Ib - LA FRANCE APRÈS 1815

5. LE SECOND EMPIRE : NAPOLÉON III (1852 à 1870)

La cour impériale des Habsbourg sous protection française au Mexique (« Juarez » de William Dieterle, 1939)

5.2. L’intervention française au Mexique (1864 à 1867)

En 1860, le Mexique libéral de l’Indio Benito Juarez confisque les biens de l’Eglise et suspend le paiement de sa dette souveraine extérieure. La France, l’Espagne et l’Angleterre, principales puissances créancières, envoient un corps expéditionnaire afin de faire valoir leurs droits. Mais alors que Londres et Madrid acceptent les offres de Juárez et retirent leurs troupes, Napoléon III (à l’instigation de l’impératrice) se laisse tenter par la création en Amérique centrale d’un grand empire latin catholique qui contrebalancerait l’influence démocratico-protestante de Lincoln au nord. Par la même occasion, il se réconcilie avec l’Autriche en offrant la couronne d’empereur du Mexique à Maximilien de Habsbourg (frère de François-Joseph), flanqué de son épouse Charlotte (fille du roi Léopold I er de Belgique). Cependant, l’aventure tourne au désastre : après trois ans de guérilla usante, Napoléon abandonne les monarques à leur sort et ordonne au maréchal Bazaine de rentrer à Paris, la guerre ayant coûté une fortune à la France. L’impératrice Charlotte intervient en vain auprès de lui et auprès du pape. Juárez et ses guérilleros chinacos font fusiller Maximilien à Querétaro, en juin 1867. L’épouse du malheureux souverain sombre dans la folie.
1904Cuauhtémoc y Juárez (MX) de Carlos Mongrand, 1 bob.
1920Unter der Dornenkrone (Mexikos Kaisertragödie) (DE) de Rolf Randlos
R. Randlos Prod., 2414 m. – av. Niels Jensen (Maximilien de Habsbourg), Lys Andersen (Charlotte), Rolf Randolf, Ria Jende, Erra Bognar, Rudolf Hilberg.
1924[prologue] Mademoiselle Midnight (Mademoiselle Minuit) (US) de Robert Z. Leonard 
Tiffany/Metro-Goldwyn-Mayer, 7 bob./6778 ft. – av. Mae Murray, John Sainpolis, Paul Weigel (Napoléon III), Clarissa Selwynne (l’impératrice Eugénie de Montijo), Earl Schenck (Maximilien de Habsbourg).
1933/34*Juárez y Maximiliano, o la caída de un imperio (MX/US) de Miguel Contreras Torres et Raphael J. Sevilla ;
M. C. Torres Prod., 98 min. – av. Medea de Novara (l’impératrice Charlotte), Enrique Herrera (Maximilien de Habsbourg), Froylan B. Tenes (Benito Juarez), Alfredo del Diestro (maréchal Bazaine), Antonio R. Frausto (Porfirio Diaz), Matilde Palou (princesse Salm-Salm), Julio Villareal, Carlos Orellana.
Fresque ambitieuse, mais statique et solennelle filmée à Cuernavaca (jardins royaux), au palais de Chapultepec, à Veracruz, à Querétaro, à Mexico (El Zócalo) et autres lieux historiques avec le concours des musées mexicains (costumes et accessoires authentiques). L’interprète de Charlotte, Medea de Novara, est d’origine liechtensteinoise (de son vrai nom Hermine Kindle Futcher), épouse de Contreras Torres : elle jouera ce rôle quatre fois. Le réalisateur ne cache pas ses sympathies pour les idées libérales de Maximilien, souverain artiste dont il fait contraster le sensibilité bohémienne avec le pragmatisme de son épouse. C’est elle qui le persuade de ne pas abdiquer après l’abandon des Français. Le couple impérial, toujours très populaire au Mexique, est ici victime des circonstances : tous deux sont décrits comme des rêveurs ingénus et romantiques, on leur concède de la noblesse, une supériorité morale sur bien des Mexicains dans les deux camps, et notamment sur les grands propriétaires terriens.
