantable, 50'000 Ruthènes y perdent la vie. En 1245, les trois principaux princes de la Rus’, dont Danilo, sont convoqués à Saraï, capitale de la Horde d’Or. Seul Danilo survit à cette périlleuse rencontre diplomatique, les deux autres princes sont exécutés. Il se voit obligé de reconnaître formellement l’autorité du khan, car l’aide militaire promise par le pape n’arrivera jamais. - Cf. Rus' de Kiev 4.1 |
2017 | ® Legenda o Kolovrate [=La Légende de Kolovrat] (RU) de Dzhanik Fayziev et Ivan Shurkhovetsky. – av. Ilya Malakov (le chevalier Evpaty Kolovrat), Aleksandr Tsoy (Batou Khan, petit-fils de Gengis Khan), Georgi Pizzhelauri (le seigneur de guerre mongol Khostovrul). - En 1237, un chevalier de la principauté de Riazan, au sud-est de Moscou, combat héroïquement la Horde d’Or de Batou Khan qui a incendié la capitale et périt avec tous ses camarades. Impressionné, Batou Khan ordonne un enterrement princier en faisant construire une motte mortuaire. – Cf. Rus' de Kiev 4.1 |
2018 | ® (tv) Zolotaya Orda [=La Horde d’Or] (RU/KZ) télésérie de Timur Albatov. - av. Aleksandr Ustyugov (Yaroslav Aleksandrovitch, grand-duc de Vladimir), Ramil Sabitov (Khan Berke). - Fin du XIIIe siècle. Khan Berke, le chef déjà âgé de la Horde d’Or, cherche une nouvelle épouse qui lui donnera enfin un héritier. De retour dans sa capitale à Saraï, il apprend que son pire ennemi, le khan Houlagou, réunit une armée en Iran pour attaquer la Horde d’Or et prendre sa place. Khan Berke envoie donc son neveu Mengu-Temir dans la Rus’ de Kiev avec ordre d’y réunir 40'000 soldats. Sur place, ce dernier accepte de mobiliser un contingent militaire moins élevé si Yaroslav, grand-duc de Vladimir, envoie à Saraï la princesse Ustinia, sa belle-sœur, pour donner un héritier au grand khan Berke. Du marivaudage tataro-russe. – Cf. Rus' de Kiev 4.1 |
2018 | Zhan shen ji / Genghis Khan (CN) de Hasi Chaolu Jean-Jacques Annaud, Jie Bai, Alata, Gang Chen, Xingwang Hai, Chaolu Hasi, Hong Ling, Wenbin Wu/Fundemental Films-China Film Group Corporation-Soovii Beijing, 119 min./90 min. – av. William [Wai-Ting] Chan (Temoudjin dit Gengis Khan), Lin Yun (Börte), Hu Jun (Kuchuru), Ni Dahong (le chamane), Li Guangjie (Jamuga), Xinyi Zhang (Dodai), Baasanjav Mijid (Dei-Sechen), Tumen (Hoboyan, père de Jamuga), Gexige Baoyin (Bo’orchu), Bayaneruul (Yesugei), Yong Mei (Hoelun), Sixuan Chen (Hawwa), Faraji (Zhawu), Baisi Guleng (Harku). Temoudjin et Börte s’aiment depuis leur tendre enfance, mais la mort du père de Temoudjin brise leur relation. En retournant chez les siens, le jeune est surpris par l’attaque d’anciens camarades de son géniteur, des adeptes de sorcellerie qui annihilent toute sa tribu et le forcent à fuir se cacher dans les forêts… puis le film bascule dans le fantastique genre Lord of the Rings, avec magiciens, vieilles légendes et Temoudjin qui se transforme en dieu de la guerre mongol luttant contre une gigantesque créature démoniaque sous un ciel de tempête, etc. Hasi Chaolu défend ce produit hybride, voire déconcertant tourné en Mongolie-intérieure, sa patrie, en soutenant que le fantastique est indissociable de la culture