I - LA FRANCE

Louis XVI (Pierre Renoir) et Marie-Antoinette (Lise Delamare) aux Tuileries (« La Marseillaise » de Jean Renoir, 1937).

6. LOUIS XVI (1774 à 1792)

Né en 1754, fils du Dauphin Louis et de Marie Josèphe de Saxe, petit fils de Louis XV.
Reine: Marie-Antoinette de Lorraine d’Autriche (1755-1793).
Louis XVI hérite d’une situation financière désastreuse et, soumis à des influences contraires, il ne parvient pas à imposer des mesures de salut efficace (la suppression des privilèges financiers de la noblesse et de l’Église, l’égalité de tous devant l’impôt). La guerre d’Indépendance américaine conduit le gouvernement à la convocation des États généraux, où le roi a le tort de ne pas soutenir les revendications du tiers. Son attitude incohérente, la famine et le déclenchement de l’émeute parisienne du 14 juillet 1789 précipitent sa chute. Les Parisiens ramènent la famille royale dans la capitale. Le 10 août 1792, la prise du château des Tuileries par les révolutionnaires met fin à l’Ancien Régime. Après une tentative de fuite manquée (« la nuit de Varennes »), le roi est incarceré au Temple avec sa famille. Condamné à mort, il monte à l’échafaud le 21 janvier 1793. La reine le suit le 16 octobre.
1903Marie-Antoinette (FR) de Laurent Heilbronn 
Pathé Frères no. 1023, 175 m. (9 tabl.). – Tournage en extérieurs au Petit Trianon. – Tableaux : fête au Trianon, manuet au jardin, pic-nic, colin-maillard, rendez-vous galant. Prise de la Bastille (toile peinte), prison du Temple, le tribunal révolutionnaire, l’échafaud.
1908Un rapt sous Louis XVI (FR)
Pathé Frères no. 2062, 150 m.
1910L’Ecrivain public (FR)
Pathé Frères no. 4001, 150 m.
1910Une aventure secrète de Marie-Antoinette / Une aventure de Marie-Antoinette (FR) de Camille de Morlhon 
SAPF-Pathé Frères, 290 m. – av. Yvonne Mirval (Marie-Antoinette), Georges Wague. – Un jeune officier, jadis amoureux de Marie-Antoinette en 1780, tente vainement de sauver la reine en 1793.
1910La Fin d’une royauté (FR) d’André Calmettes 
Le Film d’Art-Pathé Frères, 260 m. – av. Blanche Dufresne (Marie-Antoinette), Clément (Simon), Alexandre Bernard (Collot d'Herbois), Berthe Bovy. – Marie-Antoinette au temps de sa splendeur, en 1784 au Trianon, et neuf ans plus tard, à la prison du Temple.
1911L’Aigle des roches (FR) de Michel Carré 
SCAGL-Pathé Frères no. 4072, 210 m. – av. Louis Ravet (Spartivento), André Hall, Aimée Tessandier, Fernand Tauffenberger. – Le brigand Spartivento sévit dans les Pyrénées.
1911Le Voleur volé (FR)
Pathé Frères, 160 m. – av. Georges Saillard. – Des brigands en province.
1912® Le Chevalier de Maison-Rouge (FR) d’Albert Capellani. – av. Léa Piron (Marie-Antoinette), cf. (7.10).
1913Les Aventures du chevalier de Faublas (FR)
Le Film d’Art (Delac & Cie.), 750/992 m. – av. Louise Marcilly, Georges Mauloy, la petite Colette.
D’après « Les amours du chevalier de Faublas », roman libertin de Louvet de Couvray (1787/1790) relatant les aventures amoureuses d’un jeune provincial installé dans la capitale avec son père et sa sœur.
1914® Du Barry (IT) de Mario Caserini. – Miss Robinson (Marie-Antoinette), cf. (5).
1916My Lady’s Slipper (US) de Ralph Ince 
Vitagraph Co. of America, 5 bob. – av. Earle Williams (lieut. Francis Burnham), Anita Stewart (comtesse de Villars), George O’Donnell (duc de Riveau-Huet), Julia Swayne Gordon (Marie-Antoinette), Joseph Kilgour (Louis XVI), Charles Chapman (Benjamin Franklin), Harry Northrup (marquis du Tremignon).
Un lieutenant de John Paul Jones, amiral de la flotte des insurgés américains, à la cour de Louis XVI.
1919® Blade af Satans Bog (DK) de Carl Theodor Dreyer. – av. Tenna Kraft (Marie-Antoinette), cf. (7.1).
1922® Die Rosenkreutzer (AT) de Robert Land. – av. Mlle Bresin (Marie-Antoinette), Paltin (Philippe d’Orléans), cf. Autriche : Joseph II (6).
1922Marie Antoinette, das Leben einer Königin (Les Lys rouges) (DE) de Rudolf Meinert 
Internationale Film-AG (Ifa)-Meinert Filmprod., 7 actes/3129 m. – av. Diana Karenne (Marie-Antoinette), Maria Reinhofer (l’impératrice Marie-Thérèse), Gustav May (Joseph II d’Autriche), Ludwig Hartau (Louis XV), Ernst Hofmann (Artois), Lia Eibenschütz (comtesse Polignac), Olga Limburg (Mme de la Motte), Eugen Burg (comte de la Motte), Viktor Schwannicke (Louis XVI), Olga Limbourg (comtesse de la Motte), Ernst Hofman (d’Artois), Uschi Ellest (princesse de Lamballe), Erich Kaiser-Titz (cardinal de Rohan), Georg H. Schnell (La Fayette), Hermann Valentin (Mirabeau), John Georg (Robespierre), Max Grünberg (Marat), Wilhelm Dieterle (Drouet), Heinrich Schroth (duc d’Orléans), Ernst Pia (Dr. Guillotin).
Une actrice et réalisatrice d’origine ukrainienne dans le rôle-titre de ce film écrit, produit et réalisé à Berlin par Meinert.
1923® L’Enfant-Roi (FR) de Jean Kemm. – av. Louis Sance (Louis XVI), André Lionel (Marie-Antoinette), cf. (7.7).
1925® Janice Meredith (US) d’E. Mason Hopper. – av. Edwin Argus (Louis XVI), Princess De Bourbon (Marie-Antoinette), Nicolas Koesberg (La Fayette), cf. Amérique du Nord (4.1).
1925® Madame Sans-Gène (US/FR) de Léonce Perret. – av. Louis Sance (Louis XVI), cf. XIXe s. : Napoléon.
1925/27® Napoléon (FR) d’Abel Gance. – av. Jack Rye (Louis XVI), Suzanne Bianchetti (Marie-Antoinette).
1930® Die Marquise von Pompadour (DE) de Willi Wolff. – av. Hans Rameau (Louis XVI, le Dauphin), cf. (5).
1930® Un caprice de la Pompadour (FR/DE) de Willi Wolff, Joe Hamman. – av. Jacques Christiany (Louis XVI, le Dauphin), cf. (5).
1930® Captain of the Guard (La Marseillaise) (US) de John S. Robertson, Paul Fejos. – av. Stuart Holmes (Louis XVI), Evelyn Hall (Marie-Antoinette), cf. (7.6).
1930® Danton (DE) d’Hans Behrendt. – av. Ernst Stahl-Nachbaur (Louis XVI), cf. (7.2).
1934® Madame Dubarry (US) de William Dieterle. – av. Maynard Holmes (Louis XVI), Anita Louise (Marie-Antoinette), cf. (5).
1936® La Marseillaise (FR) de Jean Renoir. – av. Pierre Renoir (Louis XVI), Lise Delamare (Marie-Antoinette), cf. (7.1).
1937[épisode :] Remontons les Champs-Elysées (FR) de Sacha Guitry ; Cinéas. – av. Anna Scott (Marie-Antoinette), René Fauchois (Jean-Paul Marat), André Laurent (Jean-Jacques Rousseau), Jean Hébey (Louis XVI).
1938**Marie Antoinette (Marie-Antoinette) (US) de Woody S. Van Dyke [Julien Duvivier, Jacques Tourneur] 
Metro-Goldwyn-Mayer, 160 min. – av. Norma Shearer (Marie-Antoinette), Tyrone Power (Axel de Fersen), Robert Morley (Louis XVI), Gladys George (Mme Du Barry), John Barrymore (Louis XV), Anita Louise (princesse de Lamballe), Joseph Schildkraut (duc d’Orléans), Mae Busch (Mme de La Motte), George Meeker (Robespierre), Walter Walker (Benjamin Franklin), Anthony Warde (Marat), Reginald Gardiner (Artois), Barnett Parker (Prince de Rohan), Cora Witherspoon (Mme de Noailles), Scotty Beckett (le Dauphin), Alma Kruger (Marie-Thérèse d’Autriche), Henry Daniell (La Motte), John Burton (La Fayette).
Le zénith des reconstitutions ruineuses du cinéma d’outre-Atlantique est atteint en 1938, à l’occasion du 15e anniversaire de la MGM. Dès 1934, le décorateur Cedric Gibbons et Sidney A. Franklin (réalisateur initialement prévu) sont attelés à la tâche. Destiné à la star de la maison, Norma Shearer, épouse du nabab Irving Thalberg, le film doit être « la première grande production de la MGM tournée en Europe », et en Technicolor. Mais après le décès soudain de Thalberg, l’idée est progressivement abandonnée pour des raisons de coûts ; on revient aussi au noir et blanc plus économique. Adrian, créateur des costumes (il en dessine 1250), séjourne à Paris et à Vienne, accompagné par l’ensemblier Edwin B. Willis. Robes et meubles d’époque, chandeliers en cristal, porcelaine de Sèvres et tapisseries d’Aubusson, tous importés de France, s’entassent à Culver City (ils feront ensuite l’objet d’une exposition spéciale à New York). Gibbons visite Versailles et ramène en Californie 12’000 photos, à partir desquelles il ne reconstruit pas moins de 98 décors – travail minutieux récompensé plus tard par la Légion d’honneur. Cette entreprise pharaonique de 2,3 millions de dollars comporte notamment les appartements privés des souverains, la Chapelle Royale, les escaliers de la Reine, la Galerie basse au fond de la Cour de Marbre, le pavillon du Temple de l’Amour au Petit Trianon, le Bosquet des Rocailles, une immense salle de bal à double colonnade (avec miroirs, parquet et luminaires empruntés à la Galerie des glaces, elle-même jugée trop étroite pour l’occasion), l’Opéra de Paris, le Manège où siège l’Assemblée aux Tuileries, la prison du Temple, la Conciergerie, etc. Pour les extérieurs, Gibbons décore l’édifice principal du champ de courses à Inglewood (Hollywood Park Racetrack) de telle sorte qu’il donne l’illusion de la façade est du château de Versailles ; le résultat, très probant, est combiné avec du métrage tourné sur place, le gouvernement français ayant pour la première fois autorisé des prises de vues du château utilisables comme arrière-fonds d’une production cinématographique. (Certains de ces plans d’ensemble, comme aussi ceux de l’exécution du roi, sont absents des copies en circulation.) La vue sur la guillotine au centre de la Place de la Révolution noire de monde, face à l’entrée du jardin des Tuileries, est une « matte painting » reprise de « A Tale of Two Cities » (1935) de Jack Conway.
Jugé trop méticuleux, Franklin a été remplacé par Van Dyke à la veille du tournage ; les cinéastes français Julien Duvivier et Jacques Tourneur collaborent aux scènes d’insurrection. Le scénario est tiré de la monographie de Stefan Zweig (1933) et l’on peut reprocher au film sa propension à transformer l’« Autrichienne » en pure victime des circonstances ou à diaboliser sans nuance les insurgés (éléments repris de l’écrivain viennois), sans parler d’une série d’approximations (le public français ne goûtera pas la caricature de Louis XVI que donne l’excellent Robert Morley) ou de raccourcis historiques de taille (on passe sans avertir de Versailles aux Tuileries). Toutefois, avec Van Dyke, le récit gagne en rythme et en impact visuel ; le réalisateur s’inspire des tableaux de Rigaud et de Mme Vigée-Lebrun, faisant ressortir la délicatesse des dentelles, les clairs-obscurs des jardins royaux, tandis que le jeu souvent un peu trop maniéré de Norma Shearer accentue, tel un perpétuel menuet, la frivolité et la superficialité décadente du milieu. Le calvaire final de Marie-Antoinette, sa montée sur l'échafaud, l'incrustation sur le couperet de la guillotine d'un plan du début ("Comme c'est merveilleux, maman, je vais devenir reine de France !") ne manque pas d'allure. Peu de films ont su capter aussi scrupuleusement l’atmosphère de l’Ancien Régime et, avec le recul des ans, cette extravagante « Marie Antoinette », romantique et romanesque à souhait, se révèle un hommage implicite à la civilisation française du XVIII e siècle, certes made in Hollywood, mais unique en son genre.
Marie-Antoinette (Norma Shearer) s’éprend du comte de Fersen (Tyrone Power) (« Marie Antoinette », 1938).
