XII - L'EMPIRE RUSSE DES ROMANOV

7. YEKATERINA II. / CATHERINE II LA GRANDE (1762 à 1796)

Sophie Auguste Frederika von Anhalt-Zerbst, née en 1729 à Stettin, fille de Christian-August von Anhalt-Zerbst et de Johanna Elisabeth von Holstein-Gottorp. Elle arrive à Saint-Pétersbourg en 1743, où elle épouse son cousin, le grand-duc et futur tsar
PIERRE III (1762), né Peter von Holstein-Gottorp à Kiel en 1728,
admirateur de Frédéric le Grand, neveu fragile et malingre d’Elisabeth Ire. Catherine éprouve de la répugnance pour le grand-duc, et celui-ci l’ignore ; un héritier, Paul, naît après neuf ans de mariage. Arrivé au pouvoir, Pierre III met fin à la guerre contre la Prusse (Guerre des Sept Ans), rend les territoires conquis à Berlin et « germanise » son armée. Après dix-neuf ans de mariage, soutenue par Grigori Orloff, Catherine s’empare du pouvoir grâce à un coup d’État. Le tsar abdique et est assassiné, probabablement par Alexis Orloff, frère de Grigori. Despote éclairée (« la Sémiramis du Nord »), Catherine privilégie la noblesse tout en la réduisant à une caste de parasites. Correspondance avec Voltaire, visite de Diderot. Elle fait face à diverses contestations légitimistes (Ivan VI, destitué enfant par la tsarine Elisabeth, est tué en prison ; l’aventurière Tarakanova, fausse Elisabeth II) et à des tensions sociales croissantes (soulèvement paysan de Pougatchev). Elle fonde écoles et académies, dote le pays d’un cadre juridique et gouvernemental, abolit la torture judiciaire et prône la tolérance religieuse mais ne parvient pas à assouplir le servage ; elle le renforce au contraire par des concessions faites à l’aristocratie. Accroissement de l’empire russe qui devient le voisin géographique de la Prusse et de l’Autriche après le partage de la Pologne, conquête de l’Ukraine et de la Crimée, fondation d’un port sur la Mer Noire, Sébastopol. Favoris notoires : Sergeï Saltykov, Stanislas Poniatowski (comte polonais au service de l’ambassadeur britannique, plus tard roi de Pologne), Grigori Orloff (auquel elle donne trois enfants naturels) et surtout Grigori Alexandrovitch, prince Potemkine, qu’elle aurait épousé en secret ( ?), nomme vice-roi et avec lequel elle vivra dix-sept ans, jusqu’à la mort du prince (1739-1791). Consciente de l’incapacité de son fils Paul à gouverner, Catherine prépare sa succession en faveur de son petit-fils Alexandre, mais décède d’une crise cardiaque avant de pouvoir officialiser sa décision. Paul détruit tous les documents en ce sens.
1917/18Masony / Vol’nye Kamenshchiki [Maçons / Les Francs-Maçons] (Cagliostro en Russie) (RU) de Vladislav Starevicz, Aleksandr Chargonin 
Rus Film. – av. Aleksandr Chargonin (Cagliostro), G. Kramov (tsarévitch Paul I), M. Petrova-Volina (Catherine II), Vera Pavlova (Lorenza), Fedor Dunaev (comte Palen), A. Miloradovich (le métropolitain Platon). – Ingroduit dans les loges de la Franc-Maçonnerie en Russie, Cagliostro vole les bijoux de la tsarine.
1919Das Spielzeug der Zarin (DE) de Rudolf Meinert 
Frankfurter Film Co. mbH, 1939 m. – av. Ellen Richter (Catherine II), Elsa Wasa (Frau von Mellin, dame de la cour), Josef Römer (comte Grigori Orloff, le favori), Hugo Falke (ltn. Mirovitch), Max Kronert (cdt. Vlassiev), Seg. Arndt (cdt. Berednikov), Karl Berger (ltn. Tchekin), Leopold Bauer (le tsar Ivan VI), Max Laurence (domestique), R. Mantolu (le bourreau).
1920Katharina die Grosse / Katharina, Kaiserin von Russland (DE) de Reinhold Schünzel 
Cserépy-Film, 2270 m. – av. Gertrud de Lalsky (Elisabeth Petrovna I), Reinhold Schünzel (Pierre III), Ilka Grüning (Johanna Elisabeth d’Anhalt-Zerbst), Lucie Höflich (Catherine II, sa fille), Gustav Botz (Alexis Bestouchev), Mechthild Thein (comtesse Elisabeth Vorontsov), Fritz Delius (Grigori Orloff), Fritz Kortner (prince Grigori Potemkine).
1920Der Shawl der Kaiserin Katharina II (DE) de Karl Halden 
Lona Ruth-Film GmbH Berlin, 6 actes/1630 m. – av. Leopoldine Konstantin (Catherine II), Lona Ruth, Ingo Dreff, Magnus Stifter, Charles Willy Kayser, Rita Clermont, Leo Koffler, Herma Clement, Christoph Alsen, Arbo Kirsch, Paul Ludwig. – « Ein sensationnelles Mysterium », produit et écrit par la comédienne Lona Ruth. Conseiller artistique : Ingo Dreff.
1922Psicha, die Tänzerin Katherina der Grossen (DE) de Nicolai Malikoff 
Atlantic-Charitonoff-Film GmbH Berlin, 6 actes/2067 m. – av. Olga Gsowskaja (Psicha/Psyscha), Eugenie Chowanskaya, Ossip Runitsch, Michail Tarchanow. – Film tourné par des émigrés russes à Berlin.
1924*Forbidden Paradise (Paradis défendu) (US) d’Ernst Lubitsch 
E. Lubitsch/Famous Players-Lasky (Paramount), 2299 m. / 76 min. – av. Pola Negri (Catherine II), Rod La Rocque (cpt. Alexeï Czerny), Adolphe Menjou (chancelier Nicolaï Illytch), Pauline Starke (Anna, demoiselle d’honneur), Fred Malatesta (ambassadeur de France), Nick De Ruiz (général), Clark Gable (grenadier de la garde impériale), Carrie Daumery (dame de la cour).
Pas grand chose d’historique ni de sérieux dans cette éblouissante fantaisie lubitschienne qui pourrait aisément se dérouler en Ruritanie : des officiers s’insurgent, refusant d’obéir plus longtemps à une femme qui les traite comme des objets sexuels. Le capitaine Czerny, le joli fiancé d’Anna, galope pour avertir la tsarine du danger ; reconnaissante, celle-ci le décore et le nomme commandant de sa garde personnelle. Les insurgés se laissent amadouer par de l’argent et retournent dans leur caserne. Ayant refusé les avances de l’impériale nymphomane (car il n’aime que sa fiancée), Czerny, en revanche, est dégradé. Sa décoration orne à présent la poitrine de l’ambassadeur de France lorsqu’il quitte les appartements de Catherine…
Lubitsch retrouve Pola Negri, son ancienne vedette de Berlin (« Madame Dubarry »), pour cette comédie impertinente et brillante, satire intemporelle des a priori machistes, de la fragilité des femmes et de l’hypocrisie sexuelle. Les décors sont signés Hans Dreier, qui collaborera avec Sternberg sur « The Scarlet Empress » dix ans plus tard. Tournage aux Lasky Studios sur Vine Street, Hollywood, d’après une version modernisée (avec divers anachronismes) de la pièce « Die Zarin / A carno (The Czarina) » de Lajos Biró et Melchior Lengyel (1912). Le tout premier rôle de Clark Gable et l’un des dix meilleurs films de 1925, selon la presse américaine.
1925® The Eagle (L’Aigle noir) (US) de Clarence Brown. – av. Rudolph Valentino (Vladimir Doubrowsky), Louise Dressler (Catherine II). – En fait, récit du XIXe siècle, mais avec une tsarine clairement inspirée de Catherine II, même si elle n’est jamais nommée (« the Czarina »), grande dévoreuse d’hommes. Cf. XIXe s. : Russie sous Nicolas Ier(2.3).
1926® Casanova (FR) d’Alexandre Volkoff. – av. Rudolf Klein-Rogge (tsar Pierre III), Suzanne Bianchetti (Catherine II), Paul Guidé (Grigori Orloff). – cf. Italie (5.3).
1927Kapriz Yekateriny II (Un caprice de Catherine II) (SU) de Pietr V. Tchardynin 
Wufku Odessa, 78 min. – av. Vera Argoutinskaïa (Catherine II), S. Axionov (Stepan Basilievski), Yuri Tchernychov (Ivan Basilievski), V. Spechinski (Grigori Basilievski), Nikolaï Koutchinski (Papko), Maria Parchina, Georgi Astafiev, Nicolaï Nademski. – Episode de la lutte des cosaques ukrainiens de Poltava pour leur indépendance (d’après un roman de V. Yourezanskogo).
1927® Marquis d’Eon, der Spion der Pompadour (DE) de Karl Grune. – av. Mona Maris (Catherine II), Fritz Kortner (Pierre III). – cf. France (5.5).
1927-29® Der alte Fritz (DE) de Gerhard Lamprecht. – av. Lili Breda (Catherine II). – cf. Allemagne (8).
1928The Czarina’s Secret (US) de Roy William Neill 
Herbert T. Kalmus/Colorcraft Pictures Corp.-Technicolor Motion Picture Corp.-Metro-Goldwyn-Mayer, 1232 ft./2 bob. – av. Olga Baclanova (Catherine II), David Mir, Sally Rand, Leon Abrams. Lucio Flamma.
Catherine II se prépare à renverser son époux dément et à prendre le pouvoir. Court métrage muet en Technicolor bichrome de la série "Great Events" tourné aux Tec-Art Studios à Hollywood.