Maximilien et Charlotte de Habsbourg face à la hostilité des Mexicains (« Juarez » de W. Dieterle, 1939)
1937La Paloma (MX) de Miguel Contreras Torres
(+ prod.). – av. Medea de Novara (l’impératrice Charlotte), Arturo de Cordoba (Maximilien de Habsbourg), Alfredo del Diestro, Josefina Escobedo. – La vie tragique de l’impératrice Charlotte, fille du roi de Belgique, à travers la chanson cubaine mélancolique « La Paloma », son air favori. Le peuple mexicain et les chinacos juaristes sont montrés divisés quant au sort à réserver au couple impérial.
1937Guadalupe la Chinaca (MX) de Raphael J. Sevilla 
Rex Film, 84 min. – av. Leopoldo Ortin, Marina Tamayo (Guadalupe Avellaneda), Juan José Martinez Casado, Miguel Wimer (gén. Méndez), Froylán B. Tenes (Benito Juárez). – Une Jeanne d’Arc mexicaine lutte pour Benito Juárez dans la province de Michoacán en 1867.
1939***Juarez (US) de William Dieterle 
Henry Blanke/Warner Bros., 132 min. – av. Paul Muni (Benito Pablo Juárez), Bette Davis (l’impératrice Charlotte), Brian Aherne (Maximilien de Habsbourg), Claude Rains (Napoléon III), Gale Sondergaard (l’impératrice Eugénie de Montijo), John Garfield (Porfirio Diaz), Donald Crisp (maréchal François Achille Bazaine), Joseph Calleia (Alejandro Uradi), Frank Reicher (duc de Morny), Walter Kingsford (prince Metternich), Henry O’Neill (gén. Miguel Miramon), Bill Wilkerson (gén. Tomas Mejia).
D’un côté le drame du couple impérial habsbourgeois, de son arrivée au Mexique à l’exécution de Maximilien et à la folie de Charlotte ; de l’autre, l’intransigeance et l’intégrité de Juárez (modèle : Lincoln), condamné à tuer pour défendre les intérêts du peuple. Mi-débat politico-idéologique, mi-mélodrame romantico-historique à grand spectacle, le film de Dieterle (sur un scénario de John Huston et Wolfgang Reinhardt) illustre le concept de la démocratie à travers Juárez, et la tragédie de l’idéaliste noble quoique candide incarné par Maximilien, victime d’un Napoléon III qu’il faut rapprocher, dans le contexte de 1939, avec Hitler : l’empereur-tyran français, contempteur des démocraties (« le règne du bétail par le bétail pour le bétail ! »), manipule le monarque-fantoche dans le sens de ses intérêts d’expansion. Le film se veut un avertissement aux puissances totalitaires (efficacité de la guérilla), mais met également les gouvernements populaires en garde contre les périls de la démagogie. Simultanément, il encourage une nouvelle solidarité panaméricaine (sous l’égide de la Maison Blanche, s’entend). Tourné dans les studios Warner à Burbank et à Calabasas (San Fernando Valley) avec 1200 figurants. Deux nominations à l’Oscar (Brian Aherne, photo), un triomphe critique mais une déception au box office : le public américain n’est pas prêt, le marché européen se ferme avec l’entrée en guerre.
1938/39*The Mad Empress (Juarez and Maximilian) / Carlotta: The Mad Empress of Mexico / La emperatriz loca (US/MX) de Miguel Contreras Torres 
M. Contreras Torres Prod.-Vitagraph-First National, 95 min. – av. Conrad Nagel (Maximilien de Habsbourg), Medea de Novara (l’impératrice Charlotte), Jason Robards (Benito Juárez), Lionel Atwill (maréchal François Achille Bazaine), Evelyn Brent (l’impératrice Eugénie de Montijo), Guy Bates Post (Napoléon III), Frank McGlynn, Sr. (Abraham Lincoln), Gustav von Seyffertitz (prince Metternich), Earl Gunn (Porfirio Diaz), George Regas (Mariano Escobedo), Rudolph Anders (Hertzfeld).
Grande fresque mexicaine tournée sur les sites historiques (avec la reconstitution massive des batailles menant à la chute de Maximilien). En manque de liquidités pour terminer son film, Contreras Torres contacte Harry Cohn à la Columbia ; affolé par une possible concurrence au « Juarez » de Dieterle, la Warner lui permet d’achever son film en Californie (Talisman Studios), le rachète, le raccourcit de 95 à 72 minutes et en assume la distribution américaine en décembre 1939, soit sept mois après la sortie du film de Dieterle. Le portrait des souverains est assez émouvant, mais pour séduire le public américain, le film mexicain insiste lourdement sur les idées communes entre Juárez et Lincoln.