1940New Moon / Parisian Belle (L’Île des amours) (US) de Robert Z. Leonard [et W. S. Van Dyke] 
Metro-Goldwyn-Mayer, 105 min. – av. Jeanette MacDonald (Marianne de Beaumanoir), Nelson Eddy (Charles, duc de Vidier), Mary Boland (Valérie de Rossac), George Zucco (vicomte Ribaud), H. B. Warner (Père Michel), Grant Mitchell (gouverneur de la Nouvelle-Orléans).
Comédie en musique : en 1789, à la Nouvelle-Orléans, un aristocrate condamné par Louis XVI se fait pirate et sévit dans les Caraïbes jusqu’à l’avènement de la Révolution. Le film est commencé par Van Dyke, qui est mobilisé après deux semaines et cède sa place à Leonard (d’après l’opérette d’Oscar Hammerstein II, déjà filmée en 1931, mais dont l’action est alors située en Russie tsariste). Extérieurs à Santa Catalina Island.
1942® Der grosse König (DE) de Veit Harlan. – av. Hilde von Stolz (Marie-Antoinette, la Dauphine), cf. Allemagne : Prusse (8).
1945® The Fighting Guardsman (US) de Henry Levin. – av. Lloyd Corrigan (Louis XVI). – Version fantaisiste de « Les Compagnons de Jéhu » d’Alexandre Dumas, cf. Directoire (8.9).
1951® Maria Theresia (L’Impératrice Marie-Thérèse) (AT) d’Emile Edwin Reinert. – av. Loni von Friedl (Marie-Antoinette), cf. Autriche (5).
1953[épisode :] Si Versailles m’était conté (FR) de Sacha Guitry 
CLM Cocinex. – av. Gilbert Boka (Louis XVI), Lana Marconi (Marie-Antoinette), Jean-Claude Pascal (Axel de Fersen), Orson Welles (Benjamin Franklin), Jacques Berthier (Robespierre), Bernard Dhéran (Beaumarchais), Gilbert Gil (Jean-Jacques Rousseau), cf. aussi l’affaire du collier de la reine (6.1).
1953® Il cavaliere di Maison-Rouge (IT) de Vittorio Cottafavi. – av. Renée Saint-Clair (Marie-Antoinette), cf. (7.10).
1953Treasure of the Golden Condor (Le Trésor du Guatemala) (US) de Delmer Daves [Otto Preminger] 
Jules Buck/20th Century-Fox, 93 min. – av. Cornel Wilde (Jean-Paul de St. Malo), Constance Smith (Clara MacDougal), Finlay Currie (MacDougal), Anne Bancroft (Marie, comtesse de St. Malo), George Macready (Edouard, marquis de St. Malo), Fay Wray (Annette, marquise de St. Malo), Walter Hampden (Pierre Champlain), Leo G. Carroll (Raoul Dondel), Konstantin Shayne (père Benoît), Ernest Borgnine.
Destitué de ses droits par son tuteur, le marquis de St. Malo, qui le fait passer pour un bâtard et le traite comme un valet, Jean-Paul, un nobliau breton, fait fortune au Guatemala, où il découvre des trésors mayas et la femme de sa vie, une Écossaise. Il revient brièvement en France pour confondre le marquis félon et récupérer son titre. Remake plaisant de « Son of Fury » de John Cromwell (1942), tourné en Technicolor au Guatemala et à Century-City, L. A. d’après le roman « The Story of Benjamin Blake, Son of Fury » d’Edison Marshall (1941). La Bretagne et l’Amérique centrale remplacent ici l’Angleterre et les îles du Pacifique. Otto Preminger effectue quelques retakes (la scène du condor). Première version, cf. Angleterre (9).
1954(tv) The Turbulent Air (US) d’Albert McCleery 
« The Hallmark Hall of Fame » no. 101 (NBC 28.2.54). – av. John Hudson (Lavoisier). – Les découvertes du chimiste Antoine-Laurent de Lavoisier (1743-1794).
1954(tv) The Last Moment of Marie Antoinette (October 16, 1793) (US) de Sidney Lumet 
« You Are There » no. 44 (CBS 31.1.54), 30 min. – Un reporter commente les derniers instants de la reine.
1955*Marie-Antoinette, reine de France / Maria Antonieta, regina di Francia (FR/IT) de Jean Delannoy 
Les Films Gibé-Franco London-Rizzoli, 120 min. – av. Michèle Morgan (Marie-Antoinette), Richard Todd (Axel de Fersen), Jacques Morel (Louis XVI), Aimé Clariond (Louis XV), Guy Tréjan (La Fayette), Yves Brainville (Danton), Anne Carrère (Mme Du Barry), Jean Claudio (Fouquier-Tinville), Jacques Dufilho (Marat), Camille Guérini (Necker), Raphaël Patorni (Etienne-François duc de Choiseul), Olivier Richard (le Dauphin).
Intimisme et tableaux de genre : le parcours de Marie-Antoinette, des derniers jours de Louis XV qui la font reine, jusqu’à son exécution. C’est la première fois depuis quarante-cinq ans que la souveraine jadis tant haïe se trouve au centre d’une fiction française, et ne fût-ce qu’à ce titre (combien révélateur du climat socio-politique), le film mérite le coup d’œil. Au fil des ans, Alexandre Dumas et l’Autrichien Stefan Zweig ont contribué à la réhabiliter par leurs écrits (et bien sûr les films qui en ont été tirés … à l’étranger). Le récit est fidèle à l’histoire dans les grandes lignes (caution : Philippe Erlanger), en montrant aussi une Marie-Antoinette frivole et de cuisse légère, plongée dans le luxe frélaté du Petit-Trianon, en développant son idylle avec le comte de Fersen (qu’elle a séduit), un point toujours contesté par les milieux monarchistes. Le film lui trouve des excuses, une jeunesse passée dans une cage dorée loin des réalités du monde, un manque de curiosité, de mauvais conseillers qui la préservaient de toute influence extérieure. L’incarnation de Michèle Morgan, très classe, à la fin même intensément tragique (le croquis de David prend vie), fait battre le cœur du public français et c’est non une « Autrichienne » dédaigneuse, mais bien une héroïne française, sous les traits de la star française par excellence, qu’il applaudit au baisser du rideau. Une réhabilitation nationale qui s’impose dans le climat tendu de l’après-guerre et des premières défaites coloniales.
Delannoy livre de l’illustration très soignée, mais sans audaces, aseptisée et guindée, loin du romanesque hollywoodien et de son charme. Tournage en Technicolor aux studios de Boulogne-Billancourt, et en extérieurs à Versailles (galeries des glaces, salon de Mars, chapelle, escalier de la reine), à Malmaison, au Petit-Trianon et dans la forêt de Marly (Trou-d’Enfer) pour l’épisode de Varennes. Sélectionné comme œuvre de prestige pour le gala d’ouverture du festival de Cannes 1956, en présence du ministre de la justice, François Mitterrand. Le film fait 2,280 millions d’entrées dans l’Hexagone.
1955[épisode :] Si Paris nous était conté (FR) de Sacha Guitry. – av. Gilbert Boka (Louis XVI), Lana Marconi (Marie-Antoinette), Aimé Clariond (Beaumarchais), Benard Dhéran (Voltaire).
1957Δ The Story of Mankind (US) d’Irwin Allen ; Warner Bros. – av. Marie Wilson (Marie-Antoinette).
1957(tv) The Magnificent Egotist (GB) de Rudolph Cartier 
« BBC Sunday-Night Theatre » (BBC 14.7.57), 90 min.. – av. Arthur Ridley (marquis de Mirabeau), Vera Fusek (Marie Antoinette), Cyril Shaps (Robespierre), Rupert Davies (Gabriel Mirabeau), Anton Diffring (La Marck), John Cazabon (Frochot), Sonia Dresdel (Sophie), Kenneth Edwards (Cabanis). – Scénario de Michael Voysey, d’après un texte de Hugh Ross Williamson.
1958(tv) Le Procès de Marie-Antoinette (FR) de Stellio Lorenzi 
série « La Caméra explore le temps » no. 16 (TF1 19.10.58), 120 min. – av. Annie Ducaux (Marie-Antoinette), Michel Bouquet (Robespierre), Louis Arbessier (Barère), Jean Rochefort (Chauveau-Lagarde), Alain Nobis (Hébert), Alain Saury (Hérant de Séchelles), Manouchka (Rosalie), Philippe Mareuil (Rougeville), François Maistre (Fouquier-Tinville).
Le transfert de Marie-Antoinette du Temple à la Conciergerie pour y être jugée (1.8.1793), l’annonce, les préparatifs et les aléas du procès, leur contexte politique et international et le complot royaliste appelé « Conspiration de l’œillet » pour faire évader la reine. Une émission de Stellio Lorenzi, Alain Decaux et André Castelot, filmée en noir et blanc aux studios des Buttes-Chaumont.
1959(tv) L'Ancre de miséricorde (FR) de François Gir
RTF (1e Chaîne 17.5.59), 76 min. - av. Elisabeth Manet, Paul Preboist, Antoine Marin, Daniel Sorano, Yves Denlaud, Maurice Juniot, Liliane Ponzio, Roger Saget, Pierre Risch, Georges Douking, Jacques Torrens, René Hieronimus, Georges Poujouly, Jean-Pierre Helbert, Alain Saury, Maria Verdi, Roland Charbaux, Nat Lucien, Jean-Claude Boekio, Nina Grégoire.
Première adaptation télévisuelle du roman d'aventures maritimes de Pierre Mac Orlan paru en 1941, adaptée et dialoguée par l'auteur (en collaboration avec Youri). Scénario cf. infra, remake de 1977.
1959® John Paul Jones (US) de John Farrow. – av. Jean-Pierre Aumont (Louis XVI), Susana Canales (Marie-Antoinette). – cf. Amérique du Nord (4.9).
1959(tv) Prozessakte Louis Capet. Eine imaginäre Revisionsverhandlung (DE) d’Arthur Müller 
Süddeutscher Rundfunk (ARD 10.8.59, 60 min. – av. Detlof Krüger (Louis XVI), Armas Sten Fühler, Helmuth Hinzelmann, Kurt Hübner. – Le procès de Louis XVI en révision.
1960(tv) La Nuit de Varennes (FR) de Stellio Lorenzi 
série « La caméra explore le temps » no. 24 (TF1 4.6.60), 117 min. – av. Robert Lombard (Louis XVI), Eléonore Hirt (Marie-Antoinette), Philippe Mareuil (Goduelat), Jacques Castelot (duc de Choiseul), Marc Cassot (Drouet), Georges Riquier (Sauce), Philippe Darbon (Radet), Charles Lavialle (Coquillard).
1961® La Fayette / La Fayette, una spada per due bandiere (FR/IT) de Jean Dréville ; Copernic-Cosmos, 160 min. – av. Michel Le Royer (Marie-Joseph Motier, marquis de La Fayette), Liselotte Pulver (Marie-Antoinette), Albert Rémy (Louis XVI), Henri Tisot (Philippe d’Orléans, frère du roi). – cf. Amérique du Nord (4.3).
1961(tv) Quitte pour la peur (FR) de Jean-Marie Coldey
(1e Ch. RTF 5.9.61), 40 min. – av. Pierre Michaël, Louis Arbessier, Marianne Lecène, Véronique Silver. – Une duchesse qui n’a pas vu son époux depuis deux ans tombe enceinte, d’après la comédie en un acte d’Alfred de Vigny (1833).
1962(tv) La Nuit de nos adieux (FR) de Georges Lacombe
(TF1 14.4.62). – av. Jean Desailly (Louis XVI), Simone Valère (Marie-Antoinette), Jacques Toja (Axel de Fersen), Bernard Veron (commissaire Normand), Martine Sarcey, Marcel Cuvelier.
Le 14 février 1792, au retour de Varennes, la reine prend congé d’Axel de Fersen (d’après la pièce d’André Josset).
1963® (tv) Le Chevalier de Maison-Rouge (FR/IT) de Claude Barma. – av. Sylvie Sergy (Marie-Antoinette), cf. (7.10).
1964(tv) A face oculta de Maria Antonieta (BR) de Geraldo Vietri
G. Vietri/"TV de Comédia" (TV Tupi 1.3.64). - av. Vida Alves (Marie-Antoinette), Patricia Mayo, Guy Loup, Amàndo Silva Filho, Amilton Fernandes, Marcos Plonka, Jean Carlo, Altair Lima, João Monteiro, Eduardo Abas, Nena Nascimento, Walter Carvalho. - "La face cachée de Marie-Antoinette", une comédie de Geraldo Vietri.
1964® (tv) La primula rossa (IT) d’Antonello Falqui. – av. Silvio Gigli (Louis XVI), cf. (7.12).
1965® Rose rosse per Angelica (IT) de Steno. – av. José Maria Caffarel (Louis XVI), cf. (7.1).
1966® (tv) Reign of Terror (US) de Sobey Martin. – av. Monique Lemaire (Marie-Antoinette), Patrick Michenaud (le Dauphin), cf. (7.1).
1967® (tv) Valmy (FR) d’Abel Gance etc. – av. Aram Stephan (Louis XVI), cf. (7.1).
