Ib - LA FRANCE APRÈS 1815

Napoléon III (Paul Meurisse) et sa maîtresse, Virginia de Castiglione (« La Castiglione » de G. Combret, 1954)

5. LE SECOND EMPIRE : NAPOLÉON III (1852 à 1870)

Charles Louis Napoléon Bonaparte, né en 1808, troisième fils de Louis Bonaparte (frère de Napoléon Ier) et d’Hortense de Beauharnais. Empereur de France, marié à Eugenia María de Montijo de Guzmán, comtesse de Teba (1826-1920). Exil en Suisse alémanique pendant la Restauration, puis combats en Italie (1830). Après une insurrection manquée à Strasbourg (1836), exil au Brésil, aux Etats-Unis et en Angleterre (1837). Règne soutenu par l’ancienne bourgeoisie orléaniste, les catholiques et les milieux d’affaires. Suppression des libertés, mais instauration du droit de grève pour les ouvriers et du droit de baccalauréat pour les femmes. Industrialisation du pays (le chemin de fer sur tout le territoire national), embellissement et modernisation spectaculaire de Paris. Napoléon III se fait champion des nationalités opprimées (en Grèce) et contribue à l’unification de l’Italie en combattant l’Autriche de François-Joseph (victoires de Magenta et de Solférino en 1859, annexion de Nice et de la Savoie). Pacification brutale de la Grande Kabylie en Algérie (1857), acquisition de la Nouvelle-Calédonie (1853), du Sénégal (dès 1854), conquête de la Cochinchine (1859-63), expédition de Syrie (1860/61). En revanche, son intervention au Mexique pour soutenir l’empereur Maximilien se solde par un désastre (1864 à 1867). Capitulation le 2 septembre 1870 après la défaite dans la guerre contre la Prusse dans laquelle, vieilli, malade et fatigué, il s'est lancé sans trop de conviction. Dernier autocrate français, il meurt exilé en Angleterre en 1873.
Son unique fils, le prince impérial Napoléon-Eugène-Louis Bonaparte (1856-1879), est tué par les Zoulous lors des guerres zouloues menées par les Britanniques.
1910La Savelli (FR) de Camille de Morlhon 
SAPF-Pathé, 360m. – av. Jean Jacquinet (comte de Romagna), Georges Laumonier (Jean Favier), Emile Chautard (Napoléon III), Madeleine Roch (Rosina Savelli). – Une danseuse italienne est le jouet d’une conspiration contre l’empereur qui, amoureux, lui pardonne.
1922® Lola Montez (DE) de Willi Wolff. – av. Robert Scholz (Napoléon III).
1923*Violettes impériales (FR) d’Henry Roussell
(+ prod.), 111 min. – av. Raquel Meller (Violetta), André Roanne (Pierre de Saint-Affremond), Suzanne Bianchetti (l’impératrice Eugénie de Montijo), Daurelly (Napoléon III), Robert Guilbert (duc de Morny), Sylviane de Castillo (Mme de Montijo).
En 1855, à l’ombre du mariage de Napoléon III avec Eugénie de Montijo, une gitane marchande de fleurs de Séville qui, jadis, a prédit à l’Espagnole son impérial destin, devient dame de compagnie de l’impératrice à Paris, puis l’épouse du comte de Saint-Affremond. Elle parvient à sauver les souverains d’un attentat à la bombe. Tournage à Séville (Alcazar, Giralda, place Lopez Pintado, Casa Pilatos), dans la cathédrale de Zamora (noces impériales), à Paris (Hôtel Continental pour les Tuileries), Saint-Denis et Compiègne (dans les jardins du palais, où Roussel recrée le fameux tableau de Franz Xaver Winterhalter montrant Eugénie entourée de ses dames d’honneur, 1855). Un triomphe public pour cette bluette évoquant avec une certaine photogénie les fastes du Second Empire. Photo admirable de Jules Krüger, qu’Abel Gance va engager pour son « Napoléon  ». Selon une légende populaire, Napoléon Ier aurait promis de revenir à l’époque des violettes, fleur qui est devenue le signe de ralliement des bonapartistes à la veille des Cent-Jours. De Cannes à Grenoble, la population accueillit l’empereur avec des violettes, et celui-ci fut alors surnommé affectueusement « le Père la Violette ».
1924® Mademoiselle Midnight (Mademoiselle Minuit) (US) de Robert Z. Leonard. – av. Paul Weigel (Napoléon III), Clarissa Selwynne (l’impératrice Eugénie de Montijo), cf. Mexique (5.2).
1925® Bismarck (DE) d’Ernst Wendt. – av. Leontina Kühnberg (l’impératrice Eugénie de Montijo).
1926® Garibaldi e i suoi tempi (IT) de Silvio Laurenti Rosa. – av. Nado Rosa (Napoléon III).]
1929*Lady of the Pavements / Lady of the Night (Le Lys du faubourg / La Païva) (US) de David Wark Griffith 
Art Cinema-United Artists, 7495 ft. / 8329 ft. (son). – av. Lupe Velez (Thérèse Lachmann, dite la Païva), William Boyd (comte Karl von Arnim), Jetta Goudal (comtesse Diane des Granges), Albert Conti (baron Finot, chambellan de Napoléon III), Georges Fawcett (baron Haussman).
