II - LE ROYAUME D’ANGLETERRE

8. GEORGE II (1727 à 1760)

GEORGES II, né en 1683, George Augustus, fils de George Ie. Reine : Caroline von Ansbach (†1737).
Fils : Frederick Louis, prince de Galles. Il sort victorieux de la Guerre de Sept Ans contre la France (1756 à 1763), avec des acquisitions coloniales au Canada et en Inde. En Écosse, il fait face à l’ultime rébellion jacobite que dirige Charles Edward Stuart, surnommé « Bonnie Prince Charles », et qui est écrasée à Culloden en 1746 (cf. 10).
1914Eugene Aram (GB) d’Edwin J. Collins 
Cricks Films, 1393 m. – av. Jack Leigh (Eugene Aram), Mary Manners (Madeleine Lester), John Sargent (Richard Houseman), Stewart Patterson (Walter Lester).
Un mélodrame inspiré d’un fait divers des années 1757-1759 : l’instituteur et philologue autodidacte Eugene Aram (1704-1759) est pendu pour le meurtre de son ami Daniel Clark, qui aurait eu une liaison avec son épouse. Le roman d’Edward George Bulwer-Lytton (1832) qui est à l’origine du film modifie la donne : alors qu’Aram est sur le point de se marier avec Madeleine Lester, un ancien complice en brigandage, Richard Houseman, fait chanter Aram, affirmant qu’il aurait jadis tué son père. Ne pouvant se défendre, Aram qui est exécuté pour un crime dont il est innocent. Madeleine ne survit pas.
1915Eugene Aram (US) de Richard Ridgely 
Edison Mfg. Co., 4 bob. – av. Marc MacDermott (Eugene Aram), Mabel Trunnelle (Madeline Lester), Gladys Hulette (Eleanor Lester), Herbert Prior (Richard Housman), George A. Wright (Geoffrey Lester). – D’après le roman d’Edward G. Bulwer-Lytton (cf. 1914].
1917Masks and Faces (GB) de Fred Paul 
Ideal Pictures, 6200 ft. – av. Sir Johnstone Forbes-Robertson (Triplet), Irene Vanbrugh (Peg Woffington), H. B. Irving (Colander), Gerald du Maurier (Hunsdon).
Comédie située vers 1740 : une actrice guérit un amoureux vieillissant en se faisant passer pour sa femme. D’après la pièce « Masks and Faces ; or, Before and Behind the Curtain » de Tom Taylor et Charles Reade (1852).
1924Eugene Aram (GB) d’Arthur Rooke 
I. B. Davidson Prod. [d’apr. Bulwer-Lytton], 2590 m. – av. Arthur Wontner (Eugene Aram), Barbara Hoffe (Madeleine Lester), Mary Odette (Elinor Lester), James Carew (Richard Houseman), Walter Tennyson (Walter Lester), Lionel d’Aragon (Daniel Clark). – D’après le roman d’Edward G. Bulwer-Lytton (cf. 1914).
1926The Blue Boy (US) d’Arthur Maude 
Romance Productions, 15 min. – av. John Roche, Jane Thomas, Frank Austin, Esther Rhodes (Lady Alice Fayne), Philippe DeLacy (Robin), Montague Shaw (le peintre Sir Thomas Gainsborough). – L’origine du fameux tableau de Gainsborough (1770), tourné en Technicolor.
1942® The Great Mr. Handel (GB) de Norman Walker. – av. Wilfred Lawson (Georg Friedrich Haendel), Malcolm Keen (Lord Chesterfield), Max Kirby (Frederick, prince de Galles). – Etabli en Grande-Bretagne, Haendel y compose « Le Messie » en 1742. – cf. Allemagne (4.2).
Une courtisane se fait peindre par Gainsborough (Cecil Kellaway) dans « Kitty » de Mitchell Leisen (1945).
