Ib - LA FRANCE APRÈS 1815

1. LA RESTAURATION : LOUIS XVIII (1814/15 à 1824)

Edmond Dantès (Robert Donat) se venge : « The Count of Monte Cristo » de Rowland V. Lee (1935)

1.2. « Le Comte de Monte-Cristo » d’Alexandre Dumas

Roman (1844/45) et drame (1848) de Dumas et Auguste Maquet. 

Episode introductif : en 1814, en revenant d’un long séjour en mer et à la veille d’épouser la belle Mercédès, le marin Edmond Dantès est chargé par son capitaine mourant de transmettre un message à Napoléon, alors exilé sur l’île d’Elbe, cause de tous ses malheurs ultérieurs : la dénonciation par un rival jaloux en février 1815, sous Louis XVIII, et quinze ans d’emprisonnement isolé au château d’If. Passé pour mort, il parvient à s’évader en 1830, sous Charles X, et découvre grâce à son ancien voisin de cellule et mentor, l’abbé Faria, le trésor secret des Borgia enseveli sur l’îlot désert de Monte-Cristo. Devenu le richissime comte de Monte-Cristo, Dantès procède à sa vengeance systématique, entre 1836 et 1839, sous Louis-Philippe. Son plus puissant ennemi, Fernand de Mondego, comte de Morcerf, anobli par Charles X, est chassé de la Chambre des Pairs suite à l’accusation accablante de la princesse Haydée, fille d’Ali Pacha (le sultan assassiné de Genina), que Monte-Cristo a retrouvée. Morcerf (qui a épousé Mercedès) se suicide. Gérard de Villefort, le vil procureur du roi, est confondu et sombre dans la folie, tandis que le banquier et baron Danglars est ruiné. Monte-Cristo disparaît en Orient avec son esclave-maîtresse Haydée.

Nota bene : Le modèle historique de Dantès s’appelait François Picault, et était un légitimiste que des envieux dénoncèrent à la Police d’Empire en 1807. L’abbé Faria (1756-1819) était un anarchiste qui mourut enfermé au château d’If.

1907/08The Count of Monte Cristo (US) de Francis Boggs 
Selig Polyscope Co., 324 m. – av. Hobart Bosworth (Edmond Dantès). - Le tout premier film de fiction réalisé dans le secteur de Los Angeles (quartiers de Laguna et Venice), en extérieurs à Malibu (Calif.), les intérieurs aux studios Selig Polyscope à Chicago.
1908Il conte di Montecristo (IT) Luigi Maggi 
S. A. Ambrosio, Torino, 297 m. – av. Umberto Mozzato (Edmond Dantès), Arturo Ambrosio, Lydia de Robertis, Mirra Principi.
1909Le Prisonnier du château d’If (FR)
Eclair, 235 m. – av. Charles Krauss, André Liabel.
1910L’Evasion manquée ou Le Prisonnier du château d’If (FR) de Victorin Jasset 
Eclair, 126 m. – av. Charles Krauss (Edmond Dantès), André Liabel. – Parodie du précédent.
1910Count of Monte Cristo (US)
Challenge Films, 305 m.
1911The Count of Monte Cristo (US)
Powers Picture Plays.
1912Monte Cristo / (rééd. :) The Count of Monte Cristo (US) de Colin Campbell 
Selig Polyscope Company, 3 bob. – av. Hobart Bosworth (Edmond Dantès), Tom [William T.] Santschi (baron Danglars), Eugenie Besserer (Mercédès), Al E. Garcia (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), George Hernandez (Napoléon).
1913The Count of Monte Cristo (US) d’Edwin S. Porter et Joseph Golden 
Adolph Zukor/Famous Players Film Co., 5 bob. – James O’Neill (Edmond Dantès), Murdock MacQuarrie (baron Danglars), Nance O’Neill (Mercédès). – Tourné aux Crystal Studios à New York d’après la pièce que James O’Neill a tiré du roman et qu’il interprète également sur scène.
1914-18*Monte-Cristo (FR) d’Henri Pouctal 
Le Film d’Art-Pathé Consortium, 8685 m. (sérial en 8 parties). – av. Léon Mathot (Edmond Dantès), Colas (baron Danglars), Nelly Cormon (Mercédès), Madeleine Lyrisse (princesse Haydée), Gilbert Dalleu (Caderousse), Marc Gérard (abbé Faria), Albert Meyer (Gérard de Villefort), Jean Garat (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Jacques Robert (Albert de Morcerf), Maximilien Charlier (Napoléon), Gaston Modot (Bertuccio), Doubleau (Louis Dantès, le père), Simone Damaury (baronne Danglars).
Seule l'ampleur du sérial permet de restituer le texte de Dumas dans toute sa richesse dramatique, et ce malgré les contraintes dues à l'économie de guerre. A la fin du récit, Monte-Cristo délaisse Mercédès et part en Orient retrouver la belle Haydée. Commencé en été 1914, le tournage est interrompu par la guerre (qui mobilise acteurs et techniciens) et achevé en 1916/17 pour enfin sortir en février 1918, acclamé par public et critiques. Au départ, c'est Jean Angélo qui joue Edmond Dantès, mais étant mobilisé au front, il doit être remplacé par Léon Mathot dans la version définitive. Angélo fera un superbe Dantès dans le remake de 1929.
Epoques : 1. « « Le trésor de Monte-Cristo » – 2. « Le philanthrope » – 3. « Sinbad le marin » – 4. « La conquête de Paris » – 5. « Les trois vengeances » – 6. « Les derniers exploits de Caderousse » – 7. « Châtiments ». – Numérotation alternative des épisodes : 1. « Edmond Dantès » – 2. « Le prisonnier du Château d’If » – 3. « L’abbé Faria » – 4. « Le trésor du comte de Monte Cristo » – 5. « L’auberge du pont du Gard » – 6. « Les trois vengeances » – 7. « Le philanthrope » – 8. « Les grottes de Monte Cristo » – 9. « La conquête de Paris » – 10. « Haydée » – 11. « La revanche d’Haydée » – 12. « Le crédit illimité » – 13. « Les derniers exploits de Caderousse » – 14. « Châtiments » – 15. « Le triomphe de Dantès ».
