IV - L’ITALIE

4. LE ROYAUME DES DEUX-SICILES (1738 à 1799)

Dynastie des Bourbons d’Espagne :
En 1738, le royaume de Naples est réuni avec celui la Sicile et devient LE ROYAUME DES DEUX-SICILES que gouverne CHARLES III de Bourbon (CARLOS III, aussi roi d’Espagne) de 1738 à 1759. Reine : Maria-Amalia de Saxe.
Son successeur est FERDINAND IV1759/1825, roi de Naples, et qui deviendra roi des Deux-Siciles en 1816 sous le nom de FERDINAND IER. Naples est la troisième ville d’Europe, dominée surtout par l’énergique reine Marie-Caroline de Habsbourg (1752-1814), fille de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche et la sœur la plus proche de Marie-Antoinette. Nommé Premier ministre en 1785, Sir John Actor aligne la politique napolitaine sur celle de Londres ; Ferdinand IV entre dans la coalition contre la France en 1798. Sir William Hamilton est ambassadeur de Grande-Bretagne à la cour de Naples de 1764 à 1780, cour où séjourne Horatio Nelson – qui courtise bientôt son épouse, Lady Hamilton. En décembre 1798, le général français Jean-Etienne Championnet conquiert Naples et instaure la République parthénopéenne ; Ferdinand IV doit se réfugier à Palerme (Sicile). Le cardinal Fabrizio Ruffo et son armée antijacobine de la Santa Fede ayant expulsé les Français, Ferdinand IV revient à Naples en juin 1799 et laisse se dérouler une sanglante épuration dont les libéraux napolitains font les frais.
1914Addio felicità ! (IT) d’Enrico Novelli ; Giano, Genova, 1000 m. – av. Edna Novelli, Giuseppe Ciabattini, Luigi Lambertenghi, Flora D'Alteno, Giulietta De Riso. – Obscur mélodrame présenté par la publicité comme un « épisode de la révolution parthénopéenne de 1799 ».
1918® Nelson (GB) de Maurice Elvey. – av. Edward O’Neill (Ferdinand IV). – Cf. XIXe s., Napoléon : Angleterre.
1919® The Romance of Lady Hamilton (GB) de Bert Haldane. – av. Frank Dane (Ferdinand IV), Maud Yates (Marie-Caroline de Habsbourg). – Cf. XIXe s., Napoléon : Angleterre.
1919Medea di Portamedina (IT) d’Elvira Notari ; Dora Film, 1444 m. – av. Mary Cavaliere (Coletta), Umberto Mucci alias Max (Cipriano), Isabelle Zanchi (la bienfaitrice), Eduardo Notari. – Naples v. 1790. Coletta Esposito, une enfant trouvée, aime le scribe Cipriano, mais ses parents adoptifs l’ont promise à un vieillard. Grâce à l’aide d’une mystérieuse bienfaitrice, Coletta fugue avec Cipriano. Lorsqu’il s’avère que ce dernier est un faible qui se laisse séduire par une autre femme, Coletta se venge en tuant et sa rivale, et l’enfant qu’elle a eu du mari infidèle. Arrêtée, cette nouvelle Médée est condamnée à avoir la tête tranchée. Gros mélo tiré du roman de Francesco Mastriani (1882).
1921® Lady Hamilton (DE) de Richard Oswald. – av. Reinhold Schünzel (Ferdinand IV), Else Heims (Marie-Caroline de Habsbourg). – Cf. XIXe s., Napoléon : Angleterre.
1929® The Divine Lady (US) de Frank Lloyd. – av. Michael Vavitch (Ferdinand IV), Dorothy Cumming (Marie-Caroline de Habsbourg). – Cf. XIXe s., Napoléon : Angleterre.
1931A Portuguesa de Nápoles (PT) de Henrique Costa ; Mello-Castello Branco, 1313 m. – Maria Sol / Maria do Céu Foz (Leonor da Fonseca Pimentel), Heloisa Clara, Antonio Pinheiro, Rafael Alves, João Sabino. – En 1799, une aristocrate portuguaise est soupçonnée de conspirer contre les Bourbons.
