II - LE ROYAUME D’ANGLETERRE

La deuxième rebellion jacobite de 1745/46 dirigée par Charles Edward Stuart (« Bonnie Prince Charles », 1948).

10. ÉCOSSE

Le premier soulèvement des Jacobites (branche catholique des Stuart) a lieu en 1715 contre le roi allemand d’Angleterre George Ier (de la maison protestante de Hanovre), considéré comme un usurpateur. Le combat est mené par James Francis Edward STUART (1688-1766) dit « The Old Pretender », prince de Galles et fils du roi exilé James/Jacques II. En France, Louis XIV l’a reconnu roi d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande sous le nom de Jacques III. En mars 1708, ses navires français voguant vers l’Angleterre sont interceptés par la flotte britannique de Sir George Byng et il doit rebrousser chemin ; en 1715, il parvient à débarquer en Écosse, mais après une bataille indécise à Sheriffmuir, il se retire à Rome où il épouse une princesse Sobieski, Maria Clementina (1702-1735), la petite-fille du roi de Pologne qui lui donne deux fils.
La seconde et dernière rébellion jacobite dure de juin 1745 à septembre 1746 (« the Fortyfive »). Exilé à Rome, fils aîné du prétendant précédent au trône, Charles Edward STUART surnommé « Bonnie Prince Charlie » ou « The Young Pretender » (1720-1788) tente une fois de plus de restaurer la dynastie des Stuart en Grande-Bretagne en renversant cette fois Georges II. Mais ses troupes, mal préparées et indisciplinées, sont écrasées par le duc de Cumberland à la bataille de Culloden (16 avril 1746). Le vainqueur, surnommé « the Butcher », sème la terreur dans les Highlands. La cause des Stuart étant perdue, Charles passe le reste de sa vie en exil (il sombre dans l’alcoolisme) et décède à Rome. Son unique frère, Henry Benedict Stuart, devient cardinal-évêque.
1908The Chieftain’s Revenge ; or a Tragedy in the Highlands of Scotland (US)
Vitagraph Co. of America, 127 m.
1909La gabbia maledetta [La Cage maudite] (IT) d’Alberto Carlo Lolli 
Aquila Films, Torino, 261 m. – Guerre de clans et amours contrariées.
1909L’ultimo degli Stuardi / L’ultimo degli Stuarts (Le Dernier des Stuart) (IT) de Mario Caserini 
Cines, Roma, 275 m. – av. Amleto Novelli (le prince Charles Edward Stuart, dit « Bonnie Prince Charlie »), Maria Gasparini.
1910Le Joueur de cornemuse (FR)
Pathé no. 3397, 185 m. – av. Maurice Luguet, Jean Angelo, Marcelle Barry, Eugénie Nau. – La fille d’un chef de clan s’éprend d’un joueur de cornemuse et suscite la colère de son père et qui tente de le tuer.
1911Princess Clementina (GB) de William G. B. Barker 
Barker Prod., 1800 ft./580 m. – av. H. B. Irving (Charles Wogan), Alice Young (Maria Clementina Sobieska), Eille Norwood (James Francis Edward Stuart), Dorothea Baird (Jenny), Nigel Playfair (prince de Baden), Charles Allen (cardinal Origo), Arthur Whitby (Harry Whittington), Henry Vibart (maj. Richard Gaydon), Frederick Lloyd (cpt. John Missen).
Ayant renoncé à s’imposer en Écosse, le prince Stuart s’établit à Rome et y épouse la princesse Maria Clementina Sobieska, la petite-fille du roi de Pologne que l’aventurier jacobite Charles Wogan parvient à sauver des griffes des Anglais et Autrichiens. D’après la pièce « The Princess Clementina » de George Pleydell Bancroft (1910) et le roman « Clementina » d’A. E. W. Mason (1901).
1912Les Jacobites (FR)
Film d’Art, 600 m. – av. Paul Mounet, Emile Dehelly, Duparc, Jeanne Provost, Yvonne Ducos.
1913Shon the Piper (US) d'Otis Turner
101-Bison/Universal Pictures, 3 bob. - av. Robert Z. Leonard (Shon), Marguerite Fisher, Lon Chaney. - Shon, un duc fortuné, vit dans les Highlands afin d'échapper à la femme qui veut l'épouser pour sa fortune. Déguisé en jouer de cornemuse, il rencontre de Madge. Ils tombent amoureux, mais le père de la belle l'a destinée à un châtelain. Shon déclenche la guerre en enlevant Madge pendant la cérémonie de mariage et la cachant dans son château, protégée par les gens de son clan. Lorsque le père découvre l'identité du ravisseur, il consent au mariage de Shon avec Madge.
1923Bonnie Prince Charlie (GB) de Charles C. Calvert 
Gaumont-British Screencraft, 2120 m. – av. Gladys Cooper (Flora MacDonald), Ivor Novello (prince Charles Edward Stuart, dit « Bonnie Prince Charlie »), Hugh Miller (Robert Fraser), A. B. Imeson (William Augustus, duc de Cumberland), Sydney Seaward (Neil McEachinn), Adeline Hayden Coffin (Lady Clanronald), Arthur Wontner (Lord Kingsburgh), Lewis Gilbert (Charles II Stuart).
En 1745, l’ultime rebellion jacobite, tournage en extérieurs dans les Highlands écossais et dans les studios de Shepherd's Bush (Lime Grove) avec le couple vedette des jeunes premiers Gladys Cooper et Ivor Novello.
1935Flame in the Heather (GB) de Donovan Pedelty 
Victor M. Greene Prod.-Crusade Films, 66 min. – av. Gwenllian Gill (Alison Cameron), Barry Clifton (col. Stafford), Bruce Seton (Murray), Richard Hayward (Fassiefern), Ben Williams (Rushton).
En 1745 pendant la dernière rébellion jacobite, un espion anglais se rend en Écosse, est accueilli par le clan des Cameron jacobites, s’éprend de la fille du chef de famille, lui sauve la vie et s’enfuit avec elle en Angleterre. Inepte.