1921Der Graf von Monte Christo (AT/DE)
Astoria-Bayerische Filmgesellschaft. ( ?)
1922*Monte Cristo (US) d’Emmett J. Flynn 
William Fox/Fox Film Corp., 10 bob./9828 ft./100 min. – av. John Gilbert (Edmond Dantès), Renée Adorée (Eugénie Danglars), Robert McKim (Gérard de Villefort), Estelle Taylor (Mercedès), Gaston Glass (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Albert Prisco (le baron Danglars), Maude George (la baronne Danglars), George Campbell (Napoléon), Harry Lonsdale (Dantès père), William V. Mong (Caderousse), Virginia Brown Faire (Haydée), Spottiswoode Aitken (l'abbé Faria).
John Gilbert entame une carrière de star avec cette production importante de la Fox (filmée dans les studios de Western Avenue, Hollywood) et relativement fidèle au roman, à l'exception de la fin: Morcerf meurt d'une crise cardiaque en voulant se battre en duel au pistolet contre Edmond Dantès, Villefort s'embroche dans son épée. Pour retrouver la paix de l'âme, Monte Cristo distribue toute sa fortune aux pauvres et s'en va vivre comme simple pêcheur auprès de Mercedes à Marseille, tandis qu'Albert, le fils de cette dernière, trouve son bonheur dans les bras de Haydée. Une conclusion morale pour le public américain.
1929***Monte-Cristo (FR) d’Henri Fescourt 
Louis Nalpas/Les Productions Réunies (Billancourt), 5740 m. (2 époques) / 3h42 min. – av. Jean Angélo (Edmond Dantès), Lil Dagover (Mercédès), Gaston Modot (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Bernhard Goetzke (abbé Faria), Pierre Batcheff (Albert de Morcerf), Jean Toulout (Gérard de Villefort), Henry Debain (Caderousse), Marie Glory (Valentine de Villefort), Tamara Stezensko (princesse Haydée), Michèle Verly (Julie Morel), François Rozet (Maximilien Morel), Robert Merin (Andréa Cavalcanti), Ernest Morel (Ernest Maupin).
La version muette de loin la plus aboutie, et visuellement superbe (naturalisme, sens du mouvement, technique narrative très variée, somptuosité des reconstitutions, trucages ingénieux), mais qui n'eut curieusement que très peu de succès. Tournage aux studios de Joinville, à Marseille et dans l'authentique château d'If avec de magnifiques décors (Boris Bilinski, Emile Bertin) et un casting international (Dagover, Goetzke, Stezensko). Le dernier film de Jean Angélo, comédien d'une grande élégance qui avait également campé Dantès dans la version initiale de Pouctal en été 1914.
1934*The Count of Monte Cristo (Le Comte de Monte-Cristo) (US) de Rowland V. Lee 
Edward Small/Reliance Pictures-United Artists, 113 min. – av. Robert Donat (Edmond Dantès), Elissa Landi (Mercédès), Louis Calhern (Raymond de Villefort fils), Sidney Blackmer (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Raymond Walburn (baron Danglars), Lawrence Grant (Gérard de Villefort), O. P. Heggie (abbé Faria), Irene Hervey (Valentine de Villefort), Douglas Walton (Albert de Mondego), Eleanor Phelps (princesse Haydée), Ferdinand Munier (Louis XIII), Paul Irving (Napoléon).
Première version parlante du roman : une production soignée, dirigée avec goût (Donat est parfait), mais un peu trop sage, formatée pour un public familial américain. La fin, heureuse, est modifiée : le comte ne disparaît pas en Orient avec Haydée, mais épouse Mercédès, son amour de toujours (comme dans la version de 1922). Un des dix meilleurs films de l’année selon la critique new-yorkaise, ce film tourné aux studios RKO-Pathé à Culver City marque les débuts du comédien britannique Robert Donat à Hollywood. En 1940, Rowland V. Lee, Edward Small et United Artists produiront une suite, « The Son of Monte Cristo » (cf. infra).
1941El conde de Montecristo - 1. El castillo de If - 2. La venganza de Dantes (MX) de Chano Urueta 
Filmex SA, 165 min. – av. Arturo de Córdova (Edmond Dantès), René Cardona, Mapy Cortés (Haydée), Domingo Soler, Consuelo Frank (Mercédès), Julio Villareal (abbé Faria), Carlos López Moctezuma (baron Danglars).
1942**Le Comte de Monte-Cristo / Il conte di Montecristo – 1. Edmond Dantès. – 2. Le Châtiment / La rivincita di Montecristo (FR/IT) de Robert Vernay, Ferrucio Cerio (version italienne), Yves Mirande (supervision) 
Pierre O’Connell-Arys Nisotti-Regina Films (Jean Erard)-Excelsa Film, 184 min. – av. Pierre-Richard Willm (Edmond Dantès), Michèle Alfa (Mercédès), Aimé Clariond (Gérard de Villefort), Ermete Zacconi (abbé Faria), Lise Delamare/Bianca Della Corte (princesse Haydée), Marcel Herrand (Bertuccio), Alexandre Rignault (Caderousse), Jacques Baumer (Noirtier), Line Noro (la Carconte), Henri Bosc (Fernand de Mondega, comte de Morcerf), Charles Granval (Morel), André Fouché (Benedetto), Jean Joffre (Dantès père), Suzanne Lorcia (danseuse), Louis Salou (Beauchamp), Jean Chaduc (Albert de Morcerf), André Bacqué (président de la Chambre des Pairs), Carmen Boni (La Colombine), Jo Dervo (Luigi Vampa), Pierre Jourdan (Franz d’Epinay), André Marnay (président de la cour d’Assises), Jean Coquelin (médecin).