En 1868, Diane des Granges se venge de son ex-fiancé Karl en le jetant dans les bras d’une demi-mondaine, la future La Païva, qui se fait passer pour une aristocrate et l’épouse. Griffith reprend l’intrigue de « Jacques le Fataliste » (l’épisode de Mme de la Pommeraye) de Diderot pour son mélodrame filmé à l’Art Cinema Studio à Los Angeles. L’authentique Esther (plus tard Thérèse) Lachmann, marquise de Païva, dite « La Païva » (1819-1884), était une courtisane d’origine russo-polonaise qui vécut à Londres, puis dès 1848 à Paris. Soupçonnée d’espionnage, elle dut quitter la France en 1877 et mourut en Silésie.
1932*Violettes impériales (FR) d’Henry Roussell 
M.J. Films (Jean de Merly), 112 min. – av. Raquel Meller (Violetta), George Péclet (Pierre de Saint-Affremond), Emile Drain (Napoléon III), Suzanne Bianchetti (l’impératrice Eugénie de Montijo), Paule Andral (Mme de Montijo), Robert Dartois (duc de Morny), Carlotta Conti (Mlle de Perry-Froncsac), Louisa de Mornand (duchesse de Mondovi), Victor Vinas (Dr. Fouras).
Remake du film muet de 1923, cette fois chantant : l’impératrice Eugénie croit que la chanteuse sévillane Violetta lui porte chance (elle lui a prédit son impérial destin) et la fait venir à Paris où cette dernière, devenue dame de compagnie, la sauve d’un attentat à la bombe. Tourné aux Studios Braunberger-Richebé à Billancourt et à Compiègne, à nouveau avec Raquel Meller, qui a entre-temps triomphé dans le rôle d’une autre gitane, la « Carmen » de Jacques Feyder.
1932/33**Ich und die Kaiserin / Die Kaiserin und ich / Das Vermächtnis des Marquis von S. / AT : Das Strumpfband der Kaiserin (DE) de Friedrich Hollaender 
Erich Pommer-Ufa, 89 min. – av. Mady Christians (l’impératrice Eugénie de Montijo), Lilian Harvey (Juliette, sa femme de chambre), Conrad Veidt (le marquis de Pontignac), Heinz Rühmann (Didier), Friedel Schuster (Arabella), Julius Falkenstein (Jacques Offenbach), Kate Kühl (Marianne), Eugen Rex (Etienne).
Le marquis de Pontignac, blessé lors d’un accident de chasse et à demi inconscient, est soigné par une jeune femme qui fredonne une valse, l’embrasse et disparaît. Lorsque, guéri, il recherche l’infirmière, il entend chanter le même air par l’impératrice Eugénie et cherche à la séduire. Ce n’est cependant pas elle qui l’a secouru, mais sa femme de chambre par qui le marquis se laissera charmer. Une comédie à quiproquo plutôt bien enlevée et légèrement grivoise (les bas que Juliette a « empruntés » à l’impératrice sèment le trouble) signée Walter Reisch et Robert Liebmann, d’après un sujet de l’érotomane Felix Salten, le tout bercé par la musique d’Offenbach et du fameux compositeur de « L’Ange bleu », devenu ici cinéaste (c’est son unique réalisation). La dernière production Ufa d’Erich Pommer, tournée aux ateliers Ufa à Neubabelsberg juste avant la prise de pouvoir d’Hitler. La presse nazie tance « ce produit typique d’une époque libérale décadente et dépassée ». Un compliment, dans le contexte.
1932/33*Moi et l’Impératrice [version française du précédent] (DE/FR) de Friedrich Hollaender, Paul Martin 
Pommer-Ufa-Alliance Cinématographique Européenne (ACE), Paris, 98 min. – av. Danièle Brégis (l’impératrice Eugénie de Montijo), Lilian Harvey (Juliette), Charles Boyer (le duc de Campo-Formio), Julius Falkenstein (Jacques Offenbach), Pierre Stephen (Napoléon III), Pierre Brasseur (Didier), Renée Devilder (Arabella), Julien Carette (le médecin militaire), Nilda Duplessy (Marianne), Michel Duran, Jacques Ehrem, Fernand Frey.
Dans la version française, le marquis de Pontignac devient duc de Campo-Formio et Napoléon III y fait un brève apparition.
Ferdinand de Lesseps (T. Power) soumet ses projets à Napoléon III (Leon Ames) (« Suez » d’Allan Dwan, 1938)
1932/33*The Only Girl / US : Heart Song [version anglaise du précédent] (DE/GB) de Friedrich Hollaender 
Pommer-Ufa-Gaumont British, 84 min. – av. Mady Christians (l’impératrice Eugénie de Montijo), Lilian Harvey (Juliette), Charles Boyer (le duc), Julius Falkenstein (Jacques Offenbach), Ernest Thesiger (chambellan impérial), Maurice Evans (Didier), Friedel Schuster (Arabella), Ruth Maitland (Marianne), O. B. Clarence (Etienne), Huntley Wright, Reginald Smith.
1933® Villafranca (IT) de Giovacchino Forzano. – av. Enzo Biliotti (Napoléon III).