1944 [sortie : 1946]**Kitty (La Duchesse des bas-fonds) (US) de Mitchell Leisen 
M. Leisen, Karl Tunberg/Paramount Pictures, 103 min. – av. Paulette Goddard (Kitty, duchesse de Malmunster), Ray Milland (Sir Hugh Marcy), Patric Knowles (Brett Harwood, comte de Carstairs), Cecil Kellaway (le peintre Sir Thomas Gainsborough), Gordon Richards (le peintre Sir Joshua Reynolds), Michael Dyne (Prince de Galles), Reginald Owen (duc de Malmunster), Constance Collier (Lady Susan Dowitt), Dennis Hoey (Jonathan Selby), Edward Cooper (Sir Herbert Harbord), Anne Curson (duchesse de Gloucester).
L’ascension fulgurante d’une voleuse et prostituée en guenilles qui, partie des bas-fonds de Londres en 1783, se fait portraiturer par Gainsborough (qui l’a découverte sur les trottoirs), entre au service d’un noble désargenté, Sir Hugh, épouse un riche quincailler qui a la délicatesse de décéder en lui laissant sa fortune, se marie avec un vieux duc, accouche d’un fils, puis, à nouveau veuve, se jette dans les bras de Sir Hugh – qui devient son époux.
Un mélodrame en costumes filmé avec élégance, d’amples mouvements de caméra et un sens visuel certain. Leisen, autrefois costumier de Cecil B. DeMille, a longtemps étudié les toiles de Gainsborough (dont 60 ont été reproduites pour le film) et excelle à restituer dans les moindres détails le parfum de l’époque, malheureusement en noir et blanc (en raison des restrictions de guerre). Un salon entier du XVIII e a été racheté à William Randolph Hearst. D’après le roman de Rosamund Marshall (1943), dont la trame n’est pas sans rappeler celle de « Forever Amber » de Kathleen Windsor (3). Le meilleur film de Paulette Goddard après sa rupture avec Chaplin, entièrement tourné aux studios Paramount à Melrose Avenue, Hollywood. Deux nominations à l’Oscar pour les décors (Art Direction et Interior Decoration).
1948® Bonnie Prince Charlie (GB) d’Anthony Kimmins. – av. Martin Miller (George II). – cf. Ecosse (10).
1956® Robinson soll nicht sterben (Un petit coin de paradis) (DE) de Josef von Baky. – av. Mathias Wiemann (George II). – cf. Daniel Defoe (7.1).
1960(tv) The Herries Chronicle (GB) de Joan Craft 
BBCtv (BBC 1.7.60), 7 x 30 min. – av. Ronald Leigh-Hunt (Francis Herries), Margot van der Burgh (Margaret Herries), Philip Bond (David Herries), Ronnie Raymond (David Herries), Delene Scott (Mary Herries), Susan Purdy (Deborah Herries), Daphne Anderson (Alice Press), Norman Pierce (Sir Pomfred Herries), Rosemary Miller, Zoe Caldwell. – 1730-1762 chronique familiale des Herries dans le Cumberland, où ils sont aussi témoins de l’insurrection jacobite de 1745 (d’après « The Herries Chronicle », une série de six romans de Hugh Walpole, 1930/1933).
1961The Hellfire Club (Les Chevaliers du démon) (GB) de Robert S. Baker, Monty Berman 
New World Productions, 93 min. – av. Keith Michell (Jason Caldwell), Peter Cushing (l’avocat Merryweather), Andrew Faulds (Lord Netherden), Kai Fischer (Yvonne), Adrienne Corri (Isabel), Peter Arne (Thomas, comte de Netherden), Francis Matthews (Sir Hugh Manning), Peter Howell (William Pitt l’aîné, comte de Chatham), Denis Shaw (Sir Richard Benlow), Miles Malleson (le juge).
Netherden Hall en 1752, un clan d’aristocrates dégénérés s’adonne à la débauche et aux messes noires. Dépossédé, le seigneur des lieux, Jason Caldwell, doit affronter Thomas de Netherden, son cousin maléfique, ainsi que les membres criminels du « Hellfire Club » l’épée à la main pour récupérer son domaine.