1968(tv) Madame Legros (DE) de Michael Kehlmann 
Bayerischer Rundfunk (ARD 28.11.68), 120 min. – av. Elfriede Kuzmann (Madame Legros), Anneliese Stöckl (Marie-Antoinette), Adrienne Gessner (marquise de Sarclé), Elisbeth Neumann-Viertel (Mme Touche), Gaby Herbst (Fanchon), Horst Niendorf (M. Legros), Gerd Baltus (chevalier d’Angelot).
En 1789, Madame Legros fait libérer un innocent incarcéré depuis quarante-trois ans à la Bastille (d’après la pièce de Heinrich Mann, 1913).
1969® (tv) Madame Quinze (FR) de Jean-Roger Cadet. – av. Jacques Boehli (Louis XVI, le Dauphin), Catherine Brillat (Marie-Antoinette), cf. (7.1).
1970® Start the Revolution without Me (US) de Bud Yorkin. – av. Hugh Griffith (Louis XVI), Billie Whitelaw (Marie-Antoinette), cf. (7.1).
1971(tv) Le Voyageur des siècles (FR) de Jean Dréville 
ORTF (TF1 7-28.8.71), 4 x 90 min. – av. Robert Vattier, Hervé Jolly, Roger Carel (cpt. Napoléon Bonaparte), Pierre Mirat (Louis XVI), André Var (Louis-Antoine Fauvelet de Bourrienne), Lucien Fegis (Gamain, serrurier du roi). – Voyage dans le temps.
1974(tv) Le Fol Amour de Monsieur de Mirabeau (FR) d’Hervé Bromberger
(FR3 5.11.-3.12.74), 4 x 52 min. – av. Bernard Crombey (Honoré-Gabriel Riquet, comte de Mirabeau, 1749-1791), Jacques Monod (Victor Riquet, marquis de Mirabeau, son père), Agathe Natanson (Sophie de Monnier), Pierre Nègre (le bailli), Edmond Beauchamp (Dupont de Nemours), Richard Martin (Ney), Pierre Fromont (Muron), Maria Laborit (Emilie de Marignane).
1773-1777 : les démélés d’Honoré Gabriel Riquet, comte de Mirabeau (1749-1791) avec la justice et avec son père, un économiste qui l’avait jadis chassé du château familial. Son mariage avec Emilie, qui le trompe, son séjour auprès de sa sœur Louise dans son hôtel de Cabris, son emprisonnement au château d’If, d’où il s’échappe grâce à la complicité de Sophie de Monnier, et son séjour à Amsterdam avec cette dernière, épouse du président de la Cour des comptes devenue sa maîtresse.
1974(tv) La Juive du château Trompette (FR) de Yannick Andréi 
ORTF-FR3 Aquitaine (FR3 8.12.74), 6 x 55 min. – av. Odile Versois (marquise de Beauséjour), Anne Doucet (Sarah), Nicolas Silberg (Raoul de Blossac), Michel Creton (comte de Coarasse), Jacques Balutin (Clodion de Main-Hardige), Angelo Bardi (Galaor de Casterac), Philippe Mareuil (marquis de Beauséjour), Christian Bigeau (Philippe de Blossac), Jacques Gripel (Henri de l’Agenais), Frank Estange (capt. Bouracan), Serge Nadaud (le juif Samuel).
Bordeaux en 1792 : le comte Raoul de Blossac tire la Belle Sarah, qu’aime son cousin Philippe, des griffes de la terrible marquise de Beauséjour et de son âme damnée, Bouracan (d’après le feuilleton de Ponson du Terrail, 1887). Tournage en Aquitaine et dans la région bordelaise.
1974/75(tv) Marie-Antoinette – 1. L’Enfance et la jeunesse de Mme la Dauphine (Les Délices du royaume) – 2. Une reine pour Figaro – 3. Le Roi n’a qu’un homme : sa femme – 4. La Chute / Le Fléau des Français (FR) de Guy-André Lefranc
ORTF (TF1 24.12.75-14.1.76) [d’apr. J. Chatenet et J. Cosmos], 6h07 / 4 x 90 min. – av. Pascale Christophe/Geneviève Casile (Antonia/Marie-Antoinette), Jean-Michel Farcy/François Dyrek (le Dauphin/Louis XVI), Françoise Seigner (Marie-Thérèse), Philippe Laudenbach (Josef II d’Autriche), Michèle Grellier (Mme du Barry), Robert Rimbaud (Louis XV), Yves Brainville (Gluck), Gisèle Touret (Mme de Noailles), Gérard Caillaux (comte de Provence), Henri Deus (Axel Fersen), Corinne Le Poulain (Mme de Polignac), Jacques Alric (Necker), Pierre Meyrand (Mirabeau), Joël Felzines (comte d’Artois), Anne Le Fol (Mme de Lamballe), Jacques Lalande (Hébert), Victor Garrivier (Fouquier-Tinville), Jean Turpin (Simon), Yves Arcanel (Michonis), Eric Brunet (le Dauphin, Louis XVII).
Une tentative à moitié aboutie de retrouver le vrai visage de la reine en déroulant le fil de sa vie, vue à travers ses yeux (scénario de Jean Chatenet, dialogué par Jean Cosmos). On n'évite pas les clichés, mais l'ensemble a du charme. Tournage en couleurs dans des décors authentiques, aménagés: Versailles, Champs-sur-Marne, la rue du Bac, Senlis, Saint-Sulpice, Vincennes.
1975(tv) Aurore et Victorien (FR) de Jean-Paul Carrère
ORTF-SFP (TF1 19.2.75 / 19.11.77), 20 x 13 min. / 5 x 52 min. – av. Véronique Jannot (Aurore de Réquistat), Jacques Buron (Victorien Lieutadès), Yves Vincent (comte Bertrand de Réquistat), Chantal Nobel (Agnès de Réquistat), Simone Renant (la comtesse de Réquistat), Nicolas Vogel (baron Clodomir du Coufour), Serge Maillat (Gustave d'Entrevaux), Alain Nobis (l'abbé Cortat), Lina Roxa (Germaine), Martine Ferrière (mère de Victorien), René Morard (Goulet), Robert Brémant (François).
1775 en Auvergne, les amours contrariées de la jeune comtesse Aurore, fille d'un riche seigneur, et de leur régisseur Victorien, un roturier parti pour combattre aux côtés de La Fayette en Amérique, bientôt happé par la Révolution. Adaptation du roman (et du scénario) de Maurice Toesca, Le Bruit lointain du temps (1975). Le feuilleton débute en 1760 par la chasse d'une bête similaire à celle du Gévaudan, que Victorien parvient à abattre; pour le remercier, le comte le nomme régisseur de ses terres. Quinze ans plus tard, la fille du comte, Aurore, qui est devenue une jolie jeune femme indépendante qui aime lire Voltaire et Rousseau, s'éprend du courageux régisseur... De beaux paysages naturels, mais une interprétation très inégale et une narration traînante.
1975® (tv) L’Attentat de Damiens (FR) de Pierre Cavassilas. – av. Frank Olivier (Louis XVI, le Dauphin), cf. (5).
1975(tv) Sara (FR) de Marcel Bluwal
(TF1 21.5.75), 105 min. – av. François Périer (Nicolas Restif de La Bretonne), Danièle Lebrun (Sara Leeman), Roland Bertin (Florimond), Luce Garcia-Ville (Mme Delbée Leeman), Pierre Vernier (La Valette), Hélène Manesse (Aglaé), Pierre Meyrand (Maret), Raymond Baillet (Belin), François Dyrek (typographe), Hélène Manesse, Pierre Meyrand, Jacques Serres.
Portrait de la société française en 1779 au travers de l’histoire d’une passion amoureuse déçue de Nicolas Restif de La Bretonne (1734-1806), quarante-cinq ans, fatigué, pour Sara, dix-huit ans, la fille de sa logeuse qui sort du couvent. En réalité, celle-ci est une prostituée de connivence avec sa mère pour le dépouiller…
Bluwal cherche moins à être fidèle au roman éponyme de Restif qu’à restituer un portrait fidèle de l’écrivain enfermé dans son personnage de libertin, ouvrier typographe, écrivain fauché, érotomane assumé, faible, versatile et porté au plaisir. Un mélange cruel de romantisme et de grivoiserie, dominé par le face-à-face passionnant de François Périer et Danièle Lebrun.
1976® (tv) The Adams Chronicles (US) de Paul Bogart etc. – Lance Davis (Louis XVI), cf. Amérique du Nord (4.6).
1976® (tv) La Destinée de Monsieur de Rochambeau (FR) de Daniel Lecomte. – av. Marc Cassot (Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau), Jean-Noël Dalric (La Fayette), Yan Brian (Fersen), Paul Pavel (Noailles). – Louis XVI envoie le vieux comte au secours de George Washington. Cf. Amérique du Nord (4.3).
1977(tv) L'Ancre de miséricorde (FR) de Bernard d'Abrigeon
(TF1 9.2.77), 90 min. - av. Pascal Sellier (Yves-Marie Morgat, dit P'tit Morgat), Paul Le Person (le Père Morgat), Myriam Boyer (Manon), Jacques Denis (Jean de la Sorgue), Françoise Bertin (Marianne), Roger Jacquet (M. Burnst, chirurgien de marine), Stéphane Proust (le mousse du Lys), Daniel Bernard (La Framboise), Jacques Fortunas (Kilvinec), Michel Orsini et Pierre Calvez (les forçats), Mag Avril (Mme Lemeur), Jean-Gabriel Nordmann (Nicolas), Yves Elliot (Poder), Pierre Risch (Dacé), Georges Adet (M. de Pinville, receveur des douanes), Roger Ibanez (Pillawer), Gilbert Roimarmier (le brigadier), Michel Anderson (La Pervenche), Armand Babel (Guénolé), Pierre Charras (le garde-côte), Jean-Claude Fal (le grêlé).
A Brest en 1777. Yves-Marie Morgat est un adolescent de 15 ans, élève au collège des Jésuites, que son père (propriétaire de la boutique marine "L'Ancre de la miséricorde") destine à l'école d'artillerie de Metz pour en faire un officier du roi. Mais le garçon se lie d'amitié avec un forçat en liberté surveillée, Jean de la Sorgue, qui a été injustement condamné pour actes de piraterie, et envoyé au bagne pour les crimes d'un autre, le Petit Radet, un pirate redouté que l'on a longtemps cru mort. Morgat accepte de l'aider à retrouver le coupable afin de le confondre et prouver l'innocence de son ami.
Deuxième adaptation télévisuelle (cf. 1959) du roman d'aventures maritimes de Pierre Mac Orlan, publié en 1941. Un beau livre d'images adapté par Francis Lacassin et d'Abrigeon, et filmé en Bretagne: à la fois invitation au voyage et réflexion sur le remords et la culpabilité. La figure de proue du trois mâts reconstitué pour le tournage a été exposée au Musée de La Marine de Lorient.
1977® (tv) Meeting of Minds (US) de Loring d’Usseau. – av. Jayne Meadows (Marie-Antoinette), cf. Amérique du Nord (4.1).
1978® (tv) Ce diable d’homme – Voltaire (FR) de Marcel Camus. – av. Jean-Pierre Lugan (Louis XVI), cf. (5.1).
1978*(tv) 1788 (FR) de Maurice Failevic 
« Dossiers de l’écran », Antenne 2-ORTF (A2 28.3.78), 102 min./99 min. – av. Georges Gouvert (Joseph Coquard), Richard Fontana (Guillaume Coquard), Aline Bertrand (Clémence Coquard), René Camoin (le comte), Jacques Mathou (Renaud Martin), Micheline Muc (Rosine Martin), Fred Maubert (le régisseur), Gaëtan Jor (le curé), Jean Puyberneau (le juge).
Ecrasés par les taxes et expulsés des pâtures communales, des paysans aisés d’un village en Touraine en 1788/89 intentent un procès au comte et rédigent avec Guillaume Coquard des « cahiers de doléances » destiné à la réunion des États Généraux convoqués par le roi à Versailles. À la veille de la convocation des États, le village perd son procès. La nuit du 4 août 1789, les députés votent l'abolition des privilèges. Les paysans pourront les racheter. Mais les plus pauvres s'interrogent: avec quoi? Peinture marquante du monde rural à l’aube de la Révolution et un des rares films de l’Hexagone favorables à l’insurrection nationale, tout en rendant compte de ses causes (d’apr. un scénario de Jean-Dominique de la Rochefoucauld et Maurice Failevic).
1979® (tv) La Nuit de l’été (FR) de Jean-Claude Brialy. – av. Marina Vlady (Marie-Antoinette), Henri Tisot (Louis XVI), Romain Velier (le Dauphin), Gérard Chambre (Axel Fersen). – La nuit de Varennes, cf. Révolution (7.1).
1979[(tv) Lady Oscar / Berusaiyu no bara / The Rose of Versailles] (JP) d’Osamu Dezaki, Tadao Nagahama ; Tokyo Movie Shinsha, 40 x 23 min. – Série d’animation av. voix de Katsuda Hisashi (Louis XV), Miyuki Ueda (Marie-Antoinette), Nachi Nozawa (Axel von Fersen), Yoshito Yasuhara (Louis XVI).]