1934Fanatisme (La Savelli) (FR) de Gaston Ravel, Tony Lekain 
Via-Film, 80 min. – av. Pola Negri (Rosina Savelli), Jean Yonnel (prince de Carpegna), Pierre Richard-Willm (Marcel Bénard), Louisa de Mornand (comtesse de Contades), Lilian Greuze (comtesse Walewska), Lucien Rozemberg (Napoléon III), Andrée Lafayette (l’impératrice Eugénie de Montijo), Pierre Juvenet (duc de Morny), Georges Flateau (Ardiotti), William Aguet (chambellan).
En 1858 à Paris, une danseuse italienne, la Savelli, ancienne maîtresse d’Orsini (conspirateur carbonaro guillotiné), est mêlée à une tentative d’assassinat contre l’empereur qu’a orchestrée son nouveau mari, le prince de Carpegna. Ce dernier attire le souverain dans un guet-apens et incite Bénard, un musicien jaloux, à tirer sur lui. Le coup rate, Carpegna se suicide. La Savelli obtient le pardon de l’empereur.
1935® The Story of Louis Pasteur (US) de William Dieterle. – av. Walter Kingsford (Napoléon III), comtesse Iphigénie Castiglioni (l’impératrice Eugénie de Montijo), Herbert Corthell (Adolphe Thiers).
1936*Spy of Napoleon (GB) de Maurice Elvey 
Julius Hagen Productions, 101 min. – av. Richard Barthelmess (Gérard de Lancy), Dolly Haas (Eloïse de Lancy), Frank Vosper (Napoléon III), Francis L. Sullivan (Toulon, chef de la police), Joyce Bland (l’impératrice Eugénie de Montijo), Lyn Harding (Otto von Bismarck), Wilfred Caithness (Helmuth von Moltke), George Merritt (le consul de Prusse).
En 1870, une actrice qui se fait passer pour la fille illégitime de Napoléon III et un conspirateur aristocrate condamné à mort se sauvent mutuellement en se mariant et en devenant des espions au service de l’Empire ; ils travaillent conjointement pour déjouer les plans de Bismarck. Une intrigue amusante d’après le roman éponyme de la baronne Orczy (1934), filmée aux J. H. Studios à Elstree, aux studios de Twickenham, à Kingston Hill, en Écosse (Loch Lomond, Luss) et à Genève.
1937® Maytime (US) de Robert Z. Leonard. – av. Guy Bates Post (Napoléon III), Iphigenie Castiglioni (l’impératrice Eugénie de Montijo).
Napoléon III (Walter Franck) et Eugénie de Montijo (Lil Dagover) dans « Bismarck » de W. Liebeneiner (1940)
1937[épisode] Les Perles de la couronne (FR) de Sacha Guitry, Christian-Jaque 
Impéria-Cinéas. – av. Sacha Guitry (Napoléon III), Raymonde Allain (l’impératrice Eugénie de Montijo).
1938[épisode] Remontons les Champs-Elysées (FR) de Sacha Guitry, Robert Bibal 
Cinéas. – av. Sacha Guitry (Napoléon III), Pierre Juvenet (duc de Morny), Raymonde Allain (l’impératrice Eugénie de Montijo).
1938[épisode de 1867] Trois Valses (FR) de Ludwig Berger 
Sofror, 104 min. – av. Pierre Fresnay (Octave de Chalencey), Yvonne Printemps (Fanny Grandpré), Max Maxudian (Napoléon III), Jeanne Helbling (l’impératrice Eugénie de Montijo). – Les amours d’un fringant lieutenant pour une danseuse de l’opéra.
1938® Katia (FR) de Maurice Tourneur. – av. Génia Vaury (l’impératrice Eugénie de Montijo), Georges Flateau (Napoléon III), cf. Russie (3).
1938® Suez (US) d’Allan Dwan. – av. Loretta Young (l’impératrice Eugénie de Montijo), Leon Ames (Napoléon III), cf. (5.1).
1939® Juarez (US) de William Dieterle. – av. Claude Rains (Napoléon III), Gale Sondergaard (Eugénie de Montijo). – cf. expédition mexicaine (5.2).
1939/40® The Mad Empress (Juarez and Maximilian) (US/MX) de Miguel Contreras Torres. – av. Guy Bates Post (Napoléon III), Evelyn Brent (l’impératrice Eugénie de Montijo).
1940® A Dispatch from Reuters (US) de William Dieterle. – av. Walter Kingsford (Napoléon III).
1940® Bismarck (DE) de Wolfgang Liebeneiner. – av. Walter Franck (Napoléon III), Lil Dagover (l’impératrice Eugénie de Montijo).
1941® Sarasate (ES) de Richard Busch et Jean Choux. – av. Ignacio Mateo (Napoléon III), Rosina Mendia (l’impératrice Eugénie de Montijo). – cf. Espagne, Isabelle II (2).
1941/42*Mam’zelle Bonaparte (FR) de Maurice Tourneur 
Alfred Greven/Continental Films, 100 min. – av. Edwige Feuillère (Cora Pearl), Raymond Rouleau (Philippe de Vaudrey), Guillaume de Sax (prince Jérôme Bonaparte, 1822-1891), Aimé Clariond (duc de Morny), Monique Joyce (Lucy de Kaula), André Carnège (Alexandre Dumas).