Petit film-culte des années soixante, tourné en CinemaScope et Eastmancolor aux studios de Pinewood, et amputé de ses scènes d’orgies par la censure française. Le scénario est signé Jimmy Sangster, auteur des meilleurs films d’horreur de la Hammer. Le nom de « Hellfire Club » était le nom de divers clubs exclusifs en Angleterre et en Irlande, réservé à des « gens de qualité » qui souhaitaient s’adonner à des actes immoraux. Ces lieux de rendez-vous virent le jour à Londres à partir de 1719, le plus fameux étant celui fondé par Sir Francis Dashwood.
1975Happiness Is… (US) de Russell S. Doughten Jr. 
Heartland Prod-Mark IV Pictures. – av. Diane Bertouille (Patty), Brent Campbell (Mike Adams), Eddie Moran (Chris), Carlton Smith (John Wesley, fondateur du Méthodisme).
1979**Black Jack (GB) de Ken Loach 
Kestrel Films-NFF, 119 min. – av. Jean Franval (Black Jack), Stephen Hirst (Tolly), Andrew Bennett (Hatch), Louise Cooper (Belle), Patrick Byrne (docteur Carmody).
En 1750, la ballade sauvage et cruelle de trois fuyards, Black Jack, un colosse échappé de la potence, et deux orphelins, Tolly et Belle, à travers la campagne anglaise et sa jungle humaine. Espérant retrouver un oncle, capitaine au long cours, Tolly a été pris en otage par le bandit de grands chemins qui, en arraisonnant une diligence, a également enlevé Belle. Les deux enfants parviennent à s’échapper en s’intégrant à un groupe de bateleurs (d’après le roman de Leon Garfield, 1968).
Un film désavoué par son auteur, peu à l’aise avec reconstitutions et décors du XVIII e, mais néanmoins admirablement réalisé. Prix de la critique internationale FIPRESCI au festival de Cannes 1979, lourd échec commercial.
1980(tv) A Question of Guilt (GB) de Brian Farnham 
Richard Benyon/BBCtv (BBC2 22.4.-8.580), 6 x 30 min. – av. Victoria Fairbrother (Mary Blandy), Alex Norton (cpt. William Cranstoun), Charles Kay (Dr. Addington), Phyllida Law, Alfred Burke.
Un fait divers criminel à Oxford en 1752 : Mary Blandy est exécutée pour le meurtre de son père, tandis que son amant, Cranstoun (rencontré en 1746 et qui lui a procuré le poison), s’enfuit sur le continent.
1985® (tv) God Rot Turnbridge Wells ! / Georg Friedrich Händel, ein Engländer aus Deutschland (Georg Friedrich Haendel – Le diable emporte Turnbridge Wells) (GB/DE) de Tony Palmer. – av. Trevor Howard (Haendel), Isabella Connell (princesse de Galles), David Griffiths (Christopher Bramwell). – Haendel en Grande-Bretagne, cf. Allemagne (4.2).
1989King of the Wind (GB/US) de Peter Duffell 
Davis-Panzer Prod.-First Independent Films-HTV-Channel 3, 103 min. – av. Richard Harris (George II), Glenda Jackson (la reine Caroline), Ralph Bates (LeDuc), Ian Richardson (Bey de Tunis), Navin Chowdhry (Agba), Joan Hickson (duchesse de Marlborough), Frank Finlay (Edward Coke), Nigel Hawthorne (Ahmed), Anthony Quayle (Lord Granville), Neil Dickson (comte de Godolphin), Ralph Bates (duc de Marlborough), Paul Spurrier (Louis XV), Suzy Cooper (Lady Granville).
En 1727, Georges II et Louis XV se disputent un cheval arabe, Sham, cadeau du Bey de Tunis (d’après le roman de Marguerite Henry, 1949). Filmé en Technicolor à Bath, à Badminton, à Bristol et au palais de Topkapi à Instanbul.