Pierre Richard-Willm dans peut-être son meilleur rôle, ombrageux, fielleux, la sensibilité à fleur de peau, « un ange noir romantique » (Jacques Siclier) qui habite ce film mouvementé et remarquablement adapté (scénario : Charles Spaak, curieusement non crédité au générique). Une coproduction franco-italienne dont le tournage s’effectue à Marseille et sur les plateaux de Cinecittà. Un très grand succès du cinéma populaire sous l’Occupation en France ; en raison des bouleversements politiques dans la Péninsule, la version italienne ne sortira cependant qu’en janvier 1945.
Fernand de Morcerf confondu (« Le comte de Monte-Cristo » de Robert Vernay, 1953)
1948**Le Secret de Monte-Cristo (FR) d’Albert Valentin 
Codo-Cinéma (Claude Dolbert), 85 min. – av. Pierre Brasseur (François Picault, l’authentique Edmond Dantès), Marcelle Derrien (Isabelle Loupian), Pierre Larquey (Jacob Muller), Robert Dalban (Mathieu Loupian), Georges Vitray (Gervais Chambard), René Wilmet (Alexandre Dumas), Dominique Davray (Ida Perrier-Dumas, son épouse), Madeleine Lebeau (Marguerite Vigouroux), Charles Lemontier (Antoine Hallu), Jacqueline Marbaux (Jeanne Hallu).
La véritable histoire d’Edmond Dantès, de son vrai nom François Picault, un légitimiste que des envieux dénoncent à la Police d’Empire en 1807, à la veille de son mariage avec Marguerite Vigouroux. Sorti de prison et devenu riche grâce à un trésor, il se venge notamment de Loupian (qui lui a volé Marguerite), mais y perd la vie tandis que Marguerite meurt de chagrin. Dumas et son épouse apprennent l’histoire en 1830, de la bouche d’un concierge alors qu’ils visitent un hôtel particulier ; Dumas la transforme en roman (en vérité, il s’inspira d’un fait divers trouvé dans « Mémoires tirés des Archives de la Police » de Jacques Peuchet, 1838). Un scénario très original pour un film audacieux, astucieux, réalisé aux studios Eclair à Epinay par un cinéaste aussi sensible que sous-estimé.
1950[Emîr al-Intiquâm [Le Prince de la Vengeance – 1. Le Chevalier de la tour – 2. La Vengeance] (EG) d’Henry Barakât ; Assia-Dagher Pictures (2 parties). – av. Anwar Wagdi (Hassan al-Hilali [=Edmond Dantès]), Samia Gamal, Madiha Yousri, Kamal al-Shinnawi, Serag Mounir. – Le roman de Dumas transposé en Egypte ottomane.]
1952El conde de Montecristo (Le Testament de Monte-Cristo) (AR/MX) de León Klimovsky 
Argentina Sono Film SACI-Cinematográfica Calderón, 103 min. – av. Jorge Mistral (Edmond Dantès), Elina Colomer (princesse Haydée), Santiago Gomez-Cou (Gérard de Villefort), Nelly Meden (Mercédès), Nathan Pinzón (baron Danglars), Francisco Lopez Silva (abbé Faria), Ernesto Bianco (Fernand de Mondego, baron de Morcerf). – Version assez fidèle du roman (jusqu’à la disparition finale de Monte-Cristo et la princesse Haydée en Orient), signée par un ancien dentiste russo-argentin recyclé dans le nanar tous rayons.
1953Le Comte de Monte-Cristo / Il conte di Montecristo – 1. La Trahison / Il tesoro di Montecristo. – 2. La Vengeance / La vendetta di Montecristo (FR/IT) de Robert Vernay 
Vladimir Roitfeld/Films Sirius-Ciné Roma-Fonoroma, 188 min. – av. Jean Marais (Edmond Dantès), Lia Amanda (Mercédès), Roger Pigaut (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Noël Roquevert (Noirtier), Jacques Castelot (Gérard de Villefort), Daniel Ivernel (Gaspard Caderousse), Jean Temerson (Louis XVIII), Julien Bertheau (Napoléon), Folco Lulli (Jacopo), Louis Seigner (le bijoutier Joannès), Claude Génia (la Carconte), France Asselin (Renée de Villefort), Lucien Blondeau (Louis Dantès, le père), André Brunot (Morel), Gualtiero Tumiati (abbé Faria), Noël Roquevert (col. Noirtier de Villefort), Roger Pigaut (Fernand de Morcerf), Paolo Stoppa, Jean-Pierre Mocky (Albert de Morcerf).
Première version en couleurs (Gevacolor) du roman. Cherchant à retrouver le succès public et artistique de son diptyque de 1942, Robert Vernay échange Pierre Richard-Willm contre Jean Marais, qui fait ici ses débuts dans le cinéma d’aventures, alliant élégance, désinvolture et de réelles qualités sportives. Un Dantès un peu lisse dont la flamboyance ne parvient pas toujours à masquer la mièvrerie de l’ensemble et la faiblesse des autres interprètes. Tournage aux studios de Boulogne-Billancourt et sur la Côte d’Azur (le port et le Fort Carré d’Antibes, Nice, Cimiez, Grasse, île de Sainte-Marguerite), sur la Côte de l’Estérel et à Marseille à partir d’un scénario et des dialogues du romancier Georges Neveux. Troisième meilleure recette au box office français (7,7 millions de spectateurs).
1954[Montecristo (IT) de Damiano Damiani. – Court métrage documentaire sur le château d’If.]
1956(tv) O conde de Monte Cristo (BR) de Juan Silvestre 
Televisão Tupi, São Paulo (4.1.56, feuilleton). – av. José Parisi (Edmond Dantès), Marly Bueno (Mercédés), David Neto (baron Danglars), Araken Saldanha (Caderousse), Xisto Guzzi (Morrel), Astrogildo Filho (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Nelson Machado, Luiz Orioni, Célia Rodrigues, Turibio Ruiz.
