II - L’EMPIRE BRITANNIQUE

Le couronnement de la reine Victoria (Anna Neagle) dans « Victoria the Great » de Herbert Wilcox (1937)

3. VICTORIA Ière - 1837 / 1901 - Reine de Grande-Bretagne et d’Irlande et Impératrice des Indes (dès 1876)

Née en 1819, fille d’Edward, duc de Kent, et nièce de William IV. Époux consort : son cousin, le prince ALBERT de Saxe-Cobourg-et-Gotha (1819-1861). Énergique, conservatrice et autoritaire, elle conquiert lors de son long veuvage l’affection de ses sujets et règne pendant 64 ans : le règne le plus long de l’histoire du Royaume-Uni.
Premiers ministres, alternativement ; le conservateur Benjamin DISRAELI, Lord Beaconsfield (1804-1881), ouvrier de la politique impérialiste et agressive de la couronne aux Indes, en Chine et en Afrique ; favori de la reine, il lui fait donner le titre d’impératrice des Indes. – Le libéral William Ewart GLADSTONE (1809-1898), auteur de réformes importantes en Irlande qui s’oppose en vain à l’expansion coloniale et dont la chute est provoquée par la mort de Gordon à Karthoum. – Henry John Temple, vicomte de PALMERSTON (1784-1865). – Joseph CHAMBERLAIN, 1880 ministre du commerce et en 1895 des colonies (1836-1914). Adoption d’une attitude de « splendide isolement » sur le continent européen (l’union dynastique avec Hannovre rompue, indifférence à la réalisation de l’unité allemande), maintenance de la maîtrise britannique sur les mers, et dès les années 1880, expansion coloniale généralisée, sous l’impulsion de Disraëli et Chamberlain. – Autres personnalités marquantes : Cecil RHODES, ministre-président de la Colonie du Cap (1853-1902). Lord Horatio Herbert KITCHENER, conquérant du Sudan, commandant en chef pendant la guerre des Boers (1850-1916).
1912® The Victoria Cross / The Charge of the Light Brigade (US) de Hal Reid. – av. Rose Tapley (la reine Victoria), cf. guerre de Crimée (3.1).
1913Sixty Years a Queen (GB) de Bert Haldane 
Barker-Samuelson, 2430 m. – av. Blanche Forsythe / Mrs. Henry Lytton (la reine Victoria), Fred Paul (archevèque de Canterbury), Roy Travers (prince Albert), Gilbert Esmond (duc de Wellington), E. Story Gofton (William E. Gladstone), Rolf Leslie, J. Hastings Batson, Jack Brunswick. – Période de 1837-1901.
1914The Life of Lord Roberts VC (GB) de George Pearson 
G. B. Samuelson, 972 m. – av. Hugh Nicholson (Lord Roberts), Agnes Glynne, Fred Paul. – Période de 1832-1914.
1916Disraeli (GB) de Percy Nash, Charles Calvert 
NB Films, 2106 m. – av. Dennis Eadie (Benjamin Disraeli, Earl of Beaconsfield), Mary Jerrold (Mary Anne Wyndham-Lewis Disraeli, Lady Beaconsfield), Cyril Raymond (Lord Deeford), Dorothy Bellew (Clarissa Pevensey), Fred Morgan (Nigel Foljambe), Arthur M. Cullin (Sir Michael Probert), A. B. Imeson (Hugh Myers, banquier), Mrs. Henry Lytton (la reine Victoria).
1918The Life Story of David Lloyd George (GB) de Maurice Elvey 
Simon Roswon-Ideal Film Company, 1950 m. – av. Norman Page (David Lloyd George, 1863-1945), Alma Reville (Megan Lloyd George), Ernest Thesiger (Joseph Chamberlain), Duglas Munro (Benjamin Disraeli), Thomas Canning, Judd Green, Helen Haye, Teddy Arundell, S. Leonard Tugwell, Miriam Stuart.
La vie du Premier ministre Lloyd George (1863-1945), de son enfance à la fin de la Première Guerre mondiale. Député dès 1890, chef de la tendance radicale et anti-impérialiste des libéraux, il fait scandale en prenant parti pour les Boers. [Lloyd George sera Ministre de l’Armement en 1914-18, et Premier ministre en 1916.] Le film est interdit à sa sortie et reste inédit en salle (copie redécouverte en 1994). Dans le rôle de Mme Lloyd George, la future épouse d’Alfred Hitchcock.
1921Disraeli (US) de Henry Kolker 
Distinctive Prod.-United Artists, 6800 ft./7 bob./70 min. – av. George Arliss (Benjamin Disraeli, Earl of Beaconsfield), Florence Arliss (Mary Anne Wyndham-Lewis Disraeli, Lady Beaconsfield), Margaret Dale (Mrs. Noel Travers), Louise Huff (Clarissa Pevensey), Reginald Denny (Lord Charles Deeford), E. J. Ratcliffe (Hugh Myers), Henry Carvill (duc de Glastonbury), Grace Griswold (duchesse de Glastonbury), Betty Blythe.
Première version (muette) de la pièce à succès de Louis Napoleon Parker, jouée plusieurs fois par M. et Mme Arliss à partir de 1911 (cf. film de 1929).
1925® Livingstone (GB) de M. A. Wetherell ; Hero Pictures, 3110 m. – av. Blanche Graham (la reine Victoria), cf. Afrique (7.2). ue
1927® The Yankee Clipper (US) de Rupert Julian. – av. Julia Faye (la reine Victoria).
1928® Balaclava / The Valley of Death (GB) de Maurice Elvey, Milton Rosmer. – av. Marian Drada (la reine Victoria), cf. guerre de Crimée (3.1).
1929*Disraeli (US) d’Alfred E. Green 
Vitaphone Corp.-Warner Bros., 87 min. – av. Leslie Arliss (Benjamin Disraeli, Earl of Beaconsfield), Joan Bennett (Lady Clarissa Pevensey), Florence Arliss (Mary Anne Wyndham-Lewis Disraeli, Lady Beaconsfield), Anthony Bushell (Lord Charles Deeford), David Torrence (Lord Michael Probert), Margaret Mann (la reine Victoria), Ivan F. Simpson (Sir Hugh Myers, banquier [=Lionel Rothschild]), Doris Lloyd (Agatha Travers), Gwendolyn Logan (duchesse de Glastonbury), Charles E. Evans (Potter, le jardinier), Michael Virsaroff (comte Borsinov), Henry Carvill (duc de Glastonbury).
Premier Ministre, Disraeli utilise la ruse et l’espionnage pour empêcher les Russes d’acquérir le canal de Suez et de menacer les acquis britanniques en Inde ; ses efforts pour racheter les parts du canal au Khédive et en acquérir la majorité pour l’Angleterre se heurtent toutefois à l’inimitié de Gladstone et à l’antisémitisme des milieux politiques et de la presse anglais. La Bank of England refusant d’avancer l’argent pour entreprendre le percement du canal, Disraeli l’obtient du banquier juif Hugh Meyers (personnage imaginaire représentant Lionel Rothschild). Une fois la route vers l’Orient assurée, Disraeli peut « couronner » Victoria « impératrice des Indes ». Parallèlement, il joue à Cupidon pour un jeune couple.
Le film étant parlant, il est capital pour la Warner de dénicher pour ce rôle prestigieux un acteur sans accent américain. Importé exprès de Londres avec un salaire mirifique de 10’000 $ par semaine, George Arliss, 60 ans, donne la réplique à son épouse Florence Arliss dans le rôle de Mme Disraeli. Il s’agit d’une adaptation d’une pièce éponyme de Louis Napoleon Parker (1911), jouée à guichets fermés à Broadway ; en 1917, Arliss incarnait déjà Disraëli sur scène, ainsi qu’à l’écran dans la version muette de la pièce en 1921 (cf. supra). Oscar 1930 pour Arliss (il est le premier comédien anglais à gagner la statuette d’or), deux nominations (meilleur film, meilleur scénario). Photoplay Gold Medal pour Arliss en 1929. Une hagiographie de la cheville ouvrière de l’impérialisme britannique. Les magazines de cinéma nomment « Mr. George Arliss » – tel qu’il est crédité dorénavant sur les génériques de la Warner – l’acteur le plus populaire de l’écran après Charles Chaplin.
1933® Walzerkrieg / La guerre des valses (DE/FR) de Ludwig Berger. – av. Hanna Waag / Madeleine Ozeray (la reine Victoria).
1934® Waltz Time in Vienna [version anglaise du précédent] (DE) de Ludwig Berger. – av. Hanna Waag (la reine Victoria).
1936® David Livingstone (GB) de James A. Fitzpatrick. – av. Pamela Stanley (la reine Victoria).
1936® The White Angel (L’Ange blanc) (US) de William Dieterle. – av. Fay Holden (la reine Victoria), cf. Florence Nightingale (3.2).
Le prince Albert, la reine Victoria (Anna Neagle) et Lord Palmerston (« Victoria the Great » de H. Wilcox, 1937)
1936Mädchenjahre einer Königin (BE : Sa Majesté se marie) (DE) d’Erich Engel 
Klagemann-Film GmbH, 96 min. – av. Jenny Jugo (la reine Victoria), Friedrich Benfer (le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha), Otto Tressler (Lord Melbourne), Olga Limburg (duchesse de Kent, mère de Victoria), Ernst Schiffner (le roi Guillaume de Hollande), Paul Henckels (Leopold II de Belgique), Erik Ode (prince Henri d’Orange), Angelo Ferrari (Grand Duc Alexandre de Russie), Rudolf Essek (Lord Palmerston), Herbert Hübner (Sir John Conroy), Julius Brandt (archevêque de Canterbury), Gustav Waldau (prof. Lenkmann).
Jenny Jugo, interprète d’une jeune reine âgée de 18 ans, donne ici la réplique à son mari dans la vie, Friedrich Benfer. Scénario d’Ernst Marischka, d’après la pièce de Sil-Vara alias Geza Silberer (1932). Tournage aux Ufa-Ateliers à Berlin-Tempelhof et à Neubabelsberg. Marischka produira un remake autrichien en 1954.
1937® Souls at Sea (Âmes à la mer) (US) de Henry Hathaway. - av. Viva Tattersall (la reine Victoria) [scène coupée?].
1937® Les Perles de la couronne (FR) de Sacha Guitry. – av. Yvette Pienne (la reine Victoria).
