I - LE ROYAUME DE FRANCE

des Francs à Henri IV
Nota bene : par commodité, nous avons groupé tous les films et téléfilms ayant trait aux neuf Croisades dans cette première partie (cf. 4), car l’élan initial et les principaux protagonistes partis en Terre sainte pour y créer les éphémères États latins (ou francs) d’Orient, ainsi que les fondateurs de l’ordre du Temple, provenaient de l’Hexagone – de Godefroy de Bouillon à Saint Louis.

1. LES MÉROVINGIENS, ROIS FRANCO-GERMANIQUES (VIe-VIIe siècles)

Souverain d’une dynastie germanique de rois francs descendant de Mérovée (Francs Saliens) et originaires de Tournai [Belgique] vers 450, CLOVIS/CHLODWIG Ier soumet les Alamans et, par sa conversion au christianisme, s’assure l’appui du catholicisme contre les autres Germains chrétiens ralliés à l’arianisme. En 500, il réduit les Burgondes au tribut, puis rejette les Wisigoths en Espagne. A sa mort en 511, il laisse un royaume franc qui s’étend du Rhin aux Pyrénées. Celui-ci est démembré selon la coutume germanique entre ses quatre fils, THÉODORIC/THIERRY Ier, Clodomir, Childebert Ier et CLOTHAIRE Ier; seul ce dernier parvient à rétablir passagèrement l’unité clovisienne. La génération suivante procède à un nouveau partage des terres qui donne naissance à trois royaumes : l’Austrasie ou France de l’Est, la Neustrie ou France occidentale, avec l’Aquitaine, et la Bourgogne. DAGOBERT Ier (629/639), fils de Clotaire II de Neustrie, énergique, autoritaire et efficace, est le dernier Mérovingien qui exerce personnellement le pouvoir. Après lui, la dynastie mérovingienne décline rapidement (les « rois fainéants »). Pépin le Bref, fils de Charles Martel, dépose le dernier Mérovingien en 751, ouvrant la voie aux Carolingiens et à son fils Charlemagne.
1911Le Bon Roi Dagobert (FR) de Georges Monca
Société Cinématographique des Auteurs et Gens de Lettres (S.C.A.G.L.)-Pathé Frères S.A. (Paris), 155 m. - av. Charles Prince (le roi Dagobert Ier), Paul Landrin (saint Eloi), Germaine Reuver, Gabrielle Chalon. – Comédie burlesque. Affligé d’une cruelle infirmité, le roi Dagobert voit tout de travers, met sa culotte à l’envers et, pendant la chasse, prend son ministre Eloi pour un lièvre. Il surprend son fidèle écuyer aux côtés de la princesse Ragnetrude, cherche à le décapiter, mais l’écuyer, profitant de la légendaire distraction de son souverain, réussit à sauver sa vie. Une farce aux dépens de Dagobert Ier (606-639), fils de Clotaire II. Roi mérovingien des Francs (Austrasie) depuis l’an 629, sa souveraineté fut forte et stable, ce qu’on ne peut pas dire ni de ses prédécesseurs, ni de ses successeurs (cf. film de 1984). Selon le chroniqueur Wulfran de Strasbourg (VIIe siècle), Dagobert était myope et il lui arrivait de se heurter à des obstacles et faire des chutes, d’où découle probablement sa réputation d’éternel étourdi dans l’imagerie populaire (cf. commentaires du film de 1984).
1911Radgrune (FR) de Camille de Morlhon
« Série d’Art » Pathé Frères S.A. (Paris) no. 4366, 310 m. (dont 259 m. en couleurs). – av. Louis Ravet (Odobert), René Alexandre (le prince), Madeleine Roch (Radgrune). – Le prince mérovingien Odobert ayant fait saisir par une troupe armée un convoi dirigé sur le château voisin du prince Ildacre, celui-ci, pour se venger, fait enlever le fils de son ennemi, comme le lui a suggéré sa propre fille, Radgrune. Mais Radgrune s’éprend du beau captif dont elle a voulu la perte. Ayant imploré vainement de son père la grâce de son prisonnier, elle le délivre après avoir échangé ses vêtements contre les siens, puis se suicide pour échapper à la colère paternelle. – Drame que Camille de Morlhon met en scène aux studios Pathé à Vincennes avec trois artistes de la Comédie-Française. – US : Radgrune.