1958*(tv) The Count of Monte Cristo (US) de Sidney Lumet 
« The DuPont Show of the Month » (CBS 28.10.-3.11.58), 90 min. / 2 parties. – av. Hurd Hatfield (Edmond Dantès), Elizabeth Sellars (Mercédès), Ina Balin (princesse Haydée), George Voskovec (abbé Faria), Torin Thatcher, Douglas Campbell, John Colicos, Max Adrian, Colleen Dewhurst, Michael Ebert.
Une curiosité: Hurd Hatfield, le troublant Dorian Gray d'Albert Lewin ("The Picture of Dorian Gray", 1945) dirigé par le cinéaste féroce de "Twelve Angry Men (Douze hommes en colère)", réalisé l'année précédente, et de "Network (Main basse sur la télévision)"en 1976.
1961*Le Comte de Monte-Cristo – partie 1 et 2 / Il conte di Montecristo (FR/IT) de Claude Autant-Lara 
Films Jean-Jacques Vital-Royal Film (Roma)-Cineriz Roma-J.J. Vial-Modiano-Gaumont, 2 x 90 min. – av. Louis Jourdan (Edmond Dantès), Yvonne Fourneaux (Mercédès), Pierre Mondy (Caderousse), Bernard Dhéran (Gérard de Villefort), Henri Guisol (abbé Faria), Jean-Claude Michel (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Claudine Coster (princesse Haydée), Jean Martinelli (François-Eugène Vidocq), Yves Rénier (Albert de Morcerf), Alain Féral (Benedetto), Franco Silva (Mario), Roldano Lupi (Morel).
Après la couleur, l’écran large : Dantès en Dyaliscope et Eastmancolor. Du travail solide, décoratif, dépourvu d'humour comme de nuances, appliqué à défaut d’être inventif, mais à travers lequel Autant-Lara amorce une analyse du pouvoir de l’argent dans une société où l’on accède au sommet par la duperie. Le cinéaste, rebelle, troublion, endetté jusqu’au cou après l’échec et l’interdiction de son précédent film, « Tu ne tueras point » (1961), un pamphlet alors follement téméraire contre le militarisme (en pleine guerre d’Algérie), accepte avec reconnaissance ce film de commande qui va lui permettre de remonter la pente (4,5 millions de spectateurs en France). Son Dantès s’humanise, prenant sa revanche au nom de la justice et pas seulement pour assouvir une vengeance personnelle. Pour l’assise historique, le scénario de Jean Halain (fils d'André Hunebelle) introduit quelques silhouettes connues comme le détective Vidocq ou Fouché, tandis que le financier Danglars est supprimé. Tournage en mai-août 1961 à la Victorine à Nice et aux studios de Joinville, extérieurs dans le Midi (Riviera, Villefranche-sur-Mer) et aux châteaux d’Esclimont (Eure-et-Loir) et d’If (Marseille); toutes les scènes maritimes sont filmées en pleine mer, sans transparences. Le projet, initié par Alessandro Blasetti pour Gérard Philipe, traine dans les tiroirs depuis 1959 (scénario : Blasetti, Isa Bartalini, Suso Cecchi d’Amico, Leo Benvenuti, Piero de Bernardi). A la mort du comédien, Blasetti renonce. Autant-Lara impose Louis Jourdan, silhouette élégante, contre l'avis de la Gaumont qui voulait Robert Hossein.
1964(tv) *The Count of Monte Cristo (GB) de Peter Hammond 
Campbell Logan-BBCtv (BBC1 4.10.64), 12 x 25 min. – av. Alan Badel (Edmond Dantès), Natasha Parry (Mercédès), Anthony Newlands (Morel), Michael Bilton (Cocles), Morris Perry (baron Danglars), Philip Madoc (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Michael Gough (Gérard de Villefort), Valérie Sarruf (princesse Haydée), Rosalie Crutchley (Mme Danglars), Anna Palk (Valentine de Villefort), Patricia English (Mme de Villefort), Cyril Shaps (Bertuccio), Michael Robbins (Caderousse). – Une adaptation télévisée de la BBC particulièrement réussie, dynamisée par le charisme très particulier d’Alan Badel, et filmée en extérieurs au Royal Crescent à Bath (Somerset).
1964(tv) Il conte di Montecristo (IT) d’Antonello Falqui 
série « Biblioteca di Studio Uno », Radiotelevisione Italiana (RAI) (Programma Nazionale 15.2.64), 63 min. – av. Virgilio Savona (Edmond Dantès), Lucia Manucci (Mercédès), Felix Chiusano (Gérard de Villefort), Franco Volpi (baron Danglars), Walter Chiari (abbé Faria), Tata Giacobetti (Fernando Ortega), Lina Volonghi (Renate de Villefort), Antonella Lualdi (princesse Haydée). – Parodie musicale.
1964[Amir al-Dahâ’ (Le Prince de la ruse) (EG) d’Henri Barakat. – av. Farid Cahwki (Hassan Al-Hillali [=Edmond Dantès]), Cheiwkar, Mahmoud Morsi. – Transposition dans le Caire ottoman du XVIIIe siècle.]
1965[Günese Giden Yol [Le Chemin vers le soleil] (TR) de Halit Refig ; Melek Film. – av. Ayhan Isik, Selda Alkor, Muzaffer Tema, Erol Tezeren, Feridun Çölgeçen, Nejdet Çaglan, Luisi Vial.]
1966(tv) Il conte di Montecristo (IT) d’Edmo Fenoglio
(RAI 6.11.66), 8 x 60 min. – av. Andrea Giordana (Edmond Dantès), Giuliana Lojodice (Mercédès), Achille Millo (baron Danglars), Enzo Tarascio (Gérard de Villefort), Sergio Tofano (abbé Faria), Mila Stanic (princesse Haydée), Quinto Parmeggiani (Caderousse), Ugo Pagliai (Franz), Alberto Terrani (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Anna Miserocchi (baronne Danglars), Mario Scaccia (Louis XVIII), Giuseppe Pagliarini (Louis Dantès, le père). – Feuilleton en noir et blanc immensément populaire de la RAI.
1968[Amgul Wang (KR) de Chuoi Inhyun ; The Century Co. – av. Nam Koonwon, Kim Ji-mi, Hu Jang-gang, Park Noh-shik.]
