III - L’ALLEMAGNE

Louis Ier de Bavière (Anton Walbrook) et sa maîtresse, la danseuse Lola Montès (Martine Carol) (1955)

2. LA BAVIÈRE DES WITTELSBACH

D’abord alliée de Napoléon et ayant signé l’acte de la Confédération du Rhin, la Bavière est érigée en royaume en 1805, avec pour premier roi Maximilien Ier Joseph de Wittelsbach. Après les désastres français de 1813, ce dernier retourne ses armes contre Napoléon. Pour prix de cette conduite, il reçoit au Congrès de Vienne la confirmation de sa royauté et de ses possessions (le Tyrol excepté, rendu à l’Autriche.

LUDWIG I. VON BAYERN
LOUIS Ier DE BAVIÈRE
1825 / 1848
Né en 1786, fils de Maximilien Ier Joseph. Epouse : Therese de Saxe-Hildburghausen. Grand amateur des beaux-arts, Louis Ier fait de son royaume le plus brillant centre artistique de l’Allemagne. Il abdique après le scandale suscité par sa liaison avec la danseuse Lola Montez et meurt en exil à Nice en 1868. Hellénophile passionné, il place son second fils Othon sur le trône grec en 1832.
1938® Prinzessin Sissy (AT) de Fritz Thiery. – av. Otto Tressler (Louis I de Bavière). – cf. Autriche : François-Joseph (3).
1950König für eine Nacht (Liebesmanöver) (DE) de Paul May [=Paul Ostermayr] ; Orbis Film, 80 min. – av. Adolf Wohlbrück (comte Lerchenbach), Willy Fritsch (Ludwig I), Annelies Reinhold (comtesse Rosenau), Margaret Slezak, Elisabeth Flickenschildt, Gustav Waldau. – Un adjudant remplace son roi éméché pendant une nuit d’amour avec une comtesse. Comédie gentillette tournée aux ateliers Bavaria de Munich-Geiselgasteig, à Chiemsee et au château de Nymphenburg.
1952Der Obersteiger (AT) de Franz Antel ; Patria-Filmkunst Graz, 96 min. – av. Walter Janssen (Ludwig I), Hans Holt (le duc Maximilian in Bayern, son cousin), Josefin Kipper (princesse Luise de Wittelsbach), Grether Weiser, Wolf Albach-Retty, Waltraut Haas. – En 1836, le duc Maximilien de Bavière (1808-1888), futur père de Sissi, voyage incognito sous le nom d’Obersteiger et s’éprend à Hallstadt de Marie Ludovika Wilhelmine/Luise, la princesse de Bavière que son royal cousin lui destine justement comme épouse (d’après l’opérette de Carl Zeller, 1894). Tourné aux ateliers Thalerhof à Graz, à Hallstatt et Gmunden.
1975Royal Flash (Le Froussard héroïque) (GB/US) de Richard Lester ; 20th Century-Fox-Lira, 118 min. – av. Malcolm McDowell (cpt. Harry Flashman), Alan Bates (Rudi von Sternberg), Oliver Reed (Otto von Bismarck), Florinda Bolkan (Lola Montès), Arthur Brough (Ludwig I), Britt Ekland (duchesse Irma), Noel Johnson (Lord Chamberlain), Lionel Jeffries. – Pastiche : vers 1848, les intrigues de Bismarck en Bavière sont déjouées par un aventurier vantard et loufoque. Une parodie des aventures ruritaniennes (« Le prisonnier de Zenda »), d’après le best-seller de George MacDonald Fraser (« Le prisonnier de Bismarck », 1970).
1985(tv) Der eiserne Weg. Die abenteuerliche Geschichte des Veit Kolb (DE) de Wolfgang Staudte, Hans-Werner Schmidt (ZDF 19.2.-3.85), 5 x 55 min. – av. Horst Kummeth (Veit Kolb), Arthur Brauss (Johannes), Michaela Geuer (Anna Kriele), Eva-Maria Hagen (Kathi), Dietz Werner Steck (Gustav), Werner Asam (Karl Kolb), Michael Gempart (Amerikaner Oertli). – Hausberg en Bavière, en 1846 : pour pouvoir un jour se payer la traversée en Amérique et y rejoindre sa fiancée Anna, le valet de ferme Veit travaille à la construction du premier chemin de fer en Allemagne. Cinéaste de gauche, Wolfgang Staudte se penche sur le sort des petites gens et de leurs rêves. Il décède durant le tournage en Yougoslavie et est remplacé par H.-W. Schmidt. – Episodes : 1. « Anna geht auf Amerika » – 2. « Mit Johannes zur Eisenbahn » – 3. « Oertli, den sie Amerikaner nannten » – 4. « Überfall auf die Eisenbahn » – 5. « Die letzte Reise ».
1993® Kaspar Hauser (DE) de Peter Sehr. – av. Dieter Laser (Ludwig I). – cf. biographies (13.5).