1941® That Hamilton Woman (US) d’Alexander Korda. – av. Luis Alberni (Ferdinand IV), Norma Drury (Marie-Caroline de Habsbourg). – Cf. XIXe s., Napoléon : Angleterre.
1942Luisa Sanfelice (IT) de Leo Menardi ; Alleanza Cinematografica Italiana, 75 min. – av. Laura Solari (Luisa Sanfelice), Massimo Serato (Ferdinando Ferri), Osvaldo Valenti (Horatio Nelson), Carlo Ninchi (le banquier Gerardo Baccher), Hilde Sessak (Lady Hamilton), Stelo Carnabuci (Andrea Sanfelice), Jole Ferrari (la princesse Clementina), Armando Migliari (Lord Aston), Ada Dondini (Camilla Molinis), Annibale Betrone, Rina De Liguoro. – Une aristocrate napolitaine héberge un révolutionnaire blessé qui lutte contre l’asservissement du gouvernement bourbon aux Anglais. Elle s’éprend de lui, épouse ses idées et le paie de sa vie. Tournage à Cinecittà, d’après un sujet de Vittorio Mussolini (pseud. Tito Silvio Mursino), le deuxième fils du duce.
1947The Adventures of Casanova / El capitán Casanova (Le règne de la Terreur) (US/MX) de Roberto Galvadon; Leonard S. Picker/Eagle-Lion Films Hollywood (Bryan Foy), 83 min. – av. Arturo de Córdova (Casanova), Lucille Bremer (Bianca D’Albernasi), John Sutton (comte Julien de Brissac), Turhan Bey (Lorenzo), Fritz Leiber (Bernardo D’Annecci), Georges Tobias (Jacopo), Noreen Nash (Zanetta). – Une aventure apocryphe du grand séducteur : à Palerme, en Sicile en 1796, Casanova, ses compagnons Felipe et D'Annecci et des partisans siciliens luttent contre l’occupant hispano-autrichien et le gouverneur de Brissac, envoyé spécial du roi de Naples, Ferdinand IV, et dont le but secret est de se rendre maître de la Sicile à des fins personnelles. Bien qu'amoureux de la fille du comte, Casanova tue ce dernier, responsable de toutes les exactions contre le peuple, en duel. Un petit film de cape et d'épée un peu tiré par les cheveux, tourné aux studios Churubusco et au château de Chapultepec à Mexico City. En 1796, le véritable Casanova, âgé de 71 ans, syphilitique, grabataire et horrifié par la Révolution française, se morfondait en Bohème où il allait mourir deux ans plus tard!
1948*I pirati di Capri / The Pirates of Capri / Captain Sirocco / GB : The Masked Pirate (Le Pirate de Capri) (IT/US) d’Edgar G. Ulmer, Giuseppe Maria Scotese ; Victor Pahlen-ICS-United Artists, 94 min. – av. Louis Hayward (capitaine Sirocco, alias comte d’Amalfi), Mariella Lotti (comtesse Mercedes de Lopez), Massimo Serato (baron von Holstein), Binnie Barnes (Marie-Caroline de Habsbourg, reine de Naples), Eleonora Rossi Drago/Virginia Belmont (Annette), Alan Curtis (commodore Van Diel), Mikhail Rasumny (Pepino). – Naples en 1798. Menés par le mystérieux capitaine Sirocco, un groupe de libéraux napolitains sympathisants avec la France révolutionnaire attaque une cargaison d’armes destinée à la police et contraint Ferdinand IV à l’exil à Palerme. Le justicier pirate, qui cache son navire dans les îles avoisinantes, est le comte d’Amalfi, favori de la reine Marie-Caroline d’Habsbourg et ennemi mortel du baron von Holstein – un Allemand, bien sûr – dont la police secrète fait régner la terreur dans le royaume. Variante modeste mais rondement menée du « Mouron Rouge » (Hayward fait l’aristocrate dégénéré à la cour pour mener son activité révolutionnaire). Le meilleur film à costumes d’Ulmer, pourvu d’un budget, petit mais réel, et d’une musique de Nino Rota. Tournage à Taranto, en Apulie.