1912Le Bon Roi Dagobert (FR)
Etablissement Gaumont S.A. (Paris) (film parlant « Chronophone »), 1 bob. – Film expérimental sonore comprenant la fameuse chanson populaire écrite au XVIIIe siècle (cf. film de 1984).
1914Sainte Odile (FR) de Gaston Ravel
Etablissement Gaumont S.A. (Paris). - av. Delphine Renot (Odile), Jean Signoret, Musidora. – Au VIIe-VIIIe siècle. Fille d’un duc alsacien, Odile naît aveugle. Son père l’ayant rejetée, elle est conduite au monastère de Baume-les-Dames (Doubs) où ses yeux s’ouvrent à la lumière lors de son baptême, administré par l’évêque saint Erhard. Elle est la première abbesse du monastère de Hohenbourg, fondé par Adalric, et deviendra la sainte patronne de l’Alsace. – La première apparition à l’écran de Musidora, l’amie de Colette et, dès l’année suivante, la muse de Feuillade (« Les Vampires », « Judex »), avant de passer à la réalisation en 1916.
1954Δ Les Hommes ne pensent qu’à ça (FR) d’Yves Robert.
av. Jacques Hilling (le roi Dagobert Ier).
Dagobert (Fernandel) et saint Éloi (Gino Cervi) reçoivent les clés de la ville de Reims (« Le Bon Roi Dagobert », 1963).
1963Le Bon Roi Dagobert / Il re e il monsignore (FR/IT) de Pierre Chevalier
Cineurop-Filmere, 1h35 min. - av. Fernandel (le roi Dagobert Ier/le père), Gino Cervi (saint Eloi), Marthe Mercadier (Gomatrude, la première reine/la mère), Alain Morat (leur fils Sigesbert III/Bébert), Michel Galabru (Pépin), Pierre Doris (Césaric), Jean Tissier (le Grand Connétable), Dario Moreno (Charibert), Jacques Dufilho (Chilpéric), Darry Cowl (le bourreau), Pascale Roberts (la princesse Clotilde).
Synopsis : Comédie burlesque encadrée d’une action au XXe siècle : Ayant écopé à l’école de cent lignes à écrire sur le roi Dagobert, nourri de bandes dessinées et du feuilleton télévisé « Ivanhoé », le petit Bébert réinvente la vie du « bon roi » récrit l’Histoire à sa manière (pas une reconstitution sérieuse du Haut Moyen Âge, puisque c’est un potache qui l’imagine) … En 631, Dagobert part à la guerre contre son frère Charibert qui veut se faire déclarer roi de Reims à la place du jeune prince Sigisbert. Chilpéric l’alchimiste essaie en vain de faire périr Dagobert. Les deux conspirateurs enlèvent Sigisbert, mais celui-ci est délivré par la princesse Clotilde, une espionne sexy dont Dagobert fait sa cinquième reine et qui rejoint le harem des autres épouses royales.