1979*Lady Oscar / Berusaiyn no bara [The Rose of Versailles] (JP) de Jacques Demy 
Kitty Music Corporation-Nippon Television Network-Shiseido-Toho, 124 min. – av. Catriona MacColl (Oscar-François de Jarjayes), Barry Stokes (André Grandier), Christina Böhm (Marie-Antoinette), Jonas Bergström (Axel von Fersen), Terence Budd (Louis XVI), Christopher Ellison (Robespierre), Gregory Floy (cardinal de Rohan), Anouska Hempel (Jeanne de La Motte), Shelagh MacLeod (Rosalie), Michael Osborne (Bernard Chatelet), Martin Potter (comte de Girodet), Sue Lloyd (comtesse de Polignac), Paul Spurrill (prince Louis Joseph), Dominique Varda (Elisabeth Vigée-Lebrun).
Desespéré de n’avoir que des filles, le général de Jarjayes décide d’élever sa benjamine comme un homme, sous le nom d’Oscar-François. A vingt ans, elle entre dans la garde de la reine à Versailles, où elle est, tout comme Marie-Antoinette, sous le charme d’Axel de Fersen. La reine est compromise dans l’affaire du collier, et Oscar, qui désapprouve sa légèreté, rejoint les rangs de la Garde Nationale. Son amoureux André tombe devant la Bastille en 1789.
Produit en anglais, avec un casting international, d’après une bande dessinée de Ryoko Ikeda très populaire au pays du Soleil levant (en dix-sept volumes, tirée à douze millions d’exemplaires). Chargé de relater ces tribulations sentimentales d’un chevalier d’Éon nippon en anglais, avec un casting international, Demy crée une œuvre délicate qui n’est curieusement sortie que très tardivement en salle en France (1997). Filmé aux châteaux de Guermantes, de Jossigny et de Versailles ainsi qu’à Senlis (prise de la Bastille).
1980(tv) Les Maîtres Sonneurs (FR) de Lazare Iglezis
[d’apr. George Sand] (TF1 23.1.80). – av. Patrick Raynal (Tiennet), Sabine Haudepin (Brulette), Jean-Michel Dupuis, Patrick Guillemin, Jacques Harden, Mireille Delcroix. – Drame rural dans un village du Berry en 1780.
1980(tv) La Grande Chasse (FR) de Jean Sagols
(A2 24.5.80), 110 min. – av. Michel Galabru (le marquis de Floirac), Michel Albertini (Pierre de Floirac, son fils), France Dougnac (Hortense), Anne Caudry (Etiennette), Roger Souza (Le Ravi).
Drame dans le village de Floirac, dans la vieille Occitanie, en 1784 : Pierre, le fils du marquis, libertin hédoniste et ami des Encyclopédistes, revient de Paris et s’ennuie en province. Il délaisse sa fiancée Hortense, persécute les cultivateurs, tue accidentellement une jeune paysanne, Etiennette, et fait accuser l’idiot du village, Le Ravi, qui se suicide. Le portrait glaçant d'un pré-romantique cynique et égoïste, à l'étroit dans son siècle, sur un scénario original de Jean Sagois et Jacques Douyau.
1980(tv) Marie-Antoinette (FR)
série « Une maison, une histoire », 30 min. – av. Blanche Ravalec (Marie-Antoinette), Yves Pignot (Louis XVI), Béatrice Costantini (Mme du Barry), Renée Faure (Mme Étiquette).
1980® (tv) Maria Theresia (AT/DE) de Kurt Junek. – av. Ingar Schulmann (Marie-Antoinette), cf. Autriche (5).
1982® La Nuit de Varennes / Il mondo nuovo (FR/IT) d’Ettore Scola. – av. Michel Piccoli (Louis XVI), Eléonore Hirt (Marie-Antoinette). – Cf. Révolution (7.1).
1982® (tv) Malesherbes, avocat du Roi (FR) d’Yves-André Hubert. – av. Henri Virlojeux (Guillaume Lamoignon de Malesherbes), Régis le Rohellec (Hervé-Louis de Tocqueville), Roland Oberlin (Jean-Baptiste de Chateaubriand), Gérard Caillaud (Louis XVI).
1982Δ History of the World, Part I (La folle histoire du monde) (US) de Mel Brooks. – av. Mel Brooks (Louis XVI). – Parodie des films consacrés à l’histoire de France. Scènes à la cour royale tournées à Blenheim Palace (GB).
1982Δ The Devil in Miss Jones, Part II (US) d’Henri Pachard. – av. Sharon Mitchell (Marie-Antoinette).
1982(tv) Le Serin du major (FR) d’Alain Boudet
(A2 20.7.82). – av. Henri Virlojeux, Cel, Pierre Olaf, François-Eric Gendron, Hippolyte Girardot, Jean Farré (Maximilien de Robespierre). – Un fait divers juridique à Metz en 1786.
1984® Liberté, égalité, choucroute (FR) de Jean Yanne. – av. Michel Serrault (Louis XVI), Ursula Andress (Marie-Antoinette), cf. (7.1).
1986Δ (tv) La Femme au collier de velours (FR) de Jean Sagols. – av. Rebecca Pauly (Marie-Antoinette).
1986(tv) Le Libertin de qualité (FR) de Juan-Luis Bunuel
[d’apr. Mirabeau] ; « Série Rose » FR3-Hamster Prod. (FR3 6.12.86), 26 min. – av. Maria Laborit (Mme Saint-Just), Philippe Carat, Marianne Bassler, France Zobda.
1988(tv) Le Gerfaut (FR) de Marion Sarraut
(TF1 8.7.87), 10 x 75 min. – av. Laurent Le Doyen (Gilles de Tournemine), Marianne Anska (Judith), Dora Doll (Rozenn), Jean-François Poron (abbé de Tailhouet), Patrice Alexsandre (Alex de Fersen), Christian Rauth (vicomte de Noailles), Benoît Allemare (Washington), Hervé Bellon (cardinal de Rohan), Isabelle Guiard (Marie-Antoinette), Georges Montillier (Cagliostro), Vincent Solignac (Louis XVI), Bernard Dhéran (Beaumarchais), Gérard Chambre (amiral John Paul Jones), Chantal de Rieux (Marie-Louise de France), Stéphane Fey (Jefferson).
1780-1785. En Bretagne, Gilles, un bâtard, apprend qu’il est le descendant de Tournemine de La Hunaudaye et donc le dernier des Gerfaut. Il combat en Amérique du Nord pour les insurgés, se lie avec une princesse indienne sénéca, Sitaponoki, devient à son retour à Versailles garde du corps de Louis XVI, fréquente Cagliostro et Beaumarchais, s’improvise pirate américain aux côtés de John Paul Jones et s’établit aux Amériques avec sa femme. Une cascade de tribulations plutôt bâclée en vidéo.
1988® (tv) Au nom du peuple français : le procès de Louis XVI (FR) de Maurice Dugowson. – av. Marcel Maréchal (Louis XVI), cf. (7.1).
1988(tv) *Un Médecin des lumières / Ein Arzt der Hoffnung (FR/DE) de René Allio 
FR3 Cinéma-ZDF-La Sept (FR3 17.11.88 / ZDF 3.2.91), FR3 3 x 90 min. / ZDF 2 x 95 min. – av. Jean-Paul Wentzel (Dr. med. Simon Bertiny), Emmanuelle Grange (la comtesse), Jean-Paul Wenzel (le comte), Olivier Perrier (Chapendu), Sylvie Herbert (Barbe, la servante), Judith Henry (Héloïse), Geneviève Rey-Penchenat (la servante du moulin), Paul Savatier, Olivier Perrier, Sylvie Herbert.
En 1776, Simon Bertiny s’installe à Hérisson-sur-Allier, dans le Bourbonnais, pour y pratiquer la médecine. Épris de progrès, de savoir, de l’esprit des Lumières, il se heurte vite aux paysans (et encore plus aux paysannes) de la région qui refusent l’aide d’un docteur et continuent à se soigner eux-mêmes. Il lui faut affronter quotidiennement la misère, l’ignorance, la superstition, mais aussi les tracasseries d’une noblesse imbue de ses privilèges (délaissée, la comtesse locale entame une liaison avec lui). La guérison d’une épileptique signifie une première victoire. Lorsque Simon découvre qu’une redoutable épidémie de fièvre catharrale se répand dans le village, il tente d’aider les habitants à lutter contre la maladie.
Comme il le fit déjà avec « Les Camisards » seize ans plus tôt (cf. 3), Allio restitue la réalité sociale (et même la langue parlée) de la France rurale du XVIII e siècle avec une fidélité d’ethnologue, dans le sillon des travaux de Georges Duby et Emmanuel Leroy-Ladurie. Visuellement, il s’inspire des peintres de l’époque (Le Nain, Fragonard, Boucher) pour répercuter leur perception des choses et évite, sur le plan de la narration, toute dramaturgie facile. Un téléfilm parfois aride, qui prend son temps mais sort nettement de l’ordinaire. (Allio et Jean Jourdheuil publieront le roman qu’ils ont tiré du scénario aux éditions Actes Sud en 1993.)
En 1789, Louis XVI siège aux Etats-Généraux à Versailles (« La Révolution française » de Robert Enrico, 1989).
1989(tv) La Comtesse de Charny (FR) de Marion Sarrault 
TF1-SFP-CNC (TF1 5.6.-31.7.89), 9 x 90 min. – av. Anne Jacquemin (Andrée de Taverney, future comtesse de Charny), Alain Payen, Patrice Alexandre (Philippe de Maison-Rouge), Jean-François Garreaud (Joseph Balsamo, Cagliostro), Delphine Riche (comtesse de La Motte), Yves Penay (cardinal de Rohan), Patrick Farru (Ange Pitou), Isabelle Guiard (Marie-Antoinette), Eric Prat (Louis XVI), Jacques Toja (Louis XV), Gwen Lebret (comte d’Artois), Géraldine Lelong (Madame Royale), Monique Lejeune (duchesse de Noailles), Olivier Destrez (La Fayette), Bernard Waver (Jean-Jacques Rousseau), Dora Doll (Thérèse Rousseau), Michel Peyrelon (Mirabeau), Jacques Duby (Marat), Pierre Marzin (Robespierre), Bernard Farcy (Danton), Laurent Broomehead (Dr Guillotin), Francis Huster (Napoléon Bonaparte).
1770-1792 : les mésaventures de la mère d’Ange Pitou, une demoiselle d’honneur de Marie-Antoinette qui fréquente Cagliostro et Rousseau et périt pendant la Révolution (d’après le roman d’Alexandre Dumas, complété par des épisodes de « Joseph Balsamo », « Le collier de la reine » et « Ange Pitou »). Un feuilleton pour le bicentenaire de la Révolution, bâclé en vidéo (tournage à Nancy et environs).
1989® (tv) 1788, Mémoire de Benoît Perrin (CH) d’Antoine Bordier ; TSR. – (interprétation par des amateurs) – Action située à Montagnieu, en Isère, cf. Révolution (7.1).
1989(tv) Marie-Antoinette, reine d’un seul amour (FR) de Caroline Huppert 
série « Les Jupons de la Révolution » no. 2, Monique Annaud/Canal Plus Prod. (C+ 12.2.89), 90 min. – av. Emmanuelle Béart (Marie-Antoinette), Dominique Besnehard (Louis XVI), Laurent Le Doyen (Axel de Fersen), Isabelle Gelinas (Mme de Polignac), Hélène Vincent (Mme de Noailles), Vincent Solignac (comte de Provence), Chris Moosbruguer (Joseph II d’Autriche), Léa Gabrielle (Mme de Lamballe).
Emmanuelle Béart campe la reine côté cour: son refus des contraintes dues à son rang, ses soupers excentriques, sa longue liaison cachée avec le comte de Fersen. Mais aussi sa prise de conscience de la grogne qui naît au sein du peuple affamé (organisation au palais des soirées Beaumarchais, défense du Mariage de Figaro), qui la montre politique plus fine peut-être que son royal époux dont elle se distancie. Tournage à Versailles (Hameau de la reine).
1989® (tv) Histoire de la Révolution (FR) d’Agnès Delarive. – av. Ronny Coutteure (Louis XVI), Claudine Coster (Marie-Antoinette), cf. (7.1).
1989® (tv) L’Eté de la Révolution (FR) de Lazare Iglesis. – av. Bruno Cremer (Louis XVI), Brigitte Fossey (Marie-Antoinette), cf. (7.1).
1989® La Révolution française (FR) de Robert Enrico, Richard T. Heffron. – av. Jean-François Balmer (Louis XVI), Jane Seymour (Marie-Antoinette), cf. (7.1).
1989® (tv) Blut für die Freiheit (DE) d’Hans-Werner Schmidt. – av. Lambert Hamel (Louis XVI), Gaby Dohm (Marie-Antoinette), cf. (7.1).
1989*(tv) Condorcet – 1. Un homme des Lumières – 2. Naissance d’un Républicain – 3. Mort d’un Républicain (FR/CH) de Michel Soutter 
TF1-TSR (TSR 16.+17.+18.10.89), 88, 79 et 85 min. – av. Pierre Arditi (marquis de Condorcet), Pascale Rocard (Sophie de Grouchy, sa femme), Nadine Alari (Mme d’Enville), Jacques Denis (Marat), Huguette Faget (Mme Necker), Frank Lapersonne (La Fayette), Bulle Ogier (Julie de Lespinasse), Jacques Dufilho (Voltaire), Daniel Gélin (D’Alembert).