1950® Donne e briganti / Fra Diavolo (IT/FR) de Mario Soldati. – av. Giuseppe Porelli (Ferdinand IV).
1959® Ferdinando I, re di Napoli (IT/FR) de Gianni Franciolini. – av. Peppino De Filippo (Ferdinand IV). – Naples, février 1806 : déguisé en homme du peuple, Ferdinand IV s’amuse incognito dans sa capitale avant d’être chassé par les troupes françaises ; cf. XIXe s., Napoléon (Murat)
1953® Admiral Ouchakov (Amiral Tempête) (SU) de Mikhail Romm. – av. Sergej Martinson (Ferdinand IV), Ada Voitsik (Marie-Caroline de Habsbourg). – cf. Russie : Paul Ier (8).
1961® (tv) Fra Diavolo (FR) de Jean Kerchbron. – av. Jacqueline Jefford (Marie-Caroline de Habsbourg).
1965® (tv) Le Prétendant (FR) de Pierre Badel. – av. Jean Martin (Ferdinand IV), Anne Monnier (Marie-Caroline de Habsbourg). – Cf. XIXe s., Napoléon, Angleterre : Lord Nelson
1966(tv) Luisa Sanfelice (IT) de Leonardo Cortese (RAI 15.5.-26.6.66), 7 épisodes. – av. Lydia Alfonsi (Luisa Sanfelice), Giulio Bosetti, Mila Vannucci, Stefano Satta Flores, Elisa Cegani, Silvano Tranquilli, Guido Alberti, Enzo Turco, Vittorio Sanipoli. – Naples 1799, une aristocrate italienne s’éprend d’un jeune Jacobin, alors que les Bourbons répriment l’insurrection républicaine. Un sujet de Ugo Pirro et Vincenzo Talarico (cf. 1942 et 2004).
1968® Les Amours de Lady Hamilton (FR/DE/IT) de Christian-Jaque. – av. Mario Pisu (Ferdinand IV), Nadja Tiller (Marie-Caroline de Habsbourg). – Cf. XIXe s., Napoléon : Angleterre.
1976(tv) La legge, deuxième épisode de Alle origini della mafia / Origins of the Mafia (Les Origines de la mafia) (IT/GB) d’Enzo Muzii ; Brando Giordani/RAI-ITC-Fraia Film (ITC 18.8.-1.9.76 / RAI 19.11.-17.12.76), 70 min. – av. Mel Ferrer (Armando Della Morra), John McEnery (Pietro), Massimo Girotti (Domenico Caracciolo, vice-roi de Sicile de 1781 à 1786), Costanza Spada (Isabella), Biagio Pelligra (Angelo La Parma), Rodolfo Baldini (prince Ostuni), Cesare Gelli (Rosario), Richard Johnson (narration angl.). – La Sicile en 1785. Feuilleton de 5 x 70 minutes couvrant les 350 ans que sévit la mafia. Les vedettes des autres épisodes sont James Mason, J. Lee Cobb, Joseph Cotten, Katharine Ross, Fernando Rey et Amedeo Nazzari.
1977(tv) L’Italien ou Le Confessionnal des Pénitents Noirs (FR) d’Alain Boudet (A2 1.7.-5.8.77), 6 x 52 min. – av. Pierre-François Pistorio (Vincenzo Vivaldi), Maurice Garrel (Schedoni), Aniouta Florent, Odile Versois (marquise Vivaldi), Francis Claude (marquis Vivaldi), Marcel Imhof. – Naples en 1775, sous Ferdinand IV : mélodrame criminel d’après le roman gothique « The Italian, or the Confessional of the Black Penitents » d’Ann Radcliffe (1797).
1979® Porporino (CH) de Robert Bouvier. – av. Sibyl Hübner (Lady Hamilton). – Adaptation très libre de « Porporino ou les mystères de Naples » de Dominique Fernandez (1974).