1937*Victoria the Great (La Reine Victoria) (GB) de Herbert Wilcox 
Herbert Wilcox Prod.-Imperator Film Productions Ltd., 121 min. – av. Anna Neagle (la reine Victoria), Anton Walbrook (le prince Albert), Walter Rilla (prince Ernest), Mary Morris (duchesse de Kent, mère de Victoria), H. B. Warner (Lord Melbourne), C. V. France (archevêque de Canterbury), James Dale (duc de Wellington), Charles Carson (Sir Robert Peel), Felix Aylmer (Lord Palmerston), Arthur Young (William E. Gladstone), Derrick DeMarney/Hugh Miller (Benjamin Disraeli jeune/vieux). Percy Parsons (Abraham Lincoln), Henry Hallatt (Joseph Chamberlain), Gordon McLeod (John Brown), Wyndham Goldie (Cecil Rhodes), Greta Wegener (baronesse Lehzen), Joyce Bland (Florence Nightingale).
En 1937, Lord Chamberlain décrète qu’aucun monarque anglais ne peut être représenté sur scène, et a fortiori à l’écran, avant un siècle après son intronisation (décision annulée dans les années cinquante). Le film de Wilcox tombe à pic pour saluer l’événement. Entreprise à la demande d’Edouard VIII (futur duc de Windsor) peu de temps avant son abdication (et sur insistance de Wallace Simpson), cette mégafresque soignée, mais statique, anecdotique et forcément chauvine, est réalisée pour sortir avant la célébration du centenaire du couronnement de la souveraine. La dernière bobine (le jubilé de 1897) est tournée en Technicolor. Le tout est filmé aux studios de Denham, sur les lieux historiques (l’extérieur de Windsor Castle, des palais de Kensington, St. James et Buckingham, St. Paul’s Cathedral, Downing Street) et en train dans la campagne entre Watford et St. Alban. Cette hagiographie exemplaire de « the Great White Mother », qui sort à un moment de crise institutionnelle pour rassurer l’Empire quant à la nécessité d’un monarque soucieux de paix, de démocratie et du bien-être de ses sujets, devient un des plus grands succès populaires du cinéma britannique d’avant-guerre ; c’est le zénith de la carrière d’Anna Neagle (découverte et future épouse de Wilcox), qui fait une reine totalement crédible, simple, sincère et naturelle, au caractère bien trempé. La percée en Grande-Bretagne d’Anton Walbrook alias Adolf Wohlbrück, un admirable comédien autrichien qui a fui le Troisième Reich et pris un autre prénom ! Coupe des Nations au festival de Venise 1937, Wilcox est nominé pour la Coupe Mussolini.
1938*Sixty Glorious Years / US : Queen of Destiny (Soixante Années glorieuses) (GB/US) de Herbert Wilcox 
Herbert Wilcox Prod.-Imperator-RKO Radio Pictures, 95 min. – av. Anna Neagle (la reine Victoria), Anton Walbrook (le prince Albert), C. Aubrey Smith (duc de Wellington), Walter Rilla (prince Ernst de Saxe-Coburg Gotha), Greta Wegener (baronesse Lehzen), Felix Aylmer (Lord Palmerston), Lewis Casson (Lord John Russell), Charles Carson (Sir Robert Peel), Joyce Bland (Florence Nightingale), Derrick de Marney (Benjamin Disraeli), Malcolm Keen (William E. Gladstone), Harvey Braban (Lord Salisbury), Aubrey Dexter (prince de Galles / Edward VII), Henry Hallatt (Joseph Chamberlain), Wyndham Goldie (A. J. Balfour), Frederick Lister (H. H. Asquith), Olaf Olsen (Frédéric Guillaume, prince de Russie), Pamela Standish (princesse royale d’Angleterre), Gordon McLeod (John Brown), Laidman Browne (gén. Charles Gordon).
Grande chronique monarchico-nationaliste des années 1840-1901, des noces à la mort de Victoria : un film entrepris suite au phénoménal succès du précédent, cette fois entièrement en Technicolor et avec, à nouveau, le couple Neagle-Walbrook. Le film, sous-titré « un journal intime », comprend plus de scènes de la vie privée du couple royal, et commence par la cérémonie du mariage (qui ne figure pas dans le film de 1937), s’attarde sur la méfiance du Parlement envers le prince consort étranger, l’Exposition universelle de 1851 au Crystal Palace, la rencontre avec Florence Nightingale, le décès d’Albert, les parties de chasse en Ecosse, le lit de mort, ainsi que deux brèves séquences guerrières (la charge de la Brigade Légère en Crimée et la mort de Gordon à Khartoum). Toutefois, pas un mot sur la révolte des Cipayes en Inde ou la guerre des Boers – des événements tout sauf anodins pour l’Empire mais qui n’ont pas ébranlé leurs majestés et qui feraient tache. Rédigé partiellement par Sir Robert Vansittart du Foreign Office (un opposant à toute politique conciliante face à Hitler), le film sort un mois après la crise de Munich et les propos faussement rassurants de Chamberlain. Le film, lui, parle à la fois de paix et de vigilance : il y est question de la fin de la guerre civile carliste en Espagne et de l’interruption du commerce avec la Chine, événements que le public met en parallèle avec l’avancée des phalanges de Franco et la guerre sino-japonaise. La chute de Karthoum incite en revanche à réagir sans hésitations, et par la force, à toute agression armée. Les prises de vues sont effectuées aux studios à Denham et, pour la première fois, à l’intérieur des palais de la famille royale (Buckingham, Kensington, Windsor, St. James’, Balmoral), avec la bénédiction de leurs majestés. La reine Mary donne sa caution en assistant personnellement à la première mondiale du film à Leicester Square. Le public anglais, toutes couches sociales confondues, est ému aux larmes par cette évocation nostalgico-paternaliste d’un âge de certitudes morales et politiques, « quand l’Empire britannique gouvernait avec sagesse une partie du globe » et d’une famille royale si proche des classes moyennes. Le moral et le patriotisme renforcés, la majorité des spectateurs comme des critiques se rangent derrière la couronne, tandis que les intellectuels et la presse de gauche se confondent en sarcasmes face à ce travestissement évident des faits, pur produit de la propagande gouvernementale. Aujourd’hui, du cinéma un peu soporifique mais historiquement fort intéressant. – La première moitié (en noir et blanc) de « Victoria the Great » et la deuxième en couleurs de « Sixty Glorious Years » ressortiront pendant la guerre en 1942, remontées en un seul long métrage sous le titre de Queen Victoria  : un autre hymne cinématographique à la grandeur du Royaume-Uni visant à remonter le moral des Britanniques en des temps difficiles.
1938Δ Marigold (GB) de Thomas Bentley. – av. Pamela Stanley (la reine Victoria). – Une comédie féministe dont l’action est située en 1842.
1938® Suez (US) d’Allan Dwan. av. Miles Mander (Benjamin Disraëli), cf. France : Lesseps (5.1).
1838Entente Cordiale (FR) de Marcel L’Herbier 
Flora-Arcadia, 110 min. – av. Gaby Morlay (la reine Victoria), Victor Francen (le prince de Galles / Edward VII), Pierre Richard-Willm (capt. Charles Roussel), André Lefaur (Lord Clayton), Jean Galland (Lord Charles Kitchener), Janince Carcey (Sylvia Clayton), Arlette Marchal (reine Alexandra, épouse d’Edward VII), Jean Worms (Théophile Delcassé), Jean Périer (président Loubet), Jacques Baumer (Clémenceau), Bernard Lancret (Jean Roussel), Jacques Grétillat (Eugène Roussel), Robert Pizani (Paul Cambon), Jean d’Yd (Joseph Chamberlain), Jean Toulout (Lord Salisbury), André Roanne (Lord Balfour), Jaque Catelain (prince Albert), Paul Amiot (prince de Bülow).
De 1898 à 1919, Londres, Paris, Fachoda, Marienbad : les Anglais (à l’initiative du prince de Galles) et les Français se rapprochent politiquement face à la menace allemande. Un film de circonstance réalisé à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, académique, solennel et ennuyeux.
Fay Compton (« Disraeli »), Dame Sybil Thorndike (« Melba »), Anna Neagle (« Sixty Glorious Years »)
1941*The Prime Minister (Le Premier Ministre) (GB/US) de Thorold Dickinson 
Warner Bros.-First National, 109 min. – av. John Gielgud (Benjamin Disraeli, Lord Beaconsfield), Diana Wynyard (Mary Anne Wyndham Lewis Disraeli, Lady Beaconsfield), Stephen Murray (William E. Gladstone), Owen Nares (Lord Derby), Fay Compton (la reine Victoria), Pamela Standish (princesse Victoria), Lyn Harding (Otto von Bismarck), Frederic Leister (Lord Melbourne), Nicholas Hannen (Sir Robert Peel), Anthony Ireland (comte d’Orsay), Leslie Perrins (Earl of Salisbury), Gordon McLeod (John Brown).
Période de 1837 à 1878 : jeune écrivain dandy et dilettante, Disraeli courtise Mary Anne Wyndham Lewis qui l’introduit au Parlement (en fait, Disraeli était un ami de Wyndham Lewis, et il épousa sa veuve par calcul politique, ayant auparavant échoué quatre fois à entrer au Parlement). Il est le premier juif à être accepté dans la parti conservateur. Il est défait par Gladstone, mais devient Premier Ministre en 1874 et introduit une vaste réforme sociale, tandis que son épouse meurt du cancer. Disraeli repousse les Russes qui attaquent l’allié turc à Constantinople et contrecarre les manœuvres hégémoniques de Bismarck au Congrès de Berlin en 1878, sauvant l’Empire du désastre. Disraeli est représenté ici comme l’homme providentiel qui a su consolider le grand « Commonwealth » de nations qui constitue l’Empire britannique, nations qui affrontent conjointement en 1941 l’ennemi à l’Est. Une œuvre de circonstance et de propagande (parallèles avec Winston Churchill), tournée aux studios anglais de Teddington, alors que Londres subit les bombardements de la Luftwaffe.
1941® Ohm Krüger (DE) de Hans Steinhoff. – av. Hedwig Wangel (la reine Victoria).
1944® Buffalo Bill (US) de William A. Wellman. – av. Evelyn Beresford (la reine Victoria).
1947Δ The Ghosts of Berkeley Square (GB) de Vernon Sewell. – av. Abraham Sofaer (Benjamin Disraeli).
1948Δ Alice in Wonderland / Alice au pays des merveilles (US/FR/[GB]) de Dallas G. Bower. – av. Pamela Brown (la reine Victoria), David Read (le prince Albert).
1950® Annie Get Your Gun (US) de George Sidney. – av. Evelyn Beresford (la reine Victoria).