1929Liven [L’Averse] (SU) d’Ivan Kavaleridzé 
Voufkou. – av. Ivan Marianenko, Stepan Chkourat. – 150 ans d’histoire ukrainienne, dont l’insurrection de Honta et Zalizniak contre les Polonais en 1767/68.
1929Δ Seven Faces (US) de Berthold Viertel. – av. Salka Steuermann-Viertel (Catherine II).
1932® Trenck (DE) de Heinz Paul. – av. Carl Mahnke (Pierre III), Nico Turoff (prince Potemkine). – cf. Allemagne (8.2).
1931-33Koliivchtchyna (1767-1768) [Armée de pieux / Le Mouvement des Kolijevs] (SU) d’Ivan Kavaleridzé 
Ukrainfilm, Odessa, 2400 m./83 min. – av. Aleksandr Serdiouk (Semen Nejyvyi), Ivan Marianenko (Honta), Danylo Antonovytch (Zalizniak), E. Dolya, Youri Sourevitch, Vladimir Krasenko, Jacob Liebert.
En 1767/68, les chefs zaporogues Honta et Zalizniak dirigent l’insurrection des haïdamaks, des paysans ukrainiens, contre la noblesse polonaise. Redoutant la propagation des jacqueries, Catherine II fait écraser la révolte au-delà de la frontière polono-russe.
Catherine II (Elisabeth Bergner) renverse son époux (Douglas Fairbanks Jr.) (« The Rise of Catherine the Great », 1934).
1934*The Rise of Catherine the Great / US : Catherine the Great (Catherine la Grande) (GB) de Paul Czinner [et Alexander Korda] 
Alexander Korda/London-Films, 96 min. – av. Elisabeth Bergner (Catherine II), Douglas Fairbanks Jr. (Pierre III), Flora Robson (tsarine Elisabeth Petrovna Ire), Diana Napier (comtesse Elisabeth Vorontsova), Griffith Jones (Grigori Orloff), Gibb MacLaughlin (chancelier Alexis Bestouchev), Irene Vanbrugh (Johanna von Anhalt-Zerbst), Joan Gardner (Katouchienka), Dorothy Hale (comtesse Olga), Clifford Heatherley (Ogarev), Lawrence Hanray (Goudovitch), Allan Jeayes (col. Karnilov), Charles Carson (Sir Charles Hanbury Williams, ambassadeur d’Angleterre), Arnold Lucy (comte de Ségur, ambassadeur de France).
Un film anglais rivalisant avec « The Scarlet Empress » made in Hollywood (cf. infra), conçu par le couple Czinner-Bergner pour Alexander Korda à Londres et produit au même moment. Cherchant à répéter le succès de sa « Vie privée de Henri VIII » (1933), le nabab britannique confie cette deuxième saga de têtes couronnées à deux artistes qu’il a sous contrat, la célèbre Elisabeth Bergner, une Autrichienne formée par Max Reinhardt, et son époux hongrois Paul Czinner, tous deux récemment installés à Londres après la prise de pouvoir d’Hitler. Comme à son habitude, Korda s’immiscie avec plus ou moins de bonheur dans le travail de son metteur en scène et réalise lui-même pratiquement toutes les scènes où la Bergner n’apparaît pas (tournage aux British & Dominion Studios à Elstree dans de magnifiques décors signés Vincent Korda). Selon le générique, le scénario se baserait sur la pièce « The Czarina » de Lajos Biró et Melchior Lengyel (cf. « Forbidden Paradise », 1924), ce qui est totalement abusif ; à l’instar du film concurrent de Sternberg, celui-ci retrace à sa manière la période entre l’arrivée de le jeune Catherine en Russie et sa prise de pouvoir dix-sept ans plus tard, en étoffant, humanisant les personnages (la patte de Czinner).
Rétrospectivement, l’interprétation maniérée d’Elisabeth Bergner semble un peu artificielle. L’actrice surjoue, minaude, fait de grands yeux : sa Catherine est à la fois névrosée, candide et sentimentale, amoureuse presque jusqu’au bout de son époux. En manque flagrant d’affection, elle taquine gentiment ses soldats, couvre de baisers la tsarine Elisabeth (qui l’aime bien), et n’admet la nécessité d’un coup d’État que lorsque Orloff lui avoue timidement son amour. Enfin, ce n’est qu’après avoir entendu la foule l’acclamer qu’elle accepte de monter sur le trône (« enfin, on m’aime ! »), puis elle s’assied sur les marches devant ses officiers et le personnel pour pleurer. Bref, une impératrice peu vraisemblable qui promet de faire pendre ses gouverneurs si la paysannerie se révolte (sic) et feint avoir eu dix-sept amants pour rendre son mari jaloux (qui a déserté la nuit de noces), alors qu’elle est toujours vierge (c’est Elisabeth qui est ici la nymphomane de service). En avouant son mensonge, Catherine parvient même à séduire temporairement Pierre. Fairbanks fait un tsar racé et inquiétant, psychotique, totalement instable et fourbe, mais qui ne manque pas de charme. La première rencontre du couple est assez réussie, selon le schéma classique : elle veut quitter le palais (le tsarévitch ne veut pas d’elle), lui aussi (il ne veut pas se marier), elle lui demande le chemin, ils ne se sont jamais vus et se plaisent, il la présente à sa mère, etc. Par ailleurs, la narration est conventionnelle, sans audaces, quelques effets de style (mouvements de caméra) mis à part. Une production accidentée, un échec public. Film interdit dans le Reich.
Catherine II (Marlene Dietrich) prend le pouvoir (« The Scarlet Empress » de Josef von Sternberg, 1934).
1934***The Scarlet Empress (L’Impératrice rouge) (US) de Josef von Sternberg 
Paramount (Adolph Zukor), 105 min. – av. Marlene Dietrich (Catherine II), John Lodge (comte Alexis Orloff), Sam Jaffe (Pierre III), Louise Dresser (Elisabeth Petrovna Ire), Ruthelma Stevens (comtesse Elisabeth Vorontsova), Gavin Gordon (Grigori Orloff), Maria Sieber (Catherine enfant), C. Aubrey Smith (Christian August von Anhalt-Zerbst), Olive Tell (Johanna von Anhalt-Zerbst), Davison Clark (archimandrite Simeon Tevedovski), Erville Alderson (chancelier Alexis Bestouchev), Jane Darwell (Mlle Cardell), Hans von Twardowski (Ivan Chouvolov), Jameson Thomas (ltn. Ovtsyn), Philip G. Sleeman (comte Jean-Armand de Lestocq), John B. Davidson (marquis de la Chetardie), Marie Wells (Marie Tchoglokov).
Innocente et romantique, la princesse allemande Sophie-Frédérique imagine son futur époux, le grand-duc Pierre, comme un prince charmant ; c’est ainsi que l’a décrit l’irrésistible et fascinant comte Alexis Orloff, venu la chercher en Prusse et qui ne cesse de la courtiser pendant leur long voyage à Saint-Pétersbourg, tandis qu’elle rêve de son futur bonheur. Rebaptisée d’emblée Catherine, effrayée par l’étrange climat de menace, d’oppression et d’étouffement qui règne à la cour, la jeune femme perd ses dernières illusions en rencontrant son futur mari – un dégénéré difforme qui la déteste au premier regard. Après le mariage, Catherine refuse de partager la couche de son époux, encourant la fureur de l’impératrice qui l’humilie en la prenant comme femme de chambre. Délaissée, elle flirte avec Alexis jusqu’au jour où elle découvre qu’il est un des étalons de la tsarine. Elle se donne alors à un officier de la garde. Un fils naît, que l’impératrice impose comme héritier du trône. Elisabeth décédée, la folie meurtrière de Pierre, le nouveau tsar, sème terreur et désolation. Lorsqu’il décide de faire assassiner sa femme et épouser la comtesse Vorontsova, l’armée et le clergé se rallient à Catherine pour renverser le tyran qui périt étranglé par Orloff, tandis que Catherine, à la tête de sa cavalerie, investit le palais.
Le film artistiquement le plus abouti et le plus fascinant consacré à la tsarine, aux antipodes de la production Korda (cf. supra), audacieuse, érotique, cauchemardesque. Condamnée à la grandeur, confrontée aux perversités, aux manipulations et aux intrigues sournoises de la cour des Romanov, la princesse prussienne, adolescente naïve et candide en tous points, se transforme peu à peu en stratège sans illusions sur la nature humaine, en souveraine libertine et politicienne. Un délire baroque sur la perte de l’innocence, avec des intérieurs et des personnages fantasmés, bizarres, une surcharge visuelle oscillant entre le surréalisme et l’expressionnisme, à la fois une farce macabre, cruelle, et une tragédie ironique. Inoubliable : le gros plan insistant du visage de Catherine à la lueur d’une bougie vacillante pendant la cérémonie nuptiale. La fin, avec sa flamboyante, interminable montée au galop des escaliers par la garde impériale aux uniformes et toques de fourrure blancs, véhicule à la fois un sentiment de triomphe jubilatoire et une profonde amertume. Cette vision pessimiste contraste avec le romantisme enfiévré de « Queen Christina », le film de Greta Garbo sorti l’année précédente (cf. Scandinavie 2). Sam Jaffe fait un tsar monstrueux, Louise Dresser une tsarine Elisabeth despotique et capricieuse ; la propre fille de Marlene, Maria Sieber, tient le rôle de Sophie-Frédérique enfant. Sternberg, qui filme sa saga entièrement dans les studios Paramount à Marathon Street (utilisant des sculptures étonnantes de Peter Ballbusch), livre ici un chef-d’œuvre plastique au scénario et à la mise en scène constamment inventives, probablement le sommet créatif de sa collaboration avec Marlene Dietrich (c’est leur sixième et avant-dernier film ensemble). Une production très onéreuse (plus de 900’000 $), même si les plans de foule ont été empruntés au film – aujourd’hui perdu – de « The Patriot » d’Ernst Lubitsch (1928), mais qui est un gros échec financier et critique : repoussés par la noirceur du propos, les spectateurs américains de la Grande Dépression lui préfèrent le film de Paul Czinner (cf. supra), distribué cinq mois plus tôt et présentant un portrait nettement plus conventionnel de l’impératrice. Quant aux critiques, ils sont déconcertés par l’ « expressionnisme délirant » (Homer Dickens) de l’œuvre. Mais les professionnels ne s’y trompent pas : G. W. Pabst y voit le film le plus extraordinaire qui ait jamais été tourné, et selon S. M. Eisenstein, il s’agit là du film parfait. Il s’en inspirera dix ans plus tard, notamment pour la scène du mariage dans « Ivan le Terrible ». En 2008, « The Scarlet Empress » est élu parmi les cent plus beaux films de tous les temps.