1939(tv) Campbell of Kilmhor / Campbell o Kilmhor (GB) de Moultrie R. Kelsall
(BBC 12.1.39), 30 min. - av. Walter Roy (Archibald Campbell of Kilmhor), Elliott Mason (Mary Stewart), Dorothy Gibson (Morag Cameron), Alastair Hunter (Dugald Stewart), Desmond Llewelyn (cpt. Sandeman), John Rae (John Mackenzie).
Un incident pendant la "pacification" des Highlands par les Britanniques après le grand soulèvement de 1745, d'après la pièce en un acte de J. A. Ferguson (1915). Dans le North Perthshire, Mary Stewart tente vainement de sauver son fils Dugald, condamné à être fusillé par Campbell of Kilmhor et qui refuse de livrer ses camarades aux occupants.
1947The Swordsman (Le Manoir de la haine) (US) de Joseph H. Lewis 
Burt Kelly-Columbia, 81 min. – av. Larry Parks (Donald Fraser alias Alexander MacArden), Ellen Drew (Barbara Glowan), George Macready (Robert Glowan), Edgar Buchanan (Angus MacArden), Holmes Herbert (Lord Glowan).
La guerre de clans entre les MacArden et les Glowan à la fin du XVe siècle se clôt par un mariage. Sympathique petit film de cape et d’épée tourné en Technicolor en Californie (Mammoth Lakes, château érigé au Ray Corrigan Ranch, Simi Valley).
1948Bonnie Prince Charlie (La Grande Révolte) (GB) d’Anthony Kimmins, [Robert Stevenson, Leslie Arliss, Alexander Korda] 
[Ted Black], Alexander Korda/London Films, 136 min. – av. David Niven (prince Charles Edward Stuart, dit « Bonnie Prince Charlie »), Margaret Leighton (Flora MacDonald), Judy Campbell (Clementine Walkinshaw), Morland Graham (Donald), Henry Oscar (Jacques II), Elwyn Brook-Jones (William Augustus, duc de Cumberland), Martin Miller (George II), Jack Hawkins (Lord George Murray), Finlay Currie (marquis de Tullibardine).
En 1745, le dernier Stuart, le charismatique Bonnie Prince Charlie, débarque de France en Écosse, s’empare d’Edinbourg, remporte les victoires de Prestonpans et de Falkirk, avance jusqu’à Derby, à deux journées de Londres, mais doit battre en retraite en raison de l’indiscipline de ses troupes. Son armée est écrasée par le duc de Cumberland à Culloden Moor. Le prince vit pendant six mois caché et traqué avant de pouvoir, grâce à l’aide de Flora MacDonald, regagner la France, puis l’Italie.
Le projet est mis en chantier par le producteur Ted Black, qui décède en cours de route, drame engendrant un tournage chaotique et ruineux (800’000 £) en Technicolor aux studios de Shepperton et dans les Highlands écossais (Eilean Donan Castle, The Old Man of Storr, Glenfinnan). Annoncé avec Leslie Arliss à la réalisation, le film est commencé en août 1946 sous la houlette de Robert Stevenson, qui est bientôt renvoyé par Alexander Korda (sept. 1947) ; son remplaçant, Anthony Kimmins, flanche à son tour, écrasé par la logistique et surtout les innombrables incohérences de la production. Comme à son habitude, Korda remanie entièrement le scénario sans le terminer ; par la suite, une cohorte de scénaristes s’y épuisent, Michael Powell et Emeric Pressburger sont vainement appelés à la rescousse tandis que Korda lui-même finit par s’en désintéresser. Le message initial du film – l’écrasement brutal du système des clans n’a pas détruit le rêve d’indépendance de l’Écosse – disparaît. À sa sortie, le film est un désastre tant critique que commercial : la production a fait trop de compromis pour ne pas heurter le public anglo-écossais. Le prince campé par David Niven est une figure romantique sans relief ni magnétisme (on oublie son alcoolisme, sa mauvaise humeur, ses hésitations de stratège, son accent italien), on ignore les destructions, pillages et exécutions de l’armée anglaise, et la terrible bataille de Culloden – la dernière menée sur sol britannique – n’est même pas montrée. Aux États-Unis, le film sort en janvier 1952 avec 35 minutes de coupures, la censure américaine (PCA) s’étant en particulier opposé aux scènes illustrant la liaison extramaritale qu’entretenait le prince avec Clementine Walkinshaw et Flora MacDonald.
En 1715, le prince James Stuart tente de reprendre le trône de George I (« The Iron Glove » de William Castle, 1954).
1954The Iron Glove / The Kiss and the Sword (US) de William Castle 
Sam Katzman/Clover Prod.-Columbia Pictures, 77 min. – av. Robert Stack (cpt. Charles Wogan of Rathecoffey, dit « The Iron Glove »), Ursula Thiess (Ann Brett), Richard Stapley (prince Jacques François Stuart, fils de Jacques II), Alan Hale Jr. (sgt. Patrick Gaydon O’Toole), Otto Waldis (George Ier d’Angleterre), Charles Irwin (Timothy O’Toole), Leslie Bradley (duc de Somerfield), Ricca Owen (la princesse Maria Clementina Sobieska), Louis Merril (comte Du Lusac), Paul Cavanagh (Cavenly, conseiller du prince).
Après la première tentative manquée des Stuart de reprendre le trône britannique par les armes, en 1715, l’aventurier-espion écossais Wogan, surnommé « le gant de fer », se rend en France, au château de Saint-Germain, à la cour du prince Stuart dont il est le garde du corps. Il est accompagné de la belle duchesse de Somerfield qui est en réalité une espionne anglaise du nom d’Ann Brett, chargée d’assassiner Stuart. Wogan empêche un premier attentat organisé par le conspirateur français Du Lusac. Ann s’éprend du séduisant Écossais et change de camp. Entre-temps, son faux mari, le duc de Somerfield, voyage via Paris en Pologne où il enlève la princesse Clementina Sobieska, fiancée de Stuart. Wogan l’intercepte en Autriche, Wogan se déguise en officier autrichien, sauve Clementina, retenue prisonnière dans une forteresse et qui peut ainsi rejoindre son prince, tandis qu’Ann tue Somerfield d’un coup de pistolet. Elle épouse Wogan, James épouse Clementina qui lui donne un premier fils, le futur « Bonnie Prince Charlie ».