1941Amor chinaco / El último chinaco (MX) de Raphael J. Sevilla 
Rex Film, 72 min. – av. Jorgé Vélez, Gloria Marin, René Cardona, Froylán B. Tenes (Benito Juárez). – 1858, Juárez mène la guerre de la réforme contre les conservateurs.
1942Caballeria del Imperio (MX) de Miguel Contreras Torres 
Prod. Grovas, 140 min. – av. Medea de Novara (l’impératrice Charlotte de Habsbourg), Miliza Korjus (Vera Dona), Julian Soler (Ramón Alvardo, chef juariste), Joaquín Pardavé, René Cardona (Maximilien de Habsbourg). – La cantatrice viennoise Vera Dona, grand amour de Johann Strauss, au milieu des intrigues de la cour de Maximilien (film musical).
1943Mexicanos al grito de guerra, o la historia del himno nacional) (MX) d’Ismael Rodríguez et Alvaro Galvez y Fuentes 
Rodriguez Hermanos, 101 min. – av. Pedro Infante (ltn. Luis Sandoval), Lina Montes (Esther Dubois), Miguel Inclán (Benito Juárez), Salvador Quiroz (Antonio López de Santa Anna), Angel T. Sala (Napoléon III), Miguel Arenas (comte Dubois), Carlos Riquelme (le poète F. G. Bocanegra), Miguel Angel Ferriz (gén. Ignacio Zaragoza), Salvador Carrasco (Jaime Nunó), Carlos Riquelme (Francisco Gonzáles Bocanegra), Francisco Sambrina (gén. Juan Prim). – Jaime Nunó, un étudiant et auteur de l’hymne national mexicain, s’éprend de la fille de l’ambassadeur français qui soutient l’empereur étranger.
1944El camino de los gatos (MX) de Chano Urueta
Clasa Films. - av. Emilio Tuero (Carlos), Carmen Montejo (Elena), Alfredo del Diestro (Alberto), Tony Diaz, Paco Fuentes. - Conflit entre un jeune juarista, Carlos, et son père Alberto, un politicien conservateur qui soutient les Français et finit assassiné par les villageois. Adaptation du roman "Der Katzensteg" de Hermann Sudermann (1890), qui se déroule en Prusse occupée par Napoléon Ier en 1806.
1944La fuga / La diligencia (MX) de Norman Foster 
Producciones México, 90 min. – av. Esther Fernández (Maria Ines Flores), Ricardo Montalban (le lieutenant français), Carlos Orellana (Neftali), Antonio Bravo, Stella Inda. – En route pour Veracruz, une diligence se fait arrêter par des Français, une prostituée trompe les soldats de Napoléon III (d’après « Boule de Suif » de Maupassant).
1944Porfirio Díaz (Entre dos amores) (MX) de Raphael J. Sevilla, Rafael M. Saavedra 
Saavedra Films, 101 min. – av. José Luis Jimenez (Porfirio Diaz), David Silva, Virginia Serret, Miguel Inclán (Benito Juárez).
1945Cuando lloran los valientes (MX) d’Ismael Rodriguez 
Prod. Rodriguez Hermanos. – av. Pedro Infante (Agapito), Virginia Serret (Chabela), Victor Manuel Mendoza (José Luis), Blanca Estela Pavón (Cristina). – En 1860, José Luis, le fils du général Arteche, recrute de force des paysans pour l’armée. Agapito s’enfuit dans les montagnes et rejoint les rebelles de Juárez. Le général réalise qu’Agapito est son fils illégitime et donc le demi-frère de José Luis. Quand celui-ci tombe au combat, le général laisse s’enfuir Agapito.
1950El cristo de mi cabecera (MX) d’Ernesto Cortázar 
Navarro Films, 80 min. – av. Roberto Cañedo, Lilia del Valle, Evita Muñoz, Manuel Dondé. – Episodes de la guérilla contre Maximilien.
1951Furia roja / Stronghold (MX/US) de Steve Sekely 
Lippert Pictures-Filmadora Independiente, 72 min. – av. Arturo de Cordoba (Don Pedro Alvarez), Veronica Lake (Mary Stevens), Zachary Scott (Don Miguel Navarro), Rita Macedo, Gustavo Rojo, Felipe de Alba (Maximilien de Habsbourg), María Teresa Piana (l’impératrice Charlotte). – La jolie propriétaire d’une mine d’argent au Mexique est enlevée par un rebelle qui cherche à financer la lutte contre Maximilien (tourné au Mexique).