1937Zaporozhets za Dounayem / Zaproch za Dounayem [Le Zaporogue du Danube] (SU) d’Ivan Kavaleridze 
Voufkou-Kievkino. – av. Alexandr Serdiouk (Andreï), N. Gloukhonina (Oxana), A. Levitska (Odarka Karas), Stepan Chkourat (Ivan Karas), K. Julinski (le sultan Abdulhamid Ier).
Après l’écrasement de la rébellion de Pougatchev (cf. 7.3) et la destruction de la Sitch (centre politique démocratique des cosaques zaporogues sur les rives du Dniepr) en 1775 par Catherine II, une partie des cosaques traverse le Danube et s’installe en territoire ottoman, où il construit une Sitch du Danube. Adaptation cinématographique du premier opéra national ukrainien de Semen Stepanovitch Hulak-Artemovski (1863). Remake cf. infra :
1938*Cossacks in Exile / Cossacks Across the Danube / Zaporozhets za Dunayem (US) d’Edgar G. Ulmer 
Avramenko Film Co., 82 min. – av. Maria Sokill (Odarka Karas), Michael Shvets (Ivan Karas), Helen Orlenko (Oxana), Nicholas Karlash (le sultan Abdulhamid Ier), Alexis Tcherkasshy (Andreï), Vladimir Zelitsky (Selim-Agha), L. Biberowich (Catherine II), N. Mandryka (gén. Tekely).
Ukraine en 1775 : ayant refusé le diktat de la tsarine, le chef des cosaques est emmené en Sibérie tandis qu’une partie de son peuple s’exile dans l’Empire ottoman où il fonde la Sitch du Danube. Les cosaques y combattent pour le sultan qui finit par leur faciliter le retour dans leur patrie.
Cette adaptation de l’opéra de Semen Stepanovitch Hulak-Artemovski (1863, cf. supra) a été financée par la communauté ukrainienne émigrée aux Etats-Unis qui exprime ainsi sa nostalgie de la mère patrie et l’espoir d’un retour prochain. Le film a nécessité la construction d’un studio spécial à Newton (New Jersey) et comporte quelques images en couleurs (l’incendie de la Sitch zaporogue sur ordre de Catherine II). Champion de la culture et de la danse populaires ukrainiennes, le producteur Vasyl Avramenko engage l’inclassable Edgar G. Ulmer, alors plongé dans le cinéma de minorités ethniques (films yiddish, etc.) à budget dérisoire pour mener à bien cette entreprise proche du bricolage. Rien de mémorable, mais une curiosité.
1943® Münchhausen (DE) de Josef von Baky. – av. Brigitte Horney (Catherine II), Hans Albers (baron de Münchhausen), Andrews Engelmann (prince Grigori Potemkine), Waldemar Leitgeb (Grigori Orloff), Leopold von Lederbur (chancelier Nicolas Panine), Aruth Wartan (Emelyan Pougatchev). – Sur conseil de Cagliostro, Münchhausen se rend à Saint-Pétersbourg. Présenté à l’impératrice, il reconnaît en elle l’énigmatique femme du peuple qu’il a séduite la veille lors d’une fête foraine. Il devient son amant, puis combat dans l’armée russe contre les Ottomans. Cf. Allemagne (4.7).
1945*A Royal Scandal / GB : Czarina (Scandale à la cour) (US) d’Otto Preminger [et Ernst Lubitsch] 
E. Lubitsch/20th Century-Fox (Darryl F. Zanuck), 94 min. – av. Tallulah Bankhead (Catherine II), Charles Coburn (chancelier Nicolaï Illytch), William Eythe (ltn. Alexeï Chernoff), Anne Baxter (comtesse Anna Jaschikoff), Vincent Price (marquis de Fleury), Mischa Auer (cpt. Sukov), Vladimir Sokoloff (Malakoff), Sig Ruman (gén. Michael Nicolai Vladimirovich Ronsky), Grady Sutton (Boris), Don Douglas (Variatinsky).
Remake de son succès muet « Forbidden Paradise » (cf. 1923), cette production de Lubitsch est mis en chantier par le maître, qui travaille également au scénario avec Edwin Justus Mayer et dirige toutes les répétitions. Lorsqu’il est victime d’une crise cardiaque, Otto Preminger le remplace à la réalisation. Contrairement au film de 1923, cette version est resituée clairement au XVIIIe siècle … quand celle qu’on surnommait « la Mère de toutes les Russies » ou « la Grande » n’était pas très « mère », mais particulièrement « grande » (carton initial du film) – même si presque tous les personnages sont imaginaires. L’intrigue, tirée une fois de plus de la pièce « Czarina » de Lajos Biró et Melchior Lengyel (1912), est fondamentalement la même : Alors que Catherine se dispute avec son dernier favori, Variatinsky, le fourbe général Ronsky cherche à placer son imbécile de neveu Boris à la tête de la garde impériale, ce qui facilitera, croit-il, le renversement de la tsarine. Le fidèle chancelier Illytch souhaite, lui, introduire le marquis de Fleury dans l’alcôve de l’impératrice pour conclure une alliance avec la France. Le séduisant mais très naïf lieutenant Alexeï met Catherine au courant du complot de Ronsky ; cependant cette dernière est surtout sensible à ses charmes masculins et le bombarde commandant de sa garde personnelle. Alexeï est certes honoré de pouvoir embrasser « Mère Russie », mais reste fidèle à sa fiancée, la comtesse Anna. Deux révolutions de palais et divers quiproquo érotico-sentimentaux plus tard, Alexeï sort de prison pour convoler avec Anna, tandis que la tsarine trouve son bonheur avec le marquis de Fleury. – Tourné au studios Fox de Westwood et en extérieurs à Cedar City, Utah, le film souffre de la mise en scène prosaïque de Preminger, un cinéaste peu porté sur l’humour et rétif à l’insolence lubitschienne. Le film perd de l’argent et marque la fin de la carrière cinématographique de l’exubérante Tallulah Bankhead, grande dame du théâtre new-yorkais.
1946® Aquila nera (L'Aigle noir) (IT) de Riccardo Freda. - av. Gianna Maria Canale (Catherine II). - A la fin du film, Doubrovski (Rossano Brazzi) comparaît devant la tsarine qui le réhabilite, une souveraine qui ressemble à s'y méprendre à Catherine la Grande (cf. aussi la version de 1925), ce qui jette quelque trouble dans la chronologie, puisque le roman d'Alexandre Pouchkine ("Doubrovski") se déroule au XIXe siècle, sous le tsar Nicolas Ier.
1948® Il cavaliere misterioso (Le Cavalier mystérieux) (IT) de Riccardo Freda. – av. Yvonne Sanson (Catherine II), Vittorio Gassman (Giacomo Casanova). – Pour sauver la vie de son frère, accusé à tort par la Dogeresse d’avoir subtilisé une lettre révélant l’adhésion secrète de Venise à une alliance contre le Russie, Casanova se rend à Saint-Pétersbourg où il parvient à séduire, puis à duper la tsarine, récupérer le document incriminé et s’enfuir sous le feu des cosaques. Cf. Italie (5.3).
1948(tv) Great Catherine (US) de Fred Coe
(NBC 2.5.48), 60 min. – av. Gertrude Lawrence (Catherine II), David Wayne (cpt. Charles Edstaston), Micheál MacLiammóir (prince Grigori Potemkine), Erik Rhodes (Naryshkin), Kathryn Sergava (princesse Dachkoff), Cathleen Cordell (Claire), Joan McCracken, George Matthews. – La pièce de George Bernard Shaw (1913), cf. film de 1967.
1949® Die blauen Schwerter (DE-RDA) Wolfgang Schleif. – av. Marianne Prenzel (Catherine II). – cf. Allemagne (4).
Catherine II (Françoise Rosay) et son favori, le prince Potemkine (Jacques Grétillat) (« Le joueur d’échecs », 1938).
1951-53*Admiral Ouchakov (L’Amiral Tempête – 1e partie) (SU) de Mikhail Romm Mosfilm, 108 min. – av. Ivan Pereverzev (Fedor Fedorovitch Ouchakov), Olga Zhiznyeva (Catherine II), Boris Livanov (prince Grigori Potemkine), Sergeï Bondartchouk (Tikhon Alekseevitch Prokofiev), Vladimir Druzhnikov (Vasilyev), Gennadi Yudin (cpt. Dimitri Nikolayevitch Senyavin), Vladimir Vasilyev (sultan Eski Hassan), Nikolaï Svobodin (Mordovtsev), Nikolaï Volkov (William Pitt), Nikolaï Chistyakov (Voinovich), Mikhail Pugovkin (Pirozhkov), Aleksei Alekseyev (Metaksa), Georgi Yumatov (Viktor Ermolaev), Pavel Volkov (Dr. Ermolaev), Ivan Solovyov (Horatio Nelson), Grigori Shpigel (Thomas Grey), Lev Fenin (Robert Ansley), Ian Yanakiev (Ségur, ambassadeur français), Vladimir Etush (Seyyed Ali).