Une petite bande de cape et d’épée en Technicolor, tournée en quatrième vitesse, avec Robert Stack (le futur Eliot Ness de la télévision), l’Allemande Ursula Thiess (Mme Robert Taylor) et, à la mise en scène, celui qui deviendra un des spécialistes « camp » de la terreur à bon marché. Il n’est pas certain que les responsables du film savaient de quoi et de qui il traitait. L’authentique Charles Wogan (1698-1754) était capitaine de l’armée jacobite. Après la défaite de 1715, il parvint à s’évader de la prison de Newgate avant son procès et à gagner la France où il fut chargé de trouver une princesse catholique pour Jacques III Stuart. Wogan traversa l’Europe et porta son choix sur la princesse Clementina. Arrivé à Urbino, il apprit que la Polonaise avec été emprisonnée à Innsbruck par l’empereur Charles VI d’Autriche à la demande de Georges I er d’Angleterre. Déguisé en marchand français, il réussit à libérer la princesse et à la ramener à Rome, où son geste lui valut d’être nommé sénateur. Par la suite, Wogan devint brigadier-général de l’armée espagnole, puis gouverneur de la province de la Manche en Espagne. Sa correspondance avec David Swift est restée dans les annales.
1954(tv) Clementina (GB) de Joy Harrington 
J. Harrington/BBCtv (BBC1 6.2.-13.3.54), 6 x 35 min. – av. Patrick Troughton (Charles Wogan), Michael Ashwin (James Stuart, en exil en Italie), Elizabeth Henson (la princesse polonaise Clementina Sobieska), Barbara Everest (Hedwig Elisabeth von Neuburg, sa mère), Beckett Bould (le prince Jacques Louis Sobieski, son père), Raymond Francis (Sir John Hay), Anthony Ireland (Harry Whittington), Joy Shelton (Lady Featherstone), Henry Oscar (le cardinal), Andrea Malandrinos (l’aubergiste), Bartlett Mullins (Châteaudoux), Roger Milner (Sentry), Veronica Turleigh (comtesse de Bergh), Arthur Wontner (comte Otto von Ahlen), Michael O’Mahoney (Lucius O’Toole), Desmond Jordan (Jack Misset), Richard Pearson (le prince de Baden), Joyce Chancellor (Mrs. Misset), Jill Balcon (Maria Vittoria), Stella Brett (Jenny), Michael Bates (servant).
La Maison de Hanovre qui vient d’hériter du trône d’Angleterre s’allie avec l’Autriche pour empêcher Stuart d’épouser une riche princesse polonaise qui financerait son retour en Angleterre. La princesse est enlevée, mais Charles Wogan parvient à la libérer. Feuilleton d’après le roman de A. E. W. Mason (1901, cf. le film de 1911), adapté par C. A. Lejeune.
Episodes : 1. « For the Sake of a Throne » – 2. « A Man Needs his Friends » – 3. « The Night of the 27th » – 4. « The Road to Italy » – 5. « For Love of a Queen » – 6. « The End of a Journey ».
1956(tv) The Highlanders (GB) de Hugh David 
série « Doctor Who » (17.12.66-7.1.67), 4 x 25 min. – av. Michael Craze (Ben Jackson), Guy Middleton (col. Attwood), Michael Elwyn (lieut. Algernon Ffinch), Hannah Gordon (Kirsty McLaren), Anneke Wills (Polly), David Garth (Grey), Dallas Cavell (capt. Trask), Andrew Downie (Willie Mackay) et Patrick Troughton (Doctor Who).
L’équipe des « Time Travellers » débarque en Ecosse au lendemain de la bataille de Culloden et, poursuivis par les Redcoats, aident les Highlanders en fuite à se cacher pour échapper aux marchands d’esclaves (science-fiction).
1959(tv) Redgauntlet (GB) de Kevin Sheldon
(BBC1 11.10.-15.11.59), 6 x 30 min. – av. Tom Fleming (Sir Arthur Darsie Latimer Redgauntlet), John Cairney (Alan Fairford), Tom Fleming (Sir Edward Redgauntlet), Claire Isbister (Lilias, sœur de Darsie), Terry Baker (Cristal Nixon), Robert Aldous (Nicholas Faggot), Brown Derby (prince Charles Edward Stuart, dit « Bonnie Prince Charlie »), Leonard Maguire (Mr. Fairford), Roddy McMillan (cpt. Nanty Ewart), Michael Logan (Tom Crackenthorpe), Harry Walker (Ambrose), John Sharp (Mr. Foxley), Helena Gloag (Seraphina Arthuret), Marjorie Wilde (Angelica Arthuret), Judd Alan (Sir Richard Glendale), John Grieve (gén. Campbell), Wilfred Grantham (Mr. Meredith), Wilfrid Fletcher (Mr. Pengwinion).
Après la défaite des Stuart à Culloden, Sir Edward Redgauntlet enlève son neveu, Arthur Darsie, pour secourir le prince Charles et préparer une troisième (fictive) rébellion jacobite sous la direction du fougueux Herries. Mais le prince renonce à l’aventure et les remercie. Seul et désarmé, le général anglais Campbell surgit parmi les conspirateurs pour leur annoncer qu’ils ont été trahis depuis plusieurs semaines déjà, que ses soldats cernent les lieux et que le roi Georges les autorise généreusement à se disperser. Le patriarche des Redgauntlet accompagne le prince Charles en exil définitif, tandis que Lilias, sœur de Darsie, épouse Alan Fairford, le camarade d’études et compagnon d’armes de Darsie. Herries jette son épée et se fait moine (d’après le roman Redgauntlet. A Tale of the Eighteenth Century de Sir Walter Scott, 1824). Remake en 1970.