1999(tv) Aristocrats (GB/IR) de David Caffrey 
Christopher Hall, David Snodin/BBCtv-Irish Screen-WGBH (BBC1 20.6.-25.7.99), 6 x 50 min. – av. Julian Fellowes (le duc de Richmond), Diane Fletcher (la duchesse de Richmond), Geraldine Somerville (Lady Emily Lennox), Serena Gordon (Lady Caroline Lennox), Jodhi May (Lady Sarah Lennox), Anne-Marie Duff (Lady Louisa Lennox), Clive Swift (George II), Luke de Lacey (le prince de Galles), Alun Armstrong (Henry Fox), Ben Daniels (Lord Kildare), Eamon Rohan (Horace Walpole).
De 1742 à 1792, les vies turbulentes des quatre filles du duc de Richmond, Caroline, Emily, Louisa et Sarah (« the Lennox Sisters »), les petites-filles de Charles II et de sa maîtresse française Louise de Kérouaille, duchesse de Portsmouth. Tournage en Irlande (Carton House et Shelton Cottage à Maynooth, County Kildare), d'après le roman de Stella Tillyard.
2006(tv) Age of Genius (GB) d’Andrew Hutton 
BBC Scotland (BBC4 12.6.06), 55 min. – av. Brian Pettifer (le philosophe et économiste écossais David Hume, 1711-1776), Alan Steele (Adam Smith), Richard Conlon (James Boswell), Robin Thomson (Lord Kames), Ralph Riach (Rév. George Adamson), Clunie Mackenzie. – Le siècle des « Lumières » en Grande-Bretagne.
2006(tv) A Harlot’s Progress (GB) de Justin Hardy 
Touchpaper North-Hardy & Sons-Channel 4 (Channel 4 2.11.06), 120 min. – av. Toby Jones (William Hogarth), Zoe Tapper (Mary Collins), Sophie Thompson (Jane Hogarth), Richard Wilson (Sir James Thornhill), Geraldine James (Mother Needham), Adam Levy (Nathaniel Hirsch), Nicholas Rowe (Henry Fielding), Oliver Ryan (Samuel), Vicky Hall (Sarah), Francis Magee (James Dalton), John Castle (Sir John Gonson), Roger Hammond (Dr. Rock), Philip Martin Brown, Kate Ambler.
Fiction sur le peintre William Hogarth et sa relation avec Mary Collins, la jeune prostituée qui aurait inspiré son œuvre la plus célèbre, la série de gravures intitulée « A Harlot’s Progress ». Cette relation n’est pas documentée et probablement fictive, mais le film tente de donner à travers elle un portrait cru et réaliste de la vie quotidienne à Londres au XVIIIe siècle. « An elegant, thought-provoking and utterly compelling piece of work » (« The Times »).
2013® (tv) The Genius of Turner (GB) de Clare Beavan. - av. Ian Lindsay (le peintre Sir Joshua Reynolds), Alex Larder (William Turner jeune), Peter Aubrey (William Gay Turner, son père). - Reynolds, mentor du jeune Turner, cf. XIXe s.: Angleterre (13.3.).
2014(tv) Messiah at the Foundling Hospital (GB) de Rob Coldstream
Reef Television-BBCtv (BBC2 19.4.14), 55 min. - av. Paul Moriarty (Thomas Coram), Andrew Havill (Charles Jenners), Christopher Staines (le peintre William Hogarth), Francesca Bailey (Lady Somerset), Lucy Caplin (la mère), Nicola Bland (Hester), Verity Hewlett, Andrew Robertson.
Une biographie très instructive sur le philantrope Thomas Coram (1668-1751) qui fonda le London Foundling Hospital (Lamb's Conduit Fields, Bloomsbury) pour les enfants non désirés, et dont le peintre William Hogarth fut un des premiers présidents. Georg Friedrich Haendel soutint la fondation avec ses compositions. Un docu-fiction présenté par prof. Amanda Vickery et Tom Service.
Ronald Colman (dr.) interprète Lord Robert Clive dans « Clive of India » de Richard Boleslawski (1935).

