VI - L’ALLEMAGNE

7. FRIEDRICH WILHELM I., le Roi-Sergent

FRÉDÉRIC GUILLAUME Ier, né en 1688, fils de Friedrich I. et de Sophie Charlotte von Braunschweig-Lüneburg. Reine : Sophie Dorothea von Hannover. Disciplinée et entraînée personnellement par le roi, l’armée prussienne devient le centre de l’État, au prix de la restriction de toutes les dépenses de la cour. Son fils, le futur Frédéric le Grand, subit une éducation spartiate d’une rare cruauté ; il manque de peu d’être mis à mort par son propre père lors de sa tentative de fuite vers l’Angleterre en 1730. L’intervention de son oncle, l’empereur Charles VI d’Autriche, auprès du Roi-Sergent lui sauve la vie.
1920-23® Fredericus Rex (DE) d’Arsen von Cserépy. – av. Albert Steinrück (Friedrich Wilhelm I de Prusse), cf. (8).
1926Zopf und Schwert (Eine tolle Prinzessin) (DE) de Victor Janson ; Aafa Film, 2650 m. – av. Mady Christians (princesse Friederike Wilhelmine Sophie de Prusse), Wilhelm Dieterle (prince héritier Friedrich von Bayreuth), Hanni Weisse (la reine Sophie Dorothea von Hannover), Albert Steinrück (Friedrich Wilhelm I). – Le séjour du prince héritier de Bayreuth à la cour de Frédéric Guillaume où il s’éprend de la princesse Wilhelmine et l’épouse en 1731 (d’après la comédie éponyme de Karl Gutzkow, 1844).
1932® Trenck (DE) de Heinz Paul. – av. Walter Steinbeck (Friedrich Wilhelm I de Prusse), cf. (8.2).
1935*Der alte und der junge König. Friedrich des Grossen Jugend (Les Deux Rois) (DE) de Hans Steinhoff ; Deka-Film GmbH, 122 min. – av. Emil Jannings (Friedrich Wilhelm I de Prusse, le Roi-Sergent), Leopoldine Konstantin (reine Sophie de Hannovre, son épouse), Werner Hinz (Friedrich, le dauphin, futur Frédéric le Grand), Carola Höhn (Elisabeth Christine, sa femme), Rudolf Klein-Rogge (prince d’Anhalt-Dessau), Marieluise Claudius (princesse Wilhelmine).
Les conflits orageux entre le jeune Frédéric et son père tyrannique qui lui interdit la lecture (littérature française), la philosophie et la musique, car, selon ses termes, « je veux assainir la Prusse. Quiconque m’en empêche est une canaille ! » En 1730, Frédéric fait une tentative de fuite qui échoue et le Roi-Sergent fait exécuter le meilleur ami de son fils, le lieutenant Katte. Frédéric se soumet à la raison d’État. Malgré un portrait assez ignoble du roi (Jannings cabotine magistralement), Steinhoff aboutit à l’éloge tonitruant de l’éducation à la prussienne et exalte l’obéissance absolue au monarque (« Le roi n’assassine pas. Sa volonté fait loi. Il doit détruire tout ce qui lui résiste »). Film de propagande nazie très habilement fait, avec quelques scènes très fortes, tourné au Tobis-Atelier de Berlin-Grunewald et à Potsdam (Garnisonskirche). Décrété « film du plus haut intérêt politique et artistique » et « de valeur pédagogique » (« Staatspolitisch und künstlerisch besonders wertvoll, volksbildend »). Interdit par les Alliés en 1945, ressorti avec de petites coupures en 1959 sous la protestation généralisée de la presse de la RFA.