1959A Song for Prince Charlie (GB)
Anvil Films-Films of Scotland & The Drambuie Liqueur Co., 18 min. – av. Duncan McIntyre (narration), the Edinburgh University Singers (chants). – Le soulèvement de 1745 en chansons, avec scènes reconstituées et comédiens anonymes.
1960The Young Jacobites (GB) de John Reeve 
Anthony Gilkison/Rayant Pictures-Children’s Film Foundation (sérial), 8 x 15 min./114 min. – av. Francesca Annis (Jean), Jeremy Bulloch (Hamish), Frazer Hines (Angus), John Pike (Willie), David Stuart (prince Charles Edward Stuart, dit « Bonnie Prince Charlie »), Michael Nightingale (col. O’Sullivan). – Des enfants des Highlands facilitent la fuite du prince Charles Stuart d’Ecosse en France après le désastre de Culloden en 1746.
Episodes : 1. « Journey into the Past » – 2. « The Traitor » – 3. « The League in Action » – 4. « The Ambush » – 5. « The Prince Must Be Warned » – 6. « The Rescue » – 7. « The Enemy Closes In » – 8. « Over the Threshold ».
1964(tv) ***Culloden / US : The Battle of Culloden (La Bataille de Culloden) (GB) de David Watkins [et Derek Ware pour la bataille] 
BBCtv (BBC1 15.12.64), 69 min. – av. Olivier Espitalier-Noel (prince Charles Edward Stuart, dit « Bonnie Prince Charlie »), George McBean (Alexander McDonald), Robert Oates (Alexander Laing), Alan Pope et les habitants de Kent et d’Inverness.
La bataille désastreuse du 16 avril 1746 opposant les troupes jacobites du prince Charles Edward Stuart (« Bonnie Prince Charlie ») aux Hanovriens de George II dans les marais de Culloden. Un affrontement mal préparé, d’une rare brutalité et qui détruisit définitivement le système des clans dans les Highlands écossais. Une reconstitution exemplaire et fascinante par son authenticité, tournée in situ comme un reportage de guerre télévisé, avec interviews en anglais et gaëlique des simples soldats, des officiers et de leurs chefs (tous joués par des non professionnels de Londres, des Scottish Lowlands et d’Inverness). La caméra est tenue à la main, ce qui donne au film un aspect documentaire proche du « cinéma vérité ». C’est un combat entre deux factions plutôt qu’entre deux nations : les Hanovriens comportent un important contingent allemand et des Écossais des Lowlands, alors que les Jacobites comprennent aussi des vétérans irlandais, quelques Anglais catholiques et plusieurs centaines de conscrits français. Watkins décortique cette victoire tactique des fusiliers et des canons hanovriens : la spontanéité de la charge furieuse, hache et sabre au clair, des guerriers jacobites est mise en échec par la rigueur et la discipline des fusiliers du duc de Cumberland (fils du roi Georges II) : l’artillerie anglaise passe en tir à mitraille, les Hanovriens utilisent des grenades primitives et le nouveau fusil à baïonnette et à douilles. La bravoure devient inutile. En moins d’une heure, 1250 Jacobites sont morts, contre 350 dans le camp adverse. Cumberland ordonne à ses hommes de tuer tous les blessés, les prisonniers et même les spectateurs. Les rescapés sont poursuivis, les maisons proches du champ de bataille sont incendiées pour qu’elles ne servent pas de refuge aux survivants. La répression dure plusieurs mois et on estime à quelque 30’000 le nombre des victimes de « Butcher Cumberland ». Mille combattants écossais sont vendus comme esclaves aux planteurs de coton américains.
Ce premier film de Watkins, cinéaste de gauche politiquement très engagé, révèle l’inconscience et la grave responsabilité des généraux dans la boucherie que fut Culloden, ces chefs imbus d’eux-mêmes qui menèrent leurs hommes trop crédules et manipulés à l’abattoir. Watkins rappelle une évidence pour tout historien : le jeune prince Stuart, 26 ans, n’était manifestement pas à la hauteur de sa tâche et ses loyaux partisans se sont sacrifiés pour rien. John Prebble, auteur d’une étude scrupuleuse de la bataille (1962) sert de conseiller historique. BAFTA Award 1965 et British Screenwriter’s Award of Merit. Un des cent meilleurs films anglais selon le British Film Institute.
1968(tv) The Flight of the Heron (GB) de Brian Mahoney 
B. Mahoney, Francis Essex/Scottish Television Network (ITV 28.2.-17.4.68), 8 x 30 min. – av. Jon Laurimore (cpt. Keith Windham), Ian McCulloch (Highlander Ewen Cameron), Finlay Currie (Angus MacMartin), Sheila Whittingham (Alison Grant), Brown Derby (cpt. Scott), Robert Doherty (Neill MacMartin), Tom Conti (cpt. Greening), Bill Henderson (Lachlan MacMartin), Leonard Maguire (Lochiel), Sophie Stewart (tante Margaret).
Windham et Cameron, deux ennemis mortels à la bataille de High Bridge en 1745, puis à Culloden, se réconcilient (d’après le roman de Dorothy Kathleen Broster, 1925). - Episodes: 1. "Capture" - 2. "Rebellion" - 3. "Escape" - 4. "Levee" - 5. "Retreat" - 6. "Rescue" - 7. "Torture" - 8. "Revenge".
1968-70(tv) The Borderers (GB) de Peter Graham Scott (1e série), Lennie Mayne (2e série) 
BBCtv (BBC2 31.12.68-25.3.69, 6.1.-31.3.70), 26 x 50 min. – av. Iain Cuthbertson (Cessford), Michael Gambon (Gavin), Joseph Brady (RabI), Edith MacArthur (Margaret), Ian McCulloch (Robin Graham), Bill McCabe (Black Dowie), Bill Henderson (Muschamp). – Guerres de clans au XVIIe s.