8.1. Lord Robert Clive, dit "Clive of India"

(1725-1774), promoteur de la British East India Company (Compagnie anglaise des Indes orientale) dès 1748. Il s'empare d'Arkât en 1750, de Calcutta en 1755, et chasse les Français des ports du Gange. A la bataille de Plassey (23 juin 1757), Lord Clive écrase l’armée du roi du Bengale Siraj Ud-Dawlah, donnant à l’Angleterre les clefs de l’Inde: il force tous les nababs du Bihar,du Bengale et de l'Orissa à reconnaître la domination anglaise. À son retour en Angleterre, en 1773, devenu pair d'Irlande et gouverneur du Bengale, il est accusé de malversations. La Chambre des communes le déclare innocent. Il est cependant si vivement affecté d'une telle accusation que dans son désespoir, il se donne la mort.
1935*Clive of India (Le Conquérant des Indes) (US) de Richard Boleslawski 
William Goetz, Raymond Griffith, Darryl F. Zanuck/20th Century-Fox, 94 min. – av. Ronald Colman (Lord Robert Clive), Loretta Young (Margaret Maskelyne Clive), Colin Clive (cpt. Johnstone), Francis Lister (Edmund Maskelyne), Montagu Love (gouverneur Pigott), Mischa Auer (Siraj Ud-Dawlah, nawab du Bengale), Cesar Romero (Mir Jaffar, son successeur), C. Aubrey Smith (Premier ministre), Ferdinand Munier (amiral Watson), Leonard Mudie (gén. John Burgoyne), Don Ameche (prisonnier).
L’ascension fulgurante de Robert Clive, un petit employé de la Compagnie des Indes orientales à Fort St. David pour qui la domination du subcontinent – ce « paradis des trésors » – devient « une mission sacrée ». Tenace, obsédé, mégalomane, grand manipulateur sacrifiant son mariage avec Loretta Young sur l’autel du pouvoir (pardon : du devoir), il prend la direction des armées de la Compagnie et remporte victoire après victoire. La prise de Chandernagor et la bataille de Plassey (23 juin 1757), en pleine rivalité anglo-française, marquent la suprématie britannique sur l’Inde. Tout le film étant tourné en studio à Century-City et sur les terrains adjacents, les scènes de bataille, assez efficaces, se déroulent de nuit, sous la pluie battante de la mousson ; elles culminent par l’intervention des éléphants de combat que la cavalerie anglaise met en déroute. L’adversaire indigène de Clive, le nawab bengalais Siraj Ud-Dawlah, est dépeint comme un dérangé mental qui flagelle ses danseuses (des pions sur un immense échiquier humain) pour son plaisir et maintient ses prisonniers anglais dans l’horrible geôle dite « Black Hole » à Calcutta. Après sa chute et son remplacement par un roi fantoche, Mir Jaffar, « l’Inde connaît pour la première fois la paix »…
À la fin de sa carrière, de retour à Londres, Clive est accusé de malversations par ses ennemis et subit une enquête parlementaire humiliante sur les abus de la Compagnie. Au cinéma, il sauve son honneur et sa fortune, Loretta revient vers lui, le roi George II lui transmet son pardon et toute sa reconnaissance (à travers son Premier ministre interprété, bien sûr, par l’incontournable C. Aubrey Smith). La musique triomphaliste d’Alfred Newman s’achève avec l’hymne national « God Save the King ». Dans la réalité, les investigations de la Chambre des Communes poussèrent Clive, neurasthénique et opiomane, au suicide. Un film américain à la gloire de l’Angleterre impériale : preuve que les Etats-Unis, malgré Roosevelt, sont moins anticolonialistes qu’ils veulent le faire croire ! Ronald Colman a rasé sa moustache pour l’occasion. D’après la pièce « Clive » de William Percy Lipscomb et Rubeigh James Minney (1934), d’où un film un peu bavard et statique, mais historiquement intéressant. La pièce, elle, se termine par la destitution de Clive après son autodéfense à la Chambre des Communes en 1772.