Ce premier épisode de la vie d’Ouchakov (1744-1817) illustre la création de la flotte nationale russe dans la mer Noire. Après l’annexion de la Crimée par la Russie en 1783, Ouchakov renonce à une carrière à la cour, délaisse les fastes autour de Catherine II et du prince Potemkine (il commande le yacht de l’impératrice), réunit un petit détachement de marins et d’ouvriers spécialisés et se rend aux chantiers navals à Kherson, où sévit la peste et où la rébellion couve parmi les travailleurs. Tikhon Prokofiev, surnommé « l’oreille déchirée », prend la tête de l’émeute à l’instigation d’espions anglais. Ouchakov fait arrêter les responsables et, collaborant avec le médecin local Ermolaev, impose une quarantaine stricte pour vaincre l’épidémie. Sur quoi la construction de la flotte russe et la formation des équipages peuvent commencer. Ayant supervisé l’établissement de la base navale militaire de Sébastopol, Ouchakov se mesure avec succès aux Ottomans au cours de la Guerre russo-turque (1787-1792), démontrant l’efficacité de sa nouvelle tactique sur mer lors de l’écrasante victoire navale du cap Kaliakra (11 août 1791), où il anéantit la flotte turque, pourtant très supérieure en nombre et en puissance de feu. Par le traité de Kütçük-Kaynarca, le sultan garantit aux navires russes la liberté de navigation dans la Mer Noire et le libre passage vers la Méditerranée à travers les détroits du Bosphore et des Dardanelles.
Une superproduction patriotique poussive et bavarde obéissant aux impératifs du « culte de la personnalité », mise sur pied à l’initiative du Soviet du Commandement maritime et que Romm filme en Sovcolor. Les mains liées par le diktat du parti, le cinéaste livre de l’imagerie extrêmement soignée mais conventionnelle et impersonnelle, rehaussée lors des scènes de bataille par la musique entraînante d’Aram Khachaturyan. Tournage en Ukraine, à Odessa, à Yalta, sur les rives de la mer Noire et dans la forteresse d’Akkerman à Belgorod-Dniester. On fabrique 5000 costumes et une flottille de navires de guerre en miniature. Prix du meilleur film étranger au festival de Vichy 1954. Deuxième partie, cf. (8).
1953(tv) Great Catherine (GB) de Barbara Burnham 
« Wednesday Theatre » no. 4 (BBC 15.4.53), 50 min. – av. Mary Ellis (Catherine II), Frederick Valk (prince Grigori Potemkine). – D’après une pièce mineure et rarement jouée de George Bernard Shaw (1913), cf. film de 1967.
1954Zaporozhets za Dunayem (SU) de V. Larpoknysh 
Kiev Film Studio, 95 min. – av. I. Patorzhinsky (Ivan Karas), M. Litvinenko-Volgemut (Odarka Karas), Yelizaveta Chavdar (Oxana), N. Sheliyushko (Andreï), Mikhail Grishko (le sultan Abdulhamid Ier), I. Kuchenko (Selim-Agha). – L’opéra national ukrainien de Semen Artemovski, cette fois filmé en Sovcolor (cf. versions de 1937 et 1938).
1954(tv) The Conspiracy of Catherine the Great, June 28, 1762 (US)
« You Are There » no. 51 (CBS 28.3.54), 30 min. – av. Maria Riva (Catherine II), Richard Purdy, Frederic Tozere, Philip Bourneuf, Christine White. - L'événement représenté comme un reportage du téléjournal de la CBS, commenté en direct par Walter Cronkite.
1955Lazni car [Le Faux Tsar] (YU) de Velimir Stojanovic 
Lovcen Film, 93 min. – av. Rade Markovic (Scepan Mali), Radomir « Rasa » Plaovic (Knez), Ljuba Tadic (Pop), Strahinja Petrovic (Vladika Sava), Ljubisa Jovanovic (Iguman Nikodije), Vaso Perisic, Viktor Starcic.
Ce film yougoslave produit sous l’égide de Tito retrace le destin d’un usurpateur du nom de Scepan Mali (« Stéphane le Petit ») qui se fit passer pour Pierre III ; le tsar n’aurait pas été assassiné, mais aurait réussi à fuir la Russie et contesterait donc la légitimité de Catherine II. Paysan dalmatien, Mali prend le pouvoir au Monténégro en 1767. En 1768, inquiet à l’idée qu’un tsar russe se soit établi dans les Balkans, le sultan de l’Empire ottoman Abdulhamid I er envoie une armée 50’000 hommes pour s’emparer de lui, en vain. L’année suivante, Catherine II charge le prince Georgy Dolgoroukov de l’affaire, mais ce dernier ne parvient pas non plus à le capturer. Scepan Mali sera tué par ses propres hommes en 1773, lassés de ses caprices de despote. Un pied de nez de Tito au « grand frère » Staline ?
1955More studonoye [Mer de glace] (SU) de Youri Egorov [Yegorov]
Maxim Gorki Studios, 92 min. - av. Nikolaï Kryouchkov (Alexeï Khinkov), Valentin Grachyov (Vanya Khinkov, son fils), Gennadi Yudin (Stepan Chaparov), Elza Lezhdey (Varvara Lopatin), Mark Bernes (Jeremiah Lukic Okladnikov), Aleksandr Pelevin (Vernizobar), Georgi Chernovolenko (cpt. Van Glek), Georgi Georgiev (Hendricks), Aleksandra Danilova (Nastya Khinkova).
Une "aventure héroïque" destinée à la jeunesse soviétique et basée sur des faits authentiques. Au XVIIIe siècle, sur le littoral de la mer Blanche (dépendance de l'océan Arctique), des pêcheurs Pomors d'Arkhangelsk sont attaqués par des pirates alors qu'ils séjournent sur une île déserte de l'archipel Solovki; leur navire coule. Tout le monde les croit morts, mais les marins survivent pendant six ans dans leur prison de glace.
1959® John Paul Jones (US) de John Farrow. – av. Bette Davis (Catherine II). – Premier amiral et fondateur de la flotte américaine, John Paul Jones (Robert Stack) entre en 1788 au service de Catherine II comme contre-amiral de la Marine impériale russe pour combattre les Ottomans. Cf. Amérique du Nord (4.8).
1960(tv) Die Nacht in Zaandam (DE) de Ludwig Berger 
Sender Freies Berlin (SFB 11.2.60), 78 min. – av. Anneliese Römer (Catherine II), Käthe Jaenicke (Xenia, sa confidente), Walter Ladengast (Yelagin, son secrétaire), Reinhardt Brandt (Alexei Wissozky, officier de la garde), Maria Milde (Leonie van Doengen), Günter Strack (Ferdinand van Haaren), Arnold Voss (Jaap van Hoogstraten), Rüdiger Renn (Lipski), Herbert Grünbaum (Van Schinne). – Comédie écrite par Ludwig Berger.
1961(tv) Le Meurtre de Pierre III (FR) de Guy Lessertisseur 
série « La caméra explore le temps » no. 30 (1e Ch. RTF 9.12.61). – av. Nadine Alari (Catherine II), François Maistre (Pierre III/Emelyan Pougatchev), François Chaumette (comte Grigori Orloff), Marie-Claire Chantraine (comtesse Elisabeth Petrovna), Louis Arbessier (comte Vorontzov), Henri Gilabert (prince Grigori Potemkine).
1962Caterina di Russia / Catherine de Russie (IT/FR/YU) d’Umberto Lenzi 
Fortunato Misiano/Romana Film-SNC Paris-Dubrava Film, 100 min. – av. Hildegard Knef (Catherine II), Sergio Fantoni (Grigori Orloff), Giacomo Rossi Stuart (prince Stanislas Poniatovski), Raoul Grassilli (Pierre III), Tina Lattanzi (Elisabeth Petrovna Ire), Vera Besusso (comtesse Elisabeth Vorontzova), Leonardo Botta (Sergeï Saltykov).
Le tsar Pierre ordonne à son régiment allemand de tirer sur la foule affamée, Grigori Orloff et ses cosaques s’interposent. Le beau commandant, pour lequel la tsarine a un faible, est condamné à la déportation en Sibérie avec son frère ; ce dernier y meurt. Ayant découvert que son époux dément veut la faire assassiner, Catherine fait libérer Orloff, et marche avec lui sur Saint-Pétersbourg à la tête d’une armée. Les soldats allemands de Pierre sont mis en déroute lors d’une bataille (sic) contre les cosaques, Pierre est arrêté, Catherine couronnée. – Hildegard Knef se démène sous une grande perruque blonde, mais Grassilli fait un tsar dément assez convainquant. Une médiocrité vite oubliée, la plus onéreuse production de la Romana Film, tournée en Totalscope et Eastmancolor à Zagreb (place St. Marko) et dans les environs avec l’assistance de Dubrava-Film (Yougoslavie) et aux studios IN.CI.R.-De Paolis à Rome. Acceuil très mitigé.
1967Great Catherine – « Whom Glory Still Adores » (La Grande Catherine) (GB) de Gordon Flemyng 
Keep Films Ltd.-Jules Buck-Peter O’Toole Prod., 98 min. – av. Jeanne Moreau (Catherine II), Peter O’Toole (cpt. Charles Edstastson), Zero Mostel (prince Grigori Potemkine), Jack Hawkins (Sir George Gorse, ambassadeur d’Angleterre), Akim Tamiroff (un sergent), Kenneth Griffith (Naryshkin), Marie Lohr (Lady Gorse), Angela Scoular (Claire), Marie Kean (princesse Dachkoff), Kate O’Mara (Varinka), Oliver McGreevy (général Pskov), James Mellor (col. Pougatchov), Claire Gordon (Elisabeth Vokonska).