1950*The Mudlark (Le Moineau de la Tamise) (GB/US) de Jean Negulesco 
Nunnally Johnson/20th Century-Fox, 99 min. – av. Irene Dunne (la reine Victoria), Alec Guiness (Benjamin Disraeli), Finlay Currie (John Brown), Andrew Ray (Wheeler), Beatrice Campbell (Lady Emily Prior), Anthony Steel (lieut. Charles McHatten), Raymond Lovell (sgt. Naseby), Marjorie Fielding (Lady Margaret Prior), Michael Brooke (prince Albert).
En 1875, tandis que Disraeli tente vainement de sortir la reine Victoria de sa réclusion après le décès du prince Albert et d’obtenir son soutien pour sa grande réforme sociale, Wheeler, un petit orphelin des slums londoniens, trouve sur un matelot mort un camée de la souveraine. Obsédé par l’idée de voir cette « mère de tous les Anglais » dont il n’a jamais entendu parler, il s’introduit dans Windsor Castle où, grâce à l’entremise de John Brown, il parvient à émouvoir la reine et à la faire sourire.
Tourné à Londres et dans les studios de Shepperton, d’après un roman de Theodore Bonnet, lui-même inspiré par un fait divers authentique datant de 1838 (sujet du livre de Jan Bondeson, « Queen Victoria’s Stalker : The Strange Story of the Boy Jones »). Une mise en scène souvent sensible, un trio mémorable Dunne-Currie-Guinness, et un tour de force phénoménal de ce dernier en Disraeli, qui fait au Parlement un discours non-stop de 6 ½ ; minutes (sans coupures). L’avant-dernier rôle d’Irene Dunne. Nomination à l’Oscar pour les costumes.
1951® The Lady with a Lamp (GB) de Herbert Wilcox. – av. Helena Pickard (la reine Victoria), Peter Graves (prince Albert), cf. bio Florence Nightingale (3.2).
1951(tv) Victoria Regina (US) de Norman Felton 
série « Robert Montgomery Presents Your Lucky Strike Theatre », épis. 20, saison 2 (NBC 15.1.51), 60 min. – av. Helen Hayes (la reine Victoria), Kent Smith (prince Albert), Robert Harris (Lord Beaconsfield), Olga Fabian, Halliwell Hobbes, Francis Charles, Alexander Clark.
La vie de la reine Victoria, de son ascension au trône en 1837 au « Diamond Jubilee » en 1897, fêtant les 60 ans de son règne. D’après la pièce de Laurence Housman (1934, mise en scène à Londres en 1937). Aux Etats-Unis, Helen Hayes a déjà tenu le rôle de Victoria sur scène à Broadway, aux côtés de Vincent Price (prince Albert), en 1937. La pièce a été adaptée en français par André Maurois et Virginia Vernon, et interprétée à Paris par Gaby Morlay (1938).
Disraeli (John Gielgud) et la reine (Fay Compton) dans « The Prime Minister » de Thorold Dickinson (1941)
1952(tv) Happy and Glorious (GB) de Desmond Davis [et Tony Richardson]
(BBC1 13.9.-18.10.52), 6 x 35 min. – av. Renée Asherson (la reine Victoria), Michael Aldridge (le prince Albert / prince Edward), Ernest Milton (Benjamin Disraeli), Edmund Willard (William E. Gladstone), Graveley Edwards (archevêque de Canterbury), Dorothea Alexander (baronne Lehzen), Henry Oscar (Lord Conyngham), Oliver Johnston (Sir John Conroy), Mark Dignam (roi de Hannovre), Raymond Rollett (duc de Sussex), Wyndham Goldie (baron Stockmar), George Curzon (Léopold II de Belgique).
Le jubilée de diamant du règne de la reine Victoria, de 1837 à 1897, d’après la pièce « Victoria Regina » de Laurence Housman (cf. 1951). Tony Richardson est producteur assistant. – Episodes : 1. « 1837 » – 2. « 1838-1841 » – 3. « 1842-1853 » – 4. « 1861-1862 » – 5. « 1875-1887 » – 6. « 1891-1900 ».
1953(tv) The Amazing Mr. Gladstone (US) « Kraft Television Theatre » (ABC 10.12.53), 60 min. – av. Benjamin Fishbein (William E. Gladstone), Eli Mintz, David Medoff.
1953® The Story of Gilbert and Sullivan (GB) de Sidney Gilliat. – av. Robert Morley (W. S. Gilbert), Maurice Evans (Arthur Sullivan), Muriel Aked (la reine Victoria).
1953® Melba (GB) de Lewis Milestone. – av. Sybil Thorndike (la reine Victoria), cf. bio (13.2).
1954Δ Lilacs in the Spring (GB) de Herbert Wilcox. – av. Anna Neagle (la reine Victoria).
1954Mädchenjahre einer Königin (US : The Young Victoria) (Les Jeunes Années d’une reine) (AT) d’Ernst Marischka 
Erma-Film (Ernst Marischka), 109 min. – av. Romy Schneider (la reine Victoria), Adrian Hoven (le prince Albert de Saxe-Cobourg), Magda Schneider (baronne Lehzen), Karl Ludwig Diehl (Lord Melbourne), Christl Mardayn (duchesse de Kent, mère de Victoria), Fred Liewehr (Léopold II de Belgique), Peter Weck (prince Henri d’Orange), Rudolf Lenz (archiduc Alexandre de Russie), Eduard Strauss Jr. (Johann Strauss père).
Remake en Agfacolor du film de 1936. L’année suivante, le team gagnant de cette bluette royale – Romy Schneider (16 ans), sa mère Magda Schneider & Ernst Marischka – va transférer ses clichés pour midinettes et ses recettes sentimentales de la cour d’Angleterre à celle de la Vienne impériale pour la trilogie des « Sissi », avec le succès mondial que l’on sait. Tournage aux Sievering-Ateliers à Vienne.
1957(tv) The Remarkable Mrs. Jerome (US) de Walter Grauman 
Albert McCleery-« Matinee Theater » (NBC 19.2.57), 60 min. – L’histoire de l’Américaine Jennie Jerome (1854-1921) qui épousa le fils du duc de Marlborough, Lord Randolph Churchill, et devint la mère de Winston Churchill.
1957(tv) The Consort (US) d’Owen Crump 
série « Telephone Time », Hal Roach Studios (CBS 27.1.57), 30 min. – av. Robert Vaughn (le prince Albert), Judy Boutin (la reine Victoria), Otto Waldis, Alan Napier, David Cavendish, Lowell Gilmore.
1961(tv) Victoria Regina (US) de George Schaefer 
Compass-NBC, « The Hallmark Hall of Fame » (NBC 30.11.61), 90 min. – av. Julie Harris (la reine Victoria), James Donald (le prince Albert), Basil Rathbone (Lord Beaconsfield), Felix Aylmer (Lord Melbourne), Pamela Brown (duchesse de Kent), Louis Edmonds (prince Ernest), Isabel Jeans (Mistress of the Robes), Barry Jones (Dewan), Inga Swenson (Lady Jane), Olga Fabian (baronne Lehzen), Tom McDermott (gén. Grey), Edward Cullen (John Brown), Robert Downing (Edward, le prince de Galles), Francis Compton (Richards). – D’après la pièce de Laurence Housman (cf. 1951).
1963(tv) The Invincible Mr. Disraeli (US) de George Schaefer 
« Hallmark Hall of Fame » (NBC 4.4.63). – av. Trevor Howard (Benjamin Disraeli), Greer Garson (Mary Anne Wyndham Lewis Disraeli, Lady Beaconsfield), Eric Berry (Sir Robert Peel), Denholm Elliott (Montague Corry), Hurd Hatfield (Lionel Rothschild), Geoffrey Keen (William Gladstone), Kate Reid (la reine Victoria), Frederick Worlock (Lord Derby), Joan White (Mrs. Gladstone), Norman Barrs (Speaker of the House), C. M.Campel (col. Peel), Hugh Franklin (Dr. Jenner), Peter von Zerneck (Otto von Bismarck), Frederic Tozere (Mr. Malloy), Robinson Stone (butler de Rothschild).
1964(tv) Victoria Regina (GB) de Stuart Latham 
Granada Television (ITV 13.11.-4.12.64), 4 x 50 min. – av. Patricia Routledge (la reine Victoria), Max Adrian (Benjamin Disraëli), Joachim Hansen (prince Albert), Geoffrey Dunn (archevêque de Canterbury), Barbara Couper. – Les diverses étapes du règne de la reine Victoria, de 1837 à 1887 (d’après la pièce de Laurence Housman, cf. 1951).
1966Δ Jules Verne’s Rocket to the Moon (Le Grand Départ vers la lune) (GB) de Don Sharp. – av. Sterndale Bennett (la reine Victoria).
1966Δ The Wrong Box (Un mort en pleine forme) (GB) de Bryan Forbes. – av. Avis Bunnage (la reine Victoria).
1966® (tv) Gordon of Khartoum (GB) de Rudolph Cartier. – av. Charles Carson (William E. Gladstone), Gladys Spencer (la reine Victoria), cf. Afrique (6.2).
1966® Khartoum (GB) de Basil Dearden. – av. Charlton Heston (gén. Charles Gordon), Peter Arne (major Kitchener), Ralph Michael (Sir Charles Dilke),Ronald Leigh-Hunt (Lord Northbrook).
1969Zorro alla corte d’Inghilterra (Zorro au service de la reine) (IT) de Francesco Montemurro 
Romana, 101 min. – av. Spiros Focas (Zorro), Carol Wells, Dianele Vargas, Barbara Carrol (la reine Victoria). – L’aventurier masqué rétablit la justice sur une île des colonies britanniques.
1970Δ The Private Life of Sherlock Holmes (La Vie privée de Sherlock Holmes) (GB) de Billy Wilder. – av. Mollie Maureen (la reine Victoria).
1971® (tv) Preussen über alles… Bismarcks deutsche Einigung – 1. Streit im Deutschen Bund – 2. Reichsgründung im Krieg (DE) de Rudolf Jugert. – av. Renate Pichler (la reine Victoria).
1972**Young Winston (Les Griffes du lion) (GB/US) de Richard Attenborough 
Carl Foreman/Open Road-Hugh French-Columbia Pictures, 157 min. – av. Simon Ward (Winston Churchill), Robert Shaw (Lord Randolph Churchill), John Mills (Lord Herbert Kitchener), Basil Dignam (Joseph Chamberlain), Anne Bancroft (Lady Jennie Churchill), Jack Hawkins (James Welldon), Ian Holm (George E. Buckle), Anthony Hopkins (David Lloyd George), Reginald Marsh (Edward, prince de Galles), Patrick Magee (gén. Bindon Blood), Laurence Naismith (Lord Salisbury), Jane Seymour (Pamela Plowden), William Dexter (Arthur Balfour), Russell Lewis (Churchill à 7 ans), Willoughby Gray (William E. Gladstone).