1982® (tv) I Remember Nelson : Recollections of a Hero’s Life (GB) de Simon Langton. – av. Paolo Bonacelli (Ferdinand IV, roi de Naples). – Cf. XIXe s., Napoléon : Angleterre.
1989*Il sole anche di notte / Le soleil même la nuit / Nachtsonne (IT/FR/DE) de Paolo et Vittorio Taviani ; Giuliani Gaetano De Negri/Filmtre-RAI-Sara Film-Interpool-Capoul (Paris)-Direkt Film (Monaco)-Eurimages, 113 min. – av. Julian Sands (Sergio Giuramondo), Nastassja Kinski (Cristina, duchesse de Carpio), Charlottte Gainsbourg (Matilda), Massimo Bonetti (prince Santobuono), Rudiger Vogler (Charles III de Naples), Patricia Millardet (Aurelia), Pamela Villoresi (Giuseppina Giuramondo). – Aide de camp de Charles III, roi des Deux-Siciles, à la cour de Naples, le baron Sergio Giuramondo s’apprête à épouser Cristina, duchesse de Carpio, quand il découvre qu’elle fut la maîtresse du monarque. Écœuré, Sergio entre au couvent de Padula, où la vie monastique lui semble bientôt trop douce. Devenu l’objet de curiosité de la noblesse de Naples, il fuit en se faisant ermite sur le mont Petra. Une belle aventurière, Aurelia, tente vainement de le séduire, puis, repentante, lui fait une réputation de saint qui se répand à travers toute l’Europe après qu’il ait rendu la parole à un jeune paysan muet. Une diabolique jeune fille, Matilda, vient briser sa résistance. Après un suicide manqué, Sergio se fait moine errant, disparaissant dès qu’on devine son identité. – Les frères Taviani transposent « Le père Serge » de Tolstoï et sa quête tourmentée d’absolu de la Russie du XIX e siècle (sous Alexandre Ier) à l’Italie prérévolutionnaire, quelques décennies auparavant (au scénario : Tonino Guerra). Une mise en scène léchée, un peu artificielle, et un Julian Sands pas toujours convaincant en anachorète. Filmé en Eastmancolor dans la région de Naples (les Abruzzes, L’Aquila, Matera, Ville Vesuviane). Présenté hors compétition au festival de Cannes 1990. Globe d’Or (Rome) pour la photo, nominé au Prix David di Donatello 1991 (photo, costumes, décors), prix du Syndicat national italien de la critique de cinéma 1991 (musique) et nomination pour les frères Taviani.
1994*Farinelli, il castrato / Farinelli – Voce Regina / Farinelli (IT/FR/BE) de Gérard Corbiau ; Stéphan-Alinéa-UGC-TVI MG Italian International, 116 min. – av. Stefano Dionisi (Carlo Broschi, dit Farinelli), Enrico Lo Verso (Riccardo Broschi), Elsa Zylberstein (Alexandra), Caroline Cellier (Margareth Hunter), Jeroen Krabbé (Georg Friedrich Haendel), Jacques Boudet (Philippe V d’Espagne), Graham Valentine (prince de Galles), Renaud du Peloux de Saint Romain (Bénédict), Romero Antonutti (Nicola Porpora). – La carrière du célèbre castrat napolitain Carlo Broschi, dit Farinelli (1705-1782), qui a accepté de perdre une partie de sa virilité pour servir et chanter la musique composée par son frère et manager Riccardo, à Naples, à Londres et à Madrid vers 1740. Une illustration de toute beauté (décors, costumes, photo), desservi par un scénario un peu confus et l’incapacité de Corbiau à transmettre sa fascination pour le phénomène Farinelli. Le traficotage électronique qui, pour retrouver le large spectre vocal du castrat, unit la voix d’une soprano (Ewa Mallas Godlewska) et celle d’un contre-ténor (Derek Lee Ragin) est très audacieux. Tournage à Bayreuth, au Markgrafentheater d’Erlangen (Bavière), en Italie et en Espagne. Nominé à l’Oscar 1995 (meilleur film étranger), César 1995 (décors, son), nomination (costumes), Prix David di Donatello (costumes), nomination (décors), lauréat du Golden Globe (USA) comme meilleur film étranger.