1970(tv) Redgauntlet (GB) de Clarke Tait 
Clarke Tait/Scottish Television Network (ITV 7.1.-25.2.70), 8 x 30 min – av. Jack Watson (Arthur Darsie Redgauntlet), Andrew Robertson (Alain Fairford), James Grant (Darsie Latimer), James Copeland (Sir Edward Redgauntlet), Roddy McMilllan (Cristal Nixon), Isabel Begg (Lady Redgauntlet), Isobel Black (Greenmantle), Malcolm Douglas (Tam), James Gibson (Wandering Willie), Taylor Smith (Maggie), Walter Carr (James).
Remake du feuilleton de 1959, d’après le roman de Sir Walter Scott. Une production coûteuse avec de nombreux extérieurs en Ecosse et une bataille d'une certaine ampleur. - Episodes : 1. « The Man With The Sword » – 2. « Warning From a Lady » – 3. « Race Against The Tide » – 4. « Held Prisoner » – 5. « The Trial » – 6. « The Storm » – 7. « The Rebels » – 8. « Death Of A Traitor ».
1970Δ (tv) Upon This Rock (US) de Harry Rasky ; Marstan-Rock Corp. – av. Dirk Bogarde (prince Charles Edward Stuart, dit « Bonnie Prince Charlie »). – L’exil du prince catholique à Rome.
1975(tv) O Canada (GB) d’Alan Gibson 
série « Churchill’s People » no. 21 (BBC 19.5.75), 50 min. – av. Patrick Allen (Donald MacAmnay), Ralph Michael (MacGregor), Malcolm Rennie (MacDonnell), Craig McFarlane (Jamie MacAmnay), Ian Charleson (John Ross).
A la fin du XVIIIe siècle, une famille écossaise, victime des Highland Clearances (déplacements forcés de la population après la bataille de Culloden en 1746), choisit l’émigration au Canada.
1976(tv) The Flight of the Heron (GB) d’Alastair Reid 
Pharic MacLaren/BBCtv Scotland (BBC1 29.2.-4.4.76), 6 x 30 min. – av. Tom Chadbon (capt. Keith Windham), David Rintoul (Highlander Ewen Cameron), Joseph Blatchley (Lachlan MacMartin), Estelle Kohler (Alison Grant), John Phillips (Cameron of Lochiel), Michael Elder (Dr. Archie Cameron), Gerard Slevin (sgt. Mackay). – Deux ennemis à Culloden se réconcilient (remake du feuilleton de 1968).
1980(tv) Doom Castle (GB) de Peter Moffatt 
BBCtv Scotland (BBC1 11.5.-15.6.80), 6 x 30 min. – av. Victor Carin (le baron Lamond), Ian Saynor (le comte Victor de Montaiglon), Valerie Fyfer (Olivia Lamond), Nicola Forte (Cécile Favart), Paul Young (Simon Mactaggart).
En 1752, le jeune comte Victor débarque en Écosse, près de Inveraray, pour rechercher un traître à la cause jacobite, un mystérieux conspirateur du nom de Drimdarroch qui a assassiné des partisans de Bonnie Prince Charlie en France. Il est reçu à Doom Castle – alias Dunderave Castle à Loch Fyneside par le baron royaliste Lamond et sa fille Olivia… (d’après le roman de Neil Munro, 1901).
1986Osobisty pamietnik grzesznika przez niego samego spisany (Journal intime d'une pécheur) (CZ) de Wojciech J. Has
Zespol Filmowy "Rondo", 125 min. - av. Piotr Bajor (Robert), Maciej Kozlowski (l'étranger), Janusz Michalowski (pasteur), Hanna Stankówna (Laura), Anna Dymna (Dominika), Katarzina Figura (Cyntia), Franciszek Pieczka (Logan), Jan Jankowski (Gustaw).
Un drame fratricide teinté de fantastique d'après le roman Private Memories and Confessions of a Justified Sinner de James Hogg (1824).
1994*Chasing the Deer (GB) de Graham Holloway 
Bob Carruthers-Cromwell Films-Lamancha Prod., 97 min. – av. Brian Blessed (maj. Elliot), Iain Cuthbertson (Tullibardine), Matthew Zajac (Alistair Campbell), Brian Donald (Campbell), Sandy Welch (Cameron), Fish (Angus Cameron), Peter Gordon (McKinnon), Dominique Carrara (prince Charles Edward Stuart, dit « Bonnie Prince Charlie »), Robert McIntosh (McDonald of Sleat), Jock Ferguson (Lord Murray), Dominic Borrelli (William Augustus, duc de Cumberland).
1747, le sort d’une famille écossaise annihilée par les Anglais après le soulèvement des Jacobites et la défaite de Culloden. Restituant scrupuleusement toute la tragédie, le film ne cherche pas à juger, mais il détruit à travers sa grande rigueur historique l’imagerie romantique développée autour de Bonnie Prince Charlie et contredit la légende selon laquelle Culloden était un conflit anglo-écossais, puisque des membres des mêmes clans s’y sont entre-tués. Tourné avec des moyens privés (récolte de fonds) et l’aide de la Charles Edward Stuart Society dans les Highlands d’Écosse, à Fort George, Ruthven, sur le champ de bataille de Culloden et au Avoncroft Museum of Buildings à Bromsgrove (Worcestershire). Sans le savoir-faire hollywoodien, mais hautement instructif.
2006(tv) The Battle That Made Britain (GB) de Lucy McDowell 
Wall to Wall Media-BBCtv (BBC4 13.6.06), 55 min. – av. Russell Bright (Bonnie Prince Charles), Ian Webster (William Augustus, duc de Cumberland), Robert Cavanah (narration). – Docu-fiction sur Culloden avec reconstitutions et acteurs.
