Ib - LA FRANCE APRÈS 1815

7. L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS

7.2. L’Afrique noire française

Afrique occidentale : Mauritanie, Sénégal, Soudan français (Mali), Guinée, Côte d’Ivoire, Niger, Haute-Volta (Burkina Faso) et Dahomey (Bénin). – Afrique équatoriale : Gabon, Moyen Congo, Oubangui-Chari (Tchad). – Cameroun français, Somalis (Djibouti), Madagascar et Comores.
1938® Entente Cordiale (FR) de Marcel L’Herbier. – av. Pierre Richard-Willm (capt. Charles Roussel), Jean Galland (Lord Kitchener). – Soudan 1898, épisode de la crise de Fachoda (6).
1939Brazza ou l’épopée du Congo (FR) de Léon Poirier 
Film Brazza, 98 min. – av. Robert Darène (Pierre Savorgnan de Brazza), Thomy Bourdelle (Henry Morgan Stanley), Jean Galland (le roi Léopold II de Belgique), Jean Daurand (Hamon), Odette Barencey, Piere Vernet (docteur Ballay), Jean Worms (l’amiral Louis Raymond de Montaignac), Langlois (Léon Gambetta), René Fleur (Georges Clémenceau), René Navarre (Jules Ferry), Simone Montalet.
Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905), explorateur français d’origine italienne, acquiert pacifiquement une partie du Congo pour la France (10.9.1880) et fonde Brazzaville. Le film oppose le pacifisme et la tolérance du Français – personnage christique qui sacrifie sa santé pour mener sa noble mission civilisatrice – à la violence et à la cupidité de l’Anglais Stanley, son grand rival dans la conquête de l’Afrique équatoriale (période 1877 à 1882). Deux mois et demi de tournage au Gabon et au Moyen-Congo. Un témoignage révélateur sur l’image que la France donnait de ses colonies et des « bons nègres » dans les années trente.
1959(tv) Savorgnan de Brazza (FR) de Jean Kerchbron 
série « Le Nouveau Journal des Voyages » (1e Ch. RTF 2.6.59). – av. Bernard Noël (Pierre Savorgnan de Brazza), Billy Beck, Yves Brainville, Claude Laydu, Robert Liensol, Albert Médina. – Pierre Savorgnan de Brazza, explorateur du Gabon et du Congo, entre 1875 et 1885.
1959(tv) René Caillié (FR) de Jean Kerchbron 
série « Le Nouveau Journal des Voyages », 1e Ch. RTF 14.10.59). – av. Jacques Duby (Caillié), Maurice Chevit, Michel Etcheverry, Abder Isker, Robert Liensol. – En 1828, René Caillié (1799-1838 atteint Tombouctou après un voyage particulièrement éprouvant.
1977(tv) Fachoda / La Mission Marchand (FR/SN) de Roger Kahane
(A2 4.3.77), 6 x 55 min. – av. Robert Etcheverry (cpt. Jean-Baptiste Marchand), Serge Matina (cpt. Baratier), Max Vialle (Germain), Patrick Floerschelm (Mangin), Michel Duchezeau (Simon), Armand Mestral (Alphonse Chautemps, ministre des Colonies), Jean-Pierre Bernard (Savorgnan de Brazza), Raymond Danjou (Gabriel Hanotaux, ministre des Affaires Etrangères), Massamba M’boup (Tar Boubakar, prince comorien).
Soudan, aoû ;t-novembre 1898 : les intérêts coloniaux de la France et de la "perfide Albion", pardon: de la Grande-Bretagne collisionnent. Le commandant Marchand et ses compagnons traversent l’Afrique du Congo au Nil et, après bien des péripéties, occupent victorieusement Fachoda, au Soudan, sur le Nil blanc. Cependant, à la suite de manœuvres diplomatiques délicates et afin d’éviter un guerre ouverte entre puissances occidentales, ils doivent céder le fortin aux troupes anglaises : le Soudan reste britannique. Epopée légèrement cocardière (glorification des troupes françaises) réalisée au Sénégal et dans le désert de Mauritanie, avec la collaboration de 500 tirailleurs sénégalais.
1977Ceddo (SN) d’Ousmane Sembène 