Sous-lieutenant, Winston Churchill séjourne en Indes en 1897, puis accompagne un Lord Kitchener hostile à sa présence au Soudan en 1898 pour écraser les derviches, assiste à la bataille d’Omdurman où il participe à la dernière charge de cavalerie classique de l’armée britannique. En 1899, il est correspondant de presse en Afrique du Sud pour couvrir la guerre des Boers ; capturé à Chieveley, il parvient à s’échapper d’un camp de prisonniers de Prétoria, et Londres le fête en héros national. Elu au Parlement, Churchill est désormais prêt à commencer sa carrière politique…
Les premières trente années de Sir Winston Churchill (1874-1965), filmées sans audaces mais avec intelligence et un réel sens du spectacle aux studios de Shepperton, à Blenheim Palace, Chartwell House, Harrow School, à l’Académie militaire de Sandhurst, à Swansea (Wales) pour l’Afrique du Sud, et, pour le Soudan, au Maroc (avec l’assistance des troupes du roi Hassan II), en Panavision et Eastmancolor. Le producteur Carl Foreman a adapté les mémoires de l’ancien Premier ministre, « My Early Years », à la suggestion de l’auteur. Trois nominations à l’Oscar 1973 (décors, costumes, scénario), BAFTA Award pour les costumes, Golden Globe pour le meilleur film étranger (USA), Writers’ Guild of Great Britain Award (scénario de Foreman).
1973® On the Game (GB) de Stanley A. Long. – av. Lloyd Lamble (William E. Gladstone), David Brierly (prince de Galles).
1974® (tv) The Fall of Eagles (La Chute des aigles) (GB) de Stuart Burge, etc. – av. Gemma Jones (la reine Victoria), Derek Francis (Edward VII).
1974The Great McGonagall (GB) de Joseph McGrath 
Darltan Pictures-Tigon, 89 min. – av. Spike Milligan (William McGonagall), Peter Sellers (la reine Victoria [ !]), Valentine Dyall (John Brown), Julian Chagrin (prince Albert), Julia Foster (Jean McGonagall), John Bluthal (Giles). – Comédie : à Dundee en 1890, un tisserand-poète écossais sauve la vie de la reine Victoria lors d’une tentative d’assassinat.
1974(tv) *Jennie, Lady Randolph Churchill (GB/US) de James Cellan Jones 
Andrew Brown-Thames Television-PBS (ITV 5.11.-17.12.74), 7 x 50 min. – av. Lee Remick (Jennie Jerome), Ronald Pickup (Lord Randolph Churchill), Thorley Walters (Edward, prince de Galles), Joanna David (Alexandra, princesse de Galles), Helen Horton (Mrs. Jerome), Rachel Kempson (duchesse de Marlborough), Dan O’Herlihy (Leonard Jerome, père de Jennie), Linda Liles (Clara Jerome), Cyril Luckham (duc de Marlborough), Robin Sherringham (tsarévitch Alexandre), Thorey Mountain (tsarevna Maria Féodorovna), John Westbrook (George Spencer Churchill, marquis de Blandford), Peter Cellier (Lord Aylesford), Virginia Denham (Rosamond Churchill), Patrick Troughton (Benjamin Disraeli), Adrian Ropes (Arthur Balfour), David Steuart (William E. Gladstone), Marguerite Young (Catherine Gladstone), Warren Clarke/Paul Ambrose (Winston Churchill adulte/enfant), John Bailey (Sir Henry James), Jeremy Brett (comte Karel Kinsky), Christopher Cazenove (George Cornwallis-West), Malcolm Stoddard (Jack Churchill), Edgar Wreford (Lord Curzon), Anna Fox (Clementine Churchill), Siân Phillips (Mrs. Patrick Campbell).
La vie mouvementée de Lady Churchill (1854-1921), d’origine américaine, suffragette fortunée, écrivaine, maîtresse du prince de Galles et la femme négligée de Lord Randolph Churchill qu’elle a épousé en 1873. Produit pour coïncider avec le centenaire de la naissance de Winston Churchill (tourné notamment à Blenheim Palace, la demeure des Churchill). Un méga-feuilleton d’après la biographie de Martin Gilbert, rehaussé par la mise en scène très adroite de Cellan Jones et la prestation remarquable de la vedette américaine Lee Remick (« Baby Doll » d’Elia Kazan). BAFTA Award 1975 pour Lee Remick, 3 nominations (réalisation, décors, costumes) ; prix du Directors Guild of America 1976 à James Cellan Jones ; Emmy Award 1976 aux costumes, 5 nominations (décors, réalisation, Lee Remick, production, scénario) ; Golden Globe 1976 pour Lee Remick. – Episodes : 1. « Jennie Jerome » – 2. « Lady Randolph » – 3. « Recovery » – 4. « Triumph and Tragedy » – 5. « A Perfect Darling » – 6. « His Borrowed Plumes » – 7. « A Past and a Future ».
1975Δ The Adventures of Sherlock Holmes’ Smarter Brother (Le Frère le plus futé de Sherlock Holmes) (US) de Gene Wilder. – av. Susan Field (la reine Victoria).
1975(tv) Edward the Seventh / US : The Royal Victorians or Edward the King (GB) de Cecil Clarke, John Gorrie 
ATV Network (ITV 1.4.-1.7.75), 13 x 50 min. – av. Timothy West (Edward VII), Annette Crosbie (la reine Victoria), Robert Hardy (le prince Albert), Deborah Grant (princesse Alexandra de Danemark, son épouse), John Gielgud (Benjamin Disraeli), Cheryl Campbell (princesse Béatrice), Jane Lapotaire (impératrice Marie de Russie), Charles Sturridge (Edward jeune, dit Bertie), Francesca Annis (Lillie Langtry), Charles Dance (prince Eddy), Deborah Grant / Helen Ryan (princesse Alexandra), Felicity Kendall (princesse Vicky), William Dysart (John Brown), Andre Morell (Lord Palmerston), Michael Hordern (William E. Gladstone), Christian Neame (Wilhelm II), Moira Redmond (Alice Keppel), Michael Billington (tsar Nicolas II), Bruce Purchase (tsar Alexandre III), Anthony Douse (Christian IX de Danemark).
Edward, prince de Galles (1841-1910), « Bertie » pour les intimes, devra attendre l’âge de 60 ans pour enfin accéder au trône sous le nom de Edward VII, en 1902. Son mariage avec Alexandra de Schleswig-Holstein-Sonderburg-Glücksburg (fille aînée du roi de Danemark), qui éloigne la couronne de sa parenté allemande après l’annexation du Schleswig-Holstein par la Prusse au détriment du Danemark. Ses diverses liaisons – l’actrice Lillie Langtry, Jennie Jerome (mère de Winston Churchill), Alice Keppel – et ses efforts en faveur de l’Entente cordiale avec la France. – Episodes : 1. « The Boy » – 2. « An Experiment in Education » – 3. « The New World » – 4. « Alix » – 5. « A Hundred Thousand Welcomes » – 6. « The Invisible Queen » – 7. « Dearest Prince » – 8. « The Royal Quadrille » – 9. « Scandal » – 10. « The Years of Waiting » – 11. « King at last » – 12. « The Peacemaker » – 13. « Good Old Teddy ».
1976(tv) Victorian Scandals (GB) d'Alan Grint (1), June Howson (2,3), Peter Prince (4), Claude Whatham (5), Richard Everitt (6), Richard Martin (7)
Michael Cox/Granada Television (ITV 3.9.-10.10.76), 7 x 55 min. - av. Tim Barlow (cpt. Elgie Corner), Lewis Flander (Daniel Dunglass Home), Ania Marson (Katie Cook), Twiggy (Florence Cook), Henry Moxon (Napoléon III), Maureen O'Brian (Catherine Walters, dite Skittles), Christine Robinson (Cora Pearl), Judith Buckingham (Guilia Bernini, dite La Barucci), Jonathan Coy (Harry Carstairs), Julian Fellowes (Tom Grenville), John Moulder-Brown (Wilfrid Blunt), Peter Penry-Jones (Lord Hubert de Burgh), Sydney Tafler (Achille Fould), Ronald Adam (Chichelle Plowden), Kate Binchy (Charlotte Brontë), Kate Elphick (Minny Thackeray), Michael Halsey (Alfred Tennyson), Carolyn Jenkins (Anne Thackeray), Gareth Thomas (William Makepeace Thackeray), John Truscott (Arthur Hallam), Robert Hardy (Mr. Munby), Diane Mercer (Miss Wright), Elizabeth Spriggs (Hannah), Dermot Crowley (George Bernard Shaw), John Carson (Sir Hardinge Giffard), Barry Jackson (George Lewis), James Greene (Charles Watts), Cyril Luckham (Sir Alexander Cockburn), Peter Egan (Henry James Prince), Marlene Sidaway (Sarah), Clive Swift (William Hepworth-Dixon).
Une suite d'histoires authentiques qui ont scandalisé la société victorienne. - Episodes: 1. "The Frontiers of Science" - 2. "Skittles" - 3. "The Portland Millions" - 4. "A Pitcher of Snakes" - 5. "Hannah" - 6. "The Fruits of Philosophy" - 7. "Beloved".
1978® (tv) Lillie (GB) de John Gorrie. – av. Dennis Lil (Edward, prince de Galles), Francesca Annis (Lillie Langtry, sa maîtresse), Janet Burnell (Catherine Gladstone), David Dixon (prince Léopold), John Gabriel (Benjamin Disraeli), Michael Gaunt (Lord Randolph Churchill), John Phillips (William E. Gladstone), Sheila Reed (la reine Victoria), Keith Varnier (prince George, futur George V), cf. bio Lillie Langtry (13.2).
1978(tv) Disraeli – Portrait of a Romantic (GB) de Claude Whatham 
Cecil Clarke-ATV-Thames Television (ITV 5.-26.9.78), 4 x 60 min. – av. Ian McShane (Benjamin Disraeli), Mary Peach (Mary Anne Wyndham Lewis Disraeli, Lady Beaconsfield), Rosemary Leach (la reine Victoria), John Carlisle (William Gladstone), Jeremy Clyde (Lord John Manners), Brewster Mason (Otto von Bismarck), David de Keyser (baron Rothschild), David Wood (Lord Derby), John Gregg (Lord Salisbury), Brendan Barry (Sir Stafford Northcote), Leigh Lawson (comte Alfred d‘Orsay), Jenny Lipman (Sarah Disraeli), Anton Rodgers (Lord George Bentinck), Maria Charles (Maria Disraeli), Aubrey Morris (Isaac Disraeli), Leigh Lawson, Margaret Whiting, Mark Dignam, William Russell, Antony Brown (Sir Robert Peel).