Mathématicien, économiste et philosophe, Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet (1743-1794), ami de Turgot, de D’Alembert et de Voltaire, défend l’abolition de l’esclavage et participe activement à la Révolution. Allié des Girondins opposés à Robespierre et refusant de voter la mort de Louis XVI, il est arrêté et retrouvé mort dans sa cellule.
Une coproduction franco-helvétique réalisée dans le cadre du Bicentenaire de la Révolution d’après l’ouvrage Condorcet, un intellectuel en politique (1988) de la philosophe Elisabeth Badinter et de son époux Robert Badinter, ancien ministre de la Justice. Cinéaste marquant du « Groupe Cinq », la nouvelle vague helvétique, Michel Soutter tourne sa fresque ambitieuse, située hors des chemins battus, sur place en France, au château de Saussay (Ballancourt) et à Ferrières. Lauréat du Sept d’Or.
Thomas Jefferson (Nick Nolte) salue les souverains français (Charlotte de Turckheim et Michael Lonsdale) au nom des Etats-Unis (« Jefferson in Paris » de James Ivory, 1995).
1990*L’Autrichienne / The Austrian Woman (FR) de Pierre Granier-Deferre 
Raymond Danon Audiovisuel-Lira Films-Paradise Prod., 97 min. – av. Ute Lemper (Marie-Antoinette), Patrick Chesnais (Herman), Daniel Mesguich (Fouquier-Tinville), Jean-Pol Dubois (Fabricius), Frédéric van den Driessche (Chauveau-Lagarde), Christian Charmetant (Tronson du Coudray), Philippe Leroy-Beaulieu (D’Estaing), Isabelle Nanty (Reine Milliot), Pierre Clémenti (Hébert).
Reconstitution scrupuleuse des minutes du procès de la reine en 1793, suspectée d'intelligence avec l'ennemi (d’après Alain Decaux et André Castelot). Initialement un projet de Robert Hossein. En pleine célébration du bicentenaire de la Révolution, ce film sans grandiloquence ni sensiblerie, véritable pavé dans la mare ponctué de courts flashbacks, ne cache pas sa sympathie pour la royauté et Marie-Antoinette. Celle-ci, digne, est remarquablement interprétée par la chanteuse allemande Ute Lemper. Tournage à Versailles (Parterre du Nord, Hameau de la reine, Orangerie de Jussieu). Le slogan publicitaire qui devait lancer le film, « Sale étrangère ! », fut écarté à la demande des ligues anti-racistes. Un échec public totalement immérité.
1990(tv) Le Demi-mariage ou Le Triomphe de la vertu (FR/BE/NL) d’Harry Kümel 
« Série rose », Pierre Grimblat/FR3-Hamster Prod. (FR3 10.2.90), 26 min. – av. Grégoire Ingold (le marquis), Paolina Mlynarska (la marquise), Béatrice Lefoulon (la soubrette), Myriam Moszko (la femme de chambre), Patrice Valota (le comte).
Saynète érotique d’après Nicolas Edme Restif de La Bretonne (1734-1806) : Un marquis confie à son ami le comte comme se marier « à demi » et de vivre en bonne intelligence avec sa femme, tous deux séparés et libres.
1990(tv) L’Élève (FR/BE/NL) d’Harry Kümel 
« Série rose », Pierre Grimblat/FR3-Hamster Prod. (FR3 21.4.90), 28 min. – av. Michael Lees (Desgrands, l’oncle), Isabelle Strawa (la femme de chambre), Erik Burke (Jean, le neveu), Agnès Cassandre, Sandrine Lemaire (femmes de chambre).
Saynète érotique d’après Nicolas Edme Restif de La Bretonne (1734-1806) : bourgeois aisé, Desgrands change souvent de femme de chambre et son neveu Jean suit les ébats en voyeur, à travers un trou creusé dans la paroi.
1992(tv-mus) The Ghosts of Versailles (US) de Brian Large (vd), Colin Graham (th) 
Metropolitan Opera New York-Deutsche Grammophon Ges., 174 min. – av. Teresa Stratas (Marie-Antoinette), James Courtney (Louis XVI), Håkan Hagegård (Beaumarchais), Richard Drews (marquis), Jane Shaulis (femme élégante), Gino Quilico (Figaro), Peter Kazaras (Almaviva).
Captation de l’opéra bouffe en deux actes de John Corigliano, sur un livret de William M. Hoffman (1980), mis en scène au Metropolitan Opera à New York.
1991(tv) La Conversion (FR) de Christian Faure 
« Série rose », Pierre Grimblat/Hamster-Prod.-France 3 (FR3 25.5.91), 28 min. – av. Véronique Moest (Erosie), Natacha Mircovitch (Juliette), Laurent Zunquin, Christophe Sindeu, Eric Franklin, Anick Belaubre, Lybert Navirot, Roger Tabrin.
Conte érotique tiré des écrits libertins d’André-Robert Andréa de Nerciat (1739-1800) : Juliette et Erosie s’aiment saphiquement, mais le mariage de cette dernière les a séparées quelques jours. Lorsqu’elles se retrouvent enfin, la jeune épouse raconte ses premiers ébats avec la gent masculine, troublant de plus en plus son amie.
1994/95*Jefferson in Paris / Jefferson à Paris (US/FR/GB) de James Ivory 
Merchant/Ivory-Touchstone-H. Balsant, 136 min. – av. Nick Nolte (Thomas Jefferson), Greta Scacchi (Maria Cosway), Thandie Newton (Sally Hemings), Gwyneth Paltrow (Patsy Jefferson), Seth Gilliam (James Hemings), Lambert Wilson (La Fayette), Elsa Zylberstein (Adrienne de La Fayette), Valérie Toledano (comtesse d’Artois), Michael Lonsdale (Louis XVI), Charlotte de Turckheim (Marie-Antoinette), Damien Groelle (le Dauphin), Steve Kalfa (Dr. Guillotin), Daniel Mesguich (Franz Anton Mesmer), Jean-Pierre Aumont (D’Hancarville), Vincent Cassel (Camille Desmoulins).
Auteur de la Déclaration d’indépendance américaine et futur président, Thomas Jefferson est ambassadeur à la cour de France de 1784 à 1789, où ce puritain esclavagiste, partisan des idéaux libertaires, observe la déliquescence du règne de Louis XVI. Un séjour révélateur, où Jefferson, partagé entre Maria Cosway et son esclave-concubine noire, Sally Hemings (qui lui donnera six enfants), éduque sa fille Patsy à la française et affranchit le frère de Sally, James, avant d’être rappelé dans son pays.
Soutenu par le Ministère de la Culture, Ivory utilise abondamment intérieurs et extérieurs des châteaux de Champs-sur-Marne, de Versailles (parc et château), de Chantilly et de Jossigny, la Basilique de Saint-Denis et le Palais Royal. Festival de Cannes 1995.
1995Δ (tv) Marie Antoinette is niet dood (NL) d’Irma Achten. – av. Antje de Boeck (Marie-Antoinette).
1995**Les Caprices d’un fleuve (FR/IT/DE) de Bernard Giraudeau 
Flach Film-Studio Canal Plus-Films de la Saga-France 2-Provobis-Cecchi Gori-Tiger Films, 111 min. – av. Bernard Giraudeau (Jean-François de La Plaine [=chevalier de Boufflers]), Richard Bohringer (cdt. de Blanet), Thierry Frémont (lieut. Pierre Combaud), Raoul Billerey (abbé Fleuriau), Aïssatou Sow (Amélie), France Zobda (Anne Brisseau), Olivier Achard (M. de Kermadec), Anna Galiena (Louise de Saint-Agnan), Roland Blanche (M. Denis), Assane Sagna (Siméon), Pierre Arditi, Jean-Claude Brialy, Marie Dubois, Lambert Wilson.
En 1786, suite à un duel, La Plaine, un jeune aristocrate libre-penseur, est exilé par Louis XVI et nommé gouverneur de Port-Saint-Louis (Sénégal), au débouché d’un fleuve majestueux. Il tombe amoureux de l’Afrique, s’éprend d’Amélie, une esclave peule que lui a offert un roi local et qu’il élève comme une fille et qui devient sa concubine. La Révolution le destitue et le rapatrie, il est contraint d’abandonner Amélie, qui attend un enfant de lui. Quelques années plus tard, il apprendra qu’elle est morte en couches et ramènera leurs fils en France.
Le scénario s’inspire de la vie et de la correspondance du chevalier Stanislas de Boufflers (1738-1815), venu à Gorée en 1786. Une ode méditative, généreuse et élégante au droit à la différence, à l’égalité selon les Lumières et à la tolérance. Superbe. Tournage au Sénégal (île de Gorée, Saint-Louis, Dakar). Nominé aux Césars 1997 (photo et musique).
1996***Ridicule (FR) de Patrice Leconte 
Epithète-Cinéa-France 3 Cinéma, 102 min. – av. Charles Berling (baron Grégoire Ponceludon de Malavoy), Fanny Ardant (Mme de Blayac), Bernard Giraudeau (abbé de Vilecourt), Judith Godreche (Mathilde de Bellegarde), Jean Rochefort (marquis Louis de Bellegarde), Urbain Cancelier (Louis XVI), Mirabèle Kirkland (Marie-Antoinette), Jacques Mathou (l’abbé Charles-Michel de l’Épée).
En 1780, afin de financer l’assèchement de son marécageux pays des Dombes, un nobliau éclairé et hydrographe, M. de Malavoy, gagne Versailles où il désespère d’obtenir une audience avec le roi. Il y découvre une cour délétère de féroces et brillants esprits qui se contaminent à coups de madrigaux assassins et succombent au mal ultime : le ridicule. Les mots tuent plus cruellement que l’épée.
Le meilleur film de Patrice Leconte, une fable impitoyable et raffinée dénonçant la vanité, l’esprit courtisan et les faux-semblants de tous temps (le scénario de Rémi Waterhouse avait été refusé par Jean-Jacques Annaud et Claude Chabrol). La production fait plus de deux millions d’entrées en France. Le tournage se déroule aux châteaux de Champs (Seine et Marne), Chantilly (Oise), Dampierre qui remplace Versailles et ses escaliers (Yvelines), au Grand Parc de Versailles, à Guermantes (Seine et Marne), Maisons-Laffitte (Yvelines), Neuville à Gambais (Yvelines), Vaux-le-Vicomte (Seine-et-Marne), Villiers-le-Bâcle (Essonne) et Voisins (Yvelines), aux étangs des Dombes (Ain) et en studio à Boulogne-Billancourt. En compétition en ouverture du festival de Cannes 1996 (nominé à la Palme d’Or). Nominé à l’Oscar 1997 (Leconte), lauréat du BAFTA Award (meilleur film) et du Broadcast Film Critics Association Award (meilleur film). Quatre Césars (meilleur film, Leconte, costumes, décors) et huit nominations. Prix David di Donatello (meilleur film). Nominé au Golden Globe aux Etats-Unis (meilleur film), London Critics Circle Film & National Board of Review Award (meilleur film étranger), quatre Prix Lumière (Berling, Auteuil, Ardant, meilleur film).
1996(tv) Je m’appelais Marie-Antoinette (FR) de Marion Sarraut (tv), Robert Hossein (th) 
France 2 (FR2 26.8.96), 120 min. – av. Caroline Sihol (Marie-Antoinette), Robert Hossein, Paul Le Person (Fouquier-Tinville), Pierre Marzin (Hébert), Michel Robin (Chaveau-Lagarde), Jean Négroni (Robespierre), Pierre Forest (Barère), Yvan Bonny (Saint-Just), Hugues Vaulerin (Collot d’Herbois), Benoît Allemane (Mirabeau), Gabriel Cattand (cardinal de Rohan), Violaine Küss (Yolande de Polignac), Jean-Christophe Lebert (Joseph II), André Penvern (Louis XVI), Benoît Vallès (Alexandre de Fersen).
Reconstitution du procès de Marie-Antoinette (captation du spectacle de Robert Hossein, d’après la pièce d’André Castelot, Alain Decaux et Hossein).
1997Δ The Exotic Time Machine (US) de Felicia Sinclair. – av. Buck O’Brian (Louis XVI), Nikki Fritz (Marie-Antoinette).
1999(tv) Let Them Eat Cake (GB) de Christine Gernon
Christopher Skala/Tiger Aspect Productions (BBC 9.9.-14.10.99), 6 x 30 min. - av. Jennifer Saunders (la comtesse Colombine de Vache), James Green (comte de Vache), Dawn French (Lisette, soubrette), Adrian Scarborough (Bouffant), Alison Steadman (Mme de Plonge), Lucy Punch (Eveline, sa fille), Elizabeth Berrington (Marie-Antoinette), Maggie Steed (Elisabeth Vigée-Lebrun), Louis Hammond (Jacques Montgolfier), Matthew Sim (Joseph Montgolfier).