1938(tv) Clive of India (GB) de George More O’Ferrall
(BBC 19.2.38), 60 min. – av. Colin Keith-Johnson (Lord Robert Clive), Gillian Lind (Margaret Maskelyne), Deering Wells (Edmond Maskelyne), W. E. Holloway (Mir Jaffar).
D’après la pièce de W. P. Lipscomb et R. J. Minney (1934), avec les interprètes de la scène. De 1748 à 1773, une étude de caractères : Clive montré comme un manipulateur qui exploite cyniquement les rivalités locales et souffre d’une vie privée frustrante. Tournage en direct aux studios de la BBC à Alexandra Palace (North London).
1952Anandmath (IN) de Hemen Gupta 
Filmistan (Hindi), 176 min. – av. Prithviraj Kapoor (le sage Satyanand), Geeta Bali (Shanti Dev Sharma), Ranjana (Kalyani), Pradeep Kumar (Jivanand), Ajit Bharat Bhushan (Bhavanand). – Satyanand mène l’insurrection des Sanyasis contre la British East India Company au XVIIIe s. Filmé aux studios de Bombay.
1953Flame of Calcutta (BE : La Guerrière voilée) (US) de Seymour Friedman 
Sam Katzman/Esskay Pictures Corp.-Columbia, 69 min. – av. Denise Darcel (Suzanne Roget, dite « la Flamme »), Patric Knowles (cpt. Keith Lambert), Paul Cavanagh (Lord Robert Clive), Georges Keymas (prince Jahân), Joseph Mell (Jowall), Ted Thorpe (Rana Singh), Gregory Gaye (Amir Khasid), Edward Clark (Pandit Bandar).
1760, aventures fauchées dans le cadre de la nouvelle British East India Co. de Lord Clive : la fille d’un officier français combat le prince Jahân qui a l'idée saugrenue de vouloir chasser les Anglais de son territoire... Heureusement, Clive of India veille! Filmé en Technicolor à Corriganville, Simi Valley (Calif.).
1956(tv) Clive of India (GB) de Rudolph Cartier 
« Sunday-Night Theatre », BBCtv (BBC1 30.12.56), 100 min. – av. Marius Goring (Lord Robert Clive), Jeannette Sterke (Margaret Maskelyne), Allan Jeayes (Lord Chatham). – La pièce de W. P. Lipscomb et R. J. Minney (1934).
1959Sivagangai Seemai / The Land of Sivagangai (IN) de K. Shankar 
Kannadasan (Tamil), 173 min. – av. S. S. Rajendran, T. K. Bhagavathi, M. K. Musthafa, P. S. Veerappa, Kumari Kamala, S. Varalakshmi, Wahab Kashmiri (col. Welsh) – En 1798, la British East India Co. utilise un prétexte futile pour s’emparer du royaume de Sivagangai.
1959Tipu Sultan (IN) de Jagdish Gautam
(parlé hindi). - av. Paidi Jairaj (Tipû Sultan), Suresh, Anita Guha. Ra, Mohan, Krishna Kumari, Jagdish Kanwal, Roopma, Uma Dutt. - cf. télésérie de 1990/91.
1975(tv) Mother India (GB) de Herbert Wise 
série « Churchill’s People » no. 23 (BBC 2.6.75), 50 min. – av. Rodney Bewes (Bob Pott), Chris Gable (Jack Cleveland), Geoffrey Bayldon (Samuel Jenks), Barbara Lott (Lady Cleveland), Michael Barrington (gén. Barker), John Cater (Warren Hastings), Jamila Massey (Behu Begum), Sultan Lalani (Jawar). – Les succès de l’East India Company au XVIIIe siècle et le début de l’Empire.
1980(tv) Clive of India (GB) de Michael Pearce 
Timothy O’Grady-Tempest Films-Channel Four (C4 20.8.83), 100 min. – av. Kenneth Griffith (Lord Robert Clive / narrateur). – Docu-fiction.
