VI - L’ITALIE

A l’aube de la deuxième bataille de Custozza, en 1866 (« Senso » de Luchino Visconti, 1954)

4. VITTORIO EMMANUELE II / VICTOR-EMMANUEL II - premier roi d’Italie - 1861 / 1878

Né en 1820, fils de Charles-Albert de Sardaigne. Roi de Sardaigne de 1849 à 1861. Epouse : Rosa Vercellone, comtesse de Mirafiori e Fontanafredda.

TROISIÈME GUERRE D’INDÉPENDANCE
Annexion de la Vénétie (été 1866), malgré la défaite de Custozza. Défaite italienne de Mentana contre les troupes de Napoléon III protégeant la papauté en 1867. Prise de Rome le 20 septembre 1870, qui devient enfin la capitale de la nouvelle Italie.
1905*La presa di Roma (20 settembre 1870) / La breccia di Porta Pia / Bandiera bianca (IT) de Filoteo Alberini ; [Filoteo] Alberini & [Dante] Santoni, Roma/Società Italiana Cines, 250 m. (7 tableaux). – av. Carlo Rosaspina, Ubaldo Maria Del Colle (lieutenant des bersaglieri). – Lâchée par Napoléon III, la Ville éternelle, défendue par les troupes pontificales du général Ermanno Kanzler, est canonnée et prise d’assaut par les bersaglieri du général Raffaele Cadorna. La Porta Pia est enfoncée, Pie IX ordonne l’arrêt des combats et Rome est intégrée de force au royaume d’Italie dont elle devient la capitale. Un des tout premiers films de fiction (sinon le premier) réalisé dans la Péninsule, qui se clôt sur une « apothéose » rendant hommage à Cavour, Victor-Emmanuel II, Garibaldi et Mazzini. Le Ministère de la Guerre a participé à la production en mettant à disposition des troupes (tournage partiel dans les rues de Rome). Le film, dont le succès public va encourager les cinéastes italiens à développer leur activité, est programmé pour les festivités du 35 ème anniversaire de l’événement et est exploité dans la première grande salle de cinéma de Rome, le Cinematografo Moderno sur la place Esedro (ouvert en 1905). – Tableaux : 1. « Il parlamentario generale Carchidio a Ponte Milvio » – 2. « Il generale Carchidio e il generale Kanzel al Minstro delle Armi » – 3. « L’alba del 20 settembre al campo dei bersaglieri » – 4. « L’ultima cannonata » – 5. « L’assalto alla breccia » – 6. « Bandiera Bianca » – 7. « Apoteosi ».
1913Clelia (Nel tramonto di un regno) (IT) de Cassio Giorgini ; Psiche Films, Roma, 1500 m (3 actes). – - Rome en proie au soulèvement avorté de 1867.
1913O Roma o morte (1867-1870) (IT) d’Aldo Molinari ; Vera Film, Roma (4 actes). – av. Paol De Bellis, Carlo Cattaneo (Giuseppe Garibaldi), comtesse De Leonardis, Orlando Ricci (Ciro Ossani), Nello Carotenuto, Renato Visca.
1916Val d’olivi (IT) d’Eleuterio Rodolfi ; Ambrosio, 1372 m. – av. Tullio Carminati (Flavio Delaiti), Elena Makowska (Giulia d’Andrate), François-Paul Donadio (Emanuele), Alina Di Mario, Edvige Bottini D’Altavilla. – Drame sentimental durant la campagne garibaldienne de l’Agro romano, en 1867 (d’après le roman d’Anton Giulio Barrili).
1917L’aquila / I rapaci dell’onore (IT) de Mario Gargiulo ; Flegrea Film, 1325 m. – av. Tina Xeo, Frassitta Lacau, Achille Vitti, Mario Parpagnoli, Ubaldo Maria del Colle (Camille Arco). – En 1866, l’Italie s’allie aux Prussiens pour tenter de récupérer la Vénétie.
1919La riscossa delle maschere (IT) de Gustavo Zaremba de Jaracewsky ; Carlucci Film, 1288 m. – av. Astrea, Gian Paolo Rosmino, Roberto Villani, Mary-Hamilton Monteverde. – Juxtaposition de deux récits, l’un pendant la Troisième Guerre d’indépendance, en 1866, l’autre pendant le tournage du film.
1921Saracinesca (IT) de Gaston Ravel ; Medusa Film, 1829 m. – av. Elena Sangro, Sigrid Lind, Carlo Gualandri, Enzo de Liguoro. – Rome 1865, les intrigues du Vatican contre un aristocrate libéral.
1923Sant’Ilario (IT) d’Henry Kolker [d’apr. Francis Marion Crawford] ; Ultra-film Roma, 1992 m. – av. Edy Darclea, Sandro Salvini, Elena Lunda, Ignazio Lupi. – Mélodrame situé à Rome en 1867.
1950® Annie Get Your Gun (US) de George Sidney. – av. Nino Pipitone (Vittorio Emmanuele II).
1950Santo disonore (IT) de Guido Brignone ; Romana Film, 98 min. – av. Antonio Vilar (Pietro Forcella), Elli Parvo (Amalia), Otello Toso (Alfredo), Giovanna Scotto (Barbara), Carlo Tamberlani (le comte Rinaldi). – Drame de jalousie parmi conspirateurs garibaldiens et espions papaux à la veille de l’assaut de Rome par les bersaglieri en 1870.