1969(tv) El conde de Monte Cristo (ES) de Pedro Amalio López 
Televisión Española (TVE), 15 x 50 min. – Pepe Martin (Edmond Dantès), Emma Cohen (Mercédès), Pablo Sanz (Gérard de Villefort), José Maria Escuer (baron Danglars), Fiorella Faltovano (princesse Haydée), Angels Moll (Valentine de Villefort). – Adaptation de Pedro Amalio López, en noir et blanc.
1971(tv) Le Comte de Monte-Cristo (FR) de Claude Santelli et Michel Favart 
ORTF. – av. Philippe Bouclet, Henri Virlojeux, Jean Martin, Marianne Revillon.
1973[(tv) The Count of Monte Cristo (AU) de William Hanna, Joseph Barbera, Roy Batchelor ; Trident & Associate TV (CBS 3.10.73), 60 min. – av. les voix d’Elizabeth Crosby, Kim Elliott, Barbara Frawley, Ron Haddrick, Richard Meikle. – Dessin animé.]
1974(tv+ciné) The Count of Monte Cristo / Il conte de Montecristo (Le Comte de Monte-Cristo) (GB/IT) de David Greene 
ITC-ATV-Norman Rosemont (NBC 10.1.75), 98 min. (tv : 120 min.). – av. Richard Chamberlain (Edmond Dantès), Tony Curtis (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Trevor Howard (abbé Faria), Louis Jourdan (Gérard de Villefort), Donald Pleasence (baron Danglars), Kate Nelligan (Mercédès), Isabelle de Valvert (princesse Haydée), George Willing (André Morel), Angelo Infanti (Giacopo), Alessio Orano (Caderousse), Ralph Michael (Dantès père), Dominic Barto (Bertuccio), Taryn Power (Valentine de Villefort).
De l’honnête illustration avec quelques célébrités au générique, sans plus. Filmé en Eastmancolor à Cinecittà, à Portovenere (Ligurie) et à Rome. Chamberlain et Howard sont nominés à l’Emmy Award 1975.
1979(tv) *Le Comte de Monte-Cristo / Der Graf von Monte Christo / Il conte di Montecristo / El conde de Monte Cristo / O conde de Monte Cristo (FR/DE/IT/ES/BE/CH/PT) de Denys de La Patellière 
Claude V. Coen/FR3-Europa Films-Edizioni Farnese-Rex Cinematografica-Bavaria-Atelier Films Juan Estelrich-RTP-RTBF-SSR (FR3 8.-29.12.79), 4 x 90 min. – av. Jacques Weber (Edmond Dantès), Carla Romanelli (Mercédès), Manuel Tejada (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Jean-François Poron (Gérard de Villefort), Roger Dumas (baron Danglars), Claude Brosset (Caderousse), Henri Virlojeux (abbé Faria), Christine Kaufmann (Mme Danglars), Marie Matile (Valentine de Villefort), Christina Kruger (Mme de Villefort), Sigfrit Steiner (Noirtier), Virginia Vidal (princesse Haydée), Carlos Cesar (Bertuccio), Jean Turlier (Louis XVIII), Yves Brainville (Malvieu), Jean Vinci (Debray), Fred Personne (Barrois), Carlos de Carvalho (Franz d’Epinay), Diogo Dória (Maximilien Morel), Patrick Laplace (Albert de Morcerf), Leonhor Pinhã ;o (Eugénie Danglars), Luís Santos (Louis Dantès, le père).
Une adaptation pour le petit écran (la première en France) extrêmement fidèle au roman, bien ficelée, luxueuse, spectaculaire, d’une durée de six heures et réunissant sept pays européens. Jacques Weber fait un remarquable Dantès, romantique et ténébreux à souhait. Tournage au Portugal (Lisbonne, palais Queluz à Sintra) et à Rome. – Episodes : 1. « Le Prisonnier du château d’If » – 2. « Le Revenant » – 3. « Les Scélérats » – 4. « La Vengeance ».
1987(tv) L’Abbé Faria (FR/PT) de Régis Forissier 
FR3 Marseille-RTP (29.8.87), 60 min. – av. José Sinde Filipe (José Custodio de Faria, dit l’abbé Faria), Henri Michelis (François René de Chateaubriand), Yves Favier (Laurent de Jussieu), Michel Robin, Armand Giovaninetti.
La véritable histoire de l’abbé Faria, de son vrai nom José Custodio de Faria (1756-1819), que Dumas fait périr pitoyablement au château d’If. Ecclésiastique mentionné par Chateaubriand dans ses « Mémoires d’outre-tombe », ce Portugais originaire de Goa était un adepte de Swedenborg et Mesmer qui voyait dans l’hypnose une thérapeutique médicale. Considéré comme un charlatan, il mourut dans la misère à Paris.
1989Ouznik zamka If / Le Comte de Monte-Cristo (SU/FR) de Georgij Youngvald-Khilkévitch 
Studios Odessa-IntraMedia-V/O Sovinfilm, 236 min. (2 parties). – av. Viktor Avilov (Edmond Dantès), Yevgeny Dvorzetsky (Edmond Dantès jeune/Albert de Morcerf), Anna Samokhina (Mercédès), Aleksei Petrenko (abbé Faria), Mikhail Boyarski (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Nadira Mirzayeva (princesse Haydée), Aleksei Zharkov (baron Danglars), Svetlana Smirnova (Hermine Danglars), Yana Poplavskaya (Eugénie Danglars), Natalya Tsygankova (La Carconte), Arnis Licitis (Gérard de Villefort), Vsevolod Shilovksy (Caderousse), Valentina Voilkova (Héloïse de Villefort), Yulie Sinisalu (Valentine de Villefort), Sergei Shentalinsky (Franz d’Epinay), Vladimir Steklov (Bertuccio). – Film en Sovcolor tourné en Crimée, dans les studios d’Odessa.