Les troupes françaises harcelées par la guérilla dans « Aquellos añ ;os » de Felipe Cazals (1972).
1951Furia roja (El fuerte) / ES : Misión peligrosa (version mexicaine du précédent) (MX/US) de Steve Sekely et Víctor Urruchúa 
Filmadora Internacional. – av. Arturo de Cordoba (Don Pedro Alvarez), Sarita Montiel (Maria Stevens), Carlos López Moctezuma (Don Miguel Navarro), Alfonso Bedoya (Ignacio « El Nacho » López), Emilia Guiú (Beatriz), Gustavo Rojo (Ramón Stevens), Felipe de Alba (Maximilien de Habsbourg), María Teresa Piana (l’impératrice Charlotte).
1950The Eagle and the Hawk / Spread Eagle (L’Aigle et le vautour) (US) de Lewis R. Foster 
Pine-Thomas Prod./Paramount, 104 min. – av. John Payne (capt. Todd Croyden, Texas Ranger), Rhonda Fleming (Madeline Danzeeger), Dennis O’Keefe (Whitney Randolph), Thomas Gomez (général Liguras, dit le Vautour), Grandon Rhodes (Lubbock, gouverneur du Texas). – En 1863, des aventuriers du Texas soutiennent Juárez dans leur lutte contre Napoléon III. Filmé en Technicolor à Sedona (Arizona).
1954**Vera Cruz (US) de Robert Aldrich 
James Hill/Flora Productions-Hecht/Lancaster Productions-United Artists, 94 min. – av. Gary Cooper (Benjamin Trane [=Ben Thompson]), Burt Lancaster (Joe Erin), Denise Darcel (comtesse Marie Duvarre), Cesar Romero (marquis Henri de Labordère), Sarita Montiel (Nina), George Macready (Maximilien de Habsbourg), Charles Bronson (Pittsburgh), Ernest Borgnine (Donegan), Morris Ankrum (gén. Bruno Aguilar).
En 1866, deux mercenaires américains sans scrupules, un ancien Sudiste et un tueur, feignent de se rallier aux troupes de Maximilien, puis de Juárez dans l’espoir de voler l’or impérial caché dans la diligence d’une sournoise comtesse française qu’ils sont censés escorter jusqu’à Veracruz. L’or est destiné à lever une armée en Europe. Un film d’aventures très jouissif, en avance sur son temps (il annonce le spaghetti-western et en particulier le cinéma de Sergio Leone) : brutal, cynique, peuplé d’hypocrites et de truands cupides, multipliant les ruptures de ton et les coups de théâtre pour s’achever sur la prise sanglante de Veracruz par les insurgés juaristes et un duel « de géants » entre Cooper et Lancaster, mémorable canaille au sourire de rapace. Seuls les méfiants survivent, et encore... Pas une parodie, mais une oeuvre dense, réaliste, sans illusions, qui s'attache simultanément à dépeindre le Mexique avec beaucoup de respect. De l’Aldrich pur jus, réalisé à grands frais en SuperScope et Technicolor au Mexique (Chapultepec, Cuernavaca) et aux studios Churubusco Azteca à Mexico City.
1954Border River (Les Rebelles) (US) de George Sherman 
Universal-International, 80 min. – av. Joel McCrea, Yvonne De Carlo, Pedro Armendariz. – Un officier sudiste au Mexique en proie à la guerre civile.
1954El joven Juárez (MX) d’Emilio Gómez Muriel 
CLASA, 112 min. – av. Humberto Almazán (Benito Juárez), Maria Elena Marqués, Domingo Soler, Victor Alcocer (Justino Maytorena). – La jeunesse de Juárez, ses premières luttes politiques.
1955Cuatro contra el imperio (MX) de Jaime Salvador 
Alianza Cinematografica, 95 min. – av. Antonio Aguilar, Fernando Casanova, Rosario Granados, Elias Moreno. – Transposition des « Trois Mousquetaires » de Dumas à l’époque de Maximilien de Habsbourg.