2014-2016*(tv) Outlander (Outlander: Le Chardon et le Tartan) (US/GB) d'Anna Foerster, Brian Kelly, Philip John, Metin Hüseyin, John Dahl, Mike Barker, Richard Clark
David Brown, Matthew R. Roberts/Tall Ship Productions-Story Mining & Supply Co.-Left Bank Pictures (Starz! 9.8.14-9.7.16), 29 x 64 min. - av. Caitrona Balfe (Claire Randall), Sam Heughan (Jamie Fraser), Tobias Menzies (Frank Randall), Duncan Lacroix (Murtagh Fraser), Grant O'Rourke (Rupert MacKenzie), Stephen Walters (Angus Mhor), Graham McTavish (Dougal MacKenzie), Stanley Weber (le comte de Saint-Germain), Andrew Gower (le prince Charles Edward Stuart, dit "Bonnie Prince Charles"), Lionel Lingelser (Louis XV), Claire Sermonne (Louise de Rohan), Oscar Kennedy (Lord John William Grey), Simon Callow (le duc de Sandringham), Julian Wadham (Lord General George Murray), Andrea Dolente (Danton).
En 1945, Claire Randall, une infirmière ayant servi à la guerre et mariée se retrouve accidentellement propulsée en pleine campagne écossaise en 1743, où elle se prend de passion pour Jamie Frazer, un beau rebelle poursuivi par les Anglais (d'après Le Chardon et le Tartan de Diana Gabaldon, 1991). Une télésérie uchronique plutôt bien fagotée, créée par Ronald D. Moore et filmée en Écosse (Lanarkshire, Falkland, Doune Castle à Stirling, Culross, Midhope Castle), puis en France (Versailles, Dysart) et à Prague.
Dans la saison 2, Claire et son ami Jamie Fraser font un saut à Paris en 1794 où le couple, formé à travers les âges, est déterminé à infiltrer la rébellion jacobite dirigée par le prince Charles Edouard Stuart et empêcher la bataille de Culloden, qui verra les royalistes débarquer en Écosse, suivie de l'annihilation de la culture des Highlands par la terreur anglaise. Leur tentative est bien sûr vaine, Stuart, dit "Bonnie Prince Charlie", remporte une première bataille à Prestonpans/Gladsmuir (1745) contre l'armée hanovrienne de George II sous les ordres de Sir John Cope (saison 2, épis. 10), mais subit une défaite écrasante à Culloden en 1746 (saison 2, épis. 13, "Dragonfly in Amber").

10.1. Robert Roy MacGregor dit Rob Roy (et roman de Walter Scott)

En gaélique « Raibeart Ruadh » soit « Robert le Rouge ». Capitaine du Glengyle Watch et Laird de Craigrostan, grièvement blessé à la bataille de Glen Shiel en 1719 où il combattait pour les Jacobites, il se fait brigand pour lutter contre les excès du duc de Montrose à Mugdock Castle (au nord de Glasgow), son créditeur qui l’a poussé à la ruine : Rob Roy s’est endetté afin d’agrandir son troupeau de bœufs, mais son employé a disparu avec l’argent. Montrose fait saisir ses terres et incendier sa maison. Après des années de guérilla, insaisissable, devenu une véritable légende qui force l’admiration de George I er (une première biographie attribuée à Daniel Defoe, « Highland Rogue », paraît en 1723 déjà), Rob Roy se soumet en 1722, fait de la prison et obtient le pardon royal en 1727. Selon d’autres sources, la confiscation de ses terres à Craigrostan et à Ardess et leur acquisition par le duc de Montrose auraient été la conséquence de son implication armée dans le soulèvement jacobite.
Le roman « Rob Roy » de Sir Walter Scott (1817) se déroule à Aberfoyle durant les années 1712 à 1715, quand le légendaire proscrit participe au soulèvement des partisans de Stuart contre la dynastie protestante des Hanovre en Angleterre. C’est toutefois l’Anglais Francis/Frank Osbaldistone qui en est le véritable héros, Rob Roy ne faisant qu’intervenir ça et là pour l’aider dans ses diverses épreuves. Fils d’un riche marchand de Londres qui l’a chassé parce qu’il préférait la poésie, Francis vit chez son oncle catholique Sir Hildebrand Osbaldistone dans le nord du pays. Il s’y éprend de Diana Vernon, une lointaine et aristocratique cousine qu’aime également le fourbe Rashleigh Osbaldistone, un comploteur jacobite. Celui-ci s’introduit auprès du père de Francis à Londres, lui dérobe sa fortune et disparaît dans les Highlands ; Francis part à la poursuite du félon qui, de surcroît, trahit les Jacobins et livre Rob Roy aux Anglais. Le rebelle s’évade et déclenche l’insurrection générale des clans. Sir Hildebrand et ses quatre fils jacobites périssent les armes à la main, Rob Roy met Rashleigh à mort après avoir aidé Francis à récupérer le capital familial. Ayant combattu du côté anglais, ce dernier hérite d’Osbaldistone Hall, mais facilite la fuite de Diana et de son père jacobite en France. Diana revient et l’épouse après le décès de son géniteur, tandis que Rob Roy se retire dans les Highlands.
1895Rob Roy / The Jamies (US) de W. K. L. Dickson
Continental Commerce Co.-Edison/Vitascope, 16 m. – av. Richard F. Carroll (Dugald MacWheeble, Mayor of Perth).
1911Rob Roy (GB) d’Arthur Vivian 
United Films, 3 bob./810 m. – av. John Clyde (Rob Roy MacGregor), Theo Henries (Helen MacGregor), Durward Lely (Francis Osbaldistone), W. G. Robb (Bailie Nicol Jarvie), George Hunter (Douglas Craitur). – Premier film britannique d’une durée de trois bobines, tourné en Écosse d’après le roman de Sir Walter Scott.
« Rob Roy » (1953) de Harold French
« Rob Roy » (1994) de Michael Caton-Jones
1911Une aventure de Rob Roy (FR) de Jean Durand ; Gaumont, 305 m.