Le tournage s’effectue aux studios de Boulogne, aux ateliers de Paris Studio Cinéma, dans la région parisienne et, coproduction oblige, en extérieurs au château d’Odescalchi à Bracciano, près de Rome. Il s’agit initialement d’un projet capoté d’Alex Joffé (aussi scénario) destiné à Bourvil, une production Silver Films-Hoche-Cinetel (printemps 1962). En reprenant l’affaire, Fernandel tente de renouer avec son succès populaire d’avant-guerre, « François Ier » (1936) de Christian-Jaque, tout en mobilisant à ses côtés Gino Cervi, le savoureux Peppone de son plus grand triomphe d’après-guerre, la série des « Don Camillo ». On est loin du compte : le Dagobert de cette médiocre pochade semble obsédé par une action d’éclat ou un bon mot qui le ferait entrer dans l’Histoire (le coup des culottes), aime toutes les femmes (« Je ne suis pas un saint, moi », dit-il à son évêque), se fait baptiser dans un tonneau plutôt qu’une cuve, le petit Bébert truffe son récit d’anachronismes simplets (« Alors, saint Eloi, ça boume ? »), Eloi y invente la poudre à canon et travaille à un ascenseur (« escaladeur d’étages brevète »), on sert au monarque un espresso empoisonné, les félons glissent sur les billes du prince, etc. – N. B. : officiellement, Dagobert n’eut qu’une épouse, la reine Nantilde (610-642).
Saint Grégoire, évêque de Langres (Henri Virlojeux), et son fidèle esclave gaulois (Jacques Fabbri) (tv 1972).
1972(tv) L’Esclave gaulois / Lo schiavo gallico (FR/BE/IT/CH/HU) de Jean-Pierre Decourt
série « Les grandes évasions historiques / Les Évasions célèbres » no. 10, ORTF-Pathé Cinéma-RTB-Hungarofilm-SSR-Difnei Cinematografica (1e Ch. 27.3.72), 57 min. - av. Jacques Fabbri (Léon, un esclave), Michel Giraudeau (Attale), Henri Virlojeux (Grégoire, évêque de Langres), Michel Vitold (le roi franc Thierry Ier/Théodoric, fils de Clovis Ier), Jacques Balutin (Albéric), Loumi Iacobesco (Yseut), Guy Delorme (Ludovic), Guy Fox (Alaric), Malka Ribovska (Markowefe), Gabriel Jabbour (le marchand), Michel Lebret (Vinitius), Alain Souchère (Berthold), Nicole Elfi (Andovere), Enrico Lopez (l’espion), Jacky Blanchot (cavalier franc), Marcel Gassouk (l’accusé), Roger Trapp (le plaignant).
La Gaule en l’an 532. Childebert, Clodomir, Clotaire et Théodoric, les quatre fils de Clovis Ier, se disputent le royaume. Théodoric (Thierry), l’aîné et le plus puissant, rentre de guerre contre les Alamans avec la fille du roi vaincu, Yseut. Pour exercer une pression contre ses frères, il prend comme otages les fils des sénateurs de Burgondie, dont le jeune Attale, fils du comte d’Autain et neveu de Grégoire, le très respecté évêque de Langres. Cuisinier bon-vivant, conseiller et esclave dévoué du saint homme, Léon se propose de délivrer son neveu en échange de son propre affranchissement. Il se rend à Metz, séjour du roi franc, où il constate qu’Attale est quotidiennement humilié et maltraité par les barbares mérovingiens. Musclé, il corrige un des leurs et gagne le respect et bientôt la confiance du roi Thierry, qu’il séduit par son beau-parler et initie aux délices de la cuisine épiscopale. Tandis que la cour des Francs se civilise sous son influence, il organise secrètement l’évasion d’Attale et de la belle princesse germanique Yseut. La fuite réussit. Reconaissant, Grégoire de Langes affranchit Léon et bénit son union avec Yseut.
Une saynète (en couleurs) inspirée d’un chapitre de L’Histoire des Francs de Grégoire de Tours (VIe siècle) et adaptée par Henri de Turenne et Jean-Pierre Decourt. Le récit, conté par un Léon bonhomme et pince-sans-rire (« ce n’est pas toujours facile d’être évêque avec quatre rois sur le dos ! ») met en scène quelques personnages historiques, notamment saint Grégoire de Langres, dit aussi Grégoire d’Autun (v. 446-539), et Thierry Ier (v. 485-534), guerrier brutal et cynique selon les chroniqueurs, roi du nord-est du royaume des Francs et de l’Auvergne.