Portrait d’un homme complexe, « une énigme même pour lui-même », avouera-t-il. De parents juifs, baptisé à l’Eglise anglicane, auteur de romans à scandales, dandy effronté, grand séducteur, puis, après cinq tentatives, entrée au Parlement en tant que « conservateur progressiste », où il devient un des politiciens les plus innovateurs de son temps. Une interprétation intéressante de Ian McShane (« Deadwood »). – Episodes : 1. « Dizzy » – 2. « Mary Anne » – 3. « The Great Game, 1858-1872 » – 4. « The Chief ,1872-1881 ».
1979Δ Stories from a Flying Trunk (GB) de Christine Edzard. – av. John Dalby (reine Victoria).
1981(tv) The Life and Times of David Lloyd George (GB) de John Hefin 
BBCtv-Cymru-Wales (BBC-2 4.3.81), 9 x 60 min. – av. Philip Madoc (David Lloyd George), Dylan Jones (id., enfant), Sue Jones-Davies (Megan Lloyd George), David Markham (Lord Herbert Henry Asquith), Kika Markham (Frances Stevenson), Lisabeth Miles (Margaret Owen Lloyd George). – La vie de Lloyd George (1863-1945), Premier ministre de 1916 à 1922.
1983(tv) Old Glad Eyes (GB) de Herbert Wise 
série « Number 10 » no. 1, Margaret Bottomley/London Weekend Television-Yorkshire Television (ITV 13.2.83), 52 min. – av. Denis Quilley (William Eward Gladstone), Celia Johnson (Mrs. Gladstone), Robin Sachs (Sir Edward Hamilton), Frank Middlemass (Lord Granville), John Cater (rév. Stephen Gladstone), James Cossins (Lord Harcourt), Melanie Hugues (Lady Cavendish), Juliet Waley (Susan Pritchett). – En 1882, Gladstone, grand amateur de maisons closes, reçoit les politiciens comme les prostituées à Downing Street 10.
1983(tv) Dizzy (GB) d’Alvin Rakoff 
série « Number 10 » no. 6, Margaret Bottomley/London Weekend Television-Yorkshire Television (ITV 20.3.83), 52 min. – av. Richard Pasco (Benjamin Disraeli), Zena Walker (la reine Victoria), Sheridan Fitzgerald (princesse Béatrice), Nicholas Jones (Montagu Corry), Evelyn Laye (Lady Chesterfield). – Disraëli ou « Dizzy », 73 ans, ministre favori de Sa Majesté, est entouré d’une cour de belles aristocrates à Downing Street 10.
1984Δ The Young Visiters (GB) de James Hill. – av. John Standing (prince de Galles).
1985® (tv) Oscar (GB) de Henry Herbert. – av. James Bree (prince de Galles). – cf. bio Oscar Wilde.
1986® (tv) Barnum (US) de Lee Philips. – av. Bronwen Mantel (la reine Victoria), cf. bio Etats-Unis.
1986® (tv) Shaka Zulu (AU/DE/IT/US/ZA/DE/CA) de William C. Faure. – av. Erica Rogers (la reine Victoria), Sean Taylor (le prince de Galles), cf. Afrique du Sud (8.2).
1988® (tv) Blackadder's Christmas Carol (GB) de Richard Boden (BBC1 23.12.88). - av. Miriam Margolyes (la reine Victoria), Jim Broadbent (prince Albert).
1989Δ (tv) Around the World in 80 Days (GB) de Buzz Kulik. – av. Anna Massey (la reine Victoria).
1990Δ (tv) Hands of a Murderer / Sherlock Holmes and the Prince of Crime (GB) de Stuart Orme. – av. Honora Burke (la reine Victoria).
1991/92Δ (tv+ciné) Den goda viljan (Les Meilleures Intentions) (SE) de Billie August. – av. Anita Björk (la reine Victoria).
1996® (tv) Rhodes (GB/CA/US/ZA) de David Drury. – av. Margaret Hale (reine Victoria).
L’amour secret d’une reine vieillissante (Judy Dench) : « Mrs. Brown » (1997) de John Madden
1997**Mrs. Brown / US : Her Majesty Mrs. Brown (La Dame de Windsor) (GB/IE/US) de John Madden 
Sarah Curtis-BBC Scotland-Ecosse Films-Irish Screen-Miramax, 105 min. – av. Judy Dench (la reine Victoria), Billy Connolly (John Brown), Geoffrey Palmer (Henry Ponsonby), Anthony Sher (Benjamin Disraeli), Gerard Butler (Archie Brown), Richard Pasco (Dr. Jenner), David Westhead (Bertie, le prince de Galles), Bridget McConnell (Lady Ely), Georgie Glen (Lady Randolph Churchill), Sara Stewart (princesse Alexandra), Finty Williams (princesse Helena), Claire Nicolson (princesse Louise), Hattie Ladbury (princesse Alice), Oliver Kent (prince Alfred), Alex Menzies (prince Arthur), Simon McKerrell (prince Leopold), Cherith Mellor (Mary Ann Disraeli), James Vaughan (Sir Charles Dilke).
Depuis la mort de son mari, la reine Victoria n’a plus goût à rien et fait régner autour d’elle une pesante atmosphère de solitude et de tristesse, jusqu’au jour où, en 1861, l’arrivée de John Brown, un nouveau palefrenier écossais, change tout : de morte-vivante, elle devient une souveraine qui retrouve son autorité naturelle et le goût à la vie. Cette liaison authentique, semi-secrète et vraisemblablement platonique de la reine Victoria avec son garde-chasse est filmée à Ardverikie Estate et Duns Castle (Ecosse), Luton Hoo Estate (Bedfordshire) et Osterley Park House à Isleworth. Madden allie subtilement sensibilité, émotion et une touche d’ironie. Judi Dench, qui interprète de manière éblouissante la métamorphose de Victoria au cœur des rougages complexes de la monarchie, est nominée à l’Oscar 1998. L’année suivante, John Madden lui confiera le rôle de la reine Elisabeth dans « Shakespeare in Love ». Vers 1965, la famille royale s’était opposée à un projet traitant le même sujet, avec Sean Connery dans le rôle de John Brown.
1999Δ (tv) The Secret Adventures of Jules Verne (CA/GB) de Tom Clegg, Pierre de Lespinois. – av. Patti Allen (la reine Victoria).
1999(tv) Queen Victoria (GB) de Graham C. Williams
série "The Timekeepers of the Millenium", Vanessa Hill/Foundation TV Productions-New Millenium Experience Co.-Carlton Television (ITV 12.12.99), 25 min. - av. June Whitfield (la reine Victoria). - Programme pour la jeunesse: voyage dans le temps.
2001(tv) *Victoria & Albert (Victoria et Albert) (GB/US) de John Erman 
BBCtv-A&E Networks-Own2feet Prod.-Splendid TV (CBS 20.10.01), 2 x 90 min. – av. Victoria Hamilton (la reine Victoria), Joyce Redman (la reine Victoria âgée), Jonathan Firth (le prince Albert), James Callis (Ernest), David Suchet (baron Stockmar), Diana Rigg (baronesse Lehzen), Patrick Malahide (Sir John Conroy), Roger Hammond (duc de Cobourg), Penelope Wilton (duchesse de Kent, mère de Victoria), Peter Ustinov (William IV), Delena Kidd (reine Adelaide), John Wood (duc de Wellington), Nigel Hawthorne (Lord Melbourne), Alec McCowen (Sir Robert Peel), Jonathan Pryce (prince Leopold), Michael Siberry (Uxbridge).
Lorsqu’Albert épouse Victoria, 21 ans, en 1840, il n’est pas vraiment épris d’elle. Il doit abandonner ses amis, les forêts allemandes, ne peut plus dessiner et jouer de la musique comme il aimait le faire. Victoria, elle, est transie d’amour, mais consacre toute son énergie à ses nouvelles et lourdes fonctions, sous le regard d’une mère hystérique et d’un aréopage de conseillers et ministres grisonnants. Il lui faut bousculer le protocole pour laisser à son mari une place au sein du royaume. Une relecture intéressante de la chronique intime des souverains qui encourage à des rapprochements avec les soubresauts actuels de la monarchie britannique. Tournage au Arundel Castle (Sussex) et aux studios d’Elstree à Borehamwood. Peter Ustinov qui interprète ici William IV, campa son frère aîné, le Prince de Galles et futur George IV, dans « Beau Brummel » en 1954. Emmy Award 2002 pour les costumes, nomination pour Diana Rigg en préceptrice de la reine.
2001(tv) Victoria’s Empire / Queen Victoria’s Empire (Victoria : une reine, un empire) (GB/US) de Paul Bryers, Paul Burgess 
Brook Lapping Prod.-DeVillier Donegan Enterprises-History Channel-PBS (Channel 5 22.7.-12.8.01), 4 x 55 min. – av. Frances McDevitt (la reine Victoria), Elliot Levey (Benjamin Disraeli), Martin Wady (William Gladstone/Robert Peel), Donald Sutherland (narration).
Docu-fiction. Episodes : 1. « Engines of Change » – 2. « Passage to India » – 3. « The Moral Crusade » – 4. « The Scramble for Africa ».
2001® From Hell (US) d'Albert et Allen Hughes. - av. Liz Moscrop (la reine Victoria).
2002(tv) Prince Albert (GB) de Kate Townsend 
série « Reputations » (BBC 13.9.02), 50 min av. Paul Ansdell (le prince Albert de Saxe-Cobourg), Natasha Little (narration). – Docu-fiction qui présente le prince consort comme un homme ambitieux et peu docile, cherchant à partager le pouvoir avec son épouse, au grand dam des ministres et de la cour. Sa disparition est un soulagement, sauf pour la reine qui ne s’en remettra jamais.
2002Δ Night’s Noontime (CA) de Rajiv Maikhuri. – av. Jackie Burroughs (la reine Victoria).
2003Δ Shanghai Knights (Shanghaï Kid II) (US) de David Dobkin. – av. Gemma Jones (la reine Victoria).
2003Δ Around the World in 80 Days (US) de Frank Coraci. – av. Kathy Bates (la reine Victoria), Ian McNeice (Lord Kitchener), Roger Hammond (Cecil Rhodes).
2003Δ The Young Visiters (GB) de David Yates. – av. Janine Duvitski (la reine Victoria), Simon Russell Beale (prince de Galles).