2.1. LOLA MONTEZ (Maria Dolores Eliza Gilbert, 1821-1861)

danseuse et courtisane irlandaise, maîtresse notamment de Franz Listz et d’Alexandre Dumas, dont la liaison affichée avec Louis Ier de Bavière (qui la fait comtesse de Landsfeld) provoque une crise politique à Munich et entraîne la chute du monarque (1846/48). Décédée à New York après des tournées en Australie et aux États-Unis.
1918® Midnight Madness (US) de Rupert Julian. – av. Claire Du Brey (Lola Montez). – Lola Montez à Paris, maîtresse d’un richissime escroc.
1918Lola Montez – 1. Teil (DE) de Robert Heymann 
Luna-Film GmbH Berlin, 1480 m. – av. Leopoldine Konstantin (Lola Montez), Alfred Abel (Madons, chef carliste), Hans Wassmann (Sir Edwards, ambassadeur de Grande-Bretagne), Hugo Werner-Kahle (Don Baldomero Espartero, régent d’Espagne), Ito Waghalter (marquis de Bocheville), Inge Törnquist (Pepita), Helga Lassen (Anita), Bodo Serp (Riccardo). – Un séjour inventé de toutes pièces de la danseuse à Madrid.
1918/19Lola Montez – 2. Teil : Am Hofe Ludwigs I. von Bayern (Die Geliebte des Königs) (DE) de Rudolf Walther-Fein
Luna-Film GmbH Berlin, 1780 m. – av. Marija Leiko (Lola Montez), Hans Albers (Josef von Dillinger), Carl Muth (Ludwig I), Gustav Adolf Semler, Josef Römer, Maria Zelenka, Josef Commer. – La danseuse à la cour du roi de Bavière.
1922Lola Montez, die Tänzerin des Königs. Die Geschichte einer Abenteuerin (DE) de Willi Wolff 
Ellen Richter-Film der Ufa, 6 actes/3096 m. – av. Ellen Richter (Lola Montez), Arnold Korff (Ludwig I), Georg Alexander, Max Gülstorff, Heinrich George (Don Miguel, infant d’Espagne), Leonard Haskel (Pillet, dir. de l’Opéra de Paris), Robert Scholz (Napoléon III), Julie Serda (la reine Thérèse).
1926® The Palace of Pleasure (US) d’Emmett J. Flynn. – av. Betty Compson (Lola Montez).
1937® Wells Fargo (US) de Frank Lloyd. – av. Sheila Darcy (Lola Montez). – La danseuse en en tournée en Amérique.
1944Lola Montes (ES) d’Antonio Román 
Alhambra Films (Pedro de Juan Pinzones), 3000 m./90 min. – av. Conchita Montenegro (Lola Montez), Luis Prendes (Carlos Benjumea), Guillermo Marín (Walter), Julio Rey de las Heras (Lord Malmesbury), Jesús Tordesillas (Ludwig I), Carlos Muñoz (Wundt), Nicolás Díaz Perchicot (Foster), Manuel Kayser (vicaire), Santiago Riviero (Dujarrier) Luis Latorre (Abel).
Lola Montez apprend à danser avec Pepe Montès, danseur de Séville, séjourne à Munich où elle retrouve son amour espagnol, Carlos Benjumea. Après le scandale à la cour royale, elle donne sa fortune à l’Eglise et se retire avec Carlos. Tourné aux studios C.E.A. à Madrid. (Le séjour de Lola Montez en Espagne est imaginaire.)
1948Black Bart (US) de George Sherman 
Universal-International Pictures, 80 min. – av. Yvonne De Carlo (Lola Montez), Dan Duryea (Charles E. Boles, dit Black Bart), Jeffrey Lynn (Lance Hardeen), Percy Kirlbride (Jersey Brady), Frank Lovejoy (Mark Lorimer).
Le séjour de Lola Montez à Sacramento et ses amours avec un hors-la-loi, lors de sa tournée aux USA en 1853-56. Western amusant filmé en Technicolor à Iverson Ranch, Chatsworth, et à Kanab (Utah).
1951® Golden Girl (US) de Lloyd Bacon. – av. Carmen D’Antonio (Lola Montez).
1954(tv) Lola Montez (US) de Stuart McGowan 
série « Death Valley Days (Les Aventuriers du Far West) » no. 29 (Syndicated 20.12.54), 30 min. – av. Paula Morgan (Lola Montez), James Lilburn, Michael Ferris, Stanley Andrews, Glase Lohman, Gabor Curtis, William Tannen.
1955***Lola Montès / Lola Montez / Lola Montez, die Tänzerin des Königs (FR/DE/CH) de Max Ophuls 
Gamma Film Paris/München/Lausanne-Florida Film Paris-Union Film München-Oska Film München, 115 min./113 min. – av. Martine Carol (Lola Montès), Peter Ustinov (le grand écuyer), Anton Walbrook (Ludwig I), Yvan Desny (lieut. James), Oskar Werner (l’étudiant), Will Quadflied (Franz Liszt), Henri Guisol (Maurice, le cocher), Lise Delamare (Mme Craigie, mère de Lola), Paulette Dubost (Joséphine), Jean Galland (secrétaire privé), Dieter Werner (Ferdinand von Freiberg), Ellinor von Wallerstein (la reine Thérèse de Saxe-Hildburghausen), Leo Siedler (Mittenhöfer), Werner Finck (le peintre Wiesböck), Béatrice Arnac (Lola 16 ans), Adi Berber (Bulgakov), Marcel Ophuls (un page).