1976(tv) [épisodes] La Chronique des Dubois (FR) de Jean-Jacques Goron
(TF1 3.2.76), 4 x 5 min. et 25 x 18 min. - av. Henri Virlojeux (Sigivald). - Chronique d'une famille franque, de l’Empire romain moribond du Ve siècle au Moyen Âge et jusqu’au XXe siècle. Une série écrite par Claude Caron et diffusée dans le cadre du programme « Collection » de l’après-midi.
1984Dagobert / Le Bon Roi Dagobert / Il buon re Dagobert (IT/FR) de Dino Risi
Georges Dybman/Manolo Bolognini-Opera-Gaumont-FR3-Stand’Art-Filmedis-Opera Film-Archimède International, 1h52 min. - av. Coluche (le roi Dagobert Ier), Michel Lonsdale (saint Éloi), Ugo Tognazzi (le pape Honorius et son sosie), Carole Bouquet (Héméré de Byzance), Michel Serrault (le moine Otarius), Krin Mai (la reine Nantilde), Marcello Bonini Olas (Héraclius Ier de Byzance), Isabella Ferrari (Chrodilde), Venantino Venantini (Demetrius), Francesco Scali (Landek), Sabrina Siani (Berthilde), Isabella Dandolo (Alpaide), Federica Paccosi (Ragnetrude), Gea Martire (Philliria), Antonio Vezza (Rutilius), Claudia Cavalcanti (Frédégonde), Mario Diano (Chlodomir).
Synopsis : Saint Éloi, le moine-conseiller de Dagobert, roi qui vit dans le péché, parvient à convaincre son souverain d’aller jusqu’à Rome pour tenter d’obtenir les indulgences du pape Honorius Ier. Mais celui que le roi rencontre est un sosie mis en place par l’empereur hérétique de Byzance, Héraclius (qui a des visées sur le royaume des Francs). C’est un peu grâce à Dagobert que le vrai pape réintègre ses fonctions, mais à son retour, le roi est empoisonné par le moine Otarius, séduit par la luxure de la vie romaine et qui lui succède en épousant Héméré, la sœur de l’empereur Héraclius (au mépris de la plus élémentaire vérité historique).

Un roi ridiculisé par la Révolution française
Coluche en Dagobert lubrique et lâche, Serrault en moine souffre-douleur, Lonsdale en saint Éloi et Tognazzi en pape, le tout filmé par Dino Risi, le prince de la comédie sarcastique à l’italienne, voilà qui aurait pu donner un cocktail jouissif. Le cinéaste vise une approche multiforme du sujet, à la fois « un film historique, d’aventures, politique, et une comédie burlesque ». Selon lui, les thèmes abordés y restent d’une grande modernité, l’ascension vers le pouvoir d’Otarius, par exemple, étant « proche de celle des ayatollahs en Iran : le pouvoir spirituel y est, là aussi, dénaturé. » Dagobert serait d’ailleurs le digne successeur d’une dynastie de souverains fainéants et hédonistes, plus à l’aise devant une table ou au lit, c’est-à-dire dans son « car à coucher » entouré de ses concubines, que dans l’exercice du pouvoir royal. Historiquement, le film cumule ainsi deux clichés mensongers qui ont la vie dure. D’une part la notion de « rois fainéants », forgée par Eginhard (biographe de Charlemagne) pour légitimer la prise de pouvoir carolingienne et dont les républicains du XIXe siècle, à l’époque de Jules Ferry, ont accentué la perception négative à travers l’école publique et l’imagerie populaire : des roitelets benêts se déplaçant dans de lourds chariots bâchés tirés par des bœufs, confortablement allongés sur des coussins moelleux. D’autre part Dagobert lui-même, qui était tout sauf un monarque ridicule (cf. film de 1911) ; au contraire, son règne a constitué une parenthèse de stabilité et de réformes politiques dans une période particulièrement troublée. Administrateur de talent, il réorganise la fiscalité pour la rendre plus équitable et encourage les comtes à rendre une justice moins intéressée, récompensant les plus intègres. Dernier roi de la dynastie mérovingienne à diriger personnellement son royaume, il enjoint le clergé de développer l’assistance à la population et l’aide aux plus démunis, prend pour capitale la ville de Paris, centralise au palais la frappe de la monnaie et fonde de nombreux monastères. Ce sont les chansonniers de la Révolution française qui infligeront à ce roi oublié une image de distraction et de maladresse, afin de tourner en dérision la monarchie : à travers « le bon roi Dagobert », ils visent en réalité Louis XVI et Marie-Antoinette. (Nota bene : les culottes n’existaient pas à l’époque de Dagobert !) Quant à saint Éloi, c’était, comme les autres évêques du royaume, un aristocrate qui avait fréquenté la cour avant d’être ordonné, responsable de la monnaie, puis évêque de Tournai à partir de 641.