En 1862, la célèbre courtisane d’origine anglaise Cora Pearl, maîtresse de Jérôme Bonaparte (cousin de l’empereur), s’éprend d’un conspirateur légitimiste, Philippe de Vaudrey. La conspiration est dévoilée par Lucy de Kaula, une courtisane rivale au service de la police secrète, et Vaudrey se réfugie chez Cora, avant d’être arrêté et incarceré. Cora se bat en duel à l’épée contre sa rivale dans les salons du duc de Morny et obtient le pardon de son amant Bonaparte. Mais entre-temps, celui-ci a été tué en essayant de s’échapper. Surnommée « la grande horizontale » ou « le plat du jour », Cora Pearl (1835-1886) fut aussi la maîtresse du duc de Morny. Premier grand film historique de la Continental allemande à Paris, qui traite avec style un sujet faisant frémir la pudibonde censure vichyssoise. Tournage en septembre 1941 aux studios de Neuilly et de Billancourt avec une grande masse de figurants pour la séquence du bal de l'Opéra.
1942La Contessa Castiglione (IT) de Flavio Calzavara 
Nationalcine, 85 min. – av. Doris Duranti (Virginia Oldoini, comtesse de Castiglione), Andrea Checchi (Baldo Princivalli), Enzo Biliotti (Napoléon III), Lamberto Picasso (marquis Oldoini), Annibale Petrone (baron Haussmann), Maria Pia Spini (l’impératrice Eugénie de Montijo).
Cavour pousse sa cousine piémontaise dans le lit de Napoléon III pour obtenir le soutien de la France dans la guerre d’indépendance italienne (cf. remake de 1954). Tournage à Cinecittà.
Napoléon III (Claude Rains) et l’impératrice Eugénie (Gale Sondergaard) dans « Juarez » (W. Dieterle, 1939)
1943® Lettres d’amour (FR) de Claude Autant-Lara. – av. Jean Debucourt (Napoléon III).
1943® The Song of Bernadette (Le Chant de Bernadette) (US) de Henry King. – av. Jerome Cowan (Napoléon III), Patricia Morrison (l’impératrice Eugénie de Montijo), cf. (9.6).
1943® Mexicanos al grito de guerra (MX) d’Alvaro Galvez y Fuentes. – av. Angel T. Sala (Napoléon III), cf. intervention mexicaine (5.2).
1944Eugenia de Montijo (ES) de José López Rubio 
Manuel del Castillo-C.E.A., 122 min. – av. Amparo Rivelles (l’impératrice Eugénie de Montijo), Mariano Asquerino (Napoléon III), Guillermo Marin (prince Jérôme Bonaparte), Jesús Tordesillas (Prosper Mérimée), Maria Roy (doña Maria Manuela), Carmen Oliver Cobeña (princesse Mathilde), Ricardo Calvo (roi Jérôme), Nicolás Navarro (comte de Morny), Mercedes Collado (Paca de Montijo), Fernando Rey (duc d’Albe), Luis Peña (Maupas), Anibal Vela (gén. Saint Arnaud), Manuel Soto (Ferdinand de Lesseps).
Hagiographie franquiste de la jeune Espagnole qui sut conquérir le trône de France : de sa déception amoureuse avec le duc d’Albe à son mariage avec Napoléon III à Paris en 1853. Romance ultra-sage réalisée aux studios C.E.A. à Madrid et en extérieurs à Séville. Prix du Syndicat National du Spectacle.
1946® Admiral Nakhimov (SU) de Vsevolod Poudovkine. – av. Aleksandr Khokholov (Napoléon III).
1947® I due orfanelli (IT) de Mario Mattoli. – av. Luigi Erminio D’Olivo (Napoléon III). [parodie]
1948® D’Homme à hommes (FR) de Christian-Jaque. – av. Jean Debucourt (Napoléon III). – Bio d’Henry Dunant avec reconstitution de la sanglante bataille de Solférino (1859), carnage qui inspira à Dunant la fondation de la Croix Rouge. – Cf. Suisse : Henry Dunant. (1.1).
1948Idol of Paris (GB) de Leslie Arliss 
Premier Prod. (R. J. Minney), 106 min. – av. Michael Rennie (Henry Hertz), Beryl Baxter (Thérèse Lachmann, dite La Païva), Andrew Osborn (Antoine), Margaretta Scott (l’impératrice Eugénie de Montijo), Keneth Kent (Napoléon III), Christine Norden (Cora Pearl), Andrew Cruickshank (le prince Nicolas), Frederick Bradshaw (Chamberlain), Miles Malleson (Jacques Offenbach), Leslie Perrins (Albio-Francesco, marquis Aranjo de Païva), April Stride (comtesse de Molnay), Henry Oscar (Lachman).
Autre film sur La Païva (cf. « Lady of the Pavements », 1929), courtisane réputée dont on suit ici la carrière animée de Moscou à Paris, des trottoirs à la haute société du Second Empire ; le film en fait même une des maîtresses de Napoléon III et l’inspiratrice d’Offenbach pour « La belle Hélène ». Tournage aux studios MGM à Borehamwood (Hertfordshire) et à Aldenham Park.
1949® La Valse de Paris (FR) de Marcel Achard. – av. Jacques Castelot (duc de Morny), Lucien Nat (Napoléon III), Raymonde Allain (l’impératrice Eugénie de Montijo), Michel Salina (tsar Nicolas I), cf. Offenbach (9.3).