2003(tv) Looking for Victoria (GB) de Louise Osmond 
BBCtv (BBC1 27.10.+3.11.03), 2 x 55 min. – av. Prunella Scales (la reine Victoria), Richard Betts (le prince Albert), Charles Dance (Charles Greville), Timothy West (Thomas Greevey), Richenda Carey (Lady Wharncliffe), Charlie Hayes (Victoria jeune), Emma Sackville (Victoria enfant), Tom Allen (Albert jeune), Geoffrey Bayldon (Sir Henry Ponsonby), David Ryall (Henry James), Andrew Sachs (Benjamin Disraeli), Christopher Benjamin (Lord Stanley), Patrick Godfrey (Lord Clarendon), Timothy Walker (Wilfred Blunt), Robert Lang (Lord Halifax).
Prunella Seales fait des recherches sur la reine et interroge des historiens à ce sujet.
2006Δ (tv) Doctor Who : Tooth and Claw (Un loup garou royal) (GB) d’Euros Lyn. – av. Pauline Collins (la reine Victoria).
2007(tv) Gladstone & Disraeli, Clash of the Titans (GB) de Jeff Morgan 
Green Bay Prod.-BBCtv (BBC4 3.3.09), 90 min. – av. Alex Bennett (William E. Gladstone), Steve Lately (Benjamin Disraeli), Peter Kerry Morgan, Cefin Vaughan, Robert Guest, Jeff Jones, Ken Goddard, Terrence Meredith, Richard Glyn Hughes, Gwilym Jones, Huw Edwards (présentation). – Docu-fiction.
2008® (tv) Florence Nightingale (GB) de Norman Stone. – av. Zoe Street Howe (la reine Victoria).
2008(tv) Queen Victoria’s Men (GB) de Rob Coldstream
(Channel Four 2.6.08), 95 min. – av. Venty Hewlett (Victoria jeune), Jenifer Armitage (Victoria adulte), Scarlet Coldstream (Victoria enfant), Matt Addis (prince Albert), Jay Benedict (Lord Melbourne), Steven Crossley (Benjamin Disraeli), Guy Manning (John Brown), Hajaz Akram (Abdul Karim), Pip Torrens (Charles Greville), Neil Salvage (Sir Henry Ponsonby).
2009*The Young Victoria (Victoria, les jeunes années d’une reine) (GB) de Jean-Marc Vallée 
Martin Scorsese-Graham King-Sarah Ferguson-GK Films, 105 min. – av. Emily Blunt (la reine Victoria), Rupert Friend (le prince Albert), Paul Bettany (Lord Melbourne), Miranda Richardson (duchesse de Kent), Thomas Kretschmann (le roi Léopold de Belgique), Mark Strong (Sir John Conroy), Jim Broadbent (William IV).
Le père de Victoria, le duc de Kent, meurt jeune, et la duchesse tombe sous la coupe de l’ambitieux Sir John Conroy. La petite Victoria subit un régime éducationnel tyrannique au palais de Kensington (« The Kensington System »), Conroy la tenant éloignée du pouvoir le plus longtemps possible. La rencontre avec le prince Albert, peu populaire au Parlement et très soucieux d’aider les couches les plus défavorisées du royaume, va tout changer. Selon le réalisateur canadien de cette superproduction, la jeune reine est une rebelle adolescente, enjouée, follement amoureuse, qui déjoue les intrigues de ses proches et demande à son amoureux de l’épouser : un peu de soufre dans l’eau de rose. C’est elle qui tient le pouvoir, au dam d’Albert, et ce n’est que lorsque celui-ci lui sauve la vie lors d’un attentat qu’elle accepte de lui céder un peu de responsabilité politique. Tourné à Lancaster House (Pall Mall) à Londres, à Wilton House, Arundel Castle, dans les jardins de Blenheim et aux studios de Shepperton Ex-belle-fille de la reine Elisabeth II, chassée le cour suite à ses frasques et son divorce, Sara Ferguson en est la productrice exécutive : un retour dans l’univers des Windsor par le cinéma. Oscar pour les meilleurs costumes.
2011® Hysteria / Oh My God! / In guten Händen (GB/FR/DE/CH/LX) de Tanya Wexler. - av. Sylvia Strange (la reine Victoria).
2012(tv) Queen Victoria's Last Love (GB) de Rob Coldstream
Blakeway Productions (Channel Four 25.4.12), 60 min. - av. Veronica Clifford (la reine Victoria), Kushai Pal Singh (Abdul Karim).
En 1897, la reine scandalise sa famille et la cour par sa relation privilégiée avec le domestique indien Abdul Karim qui lui enseigne des rudiments d'hindoustani et qu'elle couvre de cadeaux. Docu-fiction.
2012Victoria Meets (GB) de Robert Bierman
Sentinel Films, 17 min. - av. Saskia Wickham (la reine Victoria), Oliver Ford Davies (William Gladstone), Simon Chandler (le valet de chambre de la reine).
En 1875, Buckingham Palace. Le Premier ministre Gladstone souhaite un bon anniversaire à la reine.
2014® Mr. Turner (GB) de Mike Leigh. - av. Sinead Matthews (la reine Victoria), Tom Wlaschiha (le prince Albert).
2014® (tv) 1864 / 1864 - Liebe und Verrat in Zeiten des Krieges (1864, amours et trahisons en temps de guerre) (DK/DE/GB/NO/SE) d'Ole Bornedal. - av. James Fox (Lord Palmerston), Barbara Flynn (la reine Victoria).
2016*(tv) Victoria (GB) de Tom Vaughan (1-3), Sandra Goldbacher (4,5), Olly Blackburn (6-8), Lisa James Larsson (9,10), Geoffrey Sax (11,12), Jim Loach (13,14), Daniel O'Hara (15,16)
Paul Frift/Mammoth Screen Ltd.-Masterpiece for ITV (ITV 28.8.-9.10.16 / 27.8.-16.10.17), 16 x 60 min. - av. Jenna Coleman (Victoria), Tom Hughes (le prince Albert), Catherine Flemming (la duchesse de Kent), Peter Bowles (le duc de Wellington), Daniela Holtz (la baronesse Lehzen), Neil Hudson (Skerrett), Ferdinand Kingsley (Francatelli), Tommy Knight (Brodie), Eve Myles (Mrs. Jenkins), Paul Rhys (Sir John Conroy), Adrian Schiller (Penge), Peter Firth (le duc de Cumberland), Rufus Sewell (Lord Melbourne, Premier Ministre), Peter Ivatts (l'archevêque de Canterbury), Alie Orr-Ewing (Lady Flora Hastings), Anna Wilson-Johnes (Lady Emma Portman), Robin McCallum (Lord Portman), Nicholas McAuliffe (la duchesse de Cumberland), Richard Dixon (Lord Chancellor), Julian Finnigan (Lord Hastings), Tom Price (le duc de Sutherland), Margaret Clunie (Harriet, duchesse de Sutherland), Daniel Donskoy (le Grand Duc), Jordan Waller (Lord Alfred Paget), Robin Soans (Sir James Clark), Nigel Lindsey (Sir Robert Peel), Alex Jennings (Léopold de Belgique), David Oakes (le prince Ernest), Daniela Holz (la baronesse Lehzen), Neil Hudson (Skerret), Ferdinand Kingsley (Francatelli), Emerald Fennell (Ada Lovelace, fille de Lord Byron), Diana Rigg (la duchesse de Buccleuch), Denis Lawson (le duc d'Atholl).
Cette "romance royale" imaginée et écrite par Daisy Goodwin tente de présenter Alexandrina Victoria, dix-huit ans, jeune princesse et future reine (bien trop jolie à l'écran) comme une femme espiègle et très sensible au sexe opposé, têtue, impulsive, vulnérable, parfois perdue dans les méandres du pouvoir et amoureuse de son Premier Ministre, Lord Melbourne. Plusieurs apartés un peu envahissants parmi le personnel des sous-sols, à l'instar de la série à succès "Downton Abbey" (mêmes producteurs). Par moments un peu kitsch, avec des reconstitutions numériques trop voyantes, mais la psychologie des protagonistes est intéressante à suivre. Les premiers huit épisodes s'achèvent sur une reine enceinte qui échappe de justesse à un attentat. Un énorme succès cathodique pour ITV, encouragé à lancer une deuxième, puis une troisième saison. Nostalgie identitaire de l'Empire ou produit conservateur du "brexit" ?
Episodes: 1. "Doll 123" - 2. "Ladies in Waiting" - 3. "Brocket Hail" - 4. "The Clockwork Prince" - 5. "An Ordinary Woman" - 6. "The Queen's Husband" - 7. "Engine of Change" - 8. "Young England" - Saison 2: 9. "A Soldier's Daughter" - 10. "The Green-eyed Monster" - 11. "Warp and Weft" - 12. "The Sins of the Father" - 13. "Entente cordiale" - 14. "Faith, Hope & Charity" - 15. "The King over the Water" - 16. "The Luxury of Conscience" - Saison 3: (...).
2017*Victoria & Abdul (Confident Royal) (GB/US) de Stephen Frears
Tim Bevan, Eric Fellner, Beeban Kidron, Tracey Seaward/BBC Films-Working Title Films-Cross Street Films-Perfect World Pictures, 112 min. - av. Judi Dench (la reine Victoria), Ali Fazal (Mohammed Abdul Karim), Eddie Izzard (Bertie, Prince de Galles), Tim Pigott-Smith (Sir Henry Ponsonby), Adeel Akhtar (Mohammed), Simon Callow (Giacomo Puccini), Olivia Williams (la baronne Churchill), Michael Gambon (Robert Arthur Talbot Gascoyne-Cecil), Julian Wadham (Alick Yorke), Olivia Williams (Jane Spencer), Fenella Woolgar (Miss Phipps), Jonathan Harden (Wilhelm II).
Vers la fin de son règne, la reine Victoria se lie d'amitié avec un jeune employé indien du nom d'Abdul Karim, venu d'Inde pour participer au jubilé de la reine. Alors que la reine Victoria s'interroge sur les contraintes inhérentes à son long règne, les deux personnes vont former une improbable alliance, faisant preuve d'une grande loyauté mutuelle que la famille royale ainsi que son entourage proche cherchent vainement à détruire (d'après le roman de Shrabani Basu). Tournage: Cairngorms (Ecosse), Osborne House (Isle of Wight), Knebworth House (Hertfordshire), York, Richmond, Greenwich, Belvoir Castle (Leicestershire), Delhi et Agra.
2017® The Greatest Showman [P. T. Barnum] (US) de Michael Gracey. - av. Gayle Rankin (la reine Victoria).