Le roi Dagobert (Coluche) mis en appétit par la belle Héméré de Byzance (Carole Bouquet) (1984).
 Pourvu de séduisants décors de Dante Ferretti (« E la nave va… »), Risi tourne sa farce en couleurs à Cinecittà, dans la Villa d’Hadrien à Tivoli (Latium) et au château Caetani dans le bourg médiéval de Sermoneta (Latium). Comme le relève André Abet (Les Cahiers de la Cinémathèque no. 42-43/1985, p. 155), Dagobert mis à part, tout ce qui touche à la reconstitution de ce VIIe siècle est particulièrement réussi : aspect tribal de la cour mérovingienne, rusticité, promiscuité, absence de protocole, péril des déplacements hasardeux. À Rome, dans les vestiges impériaux envahis par les mauvaises herbes, règnent une morale chrétienne peu rigoriste mêlée aux paganismes orientaux, et une Église en constante compromission pour subsister. Voilà qui tranche sur les habituels clichés « médiévaux ». Mais Risi a commis auparavant l’erreur de réécrire le scénario original de Gérard Brach, jugé trop fin, trop intellectuel, avec l’aide de son vieux complice ès-hénaurmités Age (alias Agenore Incrocci, l’auteur de « I mostri », d’« Armata Brancaleone », de « C’eravamo tanto amati », etc.). Le film a été monté financièrement sur le nom de Coluche, comique de café-théâtre pratiquant un savant mélange de verve et de grossièreté dont la prestation surprenante dans « Tchao Pantin » vient de lui valoir un César. Une fois n’est pas coutume : Risi se fourvoie, son film, dont Coluche a pris les rênes, sombre dans le mauvais goût, la vulgarité grivoise, la sinistre loufoquerie servie à coups de pets et de rots, d’allusions lourdement scatologiques et de scènes paillardes. Seule lueur à l’écran, la vue de Carole Bouquet nue en princesse Héméré fort soucieuse de sa vertu. « Dagobert » est présenté à la Mostra de Venise dans la section « Mezzanotte », mais le film n’étant pas exactement un divertissement familial, c’est un fiasco public en Italie (où Coluche est peu connu) comme en France. - DE : Der dicke König Dagobert, GB : Good King Dagobert, ES : Dagobertus – locas historias medievales.
Le roi Clothaire (M. Barrier) est abandonné par son épouse, sainte Radegonde (Marisa Berenson), dans « L’Enfant des loups » (tv 1991).
