III - L’ALLEMAGNE

Louis II montre ses châteaux extravagants à l’impératrice Elisabeth (« Ludwig II. » de Helmut Käutner, 1954)

4. LUDWIG II. VON BAYERN - LOUIS II DE BAVIÈRE dit « le roi fou » 1864 / 1886

Né en 1845 (Ludwig Otto Friedrich Wilhelm), petit-fils du précédent. Chargé d’une lourde hérédité, rêveur et idéaliste, Louis II est le protecteur-mécène de Richard Wagner (il finance l’opéra de Bayreuth). Par le pacte de Versailles en 1870, la Bavière est intégrée au Deuxième Reich et le souverain passe la fin de ses jours réfugié et solitaire dans les châteaux d’architecture fantasque qu’il a fait construire à Neuschwanstein, à Linderhof et à Herrenchiemsee, en vidant les caisses du royaume. Interné pour aliénation mentale en 1886, il se noie dans des circonstances mystérieuses (suidice ?).
1913Ludwig der Zweite von Bayern (DE) de Ferdinand Bonn 
Bonn-Film Berlin. – av. Ferdinand Bonn (Ludwig II). – Tourné dans le petit château de Bernau au bord du Chiemsee, propriété du réalisateur. Film interdit par le roi de Bavière, Ludwig III.
1913® Richard Wagner (DE) de William Wauer et Carl Froelich. – av. Ernst Reicher (Ludwig II).
1917/18Der König ihres Herzens (DE) de Ludwig Trautmann
Trautmann-Film, Berlin-Excelsior Film, 2172 m. – av. Ludwig Trautmann (Ludwig II), Else Berna, Oevid Molander, Olga Engl.
1920Ludwig der Zweite, König von Bayern, oder Das Schweigen am Starnberger See / Schicksalstage Ludwig II., König von Bayern (DE) de Rolf Raffé
Indra-Film Rolf Raffé, München, 2037 m./6 actes./82 min. – av. Martin Wilhelm/Ferdinand Bonn (Ludwig II jeune et âgé), Ludwig Weng (prof. Bernhard von Gudden), Carla Raffé Nelsen (Elisabeth d’Autriche), Karl Guttenberger (Richard Wagner), Oskar Beyrer (comte Dürkheim), Anton Herrmann (comte Holnstein), Addy Bonn (princesse Sophie de Bavière), Toni Zehend (Hesselschwerdt, valet du roi).
Film mis sur pied avec la collaboration de Marie Louise von Wallersee-Wittelsbach, comtesse Larisch (une nièce d’Elisabeth d’Autriche). Portrait d’un roi incompris par ses contemporains, déçu par l’amour de sa vie, la frivole princesse Sophie (sœur de Sissi) ; pas un mot de son homosexualité. Un immense succès public en Bavière, malgré l’interdiction de filmer dans les châteaux du roi.
De gauche à droite : Wilhelm Dieterle (1928) O. W. Fischer (1954) Helmut Berger (1972)
1922Ludwig II. / König Ludwig II., ein königlicher Sonderling / Ludwig II, König von Bayern (AT) d’Otto Kreisler 
Helios-Film. – av. Olaf Fjord (Ludwig II), Thea Rosenquist (baronesse Tirnau), Eugen Preiss (Richard Wagner), Franz Scherer (François-Joseph), Gina Puch-Klitsch (Elisabeth d’Autriche), Josef Glücksmann (prince Otto), Paul Askonas (prince Luitpold), Josef Schreiber (Otto von Bismarck).
1929/30*Ludwig der Zweite, König von Bayern (Die Tragödie eines unglücklichen Menschen) (DE) de Wilhelm Dieterle
Joe Pasternak-Deutsche Universal, 3929 m./120 min. – av. Wilhelm Dieterle (Ludwig II), Rina Marsa (archiduchesse Sophie), Theodor Loos (prof. Bernhard von Gudden), Trude von Molo (Elisabeth d’Autriche), Gerhard Bienert (Hesselschwerdt), Hans Heinz von Twardowsky (prince Otto de Wittelsbach).