1952**Il brigante di Tacca del lupo (La Tanière des brigands) (IT) de Pietro Germi ; Cines-Lux-Rovere Film (Luigi Rovere), 97 min. – av. Amedeo Nazzari (capt. Giordani), Cosetta Greco (Zitamaria), Saro Urzi (commissaire Francesco Siceli), Fausto Tozzi (lieut. Magistrelli). – 1863 à Basilicata, en Calabre : la police organise la difficile chasse au bandit Raffa Raffa, resté fidèle aux Bourbons et qui ravage les Pouilles. Le capitaine Giordani réussit à décimer les bandits grâce à l’aide de Zitamaria, une villageoise qu’ils avaient violée, et la population, jusqu’alors passive, terrorisée, fraternise avec la jeune armée du Royaume d’Italie. Germi met en avant les changements sociaux et de mentalité introduits par l’unité italienne, livrant une œuvre âpre et réaliste, filmée en partie sur place et aux studios Fert à Turin.
1968(tv) Adelaide Bono Cairoli (IT) de Claudio Fino (RAI 31.1.68, « Tre donne, tre grande battaglie »). – av. Cip Barcolini, Marisa Fabbri, Guido Lazzarini, Bruno Slaviero. – La mère des frères Cairoli, patriotes du Risorgimiento à Rome en 1867.
1969(tv) Il Leone di San Marco – 4. La bottega dell’usuraio – 5. Bandiera bianca – 6. Venezia libera (IT) d’Alda Grimaldi (RAI 2.4.69 etc.). – av. Marina Dolfini, Paola Quattrini, Cesare Polacco, Adolfo Geri, Carlo Giuffré. – Episodes de l’histoire de Venise de 1800 à 1866.
1971... correva l’anno di grazia 1870 (IT) d’Alfredo Giannetti ; Garden-Excelsior 151-RAI, 110 min. – av. Anna Magnani (Teresa Parenti), Marcello Mastroianni (Augusto Parenti), Mario Carotenuto (Don Aldo), Osvaldo Ruggeri (Nino Colasanti), Duilio Cruciani. – Rome pontificale : Parenti, prisonnier politique, meurt lors de la libération de la ville par les Piémontais en 1870.
1971Mio padre … Monsignore (IT) d’Antonio Racioppi ; Prestano Cinematografica, 93 min. – av. Lino Capolicchio (Carlo Alberto Maggiolino), Giancarlo Giannini (Orlando), Barbara Bach (Chiara), Gaston Moschin (Don Alvaro). – En 1870, Orlando, fils illégitime d’un prélat et d’une prostituée, se lie d’amitié avec un bersagliere piémontais, Carlo Alberto, qui, lui, affirme être le fils naturel du roi Victor-Emmanuel II. Ils partipent à la prise de Rome.
1977**In nome del Papa Re (Au nom du pape roi) (IT) de Luigi Magni ; Juppiter Generale, 107 min. – av. Nino Manfredi (Don Colombo da Priverno), Salvo Randone (le Pape Noir), Danilo Mattei (Cesare Costa), Carmen Scarpitta (la comtesse Famionia), Giovannella Grifeo (Teresa), Gabriela Giacobbe (Maria Tognetti), Ettore Manni (comte Ottavio), Camillo Milli (Don Marino), Carlo Bagno. – Rome 1867 : l’Etat Pontifical est menacé par Garibaldi après la bataille de Mentana et l’entreprise désespérée des frères Cairoli. Garibaldi prépare un mouvement d’insurrection populaire pour faire de Rome la capitale de l’Italie unifiée. L’évêque Don Colombo, juge au tribunal du Vatican (la « Sacra Consulta »), cherche à sauver le fils illégitime Cesare qu’il a eu avec la comtesse Flaminia et qui est arrêté comme terroriste. Il le cache dans son palais, mais Cesare est abattu sur une tragique méprise par le mari de la comtesse. Don Colombe donne sa démission au pape, symbole d’un pouvoir temporel dépassé. – Une fresque visuellement très soignée, remarquable d’intelligence et d’érudition sur les derniers jours de l’État pontifical, évitant tout manichéisme et tout militantisme. Tournage à Cinecittà. Nino Manfredi reçoit le prix d’interprétation au Quatrième Festival du Film de Paris.
1980Arrivano i bersaglieri (IT) de Luigi Magni ; Factory Cinematografica-IIF, 116 min. – av. Ugo Tognazzi (Don Prospero di Santagata), Giovanna Ralli (Nunziatina), Vittorio Mezzogiorno (Don Alfonso dell’Aquila di Aragona), Carlo Bagno (le pape Pie IX), Ombretta Colli (Costanza), Enrico Papa (lieut. Gustavo Martini), Giovannella Grifeo (princesse Olimpia). – Au cours des combats pour la prise de la Rome pontificale, Don Alfonso, chef des zouaves, tue l’officier des bersaglieri Urbano. Blessé, il se réfugie dans le palais de Don Prospero, ignorant que c’est son fils qu’il a tué.
1999(tv) Terra nostra (BR) de Carlo Magalhães, Jayme Monjardim ; Rede Globo Prod. (RAI 26.9.00), 150 épis. – av. Ana Paula Arósio, Thiago Lacerda, Antônio Fagundes, Raul Cortez, Paloma Duarte. – Un interminable feuilleton contant l’histoire de l’émigration italienne au Brésil, lorsque l’empereur Pedro Ier abolit l’esclavage.
2003La notte di Pasquino (IT) de Luigi Magni ; Immagine e cinema per Mediatrade, 91 min. – av. Nino Manfredi (Pasquino), Fiorenzo Fiorentini (Toto), Giacomo Gonnella (Andrea), Cinzia Mascoli (princesse Mascoli), Cosimo Cinieri (prince Mensola). – A la veille de l’assaut des troupes piémontaises à Rome en 1870, Pasquino rédige des épigrammes anticléricaux, en s’attaquant en particulier au cardinal Renzi.