1997(tv) Il conte di Montecristo (IT) d’Ugo Gregoretti 
Centro di Produzione Tv di Milano (RAI3 22.6.-9.7.97), 6 x 90 min. – av. Corso Salani (Edmond Dantès), Mariano Rigillo (Gérard de Villefort), Nello Mascia (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Imma Piro (Mercédès), Mario Scaccia (abbé Faria), Iris Peynado (princesse Haydée), Caterina Vertova (Louise de Villefort), Alberto Morcefi (Francesco Siciliano). – Une relecture entre réalisme et satire, réalisée par un cinéaste intellectuel et engagé, et qui ne croit pas à son sujet et ne parvient par conséquent ni à émouvoir ni à entraîner son public.
1998(tv) **Le Comte de Monte-Cristo / Il conte di Montecristo / Der Graf von Monte Christo (FR/IT/DE) de Josée Dayan
Jean-Pierre Guérin/DD-TF1-GMT-Cité-Mediaset Spa (TF1 7.+14.+21.+28.9.98 / Canale-5, 27.+28.9., 4.+5.10.98), 4 x 100 min. – av. Gérard Depardieu (Edmond Dantès), Guillaume Depardieu (Edmond Dantès jeune), Ornella Muti (Mercédès), Jean Rochefort (Fernand de Mondego, comte de Morcerf), Pierre Arditi (Gérard de Villefort), Florence Dardel (Camille de la Richardais), Sergio Rubini (Bertuccio), Michel Aumont (baron Danglars), Inès Sastre (princesse Haydée), Emmanuel Booz (le roi Louis-Philippe), Julie Depardieu (Valentine de Villefort), Hélène Vincent (Héloïse de Villefort), Stephan Guérin-Tilllie (Franz d’Epinay), Stanislas Merhar (Albert de Morcerf), Micheline Presle (Mme de Saint-Méran).
Distribution prestigieuse, images chatoyantes, narration très fluide. Une fois de plus, Monte-Cristo renoue une idylle avec Mercédès à la fin du récit, car qui refuserait Ornella Muti ? De surcroît, le richissime comte a l’embarras du choix, entouré qu’il est de Mercédès, de Haydée et d’une troisième beauté, inventée de toutes pièces par le scénariste Didier Decoin (qui trouvait Haydée trop soumise, trop sage) : sa maîtresse occasionnelle Camille de la Richardais. L’histoire d’une injustice et d’une vengeance, mais aussi une parabole sur la solitude : féroce et généreux, Monte-Cristo est capable de pardonner à Danglars. Un immense succès d’audience (12 millions de téléspectateurs en France) couronne ce téléfilm haut de gamme, aux décors somptueux, ébranlé passagèrement par une métamorphose quasi surréaliste : après quinze ans de captivité, de privations et de souffrances tant morales que physiques, le frêle marin Edmond Dantès incarné par Guillaume Depardieu se transforme en Gérard Depardieu, une volumineuse armoire à glace : les agapes à la prison d’If, hôtel cinq étoiles, ne l’ont visiblement pas encouragé à faire un régime… Mais cela dit, son interprétation a de l’étoffe. Tournage à Paris, à Senlis, aux châteaux d’If (Marseille) et de Champs-sur-Marne, dans le port de Vittoriosa à Malte (reconstruction du vieux port de Marseille) et à Naples. Coûts: 15 millions d'euros. Récompensé de 4 Sept d’Or (meilleur téléfilm, Depardieu, Dayan, Decoin). Rappellons que Depardieu (entouré ici de ses deux enfants, Julie et Guillaume) devait déjà camper Edmond Dantès dans un projet inabouti de François Truffaut pour les Artistes Associés en 1975, puis pour la télévision (1985) peu avant le décès du cinéaste. C’est son premier travail pour la télévision.
2002The Count of Monte Cristo (La Vengeance de Monte-Cristo) (US/GB/IE) de Kevin Reynolds 
Birnbaum/Barber Prod.-Touchstone-Spyglass Entertainment-World 2000, 131 min. – av. Jim Caviezel (Edmond Dantès), Guy Pearce (Fernand Mondego, comte de Morcerf), Richard Harris (abbé Faria), Dagmara Dominczyk (Mercédès), Albie Woodington (baron Danglars), Henry Cavill (Henry Mondego), Michael Wincott (Dorléac), Luis Guzmán (Giacopo), Helen McCrory (Valentine de Villefort), Freddie Jones (col. de Villefort), Patrick Godfrey (Morel), Barry Cassin (Dantès père), James Frain (Gérard de Villefort), Alex Norton (Napoléon).
Transposition honnête mais sans surprises, filmée en Irlande (comté de Wicklow, Dublin, Duncannon, Eniskerry, château de Powerscourt, Ardmore Studios à Bray) et aux Mediterranean Film Studios de Kalkara à Malte par le réalisateur texan Kevin Reynolds.
2004[(tv) Gankutsu-ô / The Count of Monte Cristo (Le Comte de Monte-Cristo) (JP) de Mahiro Maeda ; Gonzo Digimation (TV Asahi 5.10.04), 24 x 24 min. – av. voix de Jun Fukuyama, Daisuke Hiragawa, Kikuko Inoue – Dessin animé d’une beauté plastique saisissante, transposant le roman de Dumas dans un futur intergalactique.]
Suites apocryphes, variantes et parodies du roman d’Alexandre Dumas
1913Léonce au château d’If (FR) de Léonce Perret 
Gaumont. – av. Léonce Perret, Suzanne LeBret.
1918La mano del defunto (La Main du mort / Les Nouvelles Aventures de Monte-Cristo) (IT) de Mario Ceccatelli 
Italo-Egiziana-film, Torino, 1400m. – av. Valentina Frascaroli (la baronesse Douglas). – Benedetto, le fils de Villeroy et de la baronne Douglas, se croit la victime d’Edmond Dantès.
1919Die Erbin des Grafen von Monte Christo [L’Héritière du comte de Monte-Cristo] (DE) de Friedrich Zelnik 
Berliner Film-Manufaktur GmbH. – av. Lya Mara, Werner Funck, Wilma von Mayburg, Aenderli Lebius, Hermann Vallentin, Hugo Falke.