Le film commence en 1883, l’année de mort de Wagner (flash-backs et images mentales résument le passé). Dieterle qui joue lui-même le monarque, impénétrable, empâté, massif et vieilli, ne s’intéresse pas aux clichés propagés par la maison Wittelsbach ou les nostalgiques de la monarchie, mais place Ludwig dans une catégorie à part d’artistes que la bourgeoisie affairiste méprise. Un « martyr de l’art » qui est persécuté par les banquiers, les ministres et les fonctionnaires, mais aimé par le petit peuple : l’alliance entre l’art et les humbles, le conte et le folklore. Cherchant à susciter la compassion, Dieterle le montre aussi prisonnier de ses contradictions (son mépris de l’argent n’a d’égal que son besoin de cet argent), illustre son agoraphobie, sa timidité maladive, son narcissisme, sa solitude, sa labilité psychique ; l’homosexualité est brièvement suggérée par l’image. Une fresque parfois maladroite, un peu lourde, qui s’attire les foudres des royalistes et des nazis (« Ludwig serait encore roi s’il avait utilisé ses millions pour des canons plutôt que pour des châteaux », dit Sissi). Violente controverse dans la presse allemande. Mutilé et édulcoré par la censure à Berlin (la maladie du prince Otto, le « prétendu » suicide du roi), interdit en Bavière et à l’exportation ; le gouvernement lui refuse la prime de qualité. Tourné à Neuschwanstein, Hohenschwangau et Herrenchiemsee, sur les rives du Griebnitzsee et aux studios Ufa de Berlin-Neubabelsberg (décors d’Ernst Stern). L’avant-dernier film de Dieterle avant son départ pour Hollywood.
1931® Elisabeth von Österreich (DE) d’Adolf Trotz. – av. Sergius Sax (Louis II de Bavière).
1954**Ludwig II. – Glanz und Elend eines Königs (Louis II de Bavière) (DE) de Helmut Käutner 
Aura-Film GmbH München (Conrad von Molo), 115 min. – av. Otto Wilhelm Fischer (Ludwig II), Ruth Leuwerik (Elisabeth d’Autriche), Marianne Koch (archiduchesse Sophie), Paul Bildt (Richard Wagner), Friedrich Domin (Bismarck), Rolf Kutschera (comte Holnstein), Robert Meyn (prof. Bernhard von Gudden), Rudolf Fernau (le prince Luitpold), Klaus Kinski (le prince Otto), Erik Frey (François-Joseph d’Autriche), Erica Balqué (Cosima von Bülow), Horst Hächler (prince Louis Ferdinand).
La famille royale des Wittelsbach ayant interdit toute allusion à la folie et à l’homosexualité du roi (condition pour filmer dans les châteaux), refusant aussi l’accès à la grotte du Lindnerhof ainsi que l’épisode du comédien Kainz, le scénario est privé de son principal ressort psychologique, Käutner devant se contenter de quelques allusions strictement visuelles. L’excès de prudence dénature partiellement la figure historique du roi, mais le cinéaste, fortement marqué par les ravages du Troisième Reich, se rattrape en mettant en avant les opinions politiques de Ludwig opposés à toute forme de nationalisme, son pacifisme véhément, sa sensibilité d'artiste anticonformiste et sa quête d'une beauté sans utilité qui choque la société bourgeoise. Son frère Otto est traumatisé par la guerre, au point de perdre son équilibre mental. Ludwig ne peut s'opposer à Bismarck qu'il méprise alors que ses ministres et son peuple l'acclament, mais il est violemment hostile au Reich allemand et au concept de nation allemande. Il refuse de se rendre à Versailles en 1871 pour le couronnement de l'empereur Guillaume Ier et scandalise son entourage en n'accueillant pas le Kronprinz (prince héritier) prussien. Ayant les mains liées en tant que chef d'État, il s'absente pendant treize ans de la cour pour s'adonner à la construction délirante de ses châteaux et éviter de côtoyer les politiciens qu'il désapprouve. Ne serait-ce que pour cette prise de position (au moment où la RFA réarme), le film mérite d'être sérieusement reconsidéré. Superficielle, la critique du temps a réduit le film, très soigné, à un joli livre d’images touristico-académiques, pur produit lénifiant de l’ère Adenauer. Après une nouvelle vision, on constate que Käutner a fait de réelles recherches plastiques et chromatiques, que ses mouvements d'appareil sont ingénieux et que la direction d'acteurs est d'un niveau exceptionnel. L'interprétation est en effet unanimement remarquable, d’O. W. Fischer (souvent en désaccord avec son réalisateur) à Ruth Leuwerick et Klaus Kinski (qui retient pour la première fois l’attention de la critique) dans le rôle d’Otto, le frère qui précède Ludwig dans la folie. Herbert von Karajan dirige la musique de Wagner. Tourné en Eastmancolor aux ateliers Bavaria à Munich-Geiselgasteig, à Hochenschwangau, Herrenchiemsee, Neuschwanstein. En RFA, le plus grand succès commercial de l’année. Au sommet de sa carrière, O. W. Fischer reçoit le Deutscher Filmpreis 1955. Présenté au festival de Cannes 1955.