1913Rob Roy (US) de Henri Vernot 
American Eclair, 3 bob. – av. J. W. Johnston (Rob Roy MacGregor), Nancy Averill (Diana Vernon), Will E. Sheerer (Francis Osbaldistone), Mildred Bright. – D’après le roman de Sir Walter Scott.
1922Rob Roy (GB) de Will P. Kellino 
Gaumont-Westminster, 1975 m. – av. Daniel Hawthorne (Rob Roy MacGregor), Gladys Jennings (Helen Campbell), Sir Simeon Stuart (James Graham, duc de Montrose), Wallace Bosco (James Grahame), Alec Hunter (Dougal Creatur), Eva Llewellyn (mère MacGregor), Tom Morris (Sandy the Biter), Roy Kellino (Ronald MacGregor).
En 1712, le chef de clan Rob Roy se venge d’un aristocrate anglais jaloux, le duc de Montrose, qui l’a poussé dans l’illégalité en l’empêchant de rembourser la dette qu’il avait contractée auprès de lui et en provoquant sa ruine. Fresque tournée en Ecosse (MacGregor Country, Aberfoyle, Stirling Castle) avec 800 figurants.
Nota bene: En mai-juin 1938, le cinéma anglais annonce un "Rob Roy" sonore et en couleurs produit par Edward Black pour Gainsborough Films et réalisé par le jeune Carol Reed, d'après un scénario de Leslie Arliss, Kurt Siodmak et J. B. Williams. Interprétation prévue: Michael Redgrave (Rob Roy), Margaret Lockwood et Will Fyffe. Des extérieurs sont prévus à Loch Lomond (Trossachs Country). Le projet prend du retard (révisions du scénario), le tournage est remis à l'été, puis à l'automne 1939. La guerre enterre le projet.
1953*Rob Roy, the Highland Rogue (Echec au roi) (GB/US) de Harold French [et Alex Bryce] 
Perce Pearce/Walt Disney Productions-RKO Radio Pictures, 87 min. – av. Richard Todd (Rob Roy MacGregor), Glynis Johns (Helen Mary MacPherson/MacGregor), James Robertson Justice (John Campbell, duc d’Argyll), Eric Pohlmann (George Ier d’Angleterre), Michael Goodliffe (Sir Robert Walpole, Premier ministre), Michael Gough (James Graham, duc de Montrose), Finlay Currie (Hamish MacPherson), Jean Taylor Smith (Lady Glengyll, mère de Rob Roy), James Sutherland (Torcal), Abe Barker (Duncan McIntosh), Ewen Solon (major-gén. Wightman), Geoffrey Keen (Killearn), Ina de la Haye (comtesse de Pahlen), Malcolm Keen (duc de Marlborough), Martin Boddey (gén. William Cadogan), Russell Waters (Hugh Macgregor), Archie Duncan (Dougal Macgregor).
Lors d’une bataille des McGregor jacobites contre les troupes écossaises du duc d’Argyll dans les Highlands en 1715, Rob Roy est capturé. Allié à la branche maternelle des McGregor, d’Argyll se montre clément envers le rebelle, à la colère du duc de Montrose. Aidé par ses partisans, Rob Roy s’évade et épouse Helen Mary McPherson. Bras droit de Montrose, Duncan McIntosh interrompt la noce pour annoncer que le duc a supplanté Argyll et est à présent le nouveau Secrétaire d’État pour l’Écosse ; tous les clans sont amnistiés, sauf les McGregor, qui perdent leur nom et leurs armes. Rob Roy prend à nouveau la fuite et harcèle les hommes de Montrose qui saigne la population en augmentant les taxes. Lorsque Montrose veut emprisonner Lady Glengyll, la mère de Rob Roy, pour complicité, d’Argyll et ses soldats interviennent aux côtés des MacGregor. Lady Glengyll est tuée dans l’escarmouche et Rob Roy la venge en prenant d’assaut Stirling Castle, la forteresse de Montrose. D’Argyll et Helen Mary le persuadent de déposer les armes et demander le pardon du roi en se rendant à Londres avec ses fidèles. Impressionné par son audace, mais aussi séduit par les récits élogieux que lui ont fait Daniel Defoe et la comtesse de Pahlen, Georges I er le reçoit au palais et lui rend son épée et ses titres.
Le film est mis en chantier par Ken Annakin (sur le modèle de son « Robin des Bois ») que son contrat avec Rank empêche toutefois de retravailler pour Disney. Une perte, car la réalisation de Harold French est un peu pesante, le scénario ménage la chèvre et le chou : Rob Roy ne combat plus les Anglais, mais seulement le duc de Montrose et ses sbires, les ignobles Duncan McIntosh et Torcal. Sa Majesté (qui parle l'allemand) est paternaliste et sympathique en diable: il admire ses ennemis nobles et se méfie de ses amis trop intéressés. Le film plaît à Londres, décroche même l’honneur d’une projection pour la famille royale, mais ses recettes aux Etats-Unis et ailleurs sont décevantes, ce qui amène les productions Disney (section fiction non animée) à se replier désormais entièrement sur la Californie. Tourné en Technicolor – photo fort belle de Guy Green – aux studios d’Elstree, suivi de huit semaines en extérieurs à Aberfoyle (Pertshire) et Loch Ard, dans les Highlands, où Alex Bryce dirige les diverses batailles, assez impressionnantes en elles-mêmes, avec près de mille figurants, dont 400 soldats des Argyll and Sutherland Highlanders (budget: 400'000 £ / 1,8 millions $). Le film sera remonté et diffusé en deux parties de 60 minutes à la télévision américaine au programme « Disney Parade » (ABC 3.+10.10.56).