La comédie en deux actes de George Bernhard Shaw (1913), faible et rarement jouée, filmée en Technicolor aux studios de Shepperton (projet mis en chantier par Elliot Silverstein). « Toute ressemblance avec un quelconque événement historique serait non seulement fortuite mais proprement miraculeuse », avertit l’auteur… A Saint-Pétersbourg en 1776, le capitaine Edstastson, un officier anglais flegmatique ainsi que son futur beau-père, l’ambassadeur Sir George Gorse, sont confrontés à la vie exubérante de la cour de Catherine II et à ses protagonistes caricaturaux. Shaw met en scène un compatriote représentant les prétendues vertus anglaises de modestie, fierté nationale, sens de l’étiquette et l’incapacité foncière de comprendre tout ce qui n’est pas britannique. Le film choisit la gesticulation et les culbutes plutôt que l’ironie. Le Palais d’Hiver est une écurie (on y croise cochons, poulailler, ânes, musiciens ivres, balalaïkas cassées), Zero Mostel en Potemkine braillard et borgne en fait des tonnes. Seule Jeanne Moreau (qui jure en allemand), sexy, et O’Toole, le joli soldat qu’elle voudrait « garder dans son musée », tirent leur épingle du jeu. Le reste est théâtral, grotesque et affligeant.
1968Vetchera na kanoune Ivana Koupaly [Le Soir avant la fête d’Ivan Koupaly] (SU) de Jouri Ilyenko 
Studio Dovjenko, 80 min. – av. Larissa Kadotchnikova, Boris Chmelnitski, Djemma Firsova, Dimitri Franko, Borislav Brondoukov. – Légende fantastique dans le cadre du conflit entre Catherine II et les Tartares.
L’amiral américain John Paul Jones (Robert Stack) au service de Catherine II (Bette Davis) (1959).
1970Tchyortova dyuzhina [Une douzaine d’audacieux] (SU) de Viktor Zhilin 
Odessa Film Studios, 81 min. – av. Pavlo Zagrebelny (Balaban), Vladimir Yuchiminsky (Kizhkomot), Lev Prygunov (Maxim Saruba), Vladimir Balon (baron von Bülow), E. Sorochinskaya (Anna), Givi Tokhadzé.
Soulèvement de cosaques en 1770 : un groupe parvient à s’échapper de l’exil sur les rives de la mer Caspienne, s’emparer d’une forteresse tenue par des pirates et regagner la patrie ukrainienne. Film d’aventures en Sovcolor destiné à la jeunesse.
1971(tv) La petite Catherine (FR) Roger Iglésis
(2e Ch. ORTF 15.6.71). – av. Evelyne Dandry (Catherine II), José-Maria Flotats (Pierre III), Marcelle Ranson (Elizabeth Petrovna Ire), Pierre Vernier, Luce Garcia-Ville, Jacques Bouvier.
D’après la comédie en deux actes d’Alfred Savoir, tirée des « Pièces historiques » (1930) : l’irrésistible ascension de l’ambitieuse Sophie d’Anhalt-Zerbst et la pittoresque galerie de personnages de la cour traitée sur un mode badin.
1973® (tv) Die merkwürdige Geschichte des Friedrich Freiherrn von der Trenck (DE) de Franz Peter Wirth. – av. Yvonne Sanson (Catherine II). – cf. Allemagne (8.2).
1974Δ (tv) Sotto il placido Don (IT) de Vittorio Cottafavi. – av. Macha Méril (Catherine II).
1975® (tv) Benjowski (DE) de Fritz Umgelter. – av. Nicole Heesters (Catherine II), Matthias Habich (Grigori Orloff). – cf. Pologne (5).
1977Δ (tv) Meeting of Minds (US) de Loring d’Usseau. – av. Jayne Meadows (Catherine II).
1978Δ (tv) Les Fantômes du Palais d’Hiver (FR) de Louis Grospierre. – av. Erzsi Mathé (Catherine II).
1981(tv) Novgorod (FR) d’Armand Ridel
(TF1 25.8.81), 90 min. – av. Rosy Varte (Catherine II), Nicolas Pignon (le forgeron Youri), Philippe Clay (Dimitri, pope de Novgorod), Pierre Mirat (Masloviev), Roger Muni (Krassine), Hubert de Lapparent (Aboguine), Michel Raglof (Michel Derain), Corinne Lahaye (Xenia), Véronique Leblanc (Varvara), Danielle Duvivier (Prascovia), Igor Tyczka (Epiphane).
Condamné à mort pour avoir séduit quelques femmes, Youri, un forgeron de Novgorod, est grâcié par la tsarine en visite (d’après « Le relais de Novgorod » de Jacques Deval).
1982Katharina, die nackte Zarin (DE) de Scott Hunt [=Klaus König] 
Alois Brummer Film, 97 min. – av. Sandra Nova [=Uschi Karnat] (Catherine II), Frank Williams, Jean-Paul Blondeau, Angela Fellini, Nadja Boyer. – Film pornographique.
1985Taina zolotoy gory (Le Mystère de la montagne d’or) (SU) de Nikolai Goussarov 
Sverdlovsk Film Studio, 73 min. – av. Aleksandr Novikov (Mikhail Volkov), Vassili Bochkaryov (Nikitin), Marina Yakovleva (Dasha), Gennady Youkhtine, Oleg Afanalyev, Viktor Mamayev. – En Sibérie, à la fin du XVIIIe s., Mikhail Volkov, un serf explorateur, découvre des mines de charbon et gagne sa liberté en récompense.
1986(tv) Peter Ustinov’s Russia. A Personal Journey : Peter the Great and Catherine the Great (CA/GB) de John McGreevy 
McGreevy Prod.-Victor Sonicki Prod.-CTV-Téléfilm Canada (BBC2 25.9.87), 45 min. – av. Valentina Azovskaya (Catherine II). – Peter Ustinov relate deux grandes époques de l’histoire de son pays d’origine.
1986® (tv) Mikhaïlo Lomonossov (SU) d’Aleksandr Proshkin. – av. Viktor Stepanov (Mikhaïlo Lomonossov), Yekaterina Kohv (Catherine II), Boris Plotnikov (Pierre III), Boris Klyuyev (Grigori Orloff), Aleksandr Shvorin (Nikita Panin), cf. (6).
1991(tv+ciné) *Young Catherine / Die junge Katharina / E Caterina… regnò / Molodaya Yekaterina (Intrigues impériales) (CA/GB/US/DE/IT/SU) de Michael Anderson 
Neville C. Thompson/Consolidated Prod.-Primedia-Lee Lighting Ltd. Prod.-Turner-Lenfilm-RAI-CTV-TeleMünchen (TNT 17.+18.2.91 / RAIuno 30.6.91 / TM3 16.-17.5.98), 2 x 90 min. / 188 min. – av. Julia Ormond (Catherine II), Christopher Plummer (Sir Charles Hanbury Williams, ambassadeur d’Angleterre), Marthe Keller (Johanna von Anhalt-Zerbst), Franco Nero (comte Vorontsov), Vanessa Redgrave (Elisabeth Petrovna Ire), Maximilian Schell (Frédéric le Grand), Mark Frankel (comte Grigori Orloff), Reece Dinsdale (grand duc Pierre, futur Pierre III), Ana Kanakis (comtesse Vorontsova), John Shrapnel (archimandrite Todorski), Hartmut Becker (Christian August von Anhalt-Zerbst), Katharina Schlesinger (comtesse Elisabeth Vorontsova), Rory Edwards (Alexis Orloff), Katya Galitzine (Maria Choglokov), Alexander Kerst (von Solms, ambassadeur prussien).
Les débuts de la jeune princesse prussienne à Saint-Pétersbourg en 1774, les manigances de Frédéric le Grand pour faire basculer la cour tsariste dans son camp, les manœuvres particulièrement perfides des Polonais (le comte Vorontsov) pour discréditer l’étrangère, la tentative d’empoisonnement, sa conversion à l’orthodoxie, la démence croissante du grand-duc Pierre, la rivalité entre la Garde impériale (fidèle à Catherine) et la Garde prussienne du palais (vouée à son époux), le renvoi sur l’heure de la mère, accusée d’espionnage au service de Berlin. Pierre est handicapé par un prépuce trop serré mais, terrorisé par le sang, refuse toute intervention chirurgicale, tandis que Catherine, sur conseil de son ami Sir Charles Williams, ambassadeur de Grande-Bretagne, se fait défleurer par un bien candide Orloff. Entre-temps, des officiers de la garde enivrent le grand-duc et lui font subir l’opération à son insu – afin de légitimiser le nourrisson à venir. Déguisée en soldat, son épouse parvient ensuite à l'attirer au lit. Insultée, privée de vie de famille, vierge pendant deux ans et demi, interdite de voir son enfant plus de deux fois l’an, Catherine finit, toujours soutenue par Sir Charles, par fomenter un coup d’État pour sauver son trône, son fils Paul et la Russie… tandis que, sur insistance de l'archimandrite Todorski, Grigori (et non Alexis) Orloff étrangle Pierre III (ce qu'on ne voit pas).
Une illustration sage de roman-photo, aux raccourcis spectaculaires (on oublie que Catherine fut mariée à Pierre pendant dix-sept ans !), mais aux dialogues souvent intelligents et percutants. Vanessa Redgrave sort fortement du lot en impératrice douairière tantôt autocrate impitoyable tantôt matrone soucieuse et sensible, et Reece Dinsdale est très convaincant en grand-duc infantile et débile colérique, ravagé par la petite vérole. Le Britannique Michael Anderson ("Le Tour du monde en 80 jours" de 1956) filme cette saga sans génie, en n'évitant pas toujours la guimauve pour les amateurs de soap (la love-story entre Catherine et Orloff), mais l'interprétation et le cumul d'épisodes ou de détails peu connus (l'inimitié entre la tsarine Elisabeth ultradévote et le roi de Prusse athée) méritent le coup d'oeil. Même si Julia Ormond, à la frimousse gentillette, ne fait guère le poids: on regrette Marlene à tout bout de champ. Tourné en grande partie sur place au Palais Catherine à Pouchkine (Tsarskoïe Siélo), au sud de Saint-Pétersbourg avec l’assistance de Lenfilm, et en studio à Londres. Lauréat du Gemini Award Toronto 1992 (meilleure série) et 4 nominations (costumes, photo, décors, Julia Ormond), Goldene Kamera 1993 (Vanessa Redgrave), nominations aux Primetime Emmy Awards 1911 (costumes, Vanessa Redgrave).