1954® Magic Fire. The Story of Richard Wagner (US/DE) de William Dieterle. – av. Gerhard Riedmann (Ludwig II). – cf. bio Wagner (13.3).
1964® Lausbubengeschichten (DE) de Helmut Käutner. – av. Thomas Reiner (Ludwig II).
1967[Roi en Bavière (FR) de Frédéric Rossif ; Télé-Hachette, 52 min. (documentaire). – Texte dit par Michel Bouquet, Pierre Emmanuel, Raymond Gérôme.]
1971® (tv) Es braust ein Ruf wie Donnerhall (DE) de Fritz Umgelter, Jürgen Neven-du-Mont. – av. Michael Brennicke (Ludwig II), cf. France : guerre de 1870/71 (5.3).
1972***Ludwig / Ludwig… ou le crépuscule des dieux (DE/IT/FR) de Luchino Visconti 
Ugo Santalucia/Divina Film (München)-Mega Film (Roma)-Cinétel (Paris)-Dieter Geissler Filmproduktion (München), 235 min./183 min. – av. Helmut Berger (Ludwig II), Romy Schneider (Elisabeth d’Autriche), Trevor Howard (Richard Wagner), Silvana Mangano (Cosima von Bülow), Helmut Griem (comte Dürckheim), Isabella Telezynska (reine mère), Umberto Orsini (comte von Holnstein), John Moulder-Brown (prince Otto), Sonia Petrowa (archiduchesse Sophie de Bavière), Folker Bohnet (Josef Kainz), Hienz Moog (prof. Bernhard von Gudden), Mark Burns (Hans von Bülow), Anne-Marie Hanschke (Ludwiga, mère d’Elisabeth), Gerhard Haerter (prince Luitpold), Gert Fröbe (révérend père Hoffman), Marc Porel (Richard Horning).
Fresque somptueuse, flamboyante, funèbre et pathétique, illustrant avec une rare élégance l’inexorable glissement du souverain dans un univers chimérique, répondant en cela aux préoccupations d’un cinéaste accablé par la maladie et la vieillesse (Visconti sera frappé d’hémiplégie durant le montage, retardant ainsi la sortie du film). Helmut Berger (amant et comédien-fétiche de Visconti), à la ressemblance frappante, passe de la splendeur du héros romantique et exalté à la déchéance graveleuse de la folie (les dents pourries). Selon le cinéaste, c'est le « cas clinique d’un homme qui vit à la limite extrême de l’exceptionnel, hors des règles, d’un homme qui éveille la pitié ». Un souverain perdant et perdu dès qu'il avoue à son confesseur sa foi délirante en l'art, un art qui devrait rendre son règne meilleur. Bientôt abandonné de tous, homosexuel hagard traînant dans de tristes orgies avec ses valets, reflet de l'inexorable décomposition d'une société qui se suicidera au XXe siècle. « Viscontisée », Romy Schneider reprend le rôle d’Elisabeth d’Autriche, premier amour de son cousin, impératrice errante, toute vêtue de noir, éclatant de rire devant le cumul absurde de luxe et de mauvais goût des châteaux bavarois : pour l’actrice, une revanche sur le mythe pur sucre de Sissi. Trevor Howard campe Wagner en petit-bourgeois égoïste, arriviste, hypocrite, ignoblement profiteur. Tournage en Panavision et Technicolor sur tous les sites historiques en Bavière, avec l’autorisation des Wittelsbach (qui prêtent tableaux, bijoux et autres objets personnels), en Autriche et à Cinecittà. La France exploite une copie de 3 heures, tandis qu’en Allemagne, l’œuvre sort, plus gravement amputée encore, réduite à 2h10. Après la mort de Visconti, ses collaborateurs rachètent le négatif et remontent une copie conforme aux vœux de l’auteur, d’une durée de 4h10, sortie en clôture de la Mostra de Venise en 1980. Prix David di Donatello 1973 (film, Visconti, Berger), nominé à l’Oscar 1974 (costumes de Piero Tosi).