2018(tv) Albert - The Power Behind Victoria (GB) de Paul Olding
Jeff Anderson/Elephant House Production-Channel 5 Broadcasting Ltd. (Channel Five 29.9.18), 125 min. - av. Gareth David-Lloyd (le prince Albert), Olivia Hallinan (la reine Victoria), Jeremy Clyde (Lord Melbourne), Angela Bull (la baronne Lehzen), Drew Cain (Sir Robert Peel), Alex Bartram (George Anson), Chris Beaumont (Henry Cole), Robert Perkins (col. Charles Phipps), Paul Anthony Barber (le baron Stockmar), Samantha Bond (narration).
Le rôle innovateur du prince Albert qui contribue à moderniser le fonctionnement de l'Empire.
1939® Little Princess (Petite Princesse) de Walter Lang. - av. Beryl Mercer (la reine Victoria).
1997® The Opium War / Ya Pian Zhang Zheng (La Guerre de l’opium) (CN/JP) de Jin Xie [et Ann Hui]. - av.  
Debra Beaumont (la reine Victoria).
2001(tv) Station Jim (Bob, Jim et l'affreux Mr. Riorden) (US) de John Roberts. - av. Prunella Scales (la reine Victoria).
1967Δ (tv) Aunt Clara's Victoria Victory (US) de William Asher, série "Bewitched (Ma Sorcière bien-aimée)". - av. Jane Connell (la reine Victoria).
1983Δ (tv) Buffalo Bill and Annie Play the Palace (US) d'Alan J. Levi, série "Voyagers! (Voyages au bout du temps)". - av. Lurene Tuttle (la reine Victoria).
1969Δ (tv) Sexe and Violence (GB) de John Howard Davies et Ian MacNaughton, série "Monty Python's Flying Circus". - av. Terry Jones (la reine Victoria).
1974Δ (tv) Michael Ellis (GB) de Ian MacNaughton, série "Monty Python's Flying Circus". - av. Michael Palin (la reine Victoria).
La guerre de Crimée : « Balaclava / The Valley of Death » de Maurice Elvey (1928)

3.1. LA GUERRE DE CRIMÉE, 1853-1856

Conflit opposant la Russie à la Turquie, à l’Angleterre, à la France et à la Sardaigne (la Russie de Nicolas Ier voulant atteindre la Méditerrannée par les Dardanelles, s'emparer d'Istanbul et procéder au démembrement de l’Empire ottoman affaibli). Siège meurtrier de la forteresse de Sébastopol par Lord Raglan, Saint-Arnaud et Mac-Mahon. Désastreuse charge de la Brigade Légère anglaise à Balaclava (25 octobre 1854) contre les positions russes du général Franz Todleben, qui cherche vainement à briser l’encerclement de Sébastopol. Lancée par la fausse interprétation d’un ordre de l’état-major, la charge des six cents hommes du vingt-septième lanciers, unité d’élite de la cavalerie anglaise, se brise sur les défenses russes. Un épisode sanglant autant qu’inutile. (Mais contrairement à la « légende héroïque » magnifiée par le poème de Lord Alfred Tennyson, chantre du régime, 552 des 673 cavaliers survécurent à la charge, 517 chevaux furent tués ou blessés...) Après le retrait de la Russie, le traité de Paris déclare la neutralisation de la mer Noire.
1911Oborona Sevastopolja (La Défense de Sébastopol) (RU) de Vasilij Gontcharov, Aleksandr Hanjonkov 
A. Hanjonkov Film, 1050 m. – av. Andrej Gromov (l’amiral Pavel Nakhimov), Ivan Mosjoukine (l’amiral Vladimir Kornilov), Arsenij Bibikov (gén. Franz Todleben), Petr Birjukov, Anna Gonkarova, Nikolaï Semenev, B. Borisov, A. Gorin-Gorjainov, O. Petrova-Zvantseva.
La ville de Sébastopol tenue par les Russes en 1854/55 est assiégée par la coalition anglo-franco-turque. Le peuple est en prière. Blessé à Malakoff, l’amiral Kornilov meurt à l’hôpital. La bataille d’Inkerman est un désastre, l’étau se resserre, même les enfants prennent part au combat. Nakhimov est tué le 28 juin 1855, le 6 juillet, les troupes turques se déploient en force et le 27 août, les Russes ordonnent la retraite générale. Tournage en Crimée.
1912The Charge of the Light Brigade (La Dernière Charge) (US) de J. Searle Dawley 
Edison Mfg. Co., 1000 ft./12 min. – av. Benjamin F. Wilson (capt. William Morris), Richard Neill (capt. Louis Edward Nolan), James Gordon (FitzRoy James Henry Somerset, Lord Raglan), Charles Sutton (Lord Lucan), Miriam Nesbitt, Marc McDermott.
Deux amis de Londres, Morris et Nolan, prennent congé de leurs fiancées et partent en Crimée pour ne plus revenir. Une recréation de la charge des 27èmes lanciers filmée à Cheyenne, dans le Wyoming, avec 800 cavaliers de l’armée américaine, et aux studios de Decatur Avenue à Manhattan. Maladroit mais avec des images assez spectaculaires.
1912The Victoria Cross / The Charge of the Light Brigade (La Charge de la Brigade Légère) (US) de Hal Reid 
Vitagraph Co. of America, 1 bob. – av. Tefft Johnson (colonel Carson), Edith Storey (Ellen Carson), Wallace Reid (lieut. Cholmodeley), Julia Swayne Gordon (Florence Nightingale), Rose Tapley (la reine Victoria), Anita Stuart.
L’épouse du colonel Carson s’annonce volontaire pour seconder Florence Nightingale en Crimée et assiste à la charge de la Brigade Légère.
1914The Charge of the Light Brigade (GB)
Eric Williams Speaking Picture (c.m.). – av. Eric Williams.
1914Pimple’s Charge of the Light Brigade (GB) de Fred Evans, Joes Evans 
Folly Films (Phoenix), 230 m. – av. Fred Evans. – Parodie du film américain de 1912.
1928-30*Balaclava / The Valley of Death / US : Jaws of Hell (L’Escadron de la mort) (GB) de Maurice Elvey, Milton Rosmer 
Michael Balcon/Gainsborough Pictures, 2755 m./95 min. – av. Cyril McLaglen (lieut. John Kennedy), Benita Hume (Jean McDonald), Miles Mander (capt. George Gardner), Alf Goddard (Nobbs), Harold Huth (capt. Louis Edward Nolan), Robert Holmes (père Nicolaï), J. Fisher White (FitzRoy James Henry Somerset, Lord Raglan), Bos Ranevsky (le tsar Nicolas Ier), Wallace Bosco (Lord Palmerston), Marian Drada (la reine Victoria), Eugene Leahy (le prince Albert).
Crimée en 1854, devant Sébastopol. Chassé de l’armée à la suite d’un malheureux duel avec un camarade officier (qui est tué par une balle inconnue), le lieutenant Kennedy décide de sauver son honneur sur le champ de bataille, en changeant d’identité et devenant simple cavalier au 27e lanciers. Il survit, blessé, à l’hécatombe de Balaclava. Un soldat mourant l’innocente et Kennedy, restitué dans son grade, peut épouser l’infirmière irlandaise de son cœur. Une exaltation de l’héroïsme de l’armée anglaise, dans l’esprit du fameux poème de Lord Alfred Tennyson : la défaite due à la bêtise pure est muée en « victoire morale » ! Commencé par Elvey en 1928 (muet avec séquences en Pathécolor) aux studios de Shepherd’s Bush à Londres, puis en extérieurs pour la charge à Aldershot (Hampshire), le film est partiellement retourné avec dialogues par Milton Rosmer aux studios sonores de Beaconsfield (Buckinghamshire) fin 1929 et sort en 1930 en noir et blanc, synchronisé à New York. Les scènes avec la reine Victoria et le prince consort sont destinées uniquement à l’exploitation en dehors du Commonwealth. L’armée britannique prête des régiments de dragons et de hussards pour la reconstitution (assez spectaculaire et historiquement rigoureuse) de la bataille dans le Surrey.
1936**The Charge of the Light Brigade (La Charge de la Brigade Légère) (US) de Michael Curtiz 
Hal B. Wallis-Jack L. Warner/Warner Bros., 115 min. – av. Errol Flynn (maj. Geoffrey Vickers), Olivia de Havilland (Elsa Campbell), Patric Knowles (capt. Perry Vickers), Donald Crisp (col. Sir John Campbell), David Niven (capt. James Randall), Charles Croker-King (James Thomas Brudenell, Lord Cardigan), Brandon Hurst (FitzRoy James Henry Somerset, Lord Raglan), C. Henry Gordon (Surat Khan), G. P. Huntley (maj. Jowett), Robert Barrat (comte Igor Volonoff), Spring Byington (Lady Octavia Warrenton), E. E. Clive (Sir Humphrey Harcourt), J. Carrol Naish (Subahdar-Major Puran Singh), Walter Holbrook (Charles Barclay), Scotty Beckett (Prema Singh), Princesse Baigum (sa mère).
En Inde, Surat Khan conclut une alliance secrète avec la Russie, un conflit se trame dans les Balkans. Fiancé à Elsa, le major Vickers du 27e lanciers ignore que celle-ci aime son frère Perry. Surat Khan attaque le fort de Chikoti dont il anéantit par trahison toute la garnison, avec femmes et enfants. Vickers et Elsa échappent à la boucherie. Le 27e lanciers est muté en Crimée. Apprenant que Surat Khan se trouve à Balaclava et désirant venger le massacre des siens à Chikuti, Vickers transforme délibérément l’ordre donné d’attendre en ordre suicidaire d’attaquer, après avoir éloigné son frère (dont il a deviné l’amour pour Elsa) des combats. Les deux tiers des lanciers sont anéantis, Vickers meurt après avoir tué Surat Khan.
