VI - L’ITALIE

La nouvelle société bourgeoise à la fin du Risorgimiento (« Il Gattopardo » de Luchino Visconti, 1962)

5. UMBERTO I / HUMBERT Ier - 1878 / 1900

Né en 1844, fils de Victor-Emmanuel II. Reine : Marguerite de Savoie. Sous son règne, l’Italie, avide de reconnaissance internationale, cherche à acquérir des colonies en Afrique, perd la première guerre contre l’Ethiopie (la défaite humiliante d’Adoua en 1896) et entre dans la Triple-Alliance formée avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. Le monarque périt assassiné par l’anarchiste Gaetano Bresci à Monza, qui veut ainsi venger la sanglante répression menée contre les ouvriers à Milan en 1898.
1939*Abuna Messias (L’Apôtre du désert) (IT) de Goffredo Alessandrini ; Roma Editrice Film, 96 min. – av. Camillo Pilotto (le cardinal Guglielmo Massaia, surnommé Abouna Messias), Enrico Glori (le roi Menelik II d’Ethiopie, futur Négus, 1865-1913), Mario Ferrari (Abouna Atanasio, chef de l’Eglise copte), Amedeo Trilli (Ghebrà Selassié), Ippolito Silvestri (l’empereur Johannès IV, 1872/1889), Corrado Racca (le comte de Cavour). – Déguisé en mendiant, le cardinal italien Guglielmo Massaia (1801-1886) arrive en Abyssinie pour y effectuer sa deuxième mission. Protégé par le souverain philocatholique Ménélik de l'hostilité du clergé copte schismatique sous l'autorité d'Abouna Attanasio, il évangélise la région et sauve la population de la variole. Le village catholique est baptisé par le souverain lui-même du nom de Addis-Abeba ("Fleur-Nouvelle"), en 1887. La belle princesse Alem, évincée par le cardinal, attise les passions contre lui. Ménélik le soutient et s'oppose aux autres factions coptes dirigées par l'empereur Yohannès IV. Mais le cardinal refuse d'être la cause de tels massacres et, après avoir ordonné prêtre un esclave qu'il avait sauvé de la mort, il prend la route de l'exil. - Une fois de plus, la science moderne (la médecine) sert l'évangélisation qui, elle, prépare la population domestiquée à la colonisation. Une œuvre ambitieuse tournée sur place (plaine de Cobbu, massif de Cercer) et à Cinecittà avec de très gros moyens techniques et une belle photo d’Aldo Tonti ; les travaux préliminaires de documentation en Ethiopie et le scénario sont signés Vittorio Cottafavi, et le résultat étonne par sa relative absence de propagande fasciste et de religiosité. Les dernières images annoncent toutefois l’heureux événement de l’arrivée prochaine des troupes mussoliniennes… Film produit par une filiale de la congrégation Società San Paolo rattachée au Vatican, conçue avec le soutien du Ministère pour l’Afrique italienne. Lauréat de la Coupe Mussolini à Venise 1939.
1974*(tv) Processo al generale Baratieri per la sconfitta di Adua [Procès contre le général Baratieri pour la défaite d’Adoua] (IT) de Piero Schivazappa (RAI 6.10.74). – av. Sergio Rossi (le général Oreste Baratieri), Mario Pisu (Umberto Ier, roi d’Italie), Edda Albertini (Marguerite de Savoie, la reine), Carlo Hinterman (Francesco Crispi, ministre et Président du Conseil), Pier Paolo Capponi (Andrea Costa, député socialiste), Bruno Cattaneo, Umberto Ceriani, Mario Bardella, Giorgio Bonora, Man lio Busoni, Renato Turi, Ruggero De Daninos. – Le 1er mars 1896, les armées de l’Empire éthiopien du Negusse Negest Ménélik II écrasent les troupes du royaume d’Italie conduites par le général Baratieri (1851-1901) près du village d’Adoua, dans le nord du pays. Les Italiens perdent 70% de leurs forces, quatre commandants, 11’000 fusils et toute leur artillerie. Cette écrasante défaite, qui met fin à la première guerre italo-éthiopienne (débutée en 1895) et pousse l’Italie à l’abandon provisoire de ses ambitions impérialistes sur place, est suivie à Rome de fortes manifestations antigouvernementales ainsi que d’un procès : Baratieri est accusée par le lobby militaire d’abandon du champ de bataille et d’« inaptitude ».
1996Tiburzi (IT) de Paolo Benvenuti, 81 min. – av. Pio Gianelli (le brigand Tiburzi), Silvana Pampanini, Roberto Valenti, Marcello Bartolomei, Stefano Bambini. – Après cinq ans d’exil en France, le brigand Tiburzi revient à Maremma en 1896, où il est abattu.