Comédie parodique balourde écrite par Peter Learmouth: en 1782, tandis que le peuple crève de faim, la comtesse de Vache démasque les turpitudes de la noblesse et sème la zizanie dans les couloirs de Versailles. Bête et méchant.
Episodes: 1. "The Pox" - 2. "Murder" - 3. *The Portrait" - 4. "Making Vopee" - 5. "A Marriage of Convenience" - 6. "The Royal Command Performance".
2002(tv) L’Enfant des Lumières (FR/BE) de Daniel Vigne 
France 2-GMT-ARTE-RTBF-Banana Films (FR2 8.+9.4.02), 2 x 100 min. – av. Nathalie Baye (comtesse Diane de Breyves), Jocelyn Quivrin (Alexis adulte), Rémi Allemand (Alexis enfant), David Bennent (Hyacinthe Mignon), Marianne Basler, Sylviane Goudal (Babeth), Jean-Yves Berteloot (d’Agincourt), Michel Feller (Beaumarchais), Chloé Lambert (Hélène adulte).
Mère Courage aigrie par la haine autant que par l’amour, une comtesse dont l’époux s’est suicidé élève seule son fils dans l’espoir qu’il tue les créanciers responsables de la ruine de son père.
2003(tv) Le Mozart noir. Reviving a Legend (GB/CA) de Raymond Saint-Jean 
Mozart Noir Ltd.-Media Headquarters-CBC-BBC,TV5 Quebec-AR TV-Rogers Telefund (BBC4 26.3.04), 55 min. – av. Kendall Knights (le chevalier Joseph Bologne de Saint-George), Marcus Johnson (Saint-George jeune), Dom Fiore (George de Bologne, le père), Marcia Brackett (Nanon, la mère), Matthew Hopkins (Philippe d’Orléans), Kate Scheuer (Marie Joseph), Sean Wayne Doyle (Picard), Hugh Quarshie (narration).
Docu-fiction sur le chevalier de Saint-George (1747-1799), dit « le Mozart Noir », escrimeur et musicien français né en Guadeloupe. Mulâtre (père blanc, mère esclave noire), il lutta pour l’émancipation des esclaves et devint un citoyen actif pendant la Révolution. Ses compositions musicales auraient influencé Mozart, Haydn et Beethoven.
2004(tv) Marie-Antoinette – Zum Tode verurteilt (Marie-Antoinette : de Versailles à l’échafaud) (DE) de Gabriele Wengler 
série « Sphinx (L’Aventure humaine) », Caligari Film GmbH (Gabriele M. Walther)-ZDF-Arte (Arte 21.8.04), 52 min.
Un docu-fiction avec reconstitutions et comédiens anonymes qui focalise sur la correspondance intime entre la reine et le comte Axel de Fersen.
2004(tv) Nabuliò Buonaparte, la jeunesse d’un chef (FR) de Daniel Peressini 
Saint Louis Productions-France 3 Corse-France 5-Planète (Arte 12.4.04), 51 min. – av. Ugo Peressini (Napoléon enfant), Francis Aiqui (James Boswell), Pierre Salasca (le hussard), Antoine Marc Luciani, Marien et Florent Tavera, José Fogacci, Elodie Naquino et les voix de Robin Renucci et François Nativi.
La jeunesse à Ajaccio du petit Nabuliò di Buonaparte, né en 1769, deuxième fils d’un avocat de petite noblesse originaire de Toscane, est indissociable de la Corse, de sa mère Laetitia, de la notion de clan et d’exil. Lorsqu’à 9 ans, en mai 1779, Nabuliò quitte l’île pour embrasser l’École royale militaire de Brienne-le-Château (Aube), il ne parle pas un mot de français. Désireux de reconnaissance sociale, son père Charles Marie a demandé au comte de Marbeuf, commandant en chef des troupes françaises en Corse et protecteur de la famille Bonaparte, de permettre à ses fils de poursuivre leurs études dans des écoles du royaume fréquentés par la noblesse. Favorable à la Révolution, Napoléon, de retour en Corse et nommé colonel de la garde d’Ajaccio en 1792, se heurte à Pasquale Paoli qui veut rétablir l’indépendance de l’île. Dépité, il doit fuir en France avec sa famille… Un docu-fiction original qui décripte la personnalité et les tourments du jeune Corse au moyen de reconstitutions effectuées sur place et des extraits du film d’Abel Gance, avec la participation du Prince Charles Napoléon, de Robin Renucci et du chœur d’Hommes de Sartène dirigé par Jean-Paul Poletti.
2005(tv) L’Incroyable Aventure de Monsieur de Lapérouse (FR) de Georges Pernoud 
« Magazine Thalassa » (FR3 30.12.05), 65 min. – Docu-fiction avec reconstitutions : 1785-1788, la tentative de voyage autour du monde de Jean-François de Galaup, comte de Lapérouse.
2005(tv) E=mc2 – Einstein and the World’s Most Famous Equation / E=mc2, une biographie de l’équation / E=mc2 – Einsteins grosse Idee (GB/US/FR/DE) de Gary Johnstone 
WGBH Educational Foundation-Channel Four TV-Norddeutscher Rundfunk-Tétra Média (Channel Four 18.8.05 / Arte 16.10.05), 104 min. – av. Julian Rhind-Tutt (Antoine-Laurent de Lavoisier), Ty Glaser (Marie-Anne Lavoisier), Hélène de Fougerolles (Emilie du Châtelet), Philip Herbert (comte d’Amerval), Di Trevis (baronesse de La Garde), Stephen Noona (Jean-Paul Marat), Ian Duncan (Charles de Breteuil), Anton Lesser (Voltaire), Andrew Callaway (Maupertius).
Docu-fiction avec reconstitutions illustrant notamment les découvertes de Lavoisier (1743-1794), philosophe et économiste, le père de la chimie moderne, et sa contribution aux recherches futures d’Einstein.
2005(tv) Marie-Antoinette (FR) d'Alain Brunard
Jean-Philippe Laroche, Jean-Luc Delarue/Gallery TV-FR2 (RTB 26.7.05), 2 x 52 min. - av. Vahina Giocante (Marie-Antoinette), Michel Fau (Louis XVI), Wilfred Benaïche (Louis XV), Alexandra Stewart (l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche), Sava Lolov (Fersen), Sharif Andoura (Joseph II), Daniel Znyck (Mercy), Maurice Antoni (l'abbé de Vermont), Rémy Carpentier (Choiseul), Nathalie Villeneuve (Mme Du Barry), Charlie Nelson (Maurepas), Françoise Meunier (Mme de Grammont).
Docu-fiction "décalé" et non diffusé par FR2, un mélange de reconstitutions et d'extraits de films antérieurs (Michèle Morgan, etc.) qui s'avère peu crédible et montre une reine peu attachante.
2005/06(tv) Marie Antoinette. Her Intimate Story / Marie-Antoinette (GB/FR/US) de David Grubin 
David Grubin Prod.-Laurence Miller-Cinétévé-BBC-PBS-Arte (BBC2 13.1.06 / PBS 25.9.06 / Arte 3.7.10), 52 min./97 min./120 min. – av. Caroline Bernard (Marie-Antoinette), Philippe Altier (Louis XVI/le cardinal de Rohan), Marie-Agnès Brigot (l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche), Thomas Levasseur (le Dauphin Louis), Iris Vinson (Marie-Thérèse, la Dauphine), Clément Beleter (le cavalier au bal), Patricia Kessler, Alan Wenger, Barbara Weber-Scaff, Brigitte Sawyer, Pierre Maubouché, Stephen Rashbrook (narration).
Le documentariste américain David Grubin, remarqué pour ses biographies fouillées des présidents Lincoln, Truman et Roosevelt ainsi qu’un très exhaustif « Napoléon », analyse par le détail dans ce docu-fiction filmé en décors naturels (Versailles, Petit Trianon, Autriche) la destinée de « la femme la plus haïe de France », exécutée à l’aube de ses 38 ans. Grubin ne cherche pas à dissimuler la frivolité réelle de la souveraine, surnomée « Madame Déficit », mais propose une relecture intelligente et plus contemporaine de sa vie, qui éclaire les enjeux politiques de son époque. Il est question de ses frustrations matrimoniales bien connues, des accusations fausses concernant ses amants imaginaires ou sa débauche, mais aussi, une fois au Louvre, puis aux Tuileries, de sa transmission régulière de secrets militaires à l’état-major autrichien afin de faciliter la victoire des impériaux sur les troupes révolutionnaires. Initialement, la guillotine n’avait pas été envisagée pour la reine déchue, mais une première victoire des Austro-Prussiens sur la frontière Nord et la menace de guerre civile (Vendée, Lyon) font qu’elle est sacrifiée sur l’autel de la fureur populaire. Le film multiplie les reconstitutions prétextes avec des interprètes muets, images qui n’apportent rien et sont en outre complétées par des scènes de foules extraites du film de Robert Enrico, « La Révolution Française – Les Années lumières » (cf.). Prix de la Writer’s Guild of America 2007.
2006*Marie-Antoinette (US/FR/JP) de Sofia Coppola 
Columbia Pictures-American Zoetrope (Francis Ford Coppola)-RK Films, 123 min. – av. Kirsten Dunst (Marie-Antoinette), Jason Schwartzman (Louis XVI), Rip Torn (Louis XV), Judy Davis (comtesse de Noailles), Asia Argento (Mme du Barry), Marianne Faithfull (Marie-Thérèse d’Autriche), Aurore Clément (duchesse de Chartres), Guillaume Gallienne (comte Vergennes), Clémentine Poidatz (comtesse de Provence), Molly Shannon (tante Victoire), Steve Coogan (ambassadeur Mercy), Danny Huston (Joseph II d’Autriche), James Dornan (Axel de Fersen), Rose Byrne (duchesse de Polignac).
« Ni une sainte, ni le diable, juste une jeune fille solitaire propulsée dans un monde trop grand pour elle » – c’est ainsi que la fille de Francis Ford Coppola voit sa Marie-Antoinette semi-adolescente, d’abord aliénée en tant qu’étrangère et à laquelle Kirsten Dunst prête son regard doux et espiègle. Pas un film historique ni politique, juste un voyage au centre d’une certaine psyché juvénile (plus XXI e siècle qu’Ancien Régime), le portrait intime d’un couple d’enfants soudainement chassé de son terrain de jeu et qui trouve sa dignité quand il est trop tard. Pour alléger le poids de l’étiquette, cette Marie-Antoinette branchée et narcissique se fait des copines fêtardes : l’« ennemie du peuple » devient reine « people », la Lady Di du jet-set de Versailles. Un portrait plus que contestable, mais cohérent dans sa superficialité. Disposant d’un budget confortable de 40 millions d’euros, la réalisatrice américaine ne veut pas entendre parler de studio à Los Angeles ou de facsimilés en Europe de l’Est.
L’apprentissage d’une Dauphine immature et inconsciente, de ses excès de « fashion victim » (orgie de pâtisseries pastel, débauche de punk-rock, ivresse du déballage et du gaspillage, montagnes de robes, de perruques et de chaussures) à son départ forcé pour les Tuileries, nécessitent quinze semaines de tournage. Tous les intérieurs des appartements royaux sont scrupuleusement reconstitués par Anne Seibel à l’intérieur du château de Millemont, et la cinéaste filme en décors réels à Versailles (extérieurs seulement), souvent dans des lieux inaccessibles au public (théâtre du Trianon), mais aussi dans le secret des châteaux de Champs-sur-Marne, Vaux-le-Vicomte, Dompierre-en-Yvelines et Pontchartrain, à l’Hôtel de Soubise, au Lycée Hoche (Versailles) et à l’Opéra National de Paris. On filme encore à Basildon Park (Berkshire) et au Belvedere à Vienne, le reste se fait aux studios britanniques de Pinewood. Sifflé au festival de Cannes 2006.
2006(tv) Marie-Antoinette, la véritable histoire / Marie Antoinette. Life Is not a Fairytale (CA/FR) d’Yves Simoneau et Francis Leclerc 
TéléQuébec-GMT Productions (Jean-Pierre Guérin)-Emergence International Inc. (Télé-Québec 21.12.06 / FR2 7.8.07), 90 min. – av. Karine Vanasse (Marie-Antoinette), Olivier Aubin (Louis XVI), Marie-Eve Beaulieu (Mme de Polignac), Danny Gilmore (comte Axel de Fersen), Vincent-Guillaume Otis (comte d’Artois), Mathilde Lavigne (comtesse de La Motte), David Lahaye (cardinal de Rohan), Hélène Florent (Mme du Barry), Chloé Rocheleau (Marie-Thérèse d’Autriche), Paul Ahmarani (Léonard), Vincent Champoux (comte de Provence), Gina Couture (Mme de Noailles), Charles Dury (le Dauphin), Raphaël Dury (Louis-Joseph), Jules Philip (M. de La Motte), Myriam Poirier (Mme Victoire), Paul Savoie (Louis XV), Charles Berling (commentaires).
La vie de la reine, de son arrivée à Versailles à son exécution (scénario d’une élégance fluidité de Jean-Claude Carrière), un portrait révisionniste mais rigoureux basé sur l’ensemble de ses correspondances et qui refuse le flon-flon à la Sofia Coppola. Production franco-québécoise filmée à Montréal en décors virtuels, avec incrustation habile d’images de Versailles et du Petit Trianon.