La charge suicidaire de la cavalerie britannique à Balaclava (« The Charge of the Light Btigade », 1936)
 
 
 
 Stimulée par le succès Paramount de « Lives of a Bengal Lancer » (1935) de Henry Hathaway (cf. les Indes), la Warner se lance à son tour dans la glorification de l’Empire britannique en Orient. Le script original présentait le massacre authentique du fort de Cawnpore/Kampur par Nana Sahib (211 femmes et enfants tués) pendant la révolte des Cipayes comme déclencheur de la charge en Crimée ; en cours de réalisation, le studio découvre que la révolte aux Indes eut lieu trois ans après Balaclava, en juillet 1857 ; le fort est alors rebaptisé Chikoti, et les Cipayes se métamorphosent en rebelles du sultan fictif Surat Khan. La superproduction, qui mobilise pour la deuxième fois Flynn et de Havilland, les jeunes tourtereaux de « Captain Blood » (1935) de Curtiz, est filmée aux studios de Burbank, à Iverson Ranch (Chatsworth), Sherwood Lake, Sonora, Sierra Mountains (dans le « rôle » du Khyber Pass) et à Lone Pine (frontière du Nevada). L’assaut du fort de Chikoti et le désastre de Balaclava sont enregistrés à Lasky Mesa/Ahmanson Ranch au nord de Calabasas et dans les plaines de San Fernando Valley. Pour la charge, filmée par sept caméras, Curtiz et B. Reeves Eason dirigent 280 figurants et 320 chevaux ; plusieurs dizaines de chevaux (et un cascadeur) sont tués, et l’« American Society for the Prevention of Cruelty to Animals » incite le Congrès à légiférer en vue d’une meilleure protection des animaux pendant les tournages. Un magnifique spectacle d’aventures, loin de l’Histoire (Lord Raglan et Cardigan font de la figuration), un héros romantique peu conventionnel (qui perd la femme qu’il aime, militaire insubordonné, hésitant, complexe, désespéré et suicidaire). Une œuvre imparfaite en raison de son scénario déséquilibré, mais débordante de séquences mémorables. La bataille finale est sans conteste la plus belle charge de cavalerie jamais filmée, d’un réalisme effarant, totalisant 295 plans sur une durée de six minutes. Certes, le galop de la charge commence bien trop tôt, alors que les lignes ennemies sont à peine visibles (pour ne pas fatiguer les chevaux, on ne lançait le galop qu'à une centaine de mètres des lignes de l'adversaire), mais qu'importe : c'est pour la bonne cause, celle du cinéma ! Oscar 1937 (pour Jack Sullivan, réal. assistant) et deux nominations (la partition galvanisante de Max Steiner, la prise de son).
1938® Sixty Glorious Years (Soixante années glorieuses) (GB/US) de Herbert Wilcox. – Brève reconstitution en Technicolor de la charge à Balaclava et de l’assaut de l’infanterie britannique.
Le désastre russe en Crimée (« Amiral Nahimov » de Vsevolod Poudovkine, 1946/47)
1942-46 [sortie : 1947]*Admiral Nakhimov (Amiral Nahimov) (SU) de Vsevolod Poudovkine 
Mosfilm, 93 min. – av. Alexei Diki (l’amiral Pavel Nakhimov), Vsevolod Poudovkine (prince Menchikov), Ruben Simonov (Osman Pacha), Aleksander Khokholov (Napoléon III), Pavel Gaideburov (FitzRoy James Henry Somerset, Lord Raglan), Leonid Knyazev (Piotr Kochka), Vladimir Vladislavsky (capt. Lavrov), Yevgeny Chaplygin (l’amiral Vladimir Kornilov), Vassili Kovrigin (Baranovsky).
La guerre de Crimée vue à travers le destin du commandant des forces navales et terrestres russes, l’amiral Pavel Nakhimov (1802-1855), notamment la destruction de la flotte ottomane dans la baie de Sinope en 1853 et la capture de l'amiral turc et son état-major. Lorsqu'une puissante escadre de vaisseaux de guerre à vapeur de la coalition anglo-française vient prêter main forte aux Turcs et met le siège devant Sébastopol, les marins russes de la Mer noire sabordent leurs navires à voile et poursuivent le combat inégal à terre. Leur résistance est héroïque. Nakhimov est tué par un tireur embusqué au fortin de Malakoff Kurgan, alors qu’il inspecte les positions avancées.
Une fresque propagandiste de l’URSS sur un « grand héros national » : la Russie se défend seule contre l’agression généralisée de l’Occident. Commencé en 1942, l’« Amiral Nahimov » a rencontré des difficultés avec l’instance de contrôle des films (Glavlit) qui impose un remaniement profond, des pans d’histoire patriotique ayant d’abord été escamotés au profit de descriptions « futiles » (psychologie, rapports avec les soldats, anecdotes, intrigues, détails quotidiens, bals, festivités). L’engouement du cinéaste pour les « tableaux à faire » et les détails pittoresques sont sanctionnés par un sévère rappel à l’ordre du Comité Central du Parti, le 4 septembre 1946. Appliquant les préceptes du réalisme socialiste, la mystique du chef et le culte de la personnalité, Poudovkine remanie son film, introduit alors les actions d’éclat de Sinope et Sébastopol, qui deviennent les scènes essentielles d’un film soviétique de guerre classique, cherchant à donner une image virile et sobre des commandants et de leurs troupes qui soit « conforme aux directives du camarade Staline ». L’issue du siège de Sébastopol et de la campagne de Crimée est escamotée (puisqu’il s’agit d’une défaite russe) : le film s’achève sur des images de la flotte soviétique de 1945, prête à détruire tout envahisseur. Un échec public. Prix Staline 1946, Prix de la meilleure photo au festival de Locarno 1947, prix de la mise en scène des masses (sic) au festival de Venise.
1947® Pirogov (SU) de Grigory Kozintsev. – av. Konstantin Skorobogatov (Nikolaï Pirogov). – Le chirurgien et savant Nikolaï Pirogov actif durant le siège de Sébastopol. – cf. Russie : bio (6.4).
1949[épisode] Elizabeth of Ladymead (GB) de Herbert Wilcox. – av. Anna Neagle, Nicholas Phipps. – Action en Crimée en 1854.
1953Charge of the Lancers (BE : La Charge des lanciers) (US) de William Castle 
Sam Katzman/Columbia Pictures, 73 min. – av. Paulette Goddard (Tanya), Jean-Pierre Aumont (capt. Eric Evoir), Richard Wyler (maj. Bruce Lindsey), Karin Booth (Maria Sand), Lester Matthews (gén. Stanhope), Ben Astar (gén. russe Boris Inderman), Louis Merrill (col. Zeansky)
Episode fauché (mais enTechnicolor) de la prise de Sébastopol aux « Russes perfides », en pleine Guerre froide : Evoir et Lindsey, rivaux en amour pour la belle gitane Tanya (en fait une espionne ennemie), sont chargés de la garde d’un nouveau canon capable de percer les murailles de la ville. Enlevés et torturés par les Russes, il contribueront à la chute de Sébastopol.
L’artillerie russe détruite devant Sébastopol (« The Charge of the Light Brigade » de Tony Richardson, 1968)
1968***The Charge of the Light Brigade (La Charge de la Brigade Légère) (GB/US) de Tony Richardson [et Christian de Chalonge] 
Neil Hartley/Woodfall Film Prod.-United Artists, 145 min. – av. Trevor Howard (James Thomas Brudenell, Lord Cardigan), Vanessa Redgrave (Mrs. Clarissa Morris), John Gielgud (FitzRoy James Henry Somerset, Lord Raglan), Harry Andrews (Lord Lucan), David Hemmings (capt. Louis Edward Nolan), Ben Aris (capt. Fitz Maxse), Mickey Baker (Metcalfe), Howard Marian-Crawford (Sir George Brown), Mark Burns (capt. William Morris), Helen Cherry (Lady Scarlett), Richard Graydon (Lord Bingham), Michael Miller (maj. gén. Sir John Campbell), Laurence Harvey (prince Radziwill).
Un film aux antipodes des versions de 1930 et 1935 : cette charge-ci est menée non contre l’armée russe mais contre l’Angleterre victorienne, son passé pas si glorieux que ça, sa société hypocrite, ses inégalités sociales, la profonde imbécillité des militaires auxquels l’Empire a remis son sort (la première moitié du film se déroule dans un Londres dickensien, sordide à souhait). Cette cinglante démythification de la guerre est d’abord une dénonciation de la classe qui veut les guerres, les prépare et en profite. Des officiers, on ne voit que les ganaches ou les tueurs, une galerie digne de Daumier. Les trouffions subissent coups et humiliations avant d’avoir l’honneur de se faire trouer la peau dans un pays lointain et inconnu (allusions à la guerre du Vietnam). Richardson, l’enfant terrible du nouveau cinéma anglais, prend pour point de départ l’ouvrage « The Reason Why ? » de l’historienne Cecil Woodham-Smith (1953) qui révèle les vrais responsables de l’incompréhensible carnage de Balaclava, Raglan et Cardigan, des incapables galonnés, gâteux et criminels, et la haine du premier pour son supérieur, Lord Lucan, etc. La galerie de Richardson est d’une « férocité saignante » (Jean-Louis Bory), des personnages de Courteline égarés dans une Crimée où règnent bêtise, peur, soif et saleté (John Osborne a participé au scénario). Aux lisières des combats, de belles dames oisives venues en spectatrices se plaignent de n’avoir rien vu, tandis que des centaines de fantassins se traînent dans la boue, mutilés ou agonisants. La charge du 27 e lanciers est montrée crûment, sans panache, comme l’inévitable conséquence d’une succession d’actes absurdes ou odieux.
Visuellement, le cinéaste utilise des objectifs et des éclairages rappelant les daguerréotypes du XIXe siècle, et recourt parfois à l’animation de caricatures propagandistes de l’époque (ou de gravures tirées du « London Illustrated News »), mais en les retournant contre elles-mêmes. Le couple emblématique de « Blow Up » (1966) d’Antonioni, David Hemmings et Vanessa Redgrave (l’épouse politiquement très active de Richardson), est en tête d’affiche, mais il n'y a pas à proprement parler de héros dans le film, le capitaine Nolan joué par Hemmings (personnage réel) étant tué avant la charge par un éclat de boulet qui explose en l'air. Le tournage a lieu aux studios de Twickenham, à Londres (Governor’s Office, Greenwich, Old Royal Naval College, Royal Mint) et à Black Park (Buckinghamshire). Les Soviétiques ayant refusé l’accès de la Crimée, Richardson opte pour des extérieurs en Turquie, où le gouvernement met 4000 fantassins à sa disposition. On filme en Anatolie, à Istamboul, à Pecenek et Saraycik (la charge y est dirigée en partie par Bob Simmons avec l’assistance de la Cavalerie présidentielle) ; Christian de Chalonge dirige la seconde équipe. L’œuvre, d’une durée initiale de cinq heures doit être réduite de moitié avant sa sortie en salle (exit une charge de la Brigade Lourde qui précéda celle en titre, et l’assaut des Russes contre les fortifications anglaises). D’un humour trop sauvage, trop irrévérencieux, sans héros avec lequel s’identifier, ce film-pamphlet, alors le plus cher jamais produit en Grande-Bretagne, est mal reçu par le public de son époque : les recettes se limitent à un million de dollars pour un film qui en a coûté le quintuple. Aujourd’hui, cette entreprise de démolition salubre, magistralement interprétée et mise en scène, est saluée comme un grand classique. Six nominations au BAFTA Award (Trevor Howard, décors, photo, costumes, montage, son).