4.1. « Senso », nouvelle de Camillo Boïto (1883)

Venise et Vérone en 1866, pendant les derniers jours de l’occupation autrichienne en Vénétie : la comtesse Livia Serpieri tombe éperdument amoureuse de Franz Mahler, un officier autrichien qui détourne l’argent des patriotes italiens qu’elle lui a confié pour déserter, puis la trompe. Elle le dénonce à ses supérieurs et il finit fusillé.
1953/54***Senso (Senso) (IT) de Luchino Visconti ; Lux Film, 125 min. – av. Alida Valli (comtesse Livia Serpieri), Farley Granger (lieut. Franz Mahler), Massimo Girotti (marquis Roberto Ussoni), Heinz Moog (comte Serpieri), Rina Morelli (Laura), Christian Marquand (officier), Tino Bianchi (Meucci), Marcella Mariani (Clara, la prostituée), Tonio Selwart (col. Kleist). – Chef-d’œuvre romantique de Visconti, un pur mélodrame de la passion sur fond de révolution garibaldienne, dans lequel une aristocrate « perd dignité et raison pour des amours coupables et honteuses » qui la pousse à trahir famille et patrie. Aux yeux des admirateurs des œuvres néoréalistes précédentes et des camarades de parti de l’époque, le communiste Visconti commet une trahison esthétique et politique, mais le public italien réserve au film un accueil triomphal. Des images somptueuses en Technicolor pour un drame qui conjugue admirablement le sordide et la splendeur, l’intime et l’épique (reconstitution de la deuxième bataille de Custozza, le 24 juin 1866). La réalité y est stylisée à la manière d’un opéra. Une fin imposée : Visconti ne voulait pas de la mort de Franz, trop veule pour être intéressant, son script s’achevait sur l’image d’un jeune soldat qui pleurait en criant « Vive l’Autriche ! » tandis que Livia, hagarde, errait parmi les prostituées dans les rues de Vérone. Une scène censurée sur le papier déjà : Visconti envisageait de donner beaucoup plus d’importance à la défaite de Custozza (« une guerre mal faite, faite par une classe seule et qui fut un désastre »). Le plus beau rôle d’Alida Valli, quoique Visconti souhaitait engager Ingrid Bergman (Rossellini refusa de la prêter) et Marlon Brando (la Lux s’y opposa). Tournage en anglais et en italien à Venise (Teatro La Fenice), à Vérone (Borghetto), à Valeggio sul Mincio (bataille), à Solferino, à Vicenza (villa Godi Valmarana di Lonedo), à Rome (Trastevere, château Saint-Ange), en intérieurs aux studios Scalera Film à Venise et Titanus à Rome. Première au festival de Venise 1954, où le film obtient le prix de la meilleure photo (Robert Krasker, G. R. Aldo, Giuseppe Rotunno).
1993(tv) Senso (FR/CA/CH/ES) de Gérard Vergez ; série « La Grande Collection », France 2-Septembre Productions (FR2 22.2.93), 87 min. – av. Chiara Caselli (Livia Serpieri), Werner Schreyer (Werner Ruiz [=Franz Mahler], Renée Faure (la marquise), Jean-Pierre Aumont (le comte Anton), Hans Meyer (gén. Hautmann), Natalia Dontcheva (Greta).
2002[Senso ’45 (IT) de Tinto Brass ; Cine 2000, 128 min. – av. Anna Galiena (Livia), Gabriel Garko (Helmut), Franco Branciaroli, Antonio Salines. – Transposition du roman en mars 1945 : les amours interdites de l’épouse d’un ministre italien et d’un lieutenant de la Wehrmacht.]