et de la religion locale. Produit par le cinéaste français Jean-Jacques Annaud (Le Nom de la Rose) parallèlement à la préparation sur place de son propre film franco-chinois Le Dernier loup, ce curieux Gengis Khan aligne en fait douze sociétés sous la houlette de China Film Group Corporation ; indésirable en Chine pendant une dizaine d’années pour son film Sept Ans au Tibet (1997), le réalisateur se réconcilie ainsi avec Pékin. Film de clôture au 8e Beijing International Film Festival 2018. C'est la dernière fois que la Chine communiste produit un film sur Gengis Khan, nom "interdit depuis 2020 (cf. supra le post scriptum du film Mongol de 2007. – Titres alternatifs : The Legend of the Mongol King, The Legend of Temujin, Tie Mu Zhen Chuan Shuo [=Chronique du dieu de la guerre]. |
2019/20 | ® (tv-df) Savasin Efsaneleri / Legends of War [=Légendes de guerre] (TR) série de Mecit Güven, Muammer Kocak et Eren Aybars Arpacik. - av. Burak Memisoglu (Gengis Khan). - Une série docu-fictionnelle de la télévision turque dont chaque épisode de 52 minutes est consacré à un grand guerrier de l’histoire mondiale. - cf. Turcs 6.2. |
2019 | ® Zakhar Berkout / The Rising Hawk (UA/US) d’Akhtem Seitablayev et John Wynn. – av. Robert Patrick (Zakhar Berkout), Tsegmid Tserenbold (Burunda Khan), Erzhan Nurymbet (Merke, conseiller du khan). – En 1241, le chef montagnard Zakhar Berkout piège l’armée tataro-mongole de la Horde d’Or menée par Burunda Khan et l’anéantit au prix de sa vie dans les hauteurs des Carpathes. – Cf. Rus' de Kiev 4.1 |
2021-2023 | ® (tv-df) Tarihin Efsaneleri / Legends of History [=Légendes de l’Histoire] (TR) de Mecit Güven. - av. Serdar Denis (Gengis Khan), Ahmet Olgun Sünear (le général mongol Subutay), Serdar Can Kuri (Cebe, commandant de Gengis Khan), Ahmet Kayakesen (Celaleddin Harezmsah). - Autre série docu-fictionnelle turque qui reprend la formule de Savasin Efsaneleri / Legends of War (cf. supra), mais en consacrant deux épisodes de 45 min. au portrait de huit grands commandants du passé qui ont marqué la région, notamment à Celaleddin Harezmsah, chef de l’Etat de Khwarezmshah qui s’opposa vainement aux Mongols de Gengis Khan. – cf. Turcs 5.1 |
2021-2023 | ® (tv) Bozkir Arslani Celaleddin / Mendirman Jaloliddin (TR/UZ) série de Metin Günay, Nurgissa Almurat et Reza Himmeti. - av. Emre Kivilcim (le sultan Jalaluddin Mangburni/Harezmsah), Javohir Zakirov (Gengis Khan), Nurmuxammadxon Xusniddinov (Jozhikhan, fils aîné de Gengis Khan), Akmal Mirzo (Subutai, général de Gengis Khan). - Les exploits guerriers du sultan ouzbek Jalal ad-Din Mangburni (ou Jalaluddin Manguberdi), le dernier Khwarezmien warazmshah de la dynastie turco-perse des Anushteginid qui, à partir de 1220, résiste à plusieurs reprises aux invasions mongoles de Gengis Khan (tout en manifestant une égale sauvagerie que l’ennemi d’Asie), puis se réfugie avec ses guerriers successivement en Inde dans le Punjab, en Perse et en Géorgie. Son courage et sa vaillance suscitent l’admiration du Khan qui interdit qu’on le tue. Il finit assassiné par un partisan kurde à Silvan (Anatolie du Sud-Est) en 1231. – cf. Turcs 6.1 |