1951® Monsieur Fabre (FR) d’Henri Diamant-Berger. – av. Pierre Bertin (Napoléon III), Espanita Cortez (l’impératrice Eugénie de Montijo), Jean-Pierre Maurin (le prince impérial Napoléon-Eugène-Louis Bonaparte), cf. (9.5).
1951® The Sword of Monte Christo (US) de Maurice Geraghty. – av. David Bond (Napoléon III), cf. (1.2).
1952Violettes impériales / Violetas imperiales (FR/ES) de Richard Pottier 
Les Films Modernes (Emile Natan)-Suevia Films Madrid, 108 min. – av. Luis Mariano (Juan de Ayala, cousin de l’impératrice), Carmen Sevilla (Violetta), Simone Valère (l’impératrice Eugénie de Montijo), Louis Arbessier (Napoléon III), Colette Régis (Mme de Montijo), Raymond-Girard (Prosper Mérimée), Marie Sabouret (Mme de Pierrefeu), Micheline Francey (Clotilde).
Troisième mouture du sujet populaire d’Henri Roussell (cf. 1923 et 1932), cette fois en Gevacolor, avec un apport hispanique chantant (Mariano, Sevilla, et l’inénarrable rengaine « L’amour est un bouquet de violettes » de Francis Lopez). Tournage aux studios de Saint-Maurice, à Compiègne, à Madrid et à Grenade. L’intrigue est remaniée : à Grenade, la bouquetière Violetta (devenue dame de compagnie d’Eugénie) s’éprend de Juan de Ayala, le séduisant et volage cousin de l’impératrice, mais bientôt délaissée, elle se sacrifie pour leurs majestés lors d’un attentat. Elle survit et Juan l’épouse. Du cinoche sirupeux, conçu à l’occasion du centenaire de l’avènement de Napoléon III. Deuxième place au box office annuel en France, avec 8,1 millions de spectateurs.
1954La Castiglione (Mission secrète) / La contessa di Castiglione (FR/IT) de Georges Combret 
Radius Prod.-Taurus Film, 89 min. – av. Yvonne de Carlo (Virginia Oldoini, comtesse Verasis di Castiglione), Georges Marchal (Lucio Falengo), Lucienne Legrand (l’impératrice Eugénie de Montijo), Paul Meurisse (Napoléon III), Rossano Brazzi (Camillo Benso, comte de Cavour), Lea Padovani (princesse Mathilde Bonaparte), Tamara Lees (Mme de Metternich), Jo Dest (l’Archiduc Léopold), Roldano Lupi (le conspirateur Orsini).
1854-58, la liaison de Napoléon III avec Virginia Oldoini, comtesse de Castiglione (1837-1899), cousine de Cavour et ambassadrice piémontaise de Victor Emmanuel II pour lequel elle obtient l’alliance franco-sarde. Tournage en Eastmancolor aux studios de Joinville et dans la région parisienne, avec, dans le rôle-titre, une vedette craquante importée de Hollywood. En 1938 la Metro-Goldwyn-Mayer avait envisagé de produire un film sur la Castiglione avec Greta Garbo.
1954® Nana (FR/IT) de Christian-Jaque. – av. Jean Debucourt (Napoléon III), Jacqueline Plessis (l’impératrice Eugénie de Montijo).
1955[épisode] Si Paris nous était conté (FR) de Sacha Guitry. – av. Raymond Isella (Napoléon III), Renée Saint Cyr (l’impératrice Eugénie de Montijo), Giselle Pascal (comtesse de Montebello), Emile Drain (Victor Hugo).
1959® (tv) Ottocento (IT) d’Anton Giulio Majano. – av. Mario Feliciani (Napoléon III), Lea Padovani (l’impératrice Eugénie de Montijo), Virginia Oldoini (la Castiglione), Sergio Fantoni (Costantino Nigra). - Costantino Nigra, diplomate piémontais en poste à Paris, gagne l'empereur français à la cause italienne après avoir conquis le coeur de l'impératrice, initialement hostile à toute intervention militaire française en Italie. Séduite par le fringuant diplomate, Eugénie songe même à divorcer de son impérial époux qui, lui, lutine la belle comtesse de Castiglione. Entre Feydeau et Garibaldi, mais très divertissant. - cf. Italie (3).
1963[Napoléon et Eugénie – 1. Le Serment trahi – 2. Entre l’honneur et l’amour – 3. Le Revers de la médaille – 4. Le Dernier Vol de l’aigle (CH) Nicolas Gessner ; Condor-Film AG, 122 min. – Documentaire.]
1964® (tv) Hortense Schneider (FR) d’Henri Spade. – av. François Maistre (duc de Morny), Jean-Jacques Nadaud (Napoléon III), cf. Offenbach (9.3).
1967® (tv) Vita di Cavour (IT) de Piero Schivazappa. – av. Sergio Graziani (Napoléon III), Daniela Calvino (l’impératrice Eugénie de Montijo), Laura Tavanti (la comtesse de Castiglione). – cf. Italie.
1970(tv) Eugenia de Montijo (ES) d’Esteve Duran ; série « Novela » (TVE 2.3.70). – av. Claudia Gravy, Joaquín Molina, Mayrata O’Wisiedo, Ana María Vidal.
1970® (tv) La Tragédie de Maximilien et de Charlotte (FR) d’Alain Boudet. – av. Lucie Arnold (l’impératrice Eugénie de Montijo).