1991**(tv) L'Enfant des loups / La hija de los lobos (FR/ES/CS) de Philippe Monnier
Parties : 1. Vanda – 2. La Peau de la louve – 3. La Révolte des nonnes
Céline Baruch/France 3-Antenne 2-Cinétévé-Televisión Española (TVE)-Sofinergie-Ceskoslovenksy Filmexport-CNC (FR3 1.-15.1.91 / TV2 1992), 3 x 65 min. - av. Marisa Berenson (sainte Radegonde, reine de France, épouse de Clotaire Ier), Laure Marsac (Vanda, l’enfant des loups), Marie-Christine Barrault (Mère abbesse Leubovère), Caroline Sihol (Mère-abbesse Agnès), Maurice Barrier (le roi Clothaire Ier), Diane Delor (Frédégonde, son épouse), Euzebio Lázaro (le moine-poète Fortunat, futur évêque de Poitiers), Agnès Blanchot (princesse Chrotielde, fille du roi Caribert), Jacques Le Carpentier (Romulf le Gaulois), Edouard Hastings (Albin, son frère), Sophie Durin (Basine, fille de Chilpéric), Franck-Olivier Bonnet (Wéroc, le boucher), Charlotte Maury-Sentier (Glodosinde, l’intendante), Patrick Massieu (Dagulf), Angel de Andrés López (Corbon,mercenaire saxon), Jean-François Vlérick (Rathier), Julieta Serrano (Begga, l’infirmière), Céline Gheeraert (Vanda enfant), André Julien (Moïse, le médecin juif), Dan Simkovitch (Urion, frère de Vanda), Pierre-Alexis Hollenbeck (Urion enfant), Régis Le Rohellec (Gontran, fils du roi Clotaire), Gil Lagay (Chilpéric, fils du roi Clotaire), Fabrice Bagni (Sigebert, fils du roi Clotaire), Christopher Thompson (Childéric), Kleber Bouzzone (l’esclave rebelle), Bernard Freyd (Grégoire de Tours), Myriam Lothammer (Disciola, novice ayant vu le Christ), Mado Maurin.
Synopsis : Vers 550, dans une Gaule déchirée par les luttes fratricides, la reine Radegonde (519-587) fonde à Poitiers le premier couvent de femmes d’Occident, le monastère Sainte-Croix (Aquitaine). Le roi mérovingien Clotaire Ier, fils de Clovis et de Clotilde, fait irruption au couvent avec ses fils et ses guerriers pour reprendre Radegonde, son ancienne femme (épousée six ans plus tôt). La reine résiste aux menaces. Il se résigne, toujours amoureux, et repart, tandis que Radegonde se fait couper les cheveux ; le moine Fortunat reste à ses côtés. Elle devient la marraine de Vanda, une enfant que Romulf le Gaulois a trouvée au milieu d’une meute de loups, dans la forêt, sur le site de la « Pierre Levée ». Au fil des ans, la population avoisinante doit faire face à la peste, puis à l’invasion des loups contre laquelle Vanda les protège. Albin, le jeune frère de Romulf, passionné de médecine, devient le confident, l’âme sœur, bientôt l’amoureux de Vanda. La rigidité de Mère Leubovère pousse les nonnes, menées par l’orgueilleuse princesse Chrotielde, à la révolte. Avertis de la mort de Radegonde, le mercenaire saxon Corbon et ses soldats veulent en profiter pour piller le monastère. Les esclaves du lieu saint prennent les armes et résistent vaillamment aux soudards. Le sang coule, mais l’entremise de l’évêque Grégoire de Tours et les loups protecteurs de Vanda sauvent la situation. Après avoir transpercé de flèches Corbon au cours de la bataille, Vanda et Albin se marient et le jeune couple émigre en Espagne avec le médecin juif Moïse.
Un sujet original et entièrement historique (à l’exception du personnage fictif de Vanda), repris du roman La Révolte des nonnes de Régine Desforges (1981). Ancien assistant de Joseph Losey et de Claude Sautet, Philippe Monnier donne à sa fresque - devenue entre-temps une véritable série culte - un cachet inhabituel de réalisme, de lyrisme et parfois de violence, ce qui lui vaut deux nominations au Sept d’or 1991 (meilleure série, musique). Marisa Berenson est fascinante en reine Radegonde, tout comme Marie-Christine Barrault. Le jeu des saisons, la proximité enveloppante de la forêt avec ses mystères et ses apparitions étranges (les loups), les relents de mysticisme et de paganisme, la très belle photo en lumière naturelle contribuent à créer un climat d’authenticité rarement vu dans ce type de production. Tournage principalement en Bourgogne, à l’abbaye de Fontenay (près de Dijon), aux Forges de Buffon, à Montbard, à Novers-sur-Serein, dans les forêts de Côte-d’Or, dans le Jura enneigé près de Pontarlier, à Gilley (Doubs) et à Noyers (Essonne).