2006(tv) L’Enfant du secret (FR) de Serge Meynard
(RTB 17.11.06 / FR2 23.1.07), 95 min. – av. Michel Aumont (abbé Charles-Michel de l’Épée), Claire Borotra (comtesse de Solar), Joshua Julvez (Joseph/Guillaume), Fanny Cottençon (Marie de l’Épée), Yvon Back (Cazeaux).
Abandonné dans une forêt par sa propre mère, la comtesse de Solar, le jeune sourd-muet Joseph alias Guillaume est recueilli par l’abbé de l’Épée (1712-1789). Pionnier de la langue des signes et d’une méthode d’instruction adaptée aux handicapés, celui-ci s’attelle à éduquer l’enfant trouvé, un sauvageon, et n’a de cesse de rétablir le jeune comte Guillaume de Solar dans ses droits. La Révolution élèvera l’abbé au rang de « bienfaiteur de l’humanité ». Tourné avec de véritables sourds-muets. L’abbé de l’Épée apparaît aussi dans « Ridicule » de Patrice Leconte (1996), sous les traits de Jacques Mathou.
2009(tv) 1788… et demi (FR/BE) d’Olivier Guignard 
DEMD Prod.-RTBF-Fontana-BB Films (FR3 5.-19.12.10), 6 x 52 min. – av. Sam Karmann (comte François de Saint-Azur), Natacha Lindinger (comtesse Florence de Sacy), Julie Voisin (Victoire de Saint-Azur), Lou de Laâge (Pauline de Saint-Azur), Camille Claris (Charlotte de Saint-Azur), Hubert Koundé (Balthazar Beugnot), Bruno Debrandt (Hippolyte Carlin), Philippe Duclos (marquis Philippe de Bramances), Nelly Allard (Anne de Tréville).
Aristocrate fasciné par les canons, le comte de Saint-Azur élève seul ses trois filles, depuis que sa femme est entrée dans un couvent bénédictin. Croulant sous les dettes de jeu et cultivant leur insouciance dans une existence dédiée aux plaisir, le père fantasque et ses filles délurées vivent dans un monde en pleine décrépitude, ignorant les signes d’une Révolution en marche… Tentative de revisiter ironiquement les codes du film en costumes, avec clins d’œil au « Marie-Antoinette » de Sofia Coppola et au « Barry Lyndon » de Stanley Kubrick, cumulant humour noir, bouffonnerie et anachronismes. Pas aussi drôle que souhaité. Tournage aux châteaux de Gambais, Millemont, Montgeroult (aussi ville), Champlatreux et Dampierre, aux abbayes de Royaumont, Chaaus et Dumoncel.
Episodes : 1. « Du principe d’Archimède appliqué aux canailles » – 2. « Du désastre de se découvrir des cousins éloignés » – 3. « Des désagréments de l’amour et du désir » – 4. « Des mœurs au couvent et de leurs éblouissements » – 5. « De la pendaison comme remède à la famine du peuple » – 6. « Du bonheur nuptial et des révélations inattendues ».
2009(vd) La Partition (CH) de Frédéric Pittet
Arnaud Gantenbein, Frédéric Pittet/Imaginastudio-Monster Entertainment, 10 min. - av. Basile Ausländer (Louis), Claude Thébert (professeur de musique), Alexandre de Marco (professeur de mathématiques), Rémy Boileau (professeur de français). - Paris en 1783. Le jeune Louis subit les remontrances de son professeur de clavecin qui estime que son élève n'a aucun talent. Mais le portrait de sa (défunte?) mère inspire à l'enfant une magnifique mélodie qui séduit ses mentors (musique de Louis Crelier). Fabliau tourné à l'Hôtel de Ville d'Yverdon-les-Bains.
2010(tv) C’était Marie-Antoinette / Marie-Antoinette, les secrets d’une reine (FR) de Jean-Paul Scarpitta (th), Andy Sommer (tv)
(FR2 2.8.10), 110 min. – av. Natacha Régnier (Marie-Antoinette), Stéphane Tephanie d’Oustrac, Sonya Yoncheva, Manuel Nuñez-Camelino, Ivan Geissler.
Spectacle joué, chanté et dansé (par l’ensemble vocal du Festival Radio France et l’Opéra national de Montpellier dirigés par Fabio Biondi) sur des musiques de Gluck, Rameau et Salieri, scénario d’Evelyne Lever, conseillère historique du film de Sofia Coppola. Les costumes sont signés Milena Canonero (« Barry Lyndon » de Kubrick, « Marie-Antoinette » de Coppola).
2010® (tv) Chateaubriand (FR) de Pierre Aknine. - av. Frédéric J. Lozet (Louis XVI), cf. Napoléon.
2011(tv) Le Chevalier de Saint-George (FR) de Claude Ribbe 
Ortheal France Télévisions (FR3 10.5.11), 52 min. – av. Claude Ribbe (chevalier Joseph-Bologne de Saint-George), Jeremy Banster (Georges de Bologne, son père), Jochen Hägele (le commissaire), Marie Van Rhijn (Marie-Antoinette), Franck Boss (Lefebvre de Beauvray), Antoine Blanquefort (Dumouriez), David Palatino (Choderlos de Laclos), Victorien Robert (Hérault de Séchelles), Myriam Massengo-Lacave (Nanon), Leïlani Lemmet (Louise Fusil), François Cardinali (Saint-Robert), Aurélie Mateo (la marquise de Montalembert), Fabien Carrara (le duc d'Orléans).
Docu-fiction sur le musicien et politicien mulâtre (cf. supra, « Le Mozart noir », 2003), tournée à Versailles (Grand et Petit Trianon, cour Royale, salle des Gardes de la Reine, Pavillon Français, Cour de la Laiterie).
2011Δ (tv) The Sex Researchers (GB) de Stephen Kemp. – av. Katharine Ingle (Marie-Antoinette).
2011(tv) **Louis XVI, l’homme qui ne voulait pas être roi (FR) de Thierry Binisti Elisabeth Kiledjian/Les Films d’Ici-Château de Versailles-FR2-Région Île-de-France-Planète-TV5 Monde-A Plus Image3-CNC-NRK Yle Teema (FR2 29.11.11), 90 min. – av. Gabriel Dufay (Louis XVI), Raphaëlle Agogué (Marie-Antoinette), Jean-Yves Berteloot (Anne Robert Jacques Turgot), Carlo Brandt (Jacques Necker), André Penvern (Maurepas), Yann Babilée Kéogh (Caroline), Matthieu Rozé (Monsieur, frère du roi), Roger Miremont (Abbé de Véri), Jean-Claude Drouot (Malherbes), Isabelle Candelier (Suzanne Necker), Maryam Muradian (baronne d’Oberville), Marina Tomé (Madame Adélaïde), Jean-Paul Comart (Vergennes), Sylvain Clama (Beaumarchais), Didier Vinson (Antoine de Sartine), Roland Copé (Voltaire), Alice Butaud (Germaine Necker de Staël), Adèle Ferrier (Germaine Necker enfant), Jean-Christophe Bouvet (Lomlénie de Brienne), Jean-Luc Porraz (Miromesnil), Denis Sylvain (Montbarrey), Serge Barbagallo (comte de Broglie), Romain Deroo (La Fayette), Joe Sheridan (Benjamin Franklin), Mathéo Capelli (comte de Luxembourg), Coraline Clément (Mme Campan), Armand Binisti (Mirabeau).
Ce troisième volet de la trilogie versaillaise de Thierry Binisti – après « Versailles, le rêve d’un roi » (sur Louis XIV, 2007), et « Louis XV, le soleil noir » (2009) – est une remarquable production à but didactique qui malmène certaines idées reçues et rend scrupuleusement compte de la complexité de la période prérévolutionnaire. Loin des clichés colportés par les Jacobins, et plus tard par Michelet et l’école républicaine du XIX-XX e siècle, ce Louis XVI n’est ni obèse, ni stupide, ni serrurier. En revanche, ce fougueux indécis, plein de bonne volonté, de soif de justice et de souci sincère pour les sujets les plus démunis se heurte dès son ascension à l’opposition catégorique, et même violente, de la noblesse, de l’Église et des notables. Toute tentative de réforme sociale, fiscale ou politique, toute idée d’égalité ou de rénovation de la monarchie déclenche la tempête autour de lui – alors que, paradoxalement, il soutient les insurgés républicains en Amérique du Nord. Face à une situation financière de plus en plus désespérée, sa perplexité se traduit par l’invraisemblable valse des ministres ou conseillers réformateurs, du remarquable Turgot à Necker ou Malherbes, vilipendés, renvoyés sur pression de la puissante coalition des privilégiés au Parlement – jusqu’au moment où il est trop tard et que le pays bascule dans le chaos. Un monarque qui a considéré son couronnement comme une malédiction et dont tous les efforts réels, méritoires mais inefficaces de s’imposer à son entourage échouent. Il affronte ses bourreaux en victime résignée, avec courage, persuadé de son innocence. Tournage à Versailles et au château de Champlâtreux.
2012***Les Adieux à la reine / Adiós a la reina (FR/ES) de Benoît Jacquot 
GMT Productions-Les Films du Lendemain-France 3 Cinéma-Morena Films-Canal+-CinéCinéma, 100 min. – av. Diane Kruger (Marie-Antoinette), Léa Seydoux (Agathe-Sidonie Laborde, lectrice de la reine), Xavier Beauvois (Louis XVI), Michel Robin (Jacob Nicolas Moreau), Virginie Ledoyen (Gabrielle de Polignac), Noémie Lvovsky (Mme Campan), Jacques Nolot (marquis de Vaucouleurs), Grégory Gadebois (comte de Provence), Francis Leplay (comte d’Artois).
Les trois premiers jours de la Révolution, du 14 au 17 juillet 1789, et la « fin d’un monde » vus à travers les yeux de Sidonie, la jeune lectrice de Marie-Antoinette, d’après le roman éponyme de Chantal Thomas (prix Femina 2002). Une histoire d’amour impossible (Sidonie aime la reine qui, elle, est prise de passion pour Gabrielle de Polignac), mais aussi le récit d’une catastrophe vécue par la noblesse paniquée ou incrédule, la domesticité déboussolée, courant à travers une enfilade de couloirs et de boudoirs de Versailles, bruissant de rumeurs et de secrets d’alcôve, des cuisines aux combles. Un espace clos (digne des couloirs du Titanic sombrant), symbole de la déchéance d’un monde qui dit adieu à ses règles.
Un film d’une grande originalité, superbement agencé et illustré, observé avec une acuité rare, mis en scène avec une précision géométrique et formidablement interprété par Diane Kruger, Léa Seydoux et Virginie Ledoyen. Tournage aux châteaux de Versailles et de Chantilly (Grandes Ecuries) pour un budget modeste de 8 millions d’euros. Première mondiale en film d’ouverture du festival de Berlin 2012, nominé à l’Ours d’or. Récompensé de quatre Césars 2013 (photo, costumes, décors, son), le film fait plus de 540’000 entrées en France.
2013-2015® (tv) Nicolas Le Floch : 9. Le Crime de l’Hôtel Saint-Florentin - 10. Le Sang des farines - 11. Le Cadavre anglais - 12. Le Noyé du Grand Canal (FR) de Philippe Bérenger. – av. Louis Barraud (Louis XVI), Claire Ganaye (Marie-Antoinette), Franck Libert (Louis-Philippe d'Orléans, duc de Chartres), Thomas Chabrol (Jean-Charles-Pierre Lenoir), cf. Louis XV (5.14).
2018(tv) Le Versailles secret de Marie-Antoinette (FR) de Sylvie Faiveley et Mark Daniels
Christine Le Goff, Gaëlle Guyader/ZED-Arte France (Arte 23.6.18), 90 min. - av. Geneviève Howard-Troll (Marie-Antoinette à 14 ans), Roxanne Bennett (Marie-Antoinette adulte), Nathan Metral (Axel de Fersen), Christophe Truchi (Louis XVI), Claire Loth (Mme de Polignac), Antonin Lesson (Joseph II), Johanne Teste (Rose Bertin), Aurelia Frachon (dame de compagnie), Maxime Piquot (un laquais), Zinaïda Esepciuc (une jeune noble), Mathieu Dahan (narration).
Docu-fiction: libre, moderne, hédoniste, la jeune reine fuit le protocole royal et son fade époux pour s'évader non loin du château royal, au Petit Trianon, ravissant pavillon néoclassique bâti sous Louis XV et qui devient son éden. Un portrait glamour, post-Sofia Coppola, de la souveraine qui s'érige en icône de la mode et du bon goût: Son crime de lèse-majesté: revendiquer son droit au bonheur tout en ignorant les réalités de son temps. Reconstitutions évanescentes.
2018(tv) Marie-Antoinette VR / The Redemption of Marie-Antoinette (FR) de Carol Liu
Carol Liu, François Klein/U-Ma Studios-Digital Rise, court métrage. - av. Grace Church (Marie-Antoinette), Enrico Benedetti (le comte Axel von Fersen), Elise Salmon (Mme Jarjayes), Frédérique Trouslard (Mme Campan), Paul Guermonprez (un geôlier), Sean Cackoski (un garde). - Film semi-expérimental tourné à Paris.