Film Doomi Reew, 120 min. – av. Mamadou Ndiaye Dioumé (prince Biram), Tabata Ndiaye (la princesse Dior), Ousmane Camara (Diogomay), Nar Modou (Saxewar), Moustapha Yade (Madir Fatim Fall), Matoura Dia (le roi Demba War).
Pays Ouolof (Sénégal), fin XVIIIe-début XIXe s., les Ceddo résistent à la pénétration du catholicisme, de l’Islam et du négoce colonial des négriers. Leur princesse, Dior, tue le marabout-roi qui a usurpé le trône. Longtemps interdit par le gouvernement sénégalais en raison du portrait peu flatteur du prosélytisme religieux.
1986**Sarraounia – An African Queen / Sarraounia - Une reine africaine (BF/MR/FR) de Med Hondo 
Med Hondo/Les Films Soleil O-Direction de la Cinématographie Nationale, 120 min. – av. Al Keïta (Sarraounia, reine des Aznas), Jean-Roger Milo (cpt. Paul Voulet), Fédor Atkine (cpt. Julien Chanoine), Jean Edmond (col. Arsène Klobb), Didier Sauvegrain (Dr. Henric), Roger Mirmont (ltn. Joalland), Philippe Bellay (ltn. Meynier), Jean-Pierre Castaldi (sgt. Boutel), Luc-Antoine Diquéro (ltn. Pallier).
Le Tchad en 1898/99, la résistance victorieuse des Aznas nigérians de la reine-sorcière Sarraounia à l’envahisseur français, l’expédition sanglante de Voulet-Chanoine (cf. aussi 2004) et la bataille de Lougou (16.4.1899), où les Aznas sont contraints de se retirer dans le bush. Après la mutinerie au sein des troupes sénégalo-françaises qui coûte la vie aux deux mercenaires déments, Sarraounia regagne son palais. Chantée par le griot, elle entre dans la légende, devenant un des symboles de l’indépendance africaine (script tiré du roman d'Abdoulaye Mamani, co-scénariste avec Hondo). Tournage au Burkina Faso, en Mauritanie et en France (coûts: 3 millions de $). Ce premier grand film épique d'Afrique noire passe presque inaperçu en France (tant il est mal soutenu par son distributeur), mais récolte le Grand Prix du Festival panafricain de Ouagadougou 1987.
1995L’Exil du roi Béhanzin (FR) de Guy Deslauriers 
Série limitée Prod., 86 min. – av. Delroy Lindo (Ahydjéré Béhanzin, roi du Dahomey), France Zobda (Régina), Robert Liensol, Denis Tadie Tuene, Aliou Cisse. – 1890-1894 : l’armée française entre au Dahomey, le roi, en fuite, est emprisonné en Martinique avec sa cour où il s’éprend d’une belle créole.
2004** (ciné+tv) Capitaine des ténèbres / La Colonne Voulet-Chanoine (FR) de Serge Moati 
Image & Compagnie (S. Moati) (Arte 28.4.06), 96 min. – av. Manuel Blanc (capt. Paul Voulet), Patrick Mille (capt. Julien Chanoine), Clément Sibony (Péteau), Richard Bohringer (colonel Arsène Klobb), Micky Sébastian (Mlle Kolb), François Berland (Henri), Eric Laugérias (Bouthel), Khadijatou Gueye (Fatouna).
En 1898, la mission « Afrique centrale » a pour but de planter le drapeau français sur les rives du lac Tchad, face aux Anglais. Commandée par Voulet, 32 ans, et Chanoine, 28 ans, deux jeunes capitaines réputés pour leur brutalité, cette colonne « civilisatrice » de tirailleurs africains de quelque 2000 personnes parcourt le Sahel en pillant et massacrant sans pitié tous les villages traversés. Voulet finit ivre de sang et de pouvoir (« je suis le roi du lac Tchad ! »). Chargé d’intercepter la colonne infernale, le colonel Klobb est assassiné. La troupe se mutine et tue ses deux capitaines mégalomanes. A l’Assemblée à Paris, l’affaire embarrassante est vite enterrée. Un film-réquisitoire violent, dérangeant mais nécessaire contre le colonialisme et ses « aspects positifs », tourné au Sénégal (à Saint-Louis, Mpal, Rao) et au Niger d’après un scénario d’Yves Laurent. Le documentaire « Blancs de mémoire » de Manuel Gasquet (TV5 28.4.06) accompagne le tournage. Sujet identique, cf. « Sarraounia » (1986).