1970® (tv) Maximilian von Mexiko (DE/AT) de Günter Gräwert. – av. Siegfried Wischnewski (Napoléon III), Katharina Matz (l’impératrice Eugénie de Montijo).
1973® On the Game (GB) de Stanley A. Long. – av. Francis Batsoni (Napoléon III), Mandy Murfitt (Cora Pearl).
1974® (tv) Eugène Sue (FR) de Jacques Nahum. – av. Marcel Cuvelier (Napoléon III), Jacques Ary (maréchal Soult).
1974(tv) Un certain Badinguet (FR) de Jean-Paul Sassy
(2e Ch. ORTF 1.11.74). – av. Marcel Cuvelier (le prince Louis-Napoléon, futur Napoléon III), Jean-Paul Moulinot (Louis-Philippe), Louis Arbessier, François Darbon, Henri Nassiet, Yvon Sarray, André Var, Robert Vidalin. – L’emprisonnement de Louis-Napoléon au fort de Ham en 1840 et son évasion, déguisé en ouvrier maçon du nom de Badinguet.
1975® Salvator et les Mohicans de Paris (FR) de Bernard Borderie. – av. Jean-François Poron (le prince Charles Louis Napoléon, futur Napoléon III), cf. Louis-Philippe (3).
1976(tv) Victorian Scandals - 2. Skittles (GB) de June Howson
Michael Cox/Granada Television (ITV 10.9.76), 55 min. - av. Henry Moxon (Napoléon III), Christine Robinson (Cora Pearl), Judith Buckingham (Guilia Benini, dite La Barucci), Maureen O'Brien (Catherine Walters, dite Skittles), Jonathan Coy (Harry Carstairs), Julian Fellowes (Tom Grenville), John Moulder-Brown (Wilfrid Blunt), Peter Penry-Jones (Lord Hubert de Burgh), Sydney Tafler (Achille Fould), Simon Callow (Duval), Lawrence Davidson (Dr. Pinot), Ann Heffernan (Violette), Anna Korwin (Mme Bonnier), Andrew C. Wadsworth (Dick Partington). - La courtisane anglaise Catherine Walters, dite Skittles (1839-1920), a une aventure avec Napoléon III.
1977® (tv) Les Folies d’Offenbach (FR) de Michel Boisrond. – av. Jean-Pierre Darras (Napoléon III), Martine Sarcey (l’impératrice Eugénie de Montijo).
1979*(tv) Le Coup d’État du 2 décembre (FR) de Jean Delannoy 
série « Les grandes conjurations », FR3-Télécip (FR3 6.1.79), 90 min. – av. Michel Duchaussoy (Louis-Napoléon), François Dallou (duc de Morny), Raymond Jourdan (Victor Hugo), Jeanne Colletin (reine Hortense), Maurice Travail (Adolphe Thiers), Jacques Monod (Louis-Philippe), Florence Blin (Hortense Comu), Joële Fossier (Alexandrine), Blanche Ariel (reine Marie-Amélie de Bourbon-Sicile), Suzy Dyson (Miss Howard).
Illustration consciencieuse des étapes de l’ascension de Napoléon III. En 1815, le jeune prince Louis-Napoléon est marqué par son oncle Napoléon, de retour de l’île d’Elbe, et le prend désormais pour modèle. En 1837, il organise diverses conspirations depuis Strasbourg, puis d’Angleterre, il est emprisonné en 1843 au fort de Ham, d’où il s’évade en Anglererre. En 1848, c’est l’éléction à la présidence de la République qui aboutit, le 2 décembre 1852, sur la proclamation officielle du Second Empire. Intrigué par cette trajectoire, Delannoy veut montrer comment un socialiste aux idées généreuses, auteur de « L’extinction du paupérisme », peut néanmoins devenir un dictateur. Quels sont les mécanismes derrière cette métamorphose ? Pour le cinéaste, le socialisme aboutit à Napoléon III comme la Révolution française a abouti à la Terreur de Robespierre puis au coup d’État du 18 Brumaire, 1848 a donné Louis-Philippe, la Commune a « fait » Thiers. Ses questions sont dérangeantes, et Delannoy a le mérite de les poser à défaut de pouvoir y répondre.
1981® (tv) Emile Waldteufel (FR) d’André Teisseire. – av. Philippe Veys (Napoléon III), Edmée Deniau (l’impératrice Eugénie de Montijo).
1982(tv) Arenenberg – Der Prinzenhandel (DE/CH) d’Ettore Cella 
série « Geschichten aus europäischen Schlössern (Une maison, une histoire) », Bayerischer Rundfunk-DRS (BR3 29.12.82 / DRS 18.9.83), 55 min. – av. Oliver Tobias (prince Louis-Napoléon, futur Napoléon III), Leontina Lechmann (Mathilde-Létizia Wilhelmine Bonaparte, sa cousine et fiancée), Babette Arens, Hans Paetsch. – Installé dans le château d’Arenenberg (en Thurgovie, Suisse orientale), fief bonapartiste et dernière demeure de sa mère Hortense de Beauharnais, le futur empereur prépare son retour triomphal en France.
1983® (tv) L’Homme de Suez (FR) de Christian-Jaque. – av. Armand Mestral (Napoléon III), Maria Rosaria Omaggio (l’impératrice Eugénie de Montijo).