La vie tumultueuse d’une médiocre danseuse, exploitée, moralement mise à nu, qui finit livrée en pâture à des badauds ignares dans un cirque gigantesque à la Nouvelle-Orléans vers 1880, d’où les diverses étapes de sa carrière sont évoquées en flash-backs. Un film somptueux et amer, qui va à l’encontre des attentes du spectateur lambda des années 50, alléché par la présence « érotisée » de Martine Carol (qui fut à l'écran Lucrèce Borgia, Madame du Barry et Nana). Ophuls crée une œuvre violemment démystificatrice, tendre et cruelle, qui stigmatise la publicité, l’exhibitionnisme, le scandale géré comme élément de marketing, le voyeurisme et le mauvais goût des foules, l’américanisation du monde. C'est le spectacle en carton-pâte d'une vie, où l'artifice des décors n'est pas un leurre. L’étalage sur écran panoramique de « la tragédie la plus intime, celle d’une femme dépossédée d’elle-même par la société du spectacle » (Philippe Roger). L’univers cauchemardesque du cirque transformé en capharnaüm baroque (la caméra virevoltante, les prises de vues audacieuses y frisent l’expérimental), aux couleurs criardes, contraste avec les teints pastels et la mélancolie des retours en arrière. L'immensité, la somptuosité et la hauteur du chapiteau soulignent l'absolue solitude de l'héroïne. Superproduction tournée en trois versions (allemande, anglaise et française), en CinemaScope et Eastmancolor aux studios Franstudio de Saint-Maurice, Joinville, Riviera/Victorine à Nice et Bavaria à Munich-Geiselgasteig, en extérieurs en Bavière (Munich, Bamberg, Pommersfelden), en Autriche (Carinthie) et en France (Paris, Nice, Monaco, Var et Alpes-Maritimes). La présentation en salle à Paris suscite un tollé général, le rejet par la critique conformiste, même des manifestations bruyantes du public qui motivent l’intervention de la police. Les producteurs tentent de sauver la mise en fabricant, derrière le dos du cinéaste, une version émasculée, défigurée, qui se solde par un échec plus retentissant encore. Les jeunes critiques, François Truffaut en tête, crient au chef-d’œuvre intemporel. Un film très en avance sur son temps, le dernier d’Ophuls, qui ne se remettra pas de son échec public et décédera moins de deux ans plus tard.
1958(tv) Lola Montez (US)
série « The Californians » no. 40 (NBC 7.10’.58), 30 min. – av. Patricia Medina (Lola Montez), Paul Lambert, Carol Mathews, Richard Coogan, Art Fleming. – A San Francisco en 1853.
1959(tv) Lola Montez (US) de William Witney 
série « Tales of Wells Fargo », Overland Prod.-Revue Studios (NBC 16.2.59), 30 min. – av. Rita Moreno (Lola Montez), Dale Robertson, Robert Anderson, Chubby Johnson, Ralph Reed, Hank Patterson.
1970® Szerelmi álmok / Liszt Ferenc (HU/SU) de Márton Keleti. – av. Larissa Trembolevskaya (Lola Montez).
1972® Ludwig (DE) de Hans Jürgen Syberberg. – av. Ingrid Caven (Lola Montez).
1975® Lisztomania (GB) de Ken Russell. – av. Anulka Dziubinska (Lola Montez), cf. France : Franz Liszt (9.3).
1975® Royal Flash (Le Froussard héroïque) (GB) de Richard Lester. – av. Florinda Bolkan (Lola Montez)., cf. Ludwig I (2).
2018(tv) Lola und Ludwig. Die Mätresse und ihr König (Lola Montez et son roi) (DE) de Wolf Freiherr Truchsess von Wetzhausen
Julian Sander/Westend Film+TV Produktion-ZDF-Arte (Arte 24.3.18), 52 min. - av. Teresa Tripp (Lola Montez), Johannes Ernst (Ludwig I de Bavière), Timothy Peach (Charles Ware), Peter Huber (un policier). - Docu-fiction avec reconstitutions. Échouée à Broadway en 1852, Lola Montez raconte sa liaison scandaleuse avec le roi de Bavière.