1991Golos travy [Miracle au pays de l’oubli] (SU) de Natalia Motouzko
90 min. – av. Vladimir Trotsiouk (Skovoroda), Raisa Nedashkovskaya, Olga Sumskaya, Nelli Savichenko, Sergeï Tarasov, Vldimir Minyailo, Sergeï Sevastyanov, L. Zaslavsky. – Les exploits d’un faux prophète en Ukraine.
1991® (tv) Vivat, gardemariny ! [Vivent les cadets de la marine !] (SU) de Svetlana Druzhinina . – av. Kristina Orbatkayte (« Fike » alias Sophie, future Catherine II), Mikhail Efremov (le grand-duc, futur Pierre III), Lyudmila Gurchenko (Johanna Elisabeth von Anhalt-Zerbst), Vladimir Soshalsky (Christian August von Anhalt-Zerbst). –« Fike » est le surnom que la famille des Anhalt-Zerbst donne à leur fille de 14 ans, Sophie-Frédérique-Augusta, que la tsarine a demandée en mariage pour son neveu. Arrivée à Moscou, « Fike » alias Sophie séduit l’impératrice, tandis que sa mère Johanna Elisabeth est renvoyée sèchement pour tentative d’espionnage en faveur de la Prusse. – cf. (6).
1992® (tv) Gardemariny III [Aspirants de marine III] (SU) de Svetlana Druzhinina . – av. Kristina Orbakayte (la grande-duchesse Catherine, future Catherine II), Lyudmila Gurchenko (duchesse Johanna Elisabeth d’Anhalt-Zerbst). – cf. (6).
1992Sny o Rossii / Kodayu / O-Roshiya-koku suimu-tan [Rêves de Russie – Kodayou] (SU/JP) de Junya Satô 
Daei Studios-Toho Co.-Dentsu-Lenfilm, 124 min. – av. Ken Ogata (cpt. Deikokuya Kodayu), Tosiyuki Nishida (Atsudzo), Marina Vlady (Catherine II), Oleg Yankovsky (Eric/Kirill Gustavovitch Lacksman), Yevgeny Yevstigneyev (Buch, le jardinier), Yelena Arzhanik (Sophia Ivanovna Buch), Yuri Solomin (vice-chancelier comte Alexandre A. Bezborodko), Vitaly Solomin (Chelekhov), Anastasia Nemoyaeva (Tatiana Irkutyanka), Vladimir Eremin (comte Alexis Romanovitch Vorontsov), Toru Emori (Matsudaira Sadanobu), Hiroyuki Okita (Abe).
En décembre 1782, le navire du capitaine Kodayu fait naufrage sur les côtes de la Sibérie. Avec ses seize marins, le Japonais vivra pendant neuf ans sur terre russe, allant à Irkoutsk et cherchant par tous les moyens à être rapatrié. Le savant russo-suédois Cyril Lacksman (1737-1796), de l’Académie de Saint-Pétersbourg, obtient finalement une entrevue entre le capitaine Kodayu et Catherine II qui autorise les Japonais à rentrer chez eux. Seuls trois marins nippons sont encore en vie. Débarqués à Nagasaki, ils risquent la peine de mort (le Japon pratique la politique d’isolation), mais le Shogun les gracie et établit des relations diplomatiques avec la Russie. Un récit véridique filmé en Russie (Irkoutsk, Okhotsk, Saint-Pétersbourg) et au Japon (Edo, Hokkaïdo, Nagasaki) d’après le roman de Yasushi Inoue (1968). Prix de l’Académie japonaise du Film 1993 (photo, montage, éclairage) et nominations pour les acteurs Ken Ogata, Toshiyuki Nishida, les décors, le son et la musique. Prix du meilleur film au Festival de São Paulo 1992 (prix des spectateurs).
1994/95(tv) Catherine the Great / Katharina die Grosse - 1. Der Kampf um die Krone - 2. Zwischen Pflicht und Leidenschaft (La Grande Catherine) (DE/US/AT) de Marvin J. Chomsky, John Goldsmith 
Kurt J. Mrkwicka/MR Film-UFA/Patrola Prod.-Skylark Cine-ZDF-Arte-A&E (Arte 28.4.96), 2 x 90 min./177 min. – av. Catherine Zeta-Jones (Catherine II), Jeanne Moreau (Elisabeth Petrovna Ire), Omar Sharif (Alexeï Razoumovsky), Hannes Jaenicke (Pierre III), Ian Richardson (comte Mikhaïl Vorontsov), Brian Blessed (chancelier Alexis Bestouchev), Paul McGann (prince Grigori Potemkine), Craig McLachlan (Sergeï Saltykov), Agnes Soral (Prascovia Bruca), Mel Ferrer (archimandrite Simeon Tevedovski), John Rhys-Davies (Emelyan Pougatchev), Mark McGann (Grigori Orloff), Stephen McGann (Alexis Orloff), Veronica Ferres (Elisabeth Vorontsova), Horst Frank (Schwerin).
Huit ans après son « Pierre le Grand » tourné en URSS pour la télévision américaine (cf. 3), Marvin J. Chomsky retourne à l’histoire russe pour s’attaquer à la vie de Catherine II, tout en privilégiant certains faits ou épisodes peu vus à l’écran et – pour la première fois au cinéma comme à la télévision (docu-fictions exceptés) – tenter de cerner tout le règne de la souveraine. Catherine est ici enceinte de Saltykov, son premier amant envoyé dans son lit sur ordre secret de la tsarine Elisabeth ; après la naissance de l’enfant, Saltykov est éloigné à l’étranger. Lorsqu’éclate la Guerre de Sept Ans et qu’Elisabeth et son amant vieillissant Razoumovsky ne peuvent se décider à agir, Catherine s’allie avec le chancelier Bestouchev pour lancer l’offensive contre Frédéric le Grand. Vorontsov, l’adversaire politique de Bestouchev, découvre la manœuvre et la dénonce à Elisabeth, mettant le chancelier hors jeu. Il place sa nièce Elisabeth Vorontsova dans le lit du grand-duc et, profitant de la mort subite de l’impératrice, proclame celui-ci tsar. Pas pour longtemps. La suite est répétitive (les amants jeunes et fades se succèdent à la file indienne), enjolivée (Potemkine est un ange de bonté et d’honneur), parsemée de contre-vérités (la tsarine n’a jamais rencontré Pougatchev, et l’exécution du rebelle ne fut pas discrète mais eut lieu sur la place Bolotnaïa à Moscou devant plusieurs milliers de personnes), de psychologie de bazar ou d’approximations contradictoires (les velléités passagères d’abolir le servage). Catherine Zeta-Jones est trop délicate, limite bas bleu, et froide pour être crédible en despote éclairée et ambitieuse ; sa Catherine ne reflète en rien le charisme, la complexité, l’intelligence et la culture de l’authentique souveraine (même si le script superficiel de John Goldsmith la montre récitant Virgile de mémoire). Jeanne Moreau, brillante, et Omar Sharif, sous-employé, dominent l’ensemble de ce « soap opera » à majorité allemande dont le budget (30 millions de marks) ne suffit toutefois pas à conférer au récit toute l’ampleur nécessaire ; une petite poignée de soldats signalisent les opérations militaires (la fin de la Guerre de Sept Ans, les victoires sur les Ottomans, le soulèvement de Pougatchev), l’action est confinée aux salons où s’étalent les machinations politiques. Tourné en Eastmancolor en extérieurs à Potsdam (jardins du château de Sans-Souci), près de Vienne (Burg Kreuzenstein) et sur les terrains des studios de Babelsberg à Berlin (avec 3000 figurants, selon la publicité) ; diverses vues d’ensemble ou extérieurs russes ont été empruntés à « Young Catherine » de Michael Anderson (cf. 1991), voire au « Waterloo » (1970) de Sergeï Bondartchouk ! Pour ajouter à la confusion, le film ressortira en DVD largement amputé.
1995(tv) I Was Catherine The Great’s Stable Boy (GB) de Stephen Leslie 
Jolyon Symonds/First Film Foundation-London Production Fund (Channel Four 14.12.95), 5 min. – av. Prue Brimacombe (Catherine II), David Birkin (le garçon d’écurie), Maurice Blake (le même, vieux), Julian De Metz, Ben Knight, Oliver Rabin (cosaques), Richard Newton (prêtre), Brian Fox (narration).
Le garçon d’écurie de Catherine la Grande et chargé de seller et suspendre la monture de l’impératrice : la poulie lâche et l’on retrouve la tsarine sexagénaire broyée sous son cheval, nue à côté de son manteau de fourrure. Anecdote filmée dans le Hertforshire. La rumeur selon laquelle Catherine II serait morte écrasée par un étalon avec lequel elle voulait s’accoupler est bien sûr sans fondement et le produit de la propagande antirusse (notamment anglaise) qui la faisait passer pour nymphomane et zoophile.
2000® (tv) Jack of all Trades (US/NZ) de Josh Becker, etc. – av. Danielle Cormack (Catherine II), cf. France (8.10).