1956El fin de un imperio (MX) de Jaime Salvador 
Alianza Cinematografica. – av. Antonio Aguilar, Fernando Casanova, José Elias Moreno, Rosario Granados, Tito Novaro. – Suite du précédent.
1957(tv) Border Affair / Travelling Princess (US) de Herbert L. Strock, George Waggner 
série « Cheyenne » (ABC 5.11.57), 60 min. – av. Joy Page (l’impératrice Charlotte de Habsbourg), Sebastian Cabot (gén. Dubeauchaie), Erin O’Brien (Maria Felitzia).
1958(tv) Border Incident (US)
« The Adventures of Rin Tin Tin » (ABC 28.3.58), 25 min. – av. Jan Arvan (Benito Juárez), Lee Aaker, Lou Krugman, Mel Welles, Michael Vallon.
1958Impaciencia del corazón (MX) de Tito Davison 
Filmadora Chapultepec, 90 min. – av. Martha Mijares, Christiane Martel, Armando Silvestre, Andrés Soler, Miguel Manzano. – En 1866, les amours contrariées d’un officier impérial blessé et d’une villageoise juarista (d’après la nouvelle « Ungeduld des Herzens » de Stefan Zweig).
1959(tv) The Rebellion (US) de George Waggner 
série « Cheyenne » (ABC 12.10.59), 60 min. – av. Frank De Kova (Benito Juárez).
1960(tv) Mission into Mexico (US) de Tay Garnett 
série « Overland Trail », Overland Stage-Bilben Prod. (Samuel L. Peeples) (NBC 24.4.60), 60 min. – av. William Bendix (Kelly), Doug McClure (Flip), Robert Loggia (Porfirio Diaz), Barbara Luna (Estrellita), John Van Dreelen (capt. Fortesque), Barbara Lord (princesse Thérèse, niècle de Maximilien de Habsbourg), Mike Mazurki (Juan). – Des rebelles juaristes enlèvent la nièce de Maximilien dans la diligence pour Washington où elle est chargée de solliciter l’aide du gouvernement américain.
1964**Major Dundee (US) de Sam Peckinpah 
Jerry Bresler Prod.-Columbia Pictures, 134 min. – av. Charlton Heston (maj. Amos Charles Dundee), Richard Harris (capt. Benjamin Tyreen), James Coburn (Samuel Potts), Senta Berger (Teresa Santiago), Mario Adorf (sgt. Gomez).
Un escadron américain égaré au Mexique en poursuivant des Apaches doit combattre un régiment de cavalerie française du maréchal Bazaine sur le chemin du retour. Film mutilé par le producteur (40 minutes de coupes irrécupérables), tourné au Mexique et aux studios Churubusco Azteca, Mexico City. Reste une aventure superbement menée, au souffle violent et lyrique.
1965Der Schatz der Azteken / Les Mercenaires du Rio Grande / I violenti di Rio Grande (DE/FR/IT/YU) de Robert Siodmak 
CCC (Arthur Brauner)-Franco-London-Serena-Avala, 101 min – av. Lex Barker (Dr. Karl Sternau), Gérard Barray (comte Alfonso Rodriganda y Sevilla), Michèle Girardon (Josefa), Jeff Corey (Abraham Lincoln), Fausto Tozzi (Benito Juárez), Jean R. Caussimon (maréchal François Achille Bazaine).
Un médecin allemand, envoyé secret de Juárez auprès de Lincoln pour obtenir armes et soutien, découvre en cours d’aventures le légendaire trésor aztèque convoité jadis par Cortez. Film de commande de Siodmak réalisé en fin de carrière d’après les romans de Karl May, tourné en UltraScope et Eastmancolor en Yougoslavie (Dubrovnik, Titograd, Split) et dans la Sierra espagnole.
1969Two Mules for Sister Sara (Sierra torride) (US/MX) de Don Siegel 
Universal Pictures-Malpaso Co.-Sanen Prod., 116 min. – av. Clint Eastwood (Hogan), Shirley MacLaine (Sara), Manolo Fábregas (col. Beltran), Alberto Morin (gén. Le Claire).
Un aventurier américain et une fausse religieuse combattent aux côtés des Juaristas et s’emparent d’une place fortifiée (scénario d’Albert Maltz, d’après Budd Boetticher). Tourné sur mode auto-parodique au Mexique (Cuaútla, Jantetelco, Tlayacapan) et à Universal City, Calif. Distrayant.