1987® Bernadette (FR) de Jean Delannoy. – av. Michel Duchaussoy (Napoléon III), Marie-Brigitte Andréi (l’impératrice Eugénie de Montijo).
1990® 1871 / Eighteen Seventy One (GB) de Ken McMullen. – av. Dominique Pinon (Napoléon III).
2006(tv) La contessa di Castiglione / La Comtesse de Castiglione (IT/ES/FR) de Josée Dayan 
Cosmo Production-Faria Films-France 2-RAI Fiction (RAI 3.12.06 / FR2 27.6.09), 176 min. – av. Francesca Dellera (Virginia Oldoini, comtesse de Castiglione), Frédéric van den Driessche (Napoléon III), Claire Nebout (Mathilde Bonaparte), Jeanne Moreau (princesse Sisi Altieri), Goya Toledo (l’impératrice Eugénie de Montijo), Sergio Rubini (Costantino Negra), Christopher Thompson (Andrea Pieri), Andrea Tidona (préfet Donadieu), Gaetano Amato (Morin), Sergo Assisi (comte de Castiglione), Toni Garrani (Rothschild), Marco Messeri (Camillo Benso, comte de Cavour), Gianfranco Barra (Castelli). – Jeanne Moreau en princesse maquerelle dans un téléfilm raté de Josée Dayan.
2006® (tv) Henry Dunant : Du rouge sur la croix (CH/FR) de Dominique Othenin-Girard. – av. Tom Novembre (Napoléon III), Jeff El Eini (duc de Morny). – Dunant à Solférino, cf. Suisse (1.1).
2010® (tv) Sissi / La principessa Sissi (Sissi, naissance d’une impératrice) (IT/AT/DE) de Xaver Schwarzenberger. – av. Andrea Osvárt (Napoléon III), Veronica Roder (Eugénie de Montijo).
2011® (tv) Pasteur (BE/FR) d’Alain Brunard. – av Eric Godon (Napoléon III), Cécile Leburton (l’impératrice Eugénie de Montijo).
2014® (tv) Maximilian von Habsburg, ein Kaiser für Mexiko (DE/AT) de Franz Leopold Schmelzer. - av. Dan Badarau (Napoléon III).
2018® (tv) Victor Hugo, ennemi d'État (FR) de Jean-Marc Moutout. - av. Stefan Konarske (Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III), Marion Trémontels (Eugénie de Montijo), Bruno Putzulu (Charles de Morny), Francis Leplay (Adolphe Thiers).
LA CONQUÊTE DE L’UNITÉ ITALIENNE, 1850/1861 – cf. Italie LA GUERRE DE CRIMÉE, 1853-1856 – cf. Empire britannique (3.1)

5.1. Ferdinand de Lesseps et le canal de Suez

Le 15 décembre 1858, Ferdinand de Lesseps (1805-1894) crée la Compagnie universelle du canal de Suez avec le soutien de Napoléon III : la France détient la moitié du capital, le khédive de l’Égypte ottomane 44%. Le percement du canal a lieu de 1859 à 1869. Lorsque Paris retire son appui, les travaux sont terminés grâce au financement de Disraeli à Londres. En 1875, l’Angleterre met officiellement la main sur le canal de Suez en achetant les actions du khédive Ismaïl, dont le gouvernement est en banqueroute. L’Égypte, clé de la route des Indes, est occupée militairement en 1882 suite à des massacres de chrétiens par les insurgés d’Arabi Pacha. Cecil Rhodes peut ainsi réaliser l’expansion britannique en Afrique dans l’axe nord-sud, du Caire au Cap.
1938*Suez (US) d’Allan Dwan ; Darryl F. Zanuck/20th Century-Fox, 104 min. – av. Tyrone Power (Ferdinand de Lesseps), Loretta Young (Eugénie de Montijo), Leon Ames (Napoléon III), Annabella (Toni Pellerin), Henry Stephenson (comte Mathieu de Lesseps), Nigel Bruce (Sir Malcolm Cameron), Maurice Moscovich (Muhammad Ali Pacha, vice-roi d’Egypte), J. Edward Bromberg (prince Saïd, son successeur en 1854), Miles Mander (Benjamin Disraeli), Victor Varconi (Victor Hugo), Jacques Lory (Millet), Brandon Hurst (Franz Liszt), George Zucco (Premier ministre), Sidney Blackmer (marquis du Brey), Sig Ruman (sgt. Pellerin), Rafaela Ottiano (Maria De Teba), Carlos De Valdez (comte Hatzfeldt), Alphonse Martell (gén. Saint-Arnaud).
Ferdinand de Lesseps est amoureux d’Eugénie de Montijo, mais le prince Louis Napoléon, qui la convoite aussi, éloigne son jeune rival en l’envoyant en mission diplomatique en Egypte, auprès de son père, Mathieu de Lesseps, consul de France à Alexandrie, afin de s’attirer les bonnes grâces du prince Saïd. Dans le désert, il conçoit le projet du canal de Suez, et de retour à Paris, Eugénie intercède en sa faveur auprès de l’empereur. Lesseps ayant involontairement facilité le coup d'État qui mène au Second Empire (ce qui coûte la vie à son père), Napoléon III apporte son soutien à la Compagnie du Canal. Les travaux avancent malgré les difficultés naturelles, les pillards et les attentats à la dynamite. Un terrible ouragan détruit le camp, Lesseps est blessé, et Toni, la fille d’un sergent qui aime le beau Français, meurt en lui portant secours. Préoccupé par la Prusse de Bismarck, Napoléon retire son appui, Lesseps désespère, mais au dernier moment, le financement par la Grande-Bretagne de Disraeli, récemment élu, permet de terminer le canal.