1990/91(tv) The Sword of Tipu Sultan (IN) de Sanjay Khan et Akbar Khan
Sanjay Khan/Numero Uno International (DD National), 60 x 45 min. - av. Sanjay Khan (Tipu Sultan), Malvika Tiwari (son épouse), Shahbaaz Khan (Hyder Ali), Maya Alagh (grand-mère de Tipu), Deepika Chikhalia (mère de Tipu), Anant Mahadevan, Mukesh Rishi, Ananth Narayan Mahadevan (Pandit Purnaiya).
Tipû Sultan (ou Tipû Sähib, 1750-1799), sultan de Mysore à partir de 1782, est un des principaux opposants à l'installation du pouvoir britannique en Inde, ce qui lui a valu le surnom de "tigre de Mysore". Eccentrique, guerrier courageux et téméraire, il tient férocement tête à la British East India Company et à ses alliés. En 1799, les armées britanniques (dont l'une est commandée par Arthur Wellesley, le futur duc de Wellington) marchent sur Mysore et assiègent sa capitale Seringapatam. Tipû Sultan est tué dans la bataille. - Le feuilleton est filmé aux Premiere Studio à Mysore (Karnataka) d'après le roman de Bhagwan S. Gidwani (également auteur du scénario). Le tournage est endeuilli en février 1990 par un terrible incendie qui détruit une bonne partie du studio et fait 62 victimes. Sanjay Khan (qui subit de graves brûlures) reçoit le Gem of India Award pour sa prestation.
2011® (tv) Rani (FR) d’Arnaud Sélignac. – av. Mylène Jampanoï (Jolanne de Valcourt, dite Rani), Farid Elouardi (Nadir Singh, maharadja de Sandrapur, son époux), Jean-Philippe Ecoffey (Joseph-François Dupleix), Jeffrey Goldberg (Lord Robert Clive), Eric Viellard (l'amiral Bertrand de La Bourdonnais). – Cette série filmée partiellement en Inde évoque le conflit des Anglais à Madras contre les Français à Pondichéry pour la suprématie sur le continent indien. Lord Robert Clive et ses adversaires, Joseph-François Dupleix (1687-1763), gouverneur général des Établissements français de l'Inde à Chandernagor, et l'ennemi personnel de ce dernier, l'amiral Bertrand de La Bourdonnais (1699-1753) y jouent un rôle important dans les épisodes 7 et 8. - cf. France s. Louis XV (5).
2013The Lovers / The Invaders / Singularity / Time Traveller (La Prophétie de l'anneau) (BE/IN/AU) de Roland Joffé
Corsan Bliss Media Ltd.-Limelight International Media-Neelmudra Entertainment, 109 min. - av. Josh Hartnett (cpt. James Stewart), Bipasha Basu (Tulaja Naik), Alice Englert (Dolly), Tamsin Egerton (Laura Fennel), Aegina de Vas (la reine Jamnabai), Abhay Deol (l'usurpateur Udaji), Billie Brown (colonel Egerton), Shane Briant (Hornby, gouverneur de Bombay).
En 1778, l'East India Company prépare la conquête du subcontinent indien et de ses richesses en dressant les roitelets locaux les uns contre les autres. A Poona, le capitaine écossais James Stewart est chargé de protéger et d'organiser la fuite de la reine Jamnabal dont l'époux a été assassiné par un usurpateur. Au cours de leur périple périlleux, parsemé de trahisons, de guet-apens et de batailles rangées entre troupes britanniques et indigènes, Stewart s'éprend de Tulaja Naik, une guerrière maratha. Leur union secrète est scellée par un anneau magique. En 2020, un archéologue des fonds sous-marin tombé dans le coma los d'une plongée suivie de l'exploration d'une épave du XVIIIre siècle (récit cadre) rêve de cette vie antérieure (de son ancêtre?) avec l'Indienne; la découverte de l'anneau dans l'épave lui sauve la vie... Du mauvais roman-photo, un scénario brouillon, indigne de Roland Joffé ("The Killing Fields", "City of Joy", "Vatel"), une carrière commerciale catastrophique. Tournage en Australie (Queensland) et en Inde (Chambal, Orccha, Gwalior) en 2010/11, suivi de retakes à Londres jusqu'en automne 2012.