1969The Undefeated (Les Géants de l’Ouest) (US) d’Andrew V. McLaglen 
20th Century-Fox, 119 min. – av. John Wayne (capt. John Henry Thomas), Rock Hudson (col. James Langdon), Antonio Aguilar (gén. Rojas), Merlin Olsen (capt. Little George). – A l’issue de la guerre de Sécession, deux officiers américains, l'un sudiste, l'autre nordiste, ruinés après avoir payé de leur poche la solde de leurs bataillons respectifs, commandent un transport de trois mille chevaux au Mexique pour l’armée de Maximilien. Dupés, ils finissent par soutenir la cause juriste et combattent les Français. Tourné en Louisiane et au Mexique (Durango). Un divertissement sans surprises mais plutôt bien mené avec vigueur et un certain panache.
1970(tv) La Tragédie de Maximilien et de Charlotte (FR) d’Alain Boudet
(TF1 10.1.70), 120 min. – av. Dominique Vincent (l’impératrice Charlotte), Gianni Esposito (Maximilien de Habsbourg), Lucie Arnold (l’impératrice Eugénie de Montijo), Yves Brainville (maréchal François Achille Bazaine), Alain Nobis (Eugène Rouher), Paul Crauchet (Jules Favre), Daniel Lecourtois (le pape Pie IX), Marcel Charvey (Léopold Ier de Belgique, père de Charlotte).
1970*El Condor (US) de John Guillermin 
André De Toth/Carthay Continental-National General, 102 min. – av. Jim Brown (Luke), Lee Van Cleef (Jaroo), Marianna Hill (Claudine), Patrick O’Neal (cdt. Chavez), Iron Eyes Cody (Santana, chef apache), Elisha Cook Jr.
Aidés par quelques aventuriers intéressés (un bagnard noir évadé, un prospecteur d'or et une poignée d'Apaches du chef Santana), les Juaristes cherchent à s'emparer des réserves d'or aztèque de l'empereur Maximilien qui seraient enfouies au coeur d'une impressionnante forteresse appelée "El Condor". Une entreprise futile qui finit dans un bain de sang généralisé: l'or a été évacué depuis longtemps sur ordre de Napoléon III et remplacé secrètement par du plomb; quant à Maximilien, il vient d'être destitué et fusillé... Un lointain remake du "Vera Cruz" de Robert Aldrich (cf. 1954), produit par le vétéran André De Toth et filmé à Almeria (Los Albaricoques, Rambla Lanujar, Benavides, Alfaro), en Andalousie (le fort, somptueux, sera réutilisé dans plusieurs spaghetti-westerns). Du bon cinéma d'action interethnique et cynique, dans la lignée de "The Dirty Dozen" d'Aldrich, mais bien sûr sans le moindre fondement historique. Le comédien et ex-footballeur noir Jim Brown, également interprète de ce dernier film, reçoit l'Image Award 1970 pour sa performance dynamitée. Une distinction probablement politique.
1970(tv) *Maximilian von Mexiko – 1. Ein Kaiser wird gemacht – 2. Der Tod in Queretaro (DE/AT) de Günter Gräwert 
Zweites Deutsches Fernsehen (ZDF) / Österreichischer Rundfunk (ORF) (ZDF 20.+22.3.70), 2 x 95 min. – av. Michael Heltau (Maximilien de Habsbourg), Christine Wodetzky (l’impératrice Charlotte), Siegfried Wischnewski (Napoléon III), Katharina Matz (l’impératrice Eugénie de Montijo), Albert Ruprecht (François-Joseph d’Autriche), Hans Paetzsch (le pape Pie IX), Walter Klam (duc de Morny), Josef Dahmen (maréchal François Achille Bazaine), Peter Maertens (gén. Miguel Miramon), Uwe Friedrichsen (gén. Tomas Mejia), Dieter Borsche (Benito Juárez), Fritz von Friedl (Dr. Basch), Norbert Skalden (le prince Salm), Kurd Pieritz (comte Rechberg), Richard Münch (cardinal), Alexander Hegarth (comte de Saligny), O. A. Buck (comte Drouyn de Lhuys), Kurt A. Jung (comte d’Arcy), Herbert Fleischmann (Sir Charles Wyke), Heinz Spitzner (Lord Russel), Petra Mood (princesse Salm), Hans Schellbach (gén. Escobedo), Rolf Schimpf (col. Vilainueva), Christian Claaszen (col. Lopez), Manfred Reddemann (Peter Corona). – Reconstitution historiquement exacte du drame des Habsbourg au Mexique, d’après un script d’Answald Krüger et Maria Matray.