1999Ferdinando e Carolina (IT/FR) de Lina Wertmüller ; Edwige et Edwin Fenech/Immagine e Cinema-Canal Plus-Medusa, 102 min. – av. Sergio Assisi (Ferdinand IV de Bourbon, roi de Naples), Gabriella Pession (Marie-Caroline de Habsbourg, la reine), Nicole Grimaudo (princesse de Medine), Adriano Pantaleo (Ferdinand enfant), Lola Pagnani (Sara Goudar), Carlo Caprioli (Joseph II d’Autriche), Moira Grassi (comtesse de San Marco), Vanessa Sabet (Maria Josepha), Matt Pratesi (Angelo Goudar), Lea Gramsdorff (Maria Amalia), Mario Scaccia (Ferdinand l’ancien), Silvana De Santis (impératrice Marie-Thérèse), Gerardo Gargiulo (Charles de Bourbon), Giuseppe Bottiglieri (Casanova), Mario Scaccia (Ferdinand III). – Sur son lit de mort en 1825, le roi Ferdinand, malade, décrépit, essaye d’oublier les étapes sanglantes de son règne en se remémorant son enfance et sa jeunesse insouciantes, suivis d’un mariage politique avec Marie-Caroline d’Autriche, fille de Marie-Thérèse et sœur de Marie-Antoinette. Une union d’amour bientôt perturbée par le jeu du pouvoir à la cour et les bouleversements politiques face auxquels Ferdinand reste impuissant (la République parthénopéenne, Nelson, Napoléon, etc.) – et que le film passe soigneusement sous silence : Placé sur le trône par son père, le roi d’Espagne, et marié par sa belle-mère, l’impératrice d’Autriche, Ferdinand laisse la gouvernance du royaume à son épouse autoritaire Marie-Caroline et à son Premier ministre Sir John Acton qui aligne la politique napolitaine sur celle de Londres et contre la France. Lui se distrait en troussant toutes les jupes qu’il croise... et il semble bien que ce soit la seule chose qui intéresse la réalisatrice Wertmüller, une ancienne assistante de Fellini spécialisée dans la satire balourde. C’est une suite de situations scabreuses enrobées de (trop) jolies images, le film jouant sur l’opposition entre le raffinement figé de la cour viennoise et les ripailles pasolinesques du jeune souverain, pantin pitoyable plus à l’aise parmi les paysans illettrés, mais aussi sur le contraste entre l’italien à fort accent germanique des Habsbourg déracinés et le dialecte néapolitain qu’affecte (et impose) Ferdinand. Le récit se termine avec le premier adultère vengeur de Marie-Caroline, et la rage de son époux quand il l’apprend. Puis, retour en 1825, le grabataire hurlant rend l’âme. Le film ressemble à ses protagonistes : creux, vulgaire et hystérique. Seuls quelques flashs de mémoire (têtes décapitées, gorges tranchées) rappellent les ignominies d’un règne aveugle, le minable Ferdinand n’ayant pas hésité, après son retour d’exil, la chute de Napoléon et l’exécution de Murat, à demander à la Sainte-Alliance l’occupation de ses États par l’armée autrichienne pour refuser la Constitution de 1820 et réinstaurer l’absolutisme. Tourné au palais royal de Caserta à Naples, en Sicile et au Piémont (Turin, châteaux de Guarene, Racconigi et Stupinigi). Nominé au prix David di Donatello 1999 (costumes, décors, Mario Scaccia). Inédit en France.