Le romanesque règne, les stars crèvent l’écran (Power et Loretta Young en tête), la reconstitution ne manque pas de panache, même si le vétéran Dwan - qui ne s'entend guère avec Zanuck - signe un film assez impersonnel, au rythme parfois languissant, et que son script reste sans surprises, dans la ligne classique des biopics à la mode. En revanche, le film n'a pas la lourdeur d'autres superproductions de l'époque. Zanuck a confié ce mégaprojet à Dwan pour le remercier des bonnes recettes du "Heidi" avec Shirley Temple l'année précédente, mais le cinéaste n'est ici qu'un exécutant concis, chevronné et obéissant. Sur le plan historique, le film prend des libertés considérables et Paul de Lesseps, un des fils, ainsi que le marquis de Casa Fuerte, grand-neveu de l'impératrice Eugénie, intentent un procès à la Fox pour "inexactitudes". En 1859, Lesseps n’était pas un séduisant jeune homme de 23 ans, mais un veuf de 54 ans avec cinq enfants ; à la fin des travaux du canal, dix ans plus tard, il se remaria et eut 12 autres enfants! C'était un ami d'enfance d'Eugénie de Montijo, en aucun cas son amoureux, comme l'a imposé Zanuck; le producteur a également exigé que l'on ignore l'ambition, le calcul et la soif de pouvoir de l'impératrice. Disraeli fit effectivement racheter par le gouvernement anglais 44% des actions du Canal de Suez, mais seulement six ans après l'inauguration du canal, et non auprès de Lesseps, mais auprès du pacha égyptien endetté (le fait est passé sous silence par les scénaristes afin de ne pas mettre en évidence le manque de prévoyance de Londres lors du creusement du canal). Tourné en Californie (Corona, Imperial County, Lake Elsinore, studios Fox à Century City) et à Yuma, en Arizona (travaux du canal) pour la somme alors faramineuse de deux millions de dollars. Otto Brower dirige les scènes à grande figuration (qui abondent), Fred Sersen les effets spéciaux (l’ouragan, très impressionnant, et le dynamitage criminel organisé par les services secrets ottomans). Le procès des héritiers de Lesseps et le mariage de Tyrone Power avec sa partenaire française, Annabella, sont une publicité bienvenue qui aident le film au box-office. Trois nominations à l’Oscar 1938 (photo, musique, son).
Le creusement du canal de Suez, entreprise titanique (« Suez » d’Allan Dwan, 1938)
1944® Eugenia de Montijo (ES) de José Lopez Rubio. – av. Manuel Soto (Ferdinand de Lesseps).
1983(tv) L’Homme de Suez / Der Mann von Suez (FR/DE/AT/CH) de Christian-Jaque ; RTL-TF1-TeleMünchen-Technisonor-ZDF-ORF-SRG (TF1 3.5.84 / ZDF 4.-13.12.83), 6 x 52 min./4 x 85 min. – av. Guy Marchand (Ferdinand de Lesseps), Horst Frank (Linant-Bey), Constance Engelbrecht (Agathe Delamalle), Sophie Renoir (Hélène de Bragard), Armand Mestral (Napoléon III), Maria Rosaria Omaggio (Eugénie de Montijo), Eduardo Fajardo (Muhammad Ali, vice-roi d’Egypte), Claude Titre (Théodore de Lesseps), Ricardo Palacios (Mohamed Saïd), Sophie Renoir (Hélène Bragard), Michel Beaune (Clot-Bey), Hugo Alarcon (Saïd enfant), Eduardo Fajardo (Mehmet Ali), Eduardo Bea (Ismaïl Pacha). – La vie de Lesseps, d’après un scénario de Pierre Gaspard-Huit et Jacques Robert. A la veille de l’inauguration du canal de Suez, lors d’un grand bal en l’honneur de l’impératrice Eugénie de Montijo organisé par le vice-roi d’Egypte, Ismaïl Pacha, Lesseps apprend qu’un navire a coulé et menace de bloquer le passage. Il galope vers le lieu de l’accident tout en se remémorant les étapes mouvementées des dix dernières années… Le vétéran Christian-Jaque et ses 180 comédiens provenant de toute l’Europe tournent dans le sud de la Tunisie (creusement du canal), en Espagne (Andalousie), au Portugal, en Egypte et à Paris. Beaucoup de frais et d’efforts pour un succès cathodique mitigé : la série peine à maintenir un certain suspense.
2003(tv) The Panama Canal (GB) de Philip Smith ; BBCtv série « Seven Wonders of the Industrial World » (BBC2 2.10.03), 50 min. – av. John Walters (Ferdinand de Lesseps), Daniel Coonan (Bunau Varilla), Stephen Mangan (Jules Isidore Dingler), Robert Jezek (William Gorgas), Angus MacInnes (George Goethals). – Docu-fiction avec reconstitutions.
2013/14® (tv) La Statue de la Liberté (FR) de Mark Daniels. - av. Charles Reale (Ferdinand de Lesseps) - cf. France (9.7).