2003(tv) Radegunde – die geraubte Prinzessin (DE) de Dirk Otto
série « Geschichte Mitteldeutschlands », saison 5, épisode 1, Mitteldeutscher Rundfunk (Winifred König) (MDR 2.11.03), 45 min. - av. Rahel Habluetzel (Radegonde de Poitiers), Isabella Gerwin (Radegonde jeune). Thiemo Schwarz (Clotaire Ier), Rahel Maria Savoldelli (Amalaberga).
Synopsis : Docu-fiction sur sainte Radegonde de Poitiers, reine des Francs (v. 519-587) et épouse du roi Clotaire Ier. En 531, le royaume de Thuringe est envahi par les troupes de Clotaire Ier, le roi franc de Neustrie, et de Thierry Ier, roi de Metz. Clotaire fait enlever la princesse Radegonde, un otage de onze ans. Sept ans plus tard, la reine Ingonde étant décédée, Clotaire décide d’épouser Radegonde à Vitry-en-Artois. Celle-ci tente de s’enfuir à Péronne, se résout à la cérémonie nuptiale, mais refuse de participer au banquet. Lorsque le roi fait assassiner son frère Hermanfried et son cousin et amoureux Amalafrid, Radegonde, attirée par une vie de prière, se détourne de la cour. Elle est consacrée diaconesse par saint Médard et fonde sur la terre de Saix, Vienne, que Clotaire lui avait donnée, un oratoire et un hospice où elle s’occupe elle-même des malades. C’est un des premiers hospices de France. Clotaire, qui a d’abord accepté la vocation de la reine, change d’avis et envoie en vain une troupe à Saix pour la ramener à la cour (cf. supra, « L’Enfant des loups »). À Poitiers, en 552, elle fonde l’abbaye Sainte-Croix, dont elle devient l’abbesse, où elle décédera à l’âge de 70 ans. De nombreux miracles lui sont attribués. Dirk Otto tourne l’histoire de cette « princesse enlevée » à Burg Lohra près de Sondershausen (Thuringe), sur un scénario de Steffen Jindra.
2007(tv) Im Zeichen des Kreuzes (Sous le signe de la croix) (DE) de Judith Voelker, Stephan Koetzer et Schoko Okroy
4e épisode de la série « Die Germanen (Les Germains) », Gruppe 5 Filmproduktion-Westdeutscher Rundfunk (Arte 28.7.07), 52 min. – av. Vilém Udatny (Radulf).
Docu-fiction intelligent et adroitement filmé, animations infographiques et comédiens anonymes dans les rôles de Clovis, Remigius, Frida, Vitus, etc. (partie fictionnelle tournée en Slovaquie). La migration des peuples barbares au IVe siècle a radicalement modifié la carte de l’Europe. Ayant défait Syagrius, dernier représentant de l’autorité romaine en Gaule, le Mérovingien Clovis/Chlodwig Ier, roi des Francs, 16 ans, affronte les Alamans à la bataille de Tolbiac / Zülpisch pour la conquête du Rhin en 496. En plein combat, Clovis abjure Wotan et invoque le dieu des chrétiens. Son compagnon Radulf (personnage fictif qui sert de fil conducteur) tue le roi des Alamans d’un coup de hache de jet (la franciscque). Après la victoire, Clovis s’érige en monarque absolu et protège les biens de l’Église (épisode du vase de Soissons). À Noël 496, il se fait baptiser à Reims avec 3000 de ses guerriers par l’évêque Remigius.
Fernandel en roi Dagobert dans la comédie de Pierre Chevalier (1963).