1970Addio Sabata / Indio Black, sai che ti dico, sei un gran figlio di... (Adios Sabata) (IT) de Frank Kramer [=Gianfranco Parolini] 
P. E. A., 104 min. – av. Yul Brynner (Sabata/Indio Black), Dean Reed (Ballantine), Gerard Herter (colonel Skimmel), Pedro Sanchez, Sal Borgese. – Un trio d’aventuriers crapuleux s’empare d’un convoi d’or de l’armée d’occupation française : une très pâle imitation du « Vera Cruz » d’Aldrich (cf. supra), en Technicolor et Techniscope.
1972Aquellos años (MX) de Felipe Cazals 
Alpha Centauri-Cin.Marco Polo-Estudios Churubusco Azteca, 140 min. – av. Jorge Martínez de Hoyos (Benito Juárez), Helena Rojo (l’impératrice Charlotte), Mario Almada (gén. Mariano Escobeda), Julián Pastor (gén. Gonzales Ortega), David Silva (Leonardo Márquez), Enrique Lucero, Paco Morayta. – « Ces années-là », illustration de l’intervention française, de la défaite de Bazaine à la bataille de Puebla, la chute de Maximilien, la folie de l’impératrice.
1972[Juárez (MX) de Juan Ramón Arana. – Dessin animé.]
1973Aventuras de un caballo blanco y un niño (MX) de Rafael Baledón 
Conacine-STPC. – av. Andrés Garcia (Silencioso), Susana Dosamantes (Scheherazada), Rafael Baledón, Ahui Camacho (Toño). – Un orphelin indio et son cheval tiraillé entre les troupes françaises du capitaine Dumont, des hors-la-loi et des Apaches.
1973(tv) Le Masque aux yeux d’or (FR) de Paul Paviot
(1e Ch. ORTF 10.2.73). – av. Michèle Couty, Hervé Bellon, Jacques Hilling, Bernard Rousselet, Véronique Silver. – 1874, l’amour impossible entre un lieutenant français et une Mexicaine impliquée dans l’évasion du maréchal Bazaine.
1973Il figlio di Zorro / El hijo de Zorro (Le Fils de Zorro) (IT/ES) de Frank G. Carroll [=Gianfranco Baldanello] 
International -Triunfo, 88 min. – av. Robert Widmark [=Alberto Dell’Acqua] (Don Ricardo Villaverde), Fernando Sancho (col. Michel Leblanche), Franco Fantasia (cpt. François Bardeau), William Berger, Elisa Ramirez. – Dans une ville-frontière au nord, le fils de Zorro détrousse les riches pour financer les révolutionnaires de Benito Juárez.
1974El señor de Osanto (MX) de Jaime Humberto Hermosillo 
Estudios Churubusco Azteca SA, 100 min. – av. Daniela Rossen (Alicia), Hugo Stiglitz (Jaime Osanto), Mario Castillon Bracho (Enrique Osanto), Farnesio de Bernal (Don Luciano Mendiolea), Fernando Soler (Don Gonzalo Osanto). – Sur fond de la guerre entre Maximilien et Juárez, une transposition de « The Master of Ballantrae », roman de Robert Louis Stevenson.
1976Mariachi (MX) de Rafel Portillo 
STPC. – av. Mario Almada, David REynoso, Fernando Almada, Aurora Clavel, Rosa Gloria Chagoyán. – Un couple de musiciens et leur orchestre sont exécutés par les Français parce qu’ils ont refusé de jouer pour eux. Le fils du couple survit et deviendra un célèbre « mariachi ».
1988(tv) Präriejäger in Mexiko – 1. Benito Juarez – 2. Geierschnabel (DE-RDA) de Hans Knötzsch 
DFF-DEFA (DFF1 25-28.12.88), 2 x 90 min. – av. Koljo Dontschev, Gojko Mitic, Andreas Schmidt-Schaller, Helmut Schellhardt (Benito Juarez), Heinz Schröder (Lord Lindsay), Erwin Berner (Maximilien de Habsbourg), Sabine Unger (l’impératrice Charlotte), Rolf Mey-Dahl (gén. Tomas Mejia), Werner Ehrlieher (maréchal François Achille Bazaine). – Téléfilm d’aventures d’après Karl May, tourné en Yougoslavie.