1961(tv) Rob Roy (GB) de Kevin Sheldon 
BBCtv (BBC1 9.4.-21.5.61), 7 x 30 min. – av. Tom Fleming (Dr. Campbell alias Rob Roy MacGregor), Samantha Eggar (Diana Vernon), Donald Douglas (Frank Osbaldistone), George Hagan (William Osbaldistone), Roddy McMillan (Dougal), Gabriel Woolf (Rashleigh Osbaldistone), Blake Butler (Owen), Gerald Stafford (Doubourg), James Donald (Thorncliffe), John Brooking (Sir Hildebrand Osbaldistone), Alastair Hunter (Squire Inglewood), Marjorie Wilde (Lucky Flyter), Bryden Murdoch (Andrew Fairservice), Effie Morrison (Jeannie MacAlpine), Frank Wylie (Invershalloch), Leonard Maguire (Bailie Nicol Jarvie), John Grieve (cpt. Thornton), Martin Wyldeck (Morris), Ernest Hare (James Graham, duc de Montrose), Noreen Craven (Helen Campbell McGregor), Robert Johnston (Ewan of Brigglands), Heron Carvic (Sir Frederick Vernon).
Feuilleton télévisé tourné en Écosse en noir et blanc, d’après le roman de Sir Walter Scott adapté par E. J. Bell.
1977(tv) Rob Roy (GB) de Bob Hird 
Pharic MacLaren/BBCtv Scotland (BBC1 13.2.-20.3.77), 6 x 30 min. – av. Andrew Faulds (Rob Roy MacGregor), Jane Wymark (Diana Vernon), Robin Sachs (Frank Osbaldistone), Anthony Higgins (Rashleigh Osbaldistone), Fulton Mackay (Bailie Nicol Jarvie), David Markham (William Osbaldistone), Jack Watson (Morris), James Ottaway (Owen), Patrick Holt (Sir Hildebrand Osbaldistone), Start McGugan (Thorncliff), Iain Glas (Wilfred), Robin Sachs (Frank Osbaldistone), Rikki Fulton (Andrew Fairservice), Leonard Maguire (Squire Inglewood), Edwin Richfield (Jobson), Ralph Michael (Sir Frederick Vernon/père Vaughan), Derek Anders (major Galbraith), Arthur Boland (cpt. Thornton), Frank Wylie (Invershalloch), William Armour (Allan Stewart), John Bett (James Graham, duc de Montrose).
Feuilleton télévisé tourné en couleurs en Écosse d’après le roman de Sir Walter Scott adapté par Tom Wright.
1994***Rob Roy (GB/US) de Michael Caton-Jones 
Peter Broughan, Richard Jackson/Talisman Prod.-United Artists, 139 min. – av. Liam Neeson (Rob Roy MacGregor), Tim Roth (James Graham, duc de Montrose), John Hurt (Archibald Cunningham), Jessica Lange (Helen Mary MacGregor), Eric Stoltz (Alan McDonald), Andrew Keir (John Campbell, duc d’Argyll), Brian Cox (Killearn), Brian McCardie (Alasdair MacGregor).
En 1713, Rob Roy vit misérablement sur des terres appartenant à des aristocrates locaux. Fier, généreux, respectueux des lois et de la parole donnée, homme d'honneur profondément attaché à sa femme Mary, Rob Roy sollicite un prêt de mille livres du marquis de Montrose afin d'acheter du bétail et d'améliorer le sort des deux cents villageois de son clan. L'aristocrate y consent après avoir obtenu en gage les trois cents arpents de son vassal. L'intendant Killearn, chargé de l'opération, profite de l'absence de son maître pour monter un coup avec Cunningham, le machiavélique et pervers protégé du marquis de Montrose, un dandy efféminé et bretteur redoutable. Après avoir reçu les mille livres promises, le représentant et ami de Rob Roy, Alan MacDonald, tombe dans une embuscade tendue par Cunningham; celui-ci le tue, noie son corps et vole le magot. Montrose réclame son dû à Rob Roy et menace de faire saisir ses terres. Il exige ensuite son aide pur évincer un honorable voisin, le duc d'Argile, en l'accusant d'être partisan des Stuart et traître à la cause écossaise. Rob Roy refuse, s'enfuit et prend le maquis. À la pointe d'un détachement, Cunningham pénètre sur les terres de Rob Roy, viole sauvagement sa femme sous les yeux de Killearn et incendie fermes et récoltes. Betty, une jeune servante enceinte de Cunningham, informe Mary du complot ourdi par ce dernier et Killearn. Rob Roy capture l'intendant pour le faire comparaître devant le duc d'Argile, mais Betty se suicide. Mary, enceinte de Cunningham, poignarde Killearn. Alasdair, le jeune frère de Rob Roy, est tué par la soldatesque. Ayant tout perdu et mis au courant du viol de Mary par son frère agonisant, Rob Roy déclare la guerre aux autorités. Décidé de laver l'outrage, il provoque Cunningham, la meilleure lame du pays, en duel d’honneur et le tue de justesse après un combat mémorable.
Le film néglige les enjeux politiques précis de l’époque, mais montre l’Écosse de toujours, humiliée, souffante sous le joug anglais comme le « Braveheart » médiéval de Mel Gibson tourné presque simultanément. Deux Écossais, le scénariste Alan Sharp et le cinéaste Caton-Jones ("Memphis Belle", 1990) transforment la matière en une fresque remarquable par son réalisme, son sens de la couleur locale et son souffle épique, tournée en juillet-août 1994 pour 28 millions de $ en décors naturels dans la région de Fort William et Perth, à Loch Morar, Loch Arkaig, Megginch Castle et Drummond Castle. Une indéniable réussite sur le plan cinématographique et un spectacle de grande qualité. Tim Roth est nominé à l’Oscar et au Golden Globe 1996 et décroche le BAFTA Award (Londres) pour sa prestation de l’excentrique et criminel Archibald Cunningham.
1996(tv) Rob Roy : The True Story (GB) de Bob Carruthers 
Cromwell Productions-Eagle Rock Entertainment (série « The Heroes of Scotland »), 50 min. – Docu-fiction avec reconstitutions et comédiens anonymes, narration complétée par des extraits du film muet de 1922 et de "Chasing the Deer" (1994) de Graham Holloway.