1936Die lange Grete (DE) de Phil Jutzi ; KU-Film Ulrich & Neuss GmbH, 543 m./20 min. – av. Herbert Hübner (Friedrich Wilhelm I), Kurt Iller (l’adjudant), Josef Reithofer (prince Dagobert), Grete Reinwald (comtesse Clothilde), Rose Rauch (la « grande Grete »), Trude Häfelin (Lisette), Max Moll (le « long Gustave »), Toni Tetzlaff (la veuve Sengebusch), Hans Schneider (le « long Hinz ») – Interdit de longs métrages en raison de ses films prolétaires et de son activité politique de gauche (« Berlin-Alexanderplatz, 1931), et refusant tout compris avec le nouveau régime, Phil Jutzi se cantonne tant bien que mal dans le court. Celui-ci est une satire qui brocarde le « Roi-Sergent », toujours à l’affût de soldats de haute stature pour ses régiments. La comtesse Clothilde refuse de lui céder son « long » Gustave, employé de la maison, et que la non moins « longue » Grete convoite comme époux.
1974(tv) Die preussische Heirat (DE) de Helmut Käutner (ARD 20.10.74), 100 min. – av. Carl Raddatz (Friedrich Wilhelm I), Dagmar Altrichter (la reine Sophie Dorothea von Hannover), Claudia Butenuth (princesse Wilhelmine), Gerd Böckmann (Friedrich, prince héritier), Edwin Noel (Friedrich von Bayreuth). – D’après la comédie « Zopf und Schwert » de Karl Gutzkow (cf. film de 1926), tournée en couleurs à Schloss Ludwigsburg et au HR-Fernsehstudio 1 à Francfort.
Le « Roi-Sergent » inspecte ses beaux soldats (« Der alte und der junge König » de Hans Steinhoff, 1835).
1980(tv) *Der Thronfolger – Die harten Jugendjahre von Friedrich dem Grossen von Preussen [L’Héritier du trône] (DE) d’Oswald Döpke (ZDF 10.8.80), 215 min. (2 parties) – av. Günter Strack (Friedrich Wilhelm I), Maria Schell (la reine Sophie Dorothea von Hannover), Jan Kollwitz (Friedrich, le dauphin), Yvonne May (princesse Wilhelmine), Siegfried Wischnewski (Auguste le Fort), Mijou Kovacs (Anne, comtesse Orczelska), Jan Niklas (ltn. Hans Hermann von Katte).
La jeunesse du dauphin de Prusse, futur Frédéric le Grand, tourmenté par son père. Sa tentative de fuite en France échoue, son meilleur ami Hans Hermann von Katte est décapité sur ordre de son père, lui-même est incarcéré dans la forteresse de Küstrin où il échappe de justesse à la condamnation à mort. En isolement, il se remémore son adolescence, son premier amour rencontré à l’âge de seize ans au carnaval de Dresde, son désintérêt de la politique et de la chose militaire, sa passion pour la littérature et la musique qui met son père en fureur… Accablé de punitions et de privations, il envisage en dernier recours la fuite à l’étranger. De l’illustration soignée, remarquablement interprétée (Strack, Maria Schell, Kollwitz) et historiquement rigoureuse, fabriquée à l’occasion du 200 e anniversaire de la mort de Frédéric le Grand. Un (télé)film écrit par Helmut Pigge qui se démarque de la version nazie de 1935 par son honnêteté et son absence de pathos, et nous épargne la soumission finale du dauphin au diktat paternel.
1981(tv) Der König und sein Narr (Le Roi et son bouffon) (DE) de Frank Beyer ; Ufa-Sender Freies Berlin (SFB 9.9.81), 108 min. – av. Götz George (Friedrich Wilhelm I), Wolfgang Kieling (prof. Jacob Paul von Gundling), Monika Gabriel (Anne de Larrey), Georges Claisse (von Rottemburg), Martin Brandt. – En 1713, le roi de Prusse fait appliquer des mesures d’économie en faveur de l’armée, mais aux dépens de la vie culturelle. Il pousse le savant universel Gundling, enchaîné à la cour et humilié, dans l’alcoolisme et la mort. Scénario de Ulrich Plenzdorf, d’après le roman de Martin Stade (1975).
1984® (tv) August der Starke (DE) de Rudolf Nussgruber. – av. Günter Strack (Friedrich Wilhelm I), cf. (3).