2019*(tv) Marie-Antoinette, ils ont jugé la reine (FR/BE) d'Alain Brunard
Manuel Catteau, Gaëlle Guyader, Christophe Louis/ZED Films (Paris)-BE-Films & Umedia (Bruxelles)-Histoire-Arte (Arte 14.11.18), 106 min. - av. Maud Wyler (Marie-Antoinette), Sophie Breyer (Rosalie), Patrick Descamps (Simon, le gardien de Louis-Charles Capet), Bruno Rochette (Rougeville), André Marcon (le juge Marcon), Bruno Ricci (Robespierre), Nicolas Chupin (Hébert), François Dupont (Trinchard, juré 6). Francis Leplay (Fouquier), Bruno Georis (Pache), Bernard Eylenbosch (le greffier), Camille Pistone (Deboisseaus, juré 9), Hugues Hausman (Roussillon), Fanny Dumont (Mme de Noailles), Albert Jeunehomme (Baron, juré 10), Aurélia Bonta (prostituée), Octave Delaunoy (Charles), Adrien Letartre (David), Nathalie Laroche (Mme Richard), Colette Sodoyez (Reine Millot), Denis Podalydès (narrateur).
Docu-fiction tiré du livre Juger la reine de l'historien Emmanuel de Waresquiel, conçu à partir de documents longtemps cachés et récemment découverts, révélant les arcanes d'un procès truqué. L'ouvrage ne présente pas la reine come une écervelée, mais comme un femme qui manque cruellement de confiance en elle. Elle a fui Versailles pour Trianon, se fuyant elle-même en s'étourdissant de plaisirs, se protégeant derrière une carapace de Reine de la mode. Cette fuite, cette volonté d'entretenir un cercle d'intimes, prête le flanc aux critiques et constitue son plus grand crime aux yeux des révolutionnaires: une vie secrète est forcément une vie liciencieuse! Son plus grand crime est d'être une femme en avance sur son temps. Les 76 derniers jours de la "veuve Capet", de son transfert à la Conciergerie le 2 août 1793, "l'antichambre de la mort" sur l'île de la Cité, à son exécution. Il ne faudra que trois jours et deux nuits - du 14 au 16 octobre - pour juger, condamner et exécuter celle qui fut la dernière reine de France. Mais l'issue était connue d'avance, fruit de tractations politiques et de luttes de pouvoir au cours d'une année fatidique où la révolution dérive inexorablement vers sa perte. - Titre international: To Kill a Queen.
La crédibilité des Bourbons est mise à l’épreuve par « L’Affaire du collier de la reine » (Marcel L’Herbier, 1946).

6.1. L'Affaire du collier de la reine

En 1784, une cabale ourdie par l’aventurière Jeanne Saint-Rémy Valois, comtesse de La Motte (1756-1791) vise à discréditer Marie-Antoinette. Avec la complicité de Cagliostro, elle manipule Edouard, prince-cardinal de Rohan (1734-1803), amoureux naïf de la reine, en lui confiant à titre d’entremetteur un joyau d’une valeur astronomique de 1’6000’000 livres destinée à la souveraine, alors que le peuple de Paris souffre de disette. L’escroquerie réussit, mais démasquée, la comtesse est condamnée à être battue de verges, marquée au fer rouge et enfermée à la Salpêtrière. Quoiqu’innocente, la reine est sérieusement éclaboussée par le scandale, et la maison royale discréditée. Cf. les romans d’Alexandre Dumas & Auguste Maquet (1849/50) et de Franz Funck-Brentano (1903). - Nota bene: "l'affaire du collier" est reconstituée aussi dans la majorité des biographies filmées de Marie-Antoinette.
1909Le Collier de la reine (FR) d’Etienne Arnaud, Louis Feuillade 
Gaumont, 140 m. – av. Renée Carl (Marie-Antoinette), Georges Wague, Christiane Mandelys, Alice Tissot.
1911L’Affaire du collier de la reine (FR) de Camille de Morlhon 
Série d’Art-Pathé Frères, 690 m. – av. Jeanne Provost (Marie-Antoinette), Berthe Bovy (Jeanne de La Motte), Henri Etiévant (Louis XVI), Auguste Volny (cardinal de Rohan), Edmond Duquesne, Paul Amiot, Georges Tréville. – D’après le livre de Franz Funck-Brentano, extérieurs à Versailles (jardins du Domaine).
1929*L’Affaire du collier / Le Collier de la reine (FR) de Gaston Ravel et Tony Lekain 
Société Française des Films Eclair (Charles Jourjou)-Franco Film-Aubert. – av. Diana Karenne (Marie-Antoinette/Olivia de La Motte), Marcelle Jefferson-Cohn (Jeanne de La Motte), Georges Lannes (cardinal de Rohan), Jean Weber (Réteau de Villette), Fernand Fabre (M. de La Motte), Jeanne Evrard (princesse de Lamballe), Henry Harmant (Louis XVI), Renée Parme (Mme Elisabeth), Odette Talazac (Mme de Mizery), Jules Mondos (Boehmer), Henri Lesieur (Bassange), Paul Sato (Toussaint de Beausire), Christian Argentin (M. de Breteuil, garde des Sceaux), Gaston Mauger (M. de Crosne, ministre de la Police), Vandames (M. de Launay, gouverneur de la Bastille), Ady Cresso (Elisabeth Vigée-Lebrun).
Sur la place où la comtesse vient d’être fouettée publiquement, Marat et Robespierre se serrent la main : la royauté vient de perdre son dernier crédit (d’après Dumas et Funck-Brentano). Un film à gros moyens, statique et esthétisant, tourné aux studios de la rue Francoeur à Paris et, en un deuxième temps, aux studios Eclair (Natan) d’Epinay-sur-Seine, ateliers insonorisés par la société allemande Tobis en 1929 ; le tandem Ravel-Lekain y réalise ce premier film parlant français. Il est commencé avec Pola Negri dans le rôle de La Motte, mais la star rompt son contrat et retourne à Berlin où l’attend un projet plus rémunérateur ; elle est remplacée par la cantatrice Jefferson-Cohn (alias Marcelle Chantal), qui débute à l’écran. Premier film sonorisé français (bruitage, cris et musique) avec du matériel Tobis-Klangfilm, certaines scènes sont retournées avec des passages parlants. Extérieurs au château d’Ermenonville et à Versailles (bosquet d'Apollon, intérieur du palais, Hameau de la reine).
1945/46*L’Affaire du collier de la reine (FR) de Marcel L’Herbier [et Jean Dréville] 
Elisabeth Soutzo/Ile-de-France Films, 118 min. – av. Viviane Romance (Jeanne de La Motte), Maurice Escande (cardinal de Rohan), Marion Dorian (Marie-Antoinette), Jacques Dacqmine (Rétaux de Villette), Hélène Bellanger (duchesse de Polignac), Pierre Dux (Cagliostro), Jean Hébey (Louis XVI), Pierre Palau (Boehmer), Hélène Bellanger (duchesse de Polignac), Florence Lynn (princesse de Lamballe), Michel Sallina (comte de La Motte), André Wasley (bailli de Suffen), Paul Amiot (Maître Doillot).
Un scénario de Charles Spaak d’après Funck-Brentano, écrit pendant le séjour de Spaak en prison, arrêté par la Gestapo en automne 1943. Tournage mouvementé au Petit-Trianon, à Versailles et aux studios François Ier (rues de Paris), Saint-Maurice (grand escalier et jardins du Palais-Royal) et Francoeur, travail interrompu par la maladie de L’Herbier, qui doit être remplacé par Jean Dréville pour certaines scènes. Une production de la société Ile-de-France fondée par la princesse roumaine Élisabeth Soutzo. La productrice se réserve le rôle de la reine sous le nom d’artiste de Marion Dorian (elle a déjà financé le « Volpone » de Maurice Tourneur, en 1941). De la confection de qualité, qui se déguste sans ennui. L’Herbier n’est ici qu’un prestataire au service de Viviane Romance, mais son film a du panache (décors de Max Douy, costumes de Georges Annenkov) et la restitution de l'affaire est probablement la plus fidèle de toutes.
1953[épisode :] Si Versailles m’était conté (FR) de Sacha Guitry 
CLM Cocinex. – av. Gilbert Boka (Louis XVI), Lana Marconi (Marie-Antoinette), Jean-Pierre Aumont (cardinal de Rohan), Gino Cervi (Cagliostro), Gaby Morlay (Jeanne de La Motte Valois), Jacques Morel (Boehmer), René Worms (Bassange), Guy Tréjan (Rétaux de Villette), Renée Devillers (Mme Campan). – Le bref épisode que Guitry consacre au règne de Louis XVI relate en particulier l’affaire du collier.
1962(tv) L’Affaire du collier de la reine (FR) de Guy Lessertisseur 
« La caméra explore le temps » no. 31 (1e Ch. RTF 17.2.62), 116 min. – av. Jacques Castelot (cardinal de Rohan), Louis Arbessier (Miromesnil), Pierre Asso (président Séguier), Jacques Morel (Louis XVI), Gisèle Pascal (Marie-Antoinette), Claude Winter (Jeanne de La Motte Valois), Georges Hubert (Verguenes), Georges Lannes (Louis Auguste Le Tonnelier, baron de Breteuil), Teddy Billis (conseiller Titou).
Enregistré aux studios des Buttes-Chaumont. Préalablement un projet pour le grand écran : en octobre 1961, Pierre Gaspard-Huit annonce « *Le Collier de la reine » avec Liselotte Pulver en Marie-Antoinette et Vittorio Gassman en Cagliostro, prod. Metzger & Woog-Paris Elysées Films. Sans suite.
1971(tv) Die Halsbandaffäre (DE) d’Hermann Kugelstadt
(ZDF 6.8.71), 90 min. – av. Karin Hübner (Jeanne de La Motte Valois), Erich Auer (cardinal de Rohan), Günther Neutzé (Nicolas de La Motte), Walter Wilz (Rétaux de Wilette), Angelika Ott (Marie-Antoinette).
1976(tv) El collar de la reina (ES) d’Alfredo Castellón 
série « Novela » (TVE 24.5.76), 50 min. – av. Amparo Pamplona (Marie-Antoinette), Emiliano Redondo (Louis XVI), Ignacio de Paúl (Cagliostro), Charo Soriano (Jeanne de La Motte Valois), Eusebio Poncela (comte de Charny), Francisco Piquer (prince de Rohan), José Luís Aristu (Philippe de Taverney), Francisco Guijar (comte d’Artois), Nuria Carresi (Andrée de Tavernay), José Luis Lespe (M. de Suffren), Diana Sorel (Mme de Lamballe), José Luis Vidal (Rateau), Blaki (Besausire), Rosa Vicente (Clotilde). – D’après Alexandre Dumas.
2002The Affair of the Necklace (CH: L’Affaire du collier) (US) de Charles Shyer 
Alcon Entertainment, 117 min. – av. Joely Richardson (Marie-Antoinette), Simon Shackelton (Louis XVI), Hilary Swank (Jeanne de La Motte Valois), Christopher Walken (Cagliostro), Simon Baker (Rétaux de Villette), Jonathan Pryce (cardinal de Rohan), Adrien Brody (comte Nicholas de La Motte), Brian Cox (baron de Breteuil), Hayden Panettiere (Jeanne jeune), Paul Brooke (M. Boehmer), Christophe Paon (Pierre Charron), Thomas Dodgson-Gates (le Dauphin), Stephen Noonan (Camille Desmoulins).
La Motte est ici une jeune aristocrate ruinée, une victime de l’Ancien Régime qui cherche à venger sa famille (son père a payé de sa vie son engagement pour les pauvres) en volant le précieux collier. Elle finit ses jours dans la misère à Londres. La dernière scène du film suggère que le scandale précipita l'exécution de Marie-Antoinette, que l'on voit monter à la guillotine, ce qui est quand même un peu exagéré. Cette production américaine un peu poussive accumule les erreurs et approximations historiques; c'est un échec au box office qui entraîne passagèrement ses conspirateurs aux châteaux de Vaux-le-Vicomte, Versailles (galerie des Glaces, Petit Trianon) et Alincourt (Oise), dans les rues de Carcassonne (pour la ville de Chateauneuf) et dans les forêts de Compiègne, mais le gros du film se tourne en République Tchèque (Kacina, Dobris, Lednice, Valtice, Kutná Hora et studios Barrandow à Prague). Nomination à l’Oscar pour les costumes de Milena Canonero. Film inédit en France.
2011(vd) L’Affaire du collier de la reine (1785) (FR) de Ghislain Vidal 
série « Les Procès de l’Histoire » no. 4, Injam Productions (Marc Andréani)-Cinaps Télévision-Toute l’Histoire, 52 min. – av. Lorraine de Sazagan (Marie-Antoinette), Stéphanie Reynaud (Jeanne de La Motte), Xavier Brière (cardinal de Rohan), Jean-François Vlerick (le baron de Breteuil). – Docu-fiction.