1972**Ludwig. Requiem für einen jungfräulichen König. – 1. Der Fluch – 2. Ich war einmal (Ludwig – Requiem pour un roi vierge) (DE) de Hans Jürgen Syberberg 
TMS Film GmbH-ZDF (ZDF 23.6.72), 134 min. – av. Harry Baer (Ludwig II), Ingrid Caven (Lola Montez/Cosima Wagner), Balthasar Thomass (Ludwig enfant), Oskar von Schab (Ludwig I/Karl May), Edgar Murray (Josef Kainz), Peter Kern (Mayr/Hoppe/Röhm), Gerhard Maerz/Anette Tirier (Richard Wagner), Ursula Strätz (Bulyowski), Peter Przygodda (Otto von Bismarck), Stefan Abendroth (prince Friedrich Wilhelm), Rudolf Waldemar Brem (prof. Bernhard von Gudden), Hanna Köhler (Elisabeth d’Autriche), Gert Haucke (baron Freyschlag), Günther Kaufmann (comte Holnstein), Johannes Buzalski (Emmanuel Geibel/Adolf Hitler), Peter Moland (ministre Lutz), Rudi Scheibengraber (prince régent Luitpold), Fridolin Werther (Wilhelm I).
La vie du monarque divisée en 28 chapitres, tapissée de grandes toiles peintes représentant des scènes d’opéras de Wagner (tourné entièrement en studio). Collage baroque mélangé à du folklore alpestre kitsch, peuplé de personnages d’époques diverses, truffé d’allusions allégoriques : un amalgame provocateur créant « une apocalypse déifiante » (Syderberg) dans lequel les fameux châteaux apparaissent comme la réalisation d’un opéra imaginaire, Louis II devient un personnage de Wagner.
1972Theodor Hierneis, Ludwigs Koch / Theodor Hierneis oder Wie man ehem. Hofkoch wird (Theodor Hierneis, le cuisinier de Ludwig) (DE) de Jürgen Syberberg 
TMS-Film GmbH, 90 min. – av. Walter Sedlmayer (Theodor Hierneis). – Monologue d’un ancien marmiton de Louis II devenu cuisinier de la cour, qui raconte sa vision du monarque, ses manies, ses lubies, sa déchéance.
1976® (tv) Crépuscule à Venise (FR) de Josée Dayan. – av. Julius Walter (Ludwig II), cf. bio Wagner (13.3).
1982® (tv) Richard Wagner (GB) de Tony Palmer. – av. Lászlo Gálffi (Ludwig II), Sir William Walton (Friedrich August II de Saxe).
1986[(tv) Im Ozean der Sehnsucht (DE) de Christian Rischert ; Christian Rischert Filmprod.-Unitel Gmbh-Bayerischer Rundfunk (ARD 13.6.86), 104 min. – av. Christian Rischert (documentaire).]
1993*Ludwig 1881 (CH/DE) de Donatello Dubini et Fosco Dubini 
Dubini Filmproduktion-Tre Valli Film, 90 min. – av. Helmut Berger (Ludwig II), Max Tidof (Josef Kainz), Dietmar Mössner (valet), Micheal Schiller (valet), Nina Hoger (Sara), Ingold Wildenauer (le peintre Ernst Stückelberg), Herbert Leiser (Hesselschwerdt), Rolf Breiner (Synnberg, photographe).
Durant l’été 1851, le roi et le célèbre comédien autrichien Josef Kainz (1858-1910) voyagent incognito en Suisse centrale, dans la région du lac des Quatre-Cantons et à Lucerne. Le Ludwig des frères Dubini – qu’interprète le Ludwig de Visconti, Helmut Berger – se livre à une activité contradictoire consistant à transporter la scène théâtrale dans la nature et, d’autre part, à transformer cette dernière en décor de théâtre. Tournage sur les lieux historiques suisses et en Bavière (Augustusburg, Herenchiemsee, Linderhof). Prix Ducat d’argent de Figueira da Foz 1994, Prix de la Ville de Zurich.
2000(tv) Ludwig II von Bayern (Louis II de Bavière) (DE) de Stefan Babarino
(Arte 27.6.00). – av. Julian Tovey (Ludwig II), Gabriele Schmid (Elisabeth d’Autriche). – Spectacle musical.
2001® (tv) Sophie – Sissis kleine Schwester (Sophie, petite sœur de Sissi) (DE/AT/FR) de Matthias Tiefenbacher. – av. Tonio Arango (Ludwig II). – cf. Autriche : François-Joseph (3).
2004(tv) Ludwig II. Leben und Tod des Märchenkönigs (Louis II de Bavière, la mort du roi) (DE) de Ray Müller, Matthias Unterburg
série « Sphinx »-ZDF (Arte 28.8.04), 53 min. – av. Winfried Hübner (Ludwig II), Gabi Schmied, Jon Goldworthy. – Docu-fiction : la légende romantique rabâchée.