2002® Russki Kovcheg / Russian Ark (L’Arche russe) (RU/DE) d’Alexander Sokourov ; Hermitage Bridge Studio-Egoli Tossell Film-Arte-WDR, 96 min. – av. Maria Kuznetsova (Catherine II), cf. (3).
2005(tv) Catherine the Great / Catherine la Grande / Katharina die Grosse (GB/FR/DE) de Paul Burgess et John Paul Davidson 
Brook Lapping Prod.-BBC-PBS-NDR-Arte (BBC2 21+28.10.05 / Arte 11.12.05), 95 min. – av. Emily Bruni (Catherine II), Diana-Florentina Dumbrava (impératrice Elisabeth Petrovna Ire), Danut Chiriac (Pierre III), Claudiu Bleont (Grigori Orloff), Adrian Anghel (Alexei Orloff), Dan Badavau (Grigori Potemkine), John Burgess (narration). – Docu-fiction tourné en Roumanie.
2005(tv) Favorit [Le Favori] (RU) d’Aleksei Karelin 
Vladimir Dostal/Nikola Film, 412 min. (feuilleton). – av. Anna Geller (Catherine II), Igor Botvin (prince Grigori Potemkine), Valeri Kukhareshin, Aleksandr Polyakov, Inna Stepanova (Sanka Bronnitskaya), Natalia Surkova, Aleksandr Noviko (Mikhail Koutouzov). – Série fauchée d’après le roman à succès de Valentin Pikul (1984) qui se veut la chronique des temps de Catherine II et décrit en particulier la passion de l’impératrice pour le prince Potemkine. Tournage à Saint-Pétersbourg.
2006(tv) Katharina die Grosse – Die Zarin aus Zerbst (DE) de Dirk Otto 
série « Geschichte Mitteldeutschlands » saison 8, épisode 1, Ottonia Media GmbH (MDR 29.10.06), 45 min. – av. Beate Weidenhammer (Catherine II), Clemens Deindl (prince Grigori Potemkine), Christian Ahlers (Grigori Orloff), Boris Bianchi-Pastori (Stanislav Poniatowski), thomas Zug (Sergeï Saltykov). – Docu-fiction tourné au château de Sans-Souci à Potsdam, à Zerbst, aux châteaux de Dornburg (Thuringe) et à Saint-Pétersbourg.
2006(tv) Empress of Ambition (La Grande Catherine de Russie) (GB) de Don Campbell, Doug Shultz 
série « Icons of Power », Partisan Pictures-National Geographic Channel, 92 min. – av. Alla Oding (Catherine II), Irina Malinovskaya (Catherine jeune), Pavel Ryabenkov (Emelyan Pougatchev), Stepan Abramavo (Pierre III), Vadim Volkov (Grigori Potemkine), Melnik Pavel Miroslavovich (le tsar Ivan VI), Alexander Orlovsky (Alexis Orloff), Konstantin Mukhin (Grigori Orloff), Galina Subbolina (la tsarine Elisabeth Petrovna Ire). – Docu-fiction tourné à Saint Petersbourg.
2006® (tv) Engineering an Empire : Russia (US) de Sarah Hutt, Mark Cannon (History Channel 20.11.06). – av. Nancy Digonis (Catherine II). – Docu-fiction.
2007® (tv) L’Affaire Calas (FR/CH) de Francis Reusser. – av. Elzbieta Jasinka-Maeder (Catherine II), cf. France (5.1).
2007® (tv) Pyerom i chpagoï [Avec plume et épée] (RU) de Yevgeni Ivanov. – av. Sergej Barkovskij (Pierre III), Aleksander Stroev (comte Grigori Orloff), Alexandra Kulikova (Catherine II), Youri Orlov (Sir Charles Hanbury Williams), Anatoli Kuznetsov (Sergeï Saltykov), cf. France : Louis XV (5.5).
2007(tv) Musketeriy Yekatariniy [Les Mousquetaires de Catherine] (RU) d’Aleksei Karelin 
Vladimir Dostal/Nikola Film-Aurora, 12 x 50 min. – av. Alla Oding (Catherine II), Natalia Ermoaeva (Barbara Golitsyn), Svetlana Bakulina (Nadezhda Khovrin), Natalia Latysheva (Maria Borchtchev Matveïevna), Elena Efimova (Ksenia Atlasova), Yuri Itskov (comte Ivan Betskoï), Natalia Sourkov (comtesse Anna Remizov), Roman Ageev (comte Grigori Orloff), Evgeni Slavskiy (cpt. Alexandre Roslavets), Yuri Tomochevsky (comte Nikita Panine), Natalia Oleynikov (Dmitri Levitsky), Dimitri Bulba (Charles Radziwill), Oleg Diamonds (comte Alexeï Orloff), Tara Amirkhanova (princesse Tarakanova), Vitaliy Simonov (Mikhaïl Lomonossov), Constantin Flichenkov (Murtaza Quli Khan), Boris Matveyev (comte Piotr Roumyantsev), Vitaly Saltykov, Yegor Bakulin, Alexander Balsanov.
Après de longues recherches dans tout l’empire russe, le comte Betskoï réunit pour Catherine II un quatuor très spécial de demoiselles d’honneur, Barbara, Nadezhda, Maria et Ksenia. Elles sont toutes de redoutables bretteuses, des tireurs d’élite et jolies de surcroît, chargées des missions les plus délicates et de contrer les machinations politiques à la cour. Elle parviennent ainsi, malgré les pièges des puissances ennemies, à amener jusqu’à Moscou le célèbre médecin Dimsdalya pour lutter contre la petite vérole. Elles empêchent un assassinat fomenté par le prince polonais Radziwill lors d’un voyage à Riga, court-circuitent le vol de tableaux destinés aux collections impériales, empêchent une alliance entre Emelyan Pougatchev et le sultan ottoman, puis enquêtent à Naples sur l’identité de la mystérieurse princesse Tarakanova qu’Alexis Orloff doit piéger. Une variante fauchée des « Trois Mousquetaires » de Dumas.
2012® (tv) Baron Münchhausen (DE) de Marc O. Seng. - av. Katja Riemann (Catherine II). - Cf. Allemagne (4.7).
2013(tv) Katharina die Grosse (Catherine II de Russie) (DE) de Christian Twente et Michael Löseke
série "Frauen, die Geschichte machten (Ces femmes qui ont fait l'histoire)", Uwe Kersken/Gruppe 5 Filmproduktion Köln-ZDF Enterprises-Arte (Arte 30.11.13), 52 min. - av. Alma Leiberg (Catherine II), Natalia Bobyleva (la tsarine Elizabeth Petrovna), Pavel Gajdos (Pierre III). - La prise de pouvoir de Catherine II. Un docu-fiction débitant des banalités et platement illustré avec l'appui de l'infographie.
2013(tv) Romanoviy istoriiya rossiskoy dinasty, 1613-1917 (Les Romanov, histoire d'une dynastie) (RU) de Maxim Bespaly
Valeriy Babich/Mostelefilm-Star Media-Babich Design (1e Ch. 4.11.-22.12.13), 8 x 52 min. - av. Anna Yashina (Catherine II), Ilya Scherbinin (Pierre III), Vasilisa Elpatievskaya (Catherine II jeune), Denis Bespaly (narration). - Minisérie docu-fictionnelle conçue par Marina Bandilenko, célébrant le 400e anniversaire de la dynastie des Romanov.

7.1. L'affaire Tarakanova

En 1764 à Raguse, la princesse Elisabeth Alexeïevna dite Tarakanova (1753-1775), une aventurière, se fait passer pour la fille naturelle de la tsarine décédée Elisabeth Petrovna Ire et de son époux morganatique Alexeï Razoumovsky (cf. 6). Connue également dans les cours d’Europe sous les noms de Fräulein Frank et Madame Trémouille, Elisabeth conteste la légitimité de Catherine II et se fait appeler « princesse de Vladimir » (Knyaginya Vladimirskaïa). Le comte Alexis Orloff, amant de la tsarine, est chargé de la séduire et de la ramener en Russie. Orloff l’arrête à Livourne en 1775 où il l’a attirée à bord d’un vaisseau russe. Enfermée dans la forteresse Petrapavlovsk (Pierre-et-Paul), Elisabeth y meurt dix mois plus tard de tuberculose. Selon une rumeur populaire, sa mort n’aurait été que feinte, car elle aurait pris le voile sous le nom de Dosiphea/Dosifeya et aurait vécu dans le monastère d’Ivanovsky de 1785 jusqu’à sa mort en 1810. D’autres affirment que la mystérieuse nonne aurait en réalité été la sœur d’Elisabeth, Augusta. – Nota bene : Tarakanova (du russe « tarakan », cafard) est un surnom qui lui fut donné après sa mort, hérité de ses derniers mois en prison et adopté par la littérature, le théâtre et le cinéma.
1910Knyazhna Tarakanova / La Princesse Tarakanova et Catherine II (RU/FR) de Kaï Hansen, Maurice André Maître 
Russkije Szeni/Film d’Art Russe-SAPF-Pathé, 420 m./450 m. – av. Nadia Aleksandrovna (Catherine II), Vera Mikoulina (princesse Elisabeth Tarakanova), Nicolaï Vekov (comte Alexis Orloff), Nicolaï Vassiliev (prince Grigori Potemkine), S. Lazarev (prince Golitsyn), F. Semkovskiy (amiral Greig), M. Rzhanov (comte Alexeï Tolstoï), O. Nelskaïa (Francesca de Menade), Pavel Voinov, Ludmila Sychova.
Piégée par Orloff sur ordre de Catherine II, la princesse Tarakanova meurt en 1777 par noyade dans une cellule de la forteresse Pierre-et-Paul à la suite d’une inondation (selon une légende populaire). D’après la pièce éponyme d’Ippolit Shpazhinsky (1904) et le tableau de Constantin Flavitski (1864). - DE: Prinzessin Tarakanowa und Katharina II.