1921Die Totenhand des Grafen von Monte Christo [La main mortelle du comte de Monte-Cristo] (AT) de Hans Otto Löwenstein
2150 m. – av. Max Devrient, Martin Lübbert, Albert Kersten, Ferdinand Mayerhofer.
1929[Der Monte Chhristo von Prag / Prazsky Monte Cristo / DE : Um Frauen und Geld (AT/CS) de Hans Otto Löwenstein, 2150 m. – av. Walter Rilla, Albert Heine.]
1940[Diamond Frontier / A Modern Monte Cristo (US) de Harold Schuster. – av. Victor McLaglen, John Loder, Anne Nagel.]
1944The Son of Monte Cristo (Le Fils de Monte-Cristo) (US) de Rowland V. Lee [et Lambert Hillyer] 
Edward Small-United Artists, 102 min. – av. Louis Hayward (Edmond Dantès fils), Joan Bennett (grande-duchesse Zona), George Sanders (gén. Gurko Lanen), Montagu Love (baron von Neuhoff), Florence Bates (comtesse Mathilde von Braun).
En 1865 dans le Grand-Duché (fictif) de Lichtenburg, le général Gurko Lanen s’est emparé du pouvoir. La grande duchesse Zina demande aide et protection à Napoléon III et le fils de Monte-Cristo tue le général félon, puis épouse la duchesse. Bref, Dumas en Ruritanie.
1946The Return of Monte Cristo / GB ; Monte Cristo’s Revenge (Le Retour de Monte-Cristo) (US) de Henry Levin 
Edward Small-Columbia, 92 min. – av. Louis Hayward (Edmond Dantès), Barbara Britton (Angèle), George Macready (Henri de la Roche), Ray Collins (Emile Blanchard), Ludwig Donath (le juge Lafitte), Una O’Connor.
Paris sous Napoléon III. Présent à la succession de son grand-oncle dont il est l’unique héritier, Edmond est accusé de faux, arrêté et déporté sur l’île du Diable. Il s’évade et punit les trois malfrats (un juge, un policier et un banquier) qui cherchaient à accaparer la fabuleuse fortune de Monte-Cristo en faisant hériter Angèle, la fille de Blanchard. Edmond épouse Angèle, qui ignorait ces machinations. Edmond Dantès & Alfred Dreyfus, même combat. (D’après une histoire de Curt Siodmak et Arnold Phillips.)
1946*The Wife of Monte Cristo (La Femme de Monte-Cristo) (US) d’Edgar George Ulmer 
Producers Releasing Corporation (PRC), 83 min. – av. Lenore Aubert (Haydée, comtesse de Monte-Cristo), John Loder (M. de Villefort, Préfet de police), Martin Kosleck (Edmond Dantès), Fritz Kortner (Maillard), Charles Dingle (baron Danglars), Eduardo Ciannelli (Jacques Antoine), Eva Gabor (Mme Lucille Maillard), Fritz Feld (Bonnett), Colin Campbell (abbé Faria).
Situé dans le Paris de 1832 ravagé par le choléra, le film d’Ulmer suit curieusement une partie du roman : la prison d’If, l’abbé Faria, Haydée (devenue comtesse). Pour assouvir sa vengeance, le comte devient le chef masqué d’une bande de justiciers qui traquent Villefort, Maillard et Danglars, responsables d’un trafic de médicaments toxiques. Blessé au cours d’une escarmouche, Dantès se réfugie en province, tandis que sa femme revêt ses habits de « vengeur » et poursuit la lutte. Un film archifauché mais sympathique.
1949[The Treasure of Monte Cristo (US) de William Berke ; Lippert Pictures, 76 min. – av. Glenn Langan (Edmund Dantes), Adele Jergens, Steve Brodie, Bobby Jordan, Michael Whalen. – Film noir : un descendant du fameux comte, citoyen américain établi à San Francisco au XXe siècle, est la victime de gangsters qui cherchent à s’emparer de sa fortune.]
1950[Maria Montecristo (MX) de Luis Cesar Amadori ; Filmex, 120 min. – av. Zilly Moreno, Arturo de Cordova, Andres Soler.]
1951The Sword of Monte Cristo (US) de Maurice Geraghty 
E.L. Alperson-20th Century-Fox, 80 min. – av. George Montgomery (capt. Renault), Rita Corday (Christiane de Montableau), Steve Brodie (sergent), Berry Kroeger (ministre Charles La Roche), William Conrad (major Nicolet), Rhys Williams (maire de Varonne), Robert Warwick (marquis de Montableau), David Bond (Napoléon III).
En 1858, Napoléon III envoie le capitaine Renault, le ministre La Roche et le major Nicolet en Normandie pour démasquer des ennemis du Second Empire qui se financent grâce au trésor de Monte Cristo.
1951Mask of the Avenger (L’Epée de Monte-Cristo / Le Fantôme de Monte-Cristo) (US) de Phil Karlson 
Columbia Pictures, 83 min. – av. John Derek (capt. Renato Dimorna), Anthony Quinn (Giovanni Larocca), Jody Lawrence (Maria d’Orsini), Arnold Moss, Eugene Iglesias. – En 1848, trahison et vengeance durant la guerre austro-italienne (filmé en Technicolor à Iverson Ranch, Chatworth) : son père ayant été accusé de trahison envers Garibaldi et assassiné par un groupe de notables, un officier prend le déguisement et l’épée de Monte-Cristo pour les châtier.
1952Return to Monte Cristo / Sword of Venus / GB : Island of Monte Cristo (US) de Harold Daniels 
RKO Pictures, 73 min. – av. Robert Clarke (Robert Dantès), Catherine McLeod (Claire), Dan O’Herlihy (baron Danglars), Merrit Stone (Fernand de Mondego), William Schallert (Valmont), Marjorie Stapp (duchesse de Villefort), Renée de Marco (Suzette). – Le fils d’Edmond Dantès est accusé de meurtre par un des anciens ennemis de son père déterminé à s’emparer de son trésor.