1990(tv) 1867 (GB/US) de Ken McMullen 
Antelope-Channel Four (C4 3.10.90), 11 min. – av. Felipe Ferrer (Maximilien de Habsbourg), Andre (gén. Miguel Miramon), Zazy (gén. Tomas Mejía). – L’exécution de l’empereur Maximilien et de ses deux généraux.
2004(tv) Cinco de Mayo (MX) de Hector Galán
Galán Productions, 50 min. - av. Phillip De LaPena (gén. Ignacio Zaragoza), Henry Cisneros (narration). - Docu-fiction sur la première victoire des Juaristaz à Puebla, le 5 mai 1862 (cf. film de 2013).
2013Cinco de mayo: La batalla (MX) de Rafael Lara
Paco Gallástegui, R. Lara/Gala Films, 127 min. - av. Angélica Aragón (Doña Soledad), Christian Vazquez (Juan Osomo), Kuno Becker (gén. Ignacio Zaragoza), Liz Gallardo (Citlali), Pablo Abitia (gén. Mejía), Ginés Garcia Millán (gén. Prim), Noé Hernández (Benito Juárez), Mauricio Isaac (cpt. León), Pascasio Lopez (gén. Porfirio Diaz), Daniel Martínez (gén. Leonoardo Márquez), Antonio Merlano (Miguel Zaragoza), William Miller (comte gén. Charles Ferdinand Latrille de Lorencéz), Andrés Montiel (gén. Antonio Alvarez), Alejandro Peraza (gén. Carvajal), Alvaro Garcia Trujillo (Dubois du Saligny), Christian Vasquez (Juan Osorno), Mario Zaragoza (Juan Nepomuceno Almonte), Juan Castañon, Jaramar (chanteuse), José Carlos Montes (ltn. Fauvet), Jorge Luis Moreno (sgt. Vaché), Luis Rosales (chirurgien), Javier Olivar (Artemio).
Après la proclamation de l'Empire du Mexique par Napoléon III, le 5 mai 1862, une armée d'invasion française de 6500 hommes sous les ordres du général Charles Ferdinand Latrille de Lorencéz, fraîchement débarquée à Veracruz, marche sur la ville de Puebla, qui, une fois prise, permettra d'ouvrir la voie vers Ciudad de México. Quoique mal armés, quelque 4500 hommes du général Ignacio Zaragoza y sont solidement retranchés et parviennent à repousser victorieusement cette première offensive française - qui bénéficiait en plus de troupes conservatrices mexicaines d'Almonte et Márquez et de 2000 soldats payés par l'Église catholique. Apprenant les véritables intentions du corps expéditionnaire français, le général espagnol Prim et les Britanniques s'étaient retirés avec leurs troupes en avril déjà. - Une célébration de cette première victoire des Juaristas à Puebla qui valut aux Mexicains les félicitations d'Abraham Lincoln (produit à très grands frais pour marquer le 150ème anniversaire de la bataille). Du grand spectacle à la Hollywood, manichéen en diable, schématique mais efficace.
2014(tv) Maximilian von Habsburg, der Traum vom Herrschen / Maximilian von Habsburg - Ein Kaiser für Mexiko (Maximilien de Habsbourg, dernier empereur du Mexique) (AT/DE) de Franz Leopold Schmelzer
Série "Universum History", Ilona Grundmann, Heinrich Mayer-Moroni, Marc Daems, Martin Papirowski/Ilona Grundmann Filmproduktion-Interspot Filmgesellschaft-Associate Directors-Men at Work-Unamteve (TVU)-Arte-ZDF-ORF (ORF 12.12.14 / Arte 21.2.15), 52 min. - av. Jürgen Kapaun (Maximilien), Viktoria Hillisch (Charlotte), Dan Badarau (Napoléon III), Alberto Acosta (Benito Juarez), Christian Krall (François-Joseph d'Autriche), Georg von Habsburg (intervenant). - Docu-fiction majoritairement autrichien réalisé à Vienne et au Mexique (Castillo Miramar).