1929/30*Tarakanova (FR) de Raymond Bernard 
Gaumont Franco Film-Aubert/Société des Films Historiques, 3065 m./114 min. – av. Paule Andral (Catherine II), Edith Jehanne (Elisabeth Tarakanova / princesse Dosithée), Olaf Fjord (comte Alexis Orloff), Rudolf Klein-Rogge (comte Chouvalov), Charles Lamy (prince Charles Radziwill), Ernest Ferny (prince Grigori Potemkine), Camille Bert (amiral Craigh), Antonin Artaud (le jeune tzigane).
Le comte Chouvalov, ennemi de Catherine II, fomente un complot afin de la renverser et choisit une jeune bohémienne orpheline, Elisabeth Tarakanova, pour l’y aider, car il découvre en elle un parfait sosie de Dosithée (la fille de l’impératrice défunte recluse volontairement dans un couvent afin de ne pas gêner la souveraine au pouvoir). En mission à Raguse, Orloff est chargé de séduire puis de capturer la rivale de l’impératrice. Mais Orloff et Elisabeth (qui finit par croire sincèrement qu’elle est bien la petite-fille de Pierre le Grand) tombent amoureux l’un de l’autre. Emprisonnée et torturée, elle peut s’échapper grâce à Orloff qui la confie à Chouvalov pour la soigner et la cacher. Celui-ci la conduit au couvent de l’héritière légitime, la religieuse Dosithée, et lui révèle l’imposture dont elle fut la victime. Le choc est brutal, les forces d’Elisabeth déclinent et lorsque Orloff, banni mais libre, la rejoint, elle meurt. (Scénario original d’André Lang et Ladislao Vajda.)
Bernard donne le double rôle principal à la comédienne berrichonne Edith Jehanne (l’égérie des partisans polonais du « Joueur d’échecs » en 1927, cf. 7.2), qu’il a découverte en 1920 et qui, simple et sensible, donne ici – dans son dernier film – la réplique à l’Autrichien Olaf Fjord et à Rudolf Klein-Rogge, le terrible docteur Mabuse de Fritz Lang. L’entreprise a été mise en chantier par le producteur allemand Isa Rosenfeld (tournage prévu à Berlin), qui déclare forfait en cours de route et cède son projet à la Franco-Film. La réalisation se fait en muet aux studios Franco-Film (Victorine) à Nice, en extérieurs dans la citadelle de Villefranche et sur la Côte d’Azur, avec une photo inventive de Jules Kruger, des décors somptueux de Jean Perrier et les costumes de Boris Billinsky et Eugène Lourié. Le film est terminé en juillet 1929, mais le cinéma parlant s’étant imposé, il est sonorisé avec chansons, effets sonores et musique (Moussorgski, Rimski-Korsakov, Borodine) pour enfin sortir une année plus tard, en septembre 1930. Une œuvre mineure, parfois mièvre mais attachante, le chant du cygne de la carrière muette de Raymond Bernard, qui triomphera en 1934 avec ses « Misérables » en trois parties. Un succès public mitigé.
La fausse princesse Tarakanova (Edith Jehanne) conteste le trône de Catherine II (Raymond Bernard, 1929).
1938*Tarakanova / Orloff et Tarakanova / La principessa Tarakanova (FR/IT) de Fedor Ozep (v. fr.) et Mario Soldati (v. ital.) 
Chronos Films-Néro Films-SA Film Internazionali (Roberto Dandi), 96 min. – av. Annie Vernay (princesse Elisabeth Tarakanova), Pierre Richard-Willm (comte Alexis Orloff), Roger Karl (prince Radziwill), Suzy Prim (Catherine II), Anna Magnani/Janine Merrey (Marietta, femme de chambre), Georges Paulais/Memo Benassi (l’ambassadeur russe), René Bergeron/Guglielmo Sinaz (le Grand Inquisiteur), Jacques Berlioz/Antonio Centa (cpt. Sleptozov), Abel Jacquin (cpt. Nikolsky), Alberto Sordi (Tchiarouskine, émissaire secret).
Cette coproduction franco-italienne dialoguée par Henri Jeanson reprend le sujet du film de Raymond Bernard (cf. 1930), mais en le modifiant sur divers points : la Tarakanova est ici une aventurière qui prépare son coup contre Catherine II avec la complicité du prince Radziwill. Elle connaît la mission d’Orloff, mais plutôt que de le faire assassiner, elle préfère le séduire. Orloff et Elisabeth, qui se rencontrent lors du carnaval de Venise, tombent sincèrement amoureux. Ils sont piégés sur un navire russe. Arrêtés et confrontés à une tsarine folle de colère, ils périssent ensemble sur l’échafaud, pendus sur la place publique après une vaine tentative d’évasion qui finit dans un bain de sang.
Un film aux élans ultra-romantiques, magnifiquement photographié par Curt Courant. Le script oppose l’impératrice autoritaire et jalouse, rouée, habituée aux manœuvres politiciennes, et la candide Tarakanowa, 16 ans, manipulée par Radziwill, qui découvre ravie sa sexualité et son pouvoir d’attraction sur les hommes (elle semble plus intéressée à sécher ses jambes ou à caresser ses moutons qu’à apprendre ses discours) ; quant au doucereux Richard-Willm, il fait chavirer le cœur des deux rivales jusqu’à ce que ses atermoiements passionnels provoquent la tragédie. Le tournage aux studios de Joinville, à Cinecittà et en extérieurs à Venise marque les débuts dans la mise en scène du cinéaste-romancier Mario Soldati, dirigeant dans de petits rôles deux autres débutants, Anna Magnani et Alberto Sordi. Quant à Fedor Ozep, jadis pionnier du cinéma muet soviétique avant de s’installer à Berlin, il a été chassé du Reich par Hitler, travaille en France depuis 1933 et se réfugiera au Canada puis aux Etats-Unis au début de la guerre.
1949Shadow of the Eagle / La rivale dell’imperatrice (A l’ombre de l’Aigle) (GB/IT) de Sidney Salkow (v. angl.) et Jacopo Comin (v. ital.) 
Scalera-Tuscania Film (Dario Sabatello)-Valiant Film London (Anthony Havelock), 92 min. – av. Valentina Cortese (princesse Elisabeth Tarakanova), Richard Greene (comte Alexis Orloff), Binnie Barnes/Isa Pola (Catherine II), Walter Rilla/Antonio Centa (prince Radziwil), Greta Gynt (comtesse Loredana Camponiello), Charles Goldner (général Korsakov).
Tournage aux studios de Teddington, à Venise et à Rome. Film mis en chantier par Edgar G. Ulmer, qui est remplacé par Sidney Salkow. Quant à Margot Grahame, tombée malade, elle est remplacée par Binnie Barnes dans le rôle de la tsarine. Dans cette version, Elisabeth n’est pas une aventurière mais une véritable princesse, une menace sérieuse tant dynastique que politique pour Catherine II. Orloff s’éprend d’elle, trahit l’impératrice, effectue un raid audacieux sur la prison où est détenue Elisabeth et disparaît pour toujours avec elle.
1959(tv) *L’Énigme de Pise (FR) de Stellio Lorenzi 
série « La caméra explore le temps » (1e Ch. RTF 11.1.59), 98 min. – av. Françoise Prévost (Elisabeth Tarakanova), Michel Piccoli (comte Alexis Orloff), Pierre Asso (le cardinal), Etienne Bierry (Domanski), Jean-Roger Caussimon (Sir William Hamilton), François Maistre (le père Chanecki), Jacques Mauclair (le syndic), Roland Ménard (narration).
André Castelot et Alain Decaux se proposent d’éclairer, en soupesant les différents arguments sur son identité, le mystère des origines de la Tarakanova, qui prétendit à Pise en 1775 être la petite-fille de Pierre le Grand. A l’aide de divers documents, elle était parvenue à gagner la confiance de Sir William Hamilton, l’ambassadeur d’Angleterre, puis celle du clergé polonais exilé, enfin celle du Vatican.
1966(tv) Elisabeth Tarakanow (DE) de Werner Schlechte 
Zweites Deutsches Fernsehen (ZDF 16.11.66). – av. Christine Ostermayer (princesse Elisabeth Tarakanova), Käthe Lindenberg (Catherine II), Kurt Heintel (comte Alexis Orloff), Joachim Ansorge, Inge Birkmann.
1991Tsarskaya okhota (La Chasse royale) (SU/CS/IT) de Vitali Melnikov 
Lenfilm Studio-Filmové Studio Barrandov-Excelsior-Golos-Videa-Soyuskinoservis, 134 min. – av. Nikolai Yeryomenko Jr. (comte Alexis Orloff), Svetlana Kryuchkova (Catherine II), Anna Samokhina (Elisabeth Tarakanova), Mikhail Kononov (Kustov), Aleksandr Goloborodko (Grigori Orloff), Aleksandr Romachov (Tchechkovsky), Oleg Tabakov (Alexandre Mikhaïlovitch Golitsyne), Anatoli Chvedersky (Nikita Panine, ministre des Affaires étrangères), Svetlana Smirnova (Dachkova), Aleksandr Novikov (Beloglazov), Baadur Tsuladzé (Lombardi).
D’après la pièce éponyme de Leonid Zorin (1974) : la vie et les aventures de la Tarakanova en Europe et sa capture à Venise (où certains extérieurs ont été tournés). Lauréat du Prix Nika (Moscou) 1991 (costumes et Svetlana Kryuchkova).
2007® (tv) Musketeriy Yekatariniy [Les Mousquetaires de Catherine] (RU) d’Aleksei Karelin. – av. Alla Oding (Catherine II), Oleg Diamonds (comte Alexis Orloff), Tara Amirkhanova (princesse Elisabeth Tarakanova), cf. (7).