2001Il Consiglio d’Egitto / Le Conseil d’Egypte / The Council of Egypt / Az egyiptomi tanács (IT/FR/HU) d’Emidio Greco ; Factory-Focus-SDP Films-RAI Cinemafiction, 138 min. – av. Silvio Orlando (Don Giuseppe Velia), Marine Delterme (comtesse de Regalpetra), Yann Collette (le juge Grassellini), Tommaso Ragno (Francesco Paolo Di Blasi), Renato Carpentieri (monseigneur Airoldi), Antonio Catania (Saverio Zarbo), Guido Cerniglia (marquis de Geraci), Ubaldo Lo Presti (prince de Trabie), Manfredi Aliquo (duc de Caccamo). – En 1782, Vella, un moine franciscain charlatan, mystifie la cour de Palerme à l’aube de la Révolution française en faisant croire que les privilèges féodaux sont abolis. L’avocat Di Blasi conspire contre le royaume et est exécuté. Peinture inaboutie d’un monde sur le déclin, d’après le roman de Leonardo Scascia (1963). Golden Globe Roma 2002 (musique) et nomination (Silvio Orlando), Ruban d’argent du Syndicat national italien des critiques de cinéma (décors). Emidio Greco est nominé au Grand Prix des Amériques au festival de Montréal 2002.
2003/04*(tv) Luisa Sanfelice / La San Felice (IT/FR) de Vittorio et Paolo Taviani ; Pampa-RAI-France 2 (RAI 25.1.04 / FR2 15.5.04), 2 x 100 min. – av. Laetitia Casta (Luisa Sanfelice), Adriano Giannini, (gén. Salvatore Palmieri/Andrea Sanfelice), Cecilia Roth (la reine Marie-Caroline de Habsbourg), Emilio Solfrizzi (le roi Ferdinand IV de Naples), Marie Bäumer (Lady Emma Hamilton), Johannes Silberschneider (Lord Horatio Nelson), Lello Arena (Pasquale De Simone), Linda Batista (Eleonora de Fonseca Pimentel), Mariano Rigillo (cav. Luciano Sanfelice), Carmelo Gómez (Denis Fabricio, cardinal Ruffo), Jean-Yves Bertelot (gén. Jean-Etienne Championnet), José Angel Egido (dott. Cirillo), Aketza López Totrika (grand-duc Francesco). – Luisa Molina San-Felice (1764-1799), épouse du chevalier André del Monti San-Felice et maîtresse du conspirateur Salvatore Palmieri, aide les Français à instaurer la République Parthénopéenne. Elle est exécutée après le retour des Bourbons. Les frères Taviani illustrent sagement les romans « La San-Felice » et « Emma Lyonna » d’Alexandre Dumas (1864/65), tournage à Naples et au palais royal de Caserta. Cf. aussi 1942 et 1966.
2004Il resto di niente (IT) d’Antonietta De Lillo ; Factory S.r.L., 108 min. – av. Maria de Medeiros (Eleonora de Fonseca Pimentel), Enzo Moscato (Gaetano Filangieri), Rosario Sparno (Gennaro), Imma Villa (Graziella), Luca Nicolaj (Antonio Fonseca Abate), Federico Pacifici (Clemente Fonseca), Raffaele Esposito (dott. Domenico Cirillo), Ciro Di Maio (Vincenzo Russo), Daniele Russo (Giuliano Colonna), Renaud Personnaz (gén. Jacques MacDonald). – L’exécution de la révolutionnaire Eleonora de Fonseca Pimentel (1752-1799), une aristocrate intellectuelle née à Rome mais d’origine portugaise, l’amie et la bibliothécaire de la reine Marie-Caroline de Naples. Despote éclairée, la reine rejette toutefois les opinions jacobines d’Eleonora, qui est emprisonnée. Avec l’arrivée des Français, elle devient un personnage politique incontournable. Son exécution lors du retour des Bourbons, le 17 août 1799, marque la fin de l’utopie d’une République Parthénopéenne à Naples (d’après le roman d’Enzo Striano, 1986).
L’ITALIE JACOBINE 1796 / 1799
Après la campagne d’Italie de Bonaparte, le Directoire supprime la féodalité en Italie conquise et proclame les Républiques Cisalpine (Piémont, Lombardie), Vigurienne (Gênes), Romaine (Rome 1798) et Parthénopéenne (Naples 1799).
Cf. France (8.2) DIRECTOIRE : campagne d’Italie 1796/97.