2006(tv) König Ludwig II. von Bayern. Der einzig wahre König (Louis II de Bavière) (DE) de Steffi Illinger
série « Königreich Bayern – Könige », Bayerischer Rundfunk (BR 4.2.06 / Arte 4.6.11), 55 min. – av. Peter Bamler (Ludwig II).
Docu-fiction révisionniste, sans Sissi et sans Wagner : la fascination du roi fou (encensé dès sa disparition, idéalisé par la littérature et le cinéma) pour la France absolutiste du Roi-Soleil, ses visites à Pierrefonds et à Versailles, son mépris du peuple et de la constitution (tournage à Herrenchiemsee).
2007(tv) Ludwig II. Wahnsinn und Visionen eines Märchenkönigs (DE) de Tim Horlacher 
série « Welt der Wunder » (RTL2 20.5.07) 60 min. – av. Felix Hellmann (Ludwig II), Jochen Ganzer (Freiherr von Lutz), Olaf Krätke (prof. Bernhard von Gudden). – Docu-fiction.
2010(tv) Ludwig II. und die Bayern (DE) de Christian Twente (fiction), Robert Wiezorek (doc.) 
série « Die Deutschen II » no. 8, Gruppe 5 Filmproduktion Köln-ZDF (ZDF 30.11.10), 45 min. – av. André Kaczmarczyk (Ludwig II). – Docu-fiction avec reconstitutions et comédiens anonymes.
2011® Celles qui aimaient Richard Wagner (FR) de Jean-Louis Guillermou. – av. Stéphane Bern (Ludwig II). – cf. bio Wagner (13.3).
2012*Ludwig II. (DE/AT) de Peter Sehr, Marie Noëlle 
Ronald Mühlfellner/Bavaria-Dor Film, 136 min. – av. Sabin Tambrea / Sebastian Schipper (Ludwig II jeune/âgé), Paula Beer (Sophie), Gedeon Burkhard (comte de Holnstein), Josef Brandmaier (ministre), Johannes Casell (assistant de von Gudden), Franz Dinda (Heinrich Vogel), Samuel Finzi (Mayr), Hannah Herzsprung (Elisabeth d’Autriche), Axel Milberg (Maximilien II), Uwe Ochsenknecht (prince Luitpold), Tom Schilling (prince Otto), August Schmölzer (Dr. Bernhard von Gudden), Edgar Selge (Richard Wagner), Katharina Thalbach (la reine Marie), August Wittgenstein (comte Dürckheim). Christophe Malavoy (Napoléon III), Bernd Birkhahn (Otto von Bismarck), Friedrich Mücke (Richard Hornig), Justus von Dohnanyi (ministre Johann Lutz).
Portrait intéressant et sensible d’un monarque « différent », d’un individu qui n’est pas à sa place, dont les goûts diffèrent de ceux de la société et qui ne peut répondre aux attentes de ses sujets (dynastie, politique). Persuadé que « ; l’art est plus important que le pain quotidien », ce roi immodéré et exalté n’a toutefois, selon les cinéastes, rien d’un idéaliste coupé des réalités de la vie : la musique de Wagner, clame-t-il, le console de l’ignominie de ce monde. Une révolution culturelle : des orchestres plutôt que des fusils. Mais le culte qu’il voue si ostensiblement à l’art pourrait bien coïncider avec le culte fantasmatique qu’il porte à sa propre personne. Ce sont toutefois des questions et des ambigüités que Noëlle et Sehr n’osent aborder ; ils se concentrent en priorité sur les premières années du règne (l’accession au trône, les premiers chantiers), puis sautent pour la dernière demi-heure à l’année de la mort du roi. Contrairement à Visconti, le tandem se tient strictement aux faits documentés, au péril de rester purement illustratif et superficiel : leur Ludwig a renoncé d’épouser Sophie parce qu’il ne l’aimait pas assez, et ses pratiques homosexuelles se seraient limitées à un baiser avec l’écuyer Horning ; le roi se serait interdit tout autre attouchement, quitte à en souffrir jusqu’à la fin de sa vie. C’est un hommage à un roi qui demeure énigmatique, splendidement campé par Sabin Tambrea. Tourné pour 16 millions € sur place dans les châteaux du roi (Neuschwanstein, Linderhof) et aux studios de Munich-Geiselgasteig, cet album d’images luxueuses n’obtient qu’un accueil critique mitigé. Prix du cinéma de Bavière 2013 pour Sabin Tambrea, sélectionné au festival de Berlin 2013.