1954Il vizconde de Montecristo (MX) de Gilberto Martínez Solares 
Mier & Brooks-Prod. Valdés, 90 min. – av. Germán Valdés Tin Tan, Marcelo Chavez, Ana Bertha Lepe, Miguel Arenas. – Parodie avec Tin Tan, le Fernandel mexicain.
1955-57(tv) The Count of Monte Cristo (Le Comte de Monte-Cristo) (US/GB) de Budd Boetticher (pilote), Charles Bennett (2, 13, 16, 18, 20, 26, 35, 37, 38), Dennis Vance (15, 17, 19, 22, 24, 30, 31, 33, 34, 36, 39), David MacDonald (21, 23, 25, 29, 32), Sidney Salkow (8, 12, 13, 14) 
ITV (GB)-Vision Productions/Edward Small (US) (US-TPA : 5.10.55-21.3.56 / GB-ATV : 5.3.56-28.3.57), 39 x 25 min. – av. George Dolenz (Edmond Dantès), Faith Domergue (Renée Morell), Nick Cravat (Jacopo), Fortunio Bonanova (Mario), Henry Corden (Carlo), Leslie Bradley, John Sutton (Gérard de Villefort), Robert Cawdron (Rico), Paul Cavanagh (Morel), Walter Kingsford (le roi Louis-Philippe), Susan Cummings (la duchesse de Berry), Anthony Caruso (Louis-Adolphe Thiers), Keith Richards (Victor Hugo), Leonard Mudie (Cambrai), Tom Browne (Malherbes, ministre de la Santé), Paul Picerni (Aldo Patrini), Pierre Watkins (Charcot), Margaret Whiting (Maria Cristina de Bourbon, reine d’Espagne), Noel Willman (Don Carlos, frère du roi Ferdinand VII), Gay Emma (l’infante Isabelle, future reine), Michael Aldridge (Giuseppe Mazzini), Percy Marmont (Henri Fauntello), Betty McDowell (Mercedès), Noel Willman (comte de Morcerf), Nigel Davenport (l’étranger), Malcolm Keen (Talleyrand), Finlay Currie (Henry Palmerston), Patricia Laffan (duchesse de Maastricht), Maureen O’Reilly (duchesse Thérèse de Luxembourg), Michael Mellinger (Bonaparte).
En dépit du titre, la série n’a, hormis le personnage central et l’époque de l’action, aucun rapport avec l’intrigue de Dumas. Les présentes aventures se déroulent après la vengeance du comte, ce dernier étant devenu un quelconque redresseur de torts mêlé parfois, au fil des épisodes, à la conspiration de la duchesse de Berry contre Louis-Philippe, à la succession au trône d’Espagne et à l’insurrection carliste, aux activités révolutionnaires du patriote italien Mazzini, aux Carbonari ou à une mission diplomatique pour Talleyrand auprès de Palmerston à Londres. Tournage aux studios Hal Roach à Hollywood et à Corriganville, Simi Valley, Calif. (épisodes 1 – 12), ainsi qu’aux National Studios d’Elstree en Grande-Bretagne (épisodes 13 à 39).
Episodes : 1. « The Affair of the Three Napoleons » (pilote) – 2. « The Pen and the Sword » – 3. « The De Berry Affair » – 4. « The Black Death » – 5. « Affair of Honor » – 6. « First Train to Paris » – 7. « The Sardinia Affair » – 8. « Return to Château d’If » – 9. « The Golden Blade » l- 10. « Andorra » – 11. « The Duel » – 12. « Victor Hugo » – 13. « A Toy for the Infanta » – 14. « Marseilles » – 15. « The Luxembourg Affair » – 16. « The Texas Affair » – 17. « The Mazzini Affair » – 18. « The Carbonari » – 19. « The Devil’s Emissary » – 20. « Bordeaux » – 21. « Flight to Calais » – 22. « Naples » – 23. « Albania » – 24. « The Art of Terror » – 25. « The Experiment » – 26. « Mecklenburg » – 27. « The Portuguese Affair » – 28. « Lichtenburg » – 29. « Burgundy » – 30. « Majorca » – 31. « Sicily » – 32. « A Matter of Justice » – 33. « Point Counter Point » – 34. « The Talleyrand Affair » – 35. « The Island » – 36. « Athens » – 37. « The Barefoot Empress » – 38. « Monaco » – 39. « The Grecian Gift / The Brothers ».
1961[The Treasure of Monte Cristo / US : The Secret of Monte Cristo (Le Secret de Monte-Cristo) (GB) de Robert S. Baker, Monty Berman ; Mid-Century Film, 83 min. – av. Rory Calhoun (capt. Adam Corbett), Patricia Bredin, John Gregson, Gianna Maria Canale, Ian Hunter. – Une chasse au trésor située en 1815, mais sans rapport avec Edmond Dantès.]
1965(tv) Une aventure de Monte-Cristo (FR)
RTF (1e Ch. 31.12.65), 30 min. – av. Alain Saury (Monte-Cristo), Jacques Toja (baron de Burau), Anne Carrière, Jacques Hilling, Raymond Bussière, Michel Olivier.
1968[Sous le signe de Monte-Cristo / Le Révolté / Montecristo 70 (FR/IT) d’André Hunebelle ; PAC-Pathé-Sirius-UGC-DA.MA, 88 min. – av. Paul Barge (Edmond Dantès), Claude Jade (Linda [=Haydée]), Michel Auclair (Gérard de Villefort), Pierre Brasseur (Faria), Raymond Pellegrin (Morcerf), Anny Duperey (Maria [=Mercédès]), Paul Le Person (Bertuccio), Jean Saudray (Caderousse).
Version moderne tournée à Almería, sur la Côte d’Azur, à Paris et à Fontainebleau. En 1947, Dantès, un résistant, est accusé de collaboration avec les Nazis. Arrêté, il s’enfuit en Amérique du Sud et revient vingt ans plus tard sous l’identité du comte Christian Montez